Mercredi
Tout a bien
commencé. Ce matin, les candidats au voyage étaient toutes et tous présents à
l'heure du rendez-vous fixé Porte d'Orléans. Le temps est superbe et d'après la
météo il devrait se maintenir quelques jours. Confortablement installés dans un
car de la SAVAC, conduit par Monsieur Hubert notre chauffeur préféré,
nous entamons
dans les meilleures conditions le périple qui doit nous mener en Bourgogne.
Tout va bien à
bord. Notre amie Viviane nous “materne” et, au fil des kilomètres, s'enquiert
de notre santé. A la fois intéressés et amusés par l'écran sur lequel un
mystérieux logiciel d'aide à la navigation déroule notre itinéraire, nous
arrivons à Dijon et, suivant le programme défini, nous investissons “Le
Flunch” bien résolus à tester la restauration rapide.
« En pleine
heure de pointe, en plein “coup de feu” comme disent les professionnels, le
groupe s'est trouvé disséminé au gré des places disponibles. Pour ma part, je
n'ai vraiment pas apprécié la consommation “en solitaire” d'un
jambon-grillé-frites obtenu de haute lutte. La qualité des produits était pourtant
irréprochable. »
Le groupe s'est
reconstitué et s'est même étoffé avec l'arrivée des amis de province : Jacques
KREBS et son épouse, puis Martine PIERRE. Sur le trottoir ombragé du boulevard,
nous attendons la déléguée de l'Office de Tourisme qui doit nous faire visiter
la ville. Pourquoi attendions-nous une femme ? C'est Guy TONNELIER “guide”
de son état qui se présente et nous invite à le suivre.
La Porte
Guillaume. Un
arc de triomphe est campé dans l'axe d'une rue très commerçante. A l'origine
inséré aux remparts de la ville, ce n'est que récemment, (fin du 19 ème ) qu'il
s'est trouvé isolé.
La Place
Grangier.
(Généreux donateurs dijonnais). À coté de l'imposant Hôtel des Postes se
situe un étonnant immeuble aux toits en pagode. Notre aimable guide déplore à
proximité de ces lieux, la réalisation d'un ensemble moderne lisse et sans
style !
Les Halles. Vaste structure
métallique rappelant le style Baltard, (ce n'est pas du Baltard). Une
large fresque peinte en teintes sobres recouvre un mur de figures géométriques.
La Place
François Rude. Le célèbre sculpteur, auteur d'un non moins célèbre
bas-relief ornant l'Arc de Triomphe parisien, était dijonnais. Mais ce n'est
pas lui qui est représenté par la statue située au-dessus d'une fontaine ; il
s'agit d'un vendangeur ! Beau jeune homme dévêtu foulant le précieux
raisin. On l'appelle ici le Bareuzay (déformation de bas rosés !).
Situé en zone piétonne ce quartier est très agréable.
Rue des Forges. Nous
progressons “nez en l'air” pour mieux apprécier l'architecture des
nombreux hôtels particuliers. Notre cicérone est intarissable réclamant parfois
un “regroupement” afin d'épargner ses cordes vocales, signalant là d'élégantes
arcatures, soulignant ici la décoration
chargée d'une
façade “Renaissance” ou bien la richesse d'un motif. « .De toute
évidence, ce n'était pas la Bourgogne “d'en bas“ qui occupait ces
demeures ». Sans doute pour soulager nos cervicales, il nous fait
pénétrer sous un porche. Après avoir longé un couloir nous débouchons dans une
cour intérieure. Très belle construction de pierre et de bois, un magnifique
escalier situé dans une tour de guet se termine par une voûte en “palmier”
supportée par la statue du jardinier et sa corbeille. « ..Le
piège était habile ! En ces lieux somptueux siège l'Office de Tourisme de
Dijon ! Je sors le chéquier de l'Association. »
L'Église
Notre-Dame présente
une petite chouette de pierre sculptée sur l'un de ses contreforts.
La “toucher”
porte bonheur dit-on, et il est vrai que les touristes présents, subrepticement
ou de façon appuyée, tripotent volontiers le pauvre volatile. « .J'ai
horreur de ces légendes idiotes, j'exècre toute forme
de
superstition...à nos âges croire en de pareilles sornettes ! ..Pourtant
j'ai caressé la chouette en formulant un vœu. ! »
La façade de
l'église présente deux étages de fines colonnes. Les gargouilles ne sont pas
d'origine, les vraies furent détruites, au 13 ème siècle après que
l'une d'elles tua dans sa chute un brave homme venu se marier.
Notre-Dame est surmontée
du Jacquemart, automate métallique, partie intégrante d'une horloge,
trophée de guerre que Philippe le Hardi ramena de Courtrai en
1383...Depuis ce temps, il y bat les heures, entouré d'une femme et de deux
enfants qu'on lui a successivement adjoints.
La Maison
Millière
(Riche commerçant ). Bien que transformée en restaurant, elle a conservé son
aspect moyenâgeux, pans de bois en façade et remplissage de briques émaillées.
Curieusement, au début du siècle dernier, quelqu'un eu l'idée de placer sur le
faîtage les reproductions, grandeur nature, d'un chat et d'une chouette. «Encore
une ? »
L'Hôtel de Vogûé
nous
offre sa belle toiture en tuiles vernissées. Nous marquons une pose dans la
vaste cour, le portique est remarquable.
Les petits pas
pressés de notre guide nous conduisent vers le Palais des Ducs. Nous
admirons au passage une élégante échauguette. Il se fait tard pour
visiter le Musée des Beaux-Arts. Nous décidons cependant d'y pénétrer.
« Il s'agit
d'un immense musée que nous avons “parcouru” plutôt que“ visité” Ce serait
tricherie, ayant pompé dans un ouvrage spécialisé, que vous citer des œuvres à
peine entrevues, de toute façon non mémorisées. Ces propos doivent expliquer la
brièveté de ma narration limitée à quelques points forts. »
Les cuisines
ducales.
Construites au 15 ème siècle, six gigantesques cheminées laissent
imaginer la “taille“ des repas préparés quand il prenait aux Ducs l'envie de
festoyer. Les remarquables ogives du plafond convergent vers une cheminée
d'aération centrale. Monsieur Guy nous décrit l'itinéraire que prenaient les
cuisiniers pour aller servir leurs maîtres.
Le Tombeau de
Philippe le Hardi. Dans la Salle des Gardes, une dalle noire
qui supporte le “ gisant”, repose sur une série de fines arcades en albâtre.
Derrière ces colonnes, comme réfugiée dans un cloître, une assemblée de
personnages veille. Le réalisme des visages et des attitudes est
impressionnant. Notre guide nous fait reconnaître les costumes des membres du
clergé, des militaires, des simples civils, la tête souvent encapuchonnée en
signe de deuil.
Nous devons
cette œuvre magnifique aux flamands Claus Sluter et Claus de Werve.
Le Tombeau de
Jean sans Peur et de Marguerite de Bavière. Il fallut vingt-sept ans pour réaliser cet
imposant monument (Jean de la Huerta, Antoine Le Moiturier). Bâti comme le
tombeau précédent (dalle de marbre sur arcature d'albâtre) il présente
toutefois un aspect moins sévère, plus rutilant. Aux pieds des “gisants” deux
lions assoupis à la crinière dorée.
Ces tombeaux
étaient initialement installés à la Chartreuse de Champmol. C'est de ce
même lieu que proviennent les retables exposés. Commandés par Philippe
le Hardi, ces triptyques en bois étonnent par la finesse de leur décoration
sculptée et la richesse de leur dorure.
«. Quand nous
avons quitté ce musée, le personnel nous attendait pour fermer
l'établissement. »
En remontant la
rue de la Liberté, nous croisons la Boutique Maille. « ..On ne
soulignera jamais assez la faculté d'adaptation du “senior” qui,
de la magnificence d'un Duché, passe allègrement à la moutarde ! »
L'appellation “Moutarde de Dijon” désigne un procédé de fabrication et
non une garantie de provenance. Cependant Amora est l'un des premiers
employeurs dijonnais. Notre cornac nous précise qu'il se fabrique des moutardes
aux arômes étonnants : cassis, gingembre, marc, etc... il en existerait
plus de cinquante variétés ! Une grande animation règne dans ce quartier,
nous retrouvons la Place Darcy, notre point de départ. C'est le moment
de dire adieu à notre aimable mentor qui se prête de bonne grâce à la prise de
quelques photos de groupes.

Hubert, notre
chauffeur préféré, avait déjà remis la “clim” en marche, nous retrouvons nos
fauteuils avec un plaisir non feint. Nous quittons la Capitale de la
Bourgogne où il restait tant et tant de choses à voir.
«En route
pour la Maison du Beuvray ! »
Dépendant de Saint-Léger-Sous-Beuvray,
en pleine nature, dans le Parc Naturel du Morvan, cette belle
bâtisse est avant tout un Centre de rencontres à vocation culturelle.
Son équipement favorise les activités musicales (Instrument, chant choral), il
permet aussi d'accueillir des stages professionnels, les réunions amicales ou
familiales. Les groupes de randonneurs, de retraités, sont les bienvenus mais
une réservation est obligatoire.
Une soixantaine
de personnes peut y être correctement hébergée. Les repas sont préparés sur
place, cuisine simple et familiale. Sauf convention particulière, le service
est minimal, les plats prévus par “tablée” sont mis à disposition sur des
dessertes roulantes, les convives se servent et débarrassent eux-mêmes la
vaisselle utilisée. Ce petit effort garanti une ambiance très sympathique.
Il reste
quelques centaines de mètres à parcourir pour atteindre notre gîte, quand notre
valeureux chauffeur stoppe à la hauteur d'une piétonne. Il s'agit de notre amie
Alice GUYARD venue nous rejoindre en voisine.
«
Bienvenue à bord ! ! Exclamations, bisous, le car redémarre, notre collègue
se retrouve quasiment assise sur mes genoux. Elle n'est pas belle la
vie ? »
Bagages aux
pieds nous attendions l'affectation des chambres quand un individu cravaté se
présenta.
Il s'agit de
Jean MOUGEOT, mon copain, mon frère, que je connais depuis Guillaume
Tell ! Cela ne nous rajeunit pas. Il habite la région et travaille à Radio
Morvan située à Château-Chinon.
« Cette
fois nous avons fait le plein de participants. Nous partîmes à seize et par de
prompts renforts, nous nous vîmes vingt et un en arrivant au port. »
Repas réconfortant,
café ou infusion pris dans un petit salon. Telle une cheftaine secouriste,
Viviane distribue ses recommandations : nous serons seuls cette nuit, et en cas
de “malaise” nous devons la prévenir.
Elle indique
pour cela son numéro de chambre.
« C'est Jean-Pierre
son mari qui doit être content ! Bonne nuit les amis »
jeudi
Petit déjeuner
et départ hâtif pour Nuits-Saint-Georges.
« Y a t-il
un “psy” dans ce véhicule ? Pourquoi à de rares exceptions près,
avons-nous repris les places que nous occupions la veille ? Vieil instinct de
territorialité ? »
Viviane et son
amie Raymonde nous chouchoutent en distribuant sourires et cafés. Le trajet
semble un peu long, des vignes encore des vignes, avec parfois installés dans
les parcelles, les systèmes de réchauffage prêts à etre utilisés en cas de gel.
En fin de
parcours, longeant les Côtes-de-Beaune, des noms prestigieux
apparaissent : Santenay, Chassagne-Montrachet, Meursault, Monthèlie,
Volnay, Pommard.
Nous arrivons
enfin à Nuits-Saint-Georges où un fléchage efficace nous conduit au Cassissium.
Le Cassissium. La Maison
VÉDRENNE a ouvert cet espace en 2001. Ce bâtiment contemporain de plus de 1000
M² est dédié à l'histoire du cassis
En Côte-d'Or, sa
production à pris un véritable essor au 19 ème siècle, après les
ravages du phylloxera, de nombreux vignerons se sont reconvertis dans sa
culture. Quand un certain Monsieur JOLY met au point une recette de liqueur de
cassis, les distillateurs pratiquent une stratégie commerciale plus élaborée.
Ainsi le fils LHERITIER épouse la fille GUYOT, le sieur LEJAY convole avec
Mademoiselle LAGOUTE. Ces marques connues de tous, font à présent parti des
cinq entreprises se partageant 80% du marché, soit 10 millions de litres
produits. VÉDRENNE et LEJAY-LAGOUTE étant les plus importantes.
Un élégant
“quadra” du type cadre dynamique nous entraîne vers la partie “production”. La
récolte du cassis ne se faisant qu'en juillet-août, l'activité est très
réduite. Nous n'avons croisé que quelques rares employés. Des palettes soigneusement
emballées de plastique sont déchargées et pesées, ce sont des baies de cassis
congelées. Á l'intérieur de vastes cuves en inox, régulièrement mises en
mouvement, le fruit macère dans de l'alcool. Notre guide nous parle avec fierté
de la Charte Qualité de la Maison VÉDRENNE : les récoltes font l'objet de
sélections rigoureuses, seule la variété “noir de Bourgogne” est utilisée, la
proximité des sites de production permet d'éviter l'altération des baies, le
transport étant limité. Dans la zone stockage, (impressionnante), la liqueur
pourpre se bonifie dans d'immenses “foudres”.
« Déception !
Nous n'avons pas vu le début de la queue du moindre grain de cassis ».
Les nombreuses
vitrines de la salle d'exposition présentent une multitude de flacons,
d'anciennes étiquettes, des outils, des tableaux, des ouvrages, des recettes.
Bien entendu tout cela concerne le cassis et son utilisation. (Gastronomie,
parfums, pharmacopée, etc. ). Une courte séance de projection nous est offerte
Le film, dont la vedette est Supercassis, (personnage d'animation),
retrace l'histoire du célèbre petit fruit devenu Ambassadeur de Bourgogne.
Nous passons aux
choses sérieuses, Notre “pilote” nous invite à déguster les spécialités de la
maison. Et il propose :
Crème ? Liqueur ?
Sirop ? Fort ? Moins fort ? Doux ? Avec du vin blanc ?
« Quelques
instants plus tard, j'ai noté certaines mines soudainement réjouies, prouvant
que les “Anciens” avaient eu à cœur de participer »
Le sens de la
visite nous fait automatiquement passer par la Boutique VÉDRENNE, haut lieu de
tentations, où nous avons fait tintinnabuler la caisse enregistreuse.
Il est temps
d'aller déjeuner. Nous reprenons la route pour Savigny-Lès-Beaune.
Les châteaux de
Savigny sont
situés en plein cœur du village. L'entrée de la propriété est suffisamment
étroite pour que notre chauffeur aille pédestrement s'assurer de la possibilité
de faire évoluer un car. En fait, le parking est immense. Le petit château où
nous entrons date du 17 ème siècle. Dans une salle réservée à la
dégustation, un sommelier en herbe nous reçoit (style premier de la classe
d'une école hôtelière) et nous invite à goûter successivement :
Un
Bourgogne cuvée du Roy 1998
Un
Monthélie champs fulliots premier cru 1999
Un
Savigny-Lès-Beaune les liards 1999
« Personnellement
j'ai préféré le Monthélie. J'ai observé mes collègues durant cette dégustation.
Beaucoup ont humé, certains ont observé la robe en transparence, mais je n'en
ai pas vu un seul mâchouiller, émettre des bruits d'aspirations incongrus... .
et recracher !. »
On nous demande
de passer en salle à manger. Somptueuse, une table est dressée sous les voûtes
d'un ancien cellier. Viviane esquisse un plan de table. « Roger !
Oui le Président. Ici ! » Elle désigne un bout de table. Roger
vaincu s'exécute. Puis se tournant vers moi : « Vous !
Mettez-vous là » Elle indique l'autre bout de la table. Tétanisé, je
m'assieds. Ce fut un repas de bonne qualité, avec cependant une faute au niveau
du dessert. La tarte aux pommes, à l'évidence “industrielle”, n'avait pas sa
place dans un décor aussi fastueux.
Cinq “musées”
sont présents sur le site : Motos, avions, voitures de course, maquettes,
et matériels vinicoles
Au gré des goûts
et de la curiosité de chacun, le groupe s'est disloqué.
« Je suis
d'abord allé voir les avions exposés dans le parc. De nombreux appareils
semblent en parfait état, d'autres par contre ne sont que des carcasses. Cette
collection à du intéresser notre ami Gérard BELLIARD, fana et féru d'aviation.
J'ai rejoint le
château où, en étage, 500 motos sont regroupées. J'ai cherché, et j'ai
découvert les modèles JAWA et PUSH, objets de mes rêves de jeunesse.
Nostalgie ! »
Tout le monde
s'est retrouvé dans les allées du parc, les chaussures blanchies de poussière,
passablement fatigué. Nous apprécions la climatisation et le confort de notre
véhicule.
« Une question
me taraude : ce Monsieur Michel PONT, propriétaire d'un vaste domaine
vinicole, vend-il son vin pour pouvoir compléter ses collections ou bien
compose-t-il ces collections pour attirer les futurs acheteurs de vin ? Je
sens que je vais dormir un peu »
De retour à la
“maison” nous attendons la visite d'Henri LARCHEY. Attente un peu inquiète le
sachant malade et peu disposé à conduire.
Quand nous avons
vu arriver un Président d'honneur ingambe et souriant, nous n'étions pas loin
de croire aux vertus de la chouette dijonnaise !
Assis en cercle,
nous partageons le “pot” de l'amitié que Viviane a fait préparer. (Kir, jus de
fruit et gougères) Hubert, notre chauffeur, professionnellement condamné à
l'eau claire peut enfin participer à nos agapes.
« Nous
avons bien picolé aujourd'hui ! »
Paul DARTHUY se
lève et sur l'air de la “table ronde” entonne un texte dont il a le secret.
Quelqu'un réclame une “histoire” à Henri LARCHEY ! « Malheureux !
Pardonnez-lui il ne sait pas ce qu'il fait.. » Celui-ci s'exécute
avec un plaisir évident. Il ne produira pas tout son répertoire car ses enfants
l'attendent pour dîner.
Au revoir
Monsieur le Président d'honneur...portez-vous bien !
Repas, boissons
chaudes, et dernières consignes relayées par notre cheftaine préférée :
Demain matin nous devrons plier draps et couvertures aux pieds de nos lits.
« Pas de
problème, le “senior” est discipliné. Bonne nuit les amis »
Vendredi
Dernier petit
déjeuner. Mon copain Jean est reparti rejoindre les studios de Radio Morvan.
Alice n'ira pas plus loin et nous quitte. Les soutes du car avalent nos
bagages. Nous démarrons, direction Arcy-sur-Cure.
Hubert, notre
chauffeur préféré, a calé la radio du bord sur 95.8 la fréquence de
Château-Chinon où mon copain Jean sévit. Nous n'avons pas à attendre longtemps «Alors
Jean, je crois que vous avez un message à faire passer. Oui !J'ai partagé
de très bons moments avec un groupe de retraités, je remercie le Président, le
Trésorier, les membres actifs et les membres inactifs et je les salue
tous. » Sympa ! Mais tout de suite après, ce misérable a fait
lancer un disque de Linda LEMAY ou il est question de virilité défaillante, de
pauvres petites choses qui ne relèvent plus la tête, etc. L'allusion aux
membres inactifs ne pouvait etre fortuite. !
« Pardonnez-moi,
chers amis, d'avoir invité ce gamin insolent »
Les grottes
d'Arcy-sur-Cure. Le ticket d'entrée précise : Au cœur de la terre,
Haut lieu de la préhistoire. Propriété de la famille De la VARENDE, ces
lieux sont classés “Site Archéologique d'intérêt National”. Depuis 1990 de
nouvelles fouilles entreprises ont mis à jour des peintures pariétales, des
signes, des représentations d'animaux, des mains négatives, faisant d'Arcy-sur-Cure
la deuxième grotte ornée du monde.
Le “gaillard”
qui s'apprête à nous ouvrir le chemin s'enquiert tout d'abord de nos
connaissances sur le sujet, sans doute pour mieux adapter ses propos.
Il nous fait
découvrir des merveilles ! Concrétions, stalactites, stalagmites, la
nature a parfois sculpté des formes étranges et évocatrices. Notre guide
s'arrête devant un monticule noirâtre, il s'agit de déjections de
chauves-souris qui devaient se trouver très nombreuses en ces lieux. !
Elles ne sont plus que sept au dernier recensement.
Par endroits,
l'eau suinte poursuivant son œuvre millénaire d'érosion et de calcification.
D'immenses dentelles minérales, des puits judicieusement mal éclairés gardent
tout leur mystère.
Nous arrivons à
la fin du parcours visitable, et distinguons, grâce aux indications de notre
guide, la représentation d'un bouquetin.
Des questions
sont posées qui resteront sans réponses : Pourquoi ces hommes
dessinaient-ils sur les parois de leurs refuges ? Expression
artistique ? Cultes païens ?
Volonté de
transmettre, d'enseigner ? Et comment, selon les dires de notre guide, nos
ancêtres magdaléniens pouvaient-ils, au bord de la Cure, dessiner des mammouths
ou des rhinocéros ? Les grottes n'ont pas livré tous leurs secrets et
pourtant la dernière datation est : - 30 000 ans !
Au retour nous
nous arrêtons devant un petit lac où la pureté de l'eau dissimule sa véritable
profondeur. Par endroits, la surface se fige sous une fine couche de calcaire
Nous retrouvons
la lumière du jour, et le “gaillard” son sourire quand, fermant la marche je le
gratifiais de quelques billets.
Déception !
Les KREBS nous quittent, ils ne nous accompagneront pas à Tonnerre.
L'Hôtel de
Bourgogne
nous accueille. Salons en rotin, couleurs fraîches, nombreuses reproductions
aux murs, vue dégagée sur la campagne environnante. Bon appétit les amis !
Le repas est excellent, le vin servi en carafe est fameux.
« Je suis
assis auprès de Viviane, depuis ma mésaventure du “Flunch” à l'heure des repas
je ne la quitte pas d'une semelle. On s'apprête à nous servir le dessert.
Et le
fromage ? Interroge ma douce voisine. Ce n'est pas prévu lui répond-on
fort poliment. Dans le regard de notre amie j'ai vu passer une lueur de
meurtre !
Elle s'est levée
réclamant un responsable, rappelant le menu convenu par téléphone.
Tout s'est
arrangé, ce n'était qu'une erreur. Mais ce n'est bien après qu'elle eut repris
par deux fois du chaource et trois fois de l'époisses, que
son visage s'apaisa »
Tonnerre. L'Office de
Tourisme nous délègue un guide sous la forme d'une petite
jeune femme qui
entreprend aussitôt de nous faire visiter l'Hôtel-Dieu Notre Dame des
Fontenilles. Ce monument hospitalier, fondé par Marguerite de Bourgogne en
1292, accueillait les veuves, les orphelins les indigents de toutes sortes. Ce
qui était la grande salle des malades mesure 90 mètres de long sur 18 de large
et 18 mètres de hauteur. Notre guide souligne l'importance de la charpente en
chêne et de la voûte en berceau inversé. La superficie totale de la toiture
représente 4500 M². Cette salle était répartie en alcôves, on distingue sur les
murs la place des poutres qui les délimitaient.
Au 17 ème
siècle cette salle fut désaffectée et servit plusieurs fois d'église paroissiale.
Ce qui explique la présence au sol de nombreuses dalles funéraires. Un peu plus
loin, et toujours sur le sol, un gnomon est tracé. Cette sorte de cadran
solaire date de 18ème siècle.
Nous nous
dirigeons vers ce qui était l'église de l'hôpital, au milieu du chœur le Tombeau
de Marguerite de Bourgogne, datant de 1825, l'original en bronze fut
détruit durant la révolution. A gauche du maître-autel, le Mausolée de
Louvois. Le ministre de Louis XIV était aussi Comte de Tonnerre.
Toujours guidés
nous entrons dans une chapelle latérale ou nous découvrons La Mise au
Tombeau. Ce groupe sculpté de huit personnages est magnifique, les
expressions des visages sont criantes de vérité, les artistes qui réalisèrent
ce chef d'œuvre étaient des élèves de Claus Sluter. 
Nous
faisons une courte visite dans le musée.
Formidable
maquette de la charpente de la grande salle, sans doute réalisée par un
“compagnon”. Nous pénétrons dans la reconstitution d'une chambre de malade en
1850, dans un bloc opératoire de 1908 où sont alignés des instruments
effrayants.
Une vitrine
présente un outil servant à cercler une pièce métallique au poignet du
nouveau-né afin de l'immatriculer. Sur les murs d'un couloir quelques gravures
et plans de Tonnerre.
Nous quittons ce
musée à l'atmosphère pesante et, retrouvant le soleil nous nous dirigeons vers
la fameuse Fosse Dionne. En route, notre accompagnatrice, nous parle de
l'énigmatique Chevalier d'Eon qui naquit ici.
Á première vue
ce bassin n'est qu'un lavoir à la toiture demi-circulaire avec double enceinte
et quatre cheminées. Ce qui fait son mystère, et suscita tant de légendes,
c'est la source qui l'alimente. Nul ne connaît son origine. Résultat d'un
circuit complexe d'exurgences et de résurgences, cette source forme une vasque
au fond de laquelle on aperçoit le départ d'une galerie haute de 2,5 mètres.
Cette galerie s'arrête à 28 mètres de profondeur sur un étranglement, après
quoi elle se poursuit jusqu'à 360 mètres de l'entrée sur 61 mètres de
profondeur. C'est ce qui a été exploré à ce jour.
Plusieurs
plongées ayant causé mort d'homme, et
compte tenu des
difficultés, toute nouvelle investigation est interdite depuis 1996.
Notre gentille
petite guide nous informe de tout cela, juchée sur un muret, d'une voix forte
qui ravit les passants, heureux de bénéficier d'une conférence gratuite !
D'après elle, le
mystère de la Fosse Dionne restera entier encore longtemps.
Un dernier
regard sur le gris-bleu-vert de cette eau et nous repartons. Hubert nous attend
près de la gare, c'est là que nous abandonnerons notre amie Martine PIERRE.
Le trajet de
retour est rapide, nous arrivons Porte D'Orléans, à l'horaire prévu,
accompagnés de quelques gouttes de pluie.
Notre escapade
est terminée. Chacun va reprendre sa route. Au revoir les amis !
Henri RIFLART