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       Septembre 2003   63

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CHRONIQUES BOURGUIGNONNES

  

Mercredi

 

Tout a bien commencé. Ce matin, les candidats au voyage étaient toutes et tous présents à l'heure du rendez-vous fixé Porte d'Orléans. Le temps est superbe et d'après la météo il devrait se maintenir quelques jours. Confortablement installés dans un car de la SAVAC, conduit par Monsieur Hubert notre chauffeur préféré,

nous entamons dans les meilleures conditions le périple qui doit nous mener en Bourgogne.

 

Tout va bien à bord. Notre amie Viviane nous “materne” et, au fil des kilomètres, s'enquiert de notre santé. A la fois intéressés et amusés par l'écran sur lequel un mystérieux logiciel d'aide à la navigation déroule notre itinéraire, nous arrivons à Dijon et, suivant le programme défini, nous investissons “Le Flunch” bien résolus à tester la restauration rapide.

 

« En pleine heure de pointe, en plein “coup de feu” comme disent les professionnels, le groupe s'est trouvé disséminé au gré des places disponibles. Pour ma part, je n'ai vraiment pas apprécié la consommation “en solitaire” d'un jambon-grillé-frites obtenu de haute lutte. La qualité des produits était pourtant irréprochable. »

 

Le groupe s'est reconstitué et s'est même étoffé avec l'arrivée des amis de province : Jacques KREBS et son épouse, puis Martine PIERRE. Sur le trottoir ombragé du boulevard, nous attendons la déléguée de l'Office de Tourisme qui doit nous faire visiter la ville. Pourquoi attendions-nous une femme ? C'est Guy TONNELIER “guide” de son état qui se présente et nous invite à le suivre.

 

La Porte Guillaume. Un arc de triomphe est campé dans l'axe d'une rue très commerçante. A l'origine inséré aux remparts de la ville, ce n'est que récemment, (fin du 19 ème ) qu'il s'est trouvé isolé.

 La Place Grangier. (Généreux donateurs dijonnais). À coté de l'imposant Hôtel des Postes se situe un étonnant immeuble aux toits en pagode. Notre aimable guide déplore à proximité de ces lieux, la réalisation d'un ensemble moderne lisse et sans style !

Les Halles. Vaste structure métallique rappelant le style Baltard, (ce n'est pas du Baltard). Une large fresque peinte en teintes sobres recouvre un mur de figures géométriques.

 

La Place François Rude. Le célèbre sculpteur, auteur d'un non moins célèbre bas-relief ornant l'Arc de Triomphe parisien, était dijonnais. Mais ce n'est pas lui qui est représenté par la statue située au-dessus d'une fontaine ; il s'agit d'un vendangeur ! Beau jeune homme dévêtu foulant le précieux raisin. On l'appelle ici le Bareuzay (déformation de bas rosés !). Situé en zone piétonne ce quartier est très agréable.

 

   (photo scannée d'après photocopie)

Rue des Forges. Nous progressons “nez en l'air” pour mieux apprécier l'architecture des nombreux hôtels particuliers. Notre cicérone est intarissable réclamant parfois un “regroupement” afin d'épargner ses cordes vocales, signalant là d'élégantes arcatures, soulignant ici la décoration

chargée d'une façade “Renaissance” ou bien la richesse d'un motif. « .De toute évidence, ce n'était pas la Bourgogne “d'en bas“ qui occupait ces demeures ». Sans doute pour soulager nos cervicales, il nous fait pénétrer sous un porche. Après avoir longé un couloir nous débouchons dans une cour intérieure. Très belle construction de pierre et de bois, un magnifique escalier situé dans une tour de guet se termine par une voûte en “palmier” supportée par la statue du jardinier et sa corbeille. «  ..Le piège était habile ! En ces lieux somptueux siège l'Office de Tourisme de Dijon ! Je sors le chéquier de l'Association. »

 

L'Église Notre-Dame présente une petite chouette de pierre sculptée sur l'un de ses contreforts.

La “toucher” porte bonheur dit-on, et il est vrai que les touristes présents, subrepticement ou de façon appuyée, tripotent volontiers le pauvre volatile. « .J'ai horreur de ces légendes idiotes, j'exècre toute forme

de superstition...à nos âges croire en de pareilles sornettes ! ..Pourtant j'ai caressé la chouette en formulant un vœu. ! »

 

La façade de l'église présente deux étages de fines colonnes. Les gargouilles ne sont pas d'origine, les vraies furent détruites, au 13 ème siècle après que l'une d'elles tua dans sa chute un brave homme venu se marier.

Notre-Dame est surmontée du Jacquemart, automate métallique, partie intégrante d'une horloge, trophée de guerre que Philippe le Hardi ramena de Courtrai en 1383...Depuis ce temps, il y bat les heures, entouré d'une femme et de deux enfants qu'on lui a successivement adjoints.

 

La Maison Millière (Riche commerçant ). Bien que transformée en restaurant, elle a conservé son aspect moyenâgeux, pans de bois en façade et remplissage de briques émaillées. Curieusement, au début du siècle dernier, quelqu'un eu l'idée de placer sur le faîtage les reproductions, grandeur nature, d'un chat et d'une chouette. «Encore une ? »

 

L'Hôtel de Vogûé nous offre sa belle toiture en tuiles vernissées. Nous marquons une pose dans la vaste cour, le portique est remarquable.

 

Les petits pas pressés de notre guide nous conduisent vers le Palais des Ducs. Nous admirons au passage une élégante échauguette. Il se fait tard pour visiter le Musée des Beaux-Arts. Nous décidons cependant d'y pénétrer.

« Il s'agit d'un immense musée que nous avons “parcouru” plutôt que“ visité” Ce serait tricherie, ayant pompé dans un ouvrage spécialisé, que vous citer des œuvres à peine entrevues, de toute façon non mémorisées. Ces propos doivent expliquer la brièveté de ma narration limitée à quelques points forts. »

 

Les cuisines ducales. Construites au 15 ème siècle, six gigantesques cheminées laissent imaginer la “taille“ des repas préparés quand il prenait aux Ducs l'envie de festoyer. Les remarquables ogives du plafond convergent vers une cheminée d'aération centrale. Monsieur Guy nous décrit l'itinéraire que prenaient les cuisiniers pour aller servir leurs maîtres.

 

Le Tombeau de Philippe le Hardi. Dans la Salle des Gardes, une dalle noire qui supporte le “ gisant”, repose sur une série de fines arcades en albâtre. Derrière ces colonnes, comme réfugiée dans un cloître, une assemblée de personnages veille. Le réalisme des visages et des attitudes est impressionnant. Notre guide nous fait reconnaître les costumes des membres du clergé, des militaires, des simples civils, la tête souvent encapuchonnée en signe de deuil.

Nous devons cette œuvre magnifique aux flamands Claus Sluter et Claus de Werve.

 

Le Tombeau de Jean sans Peur et de Marguerite de Bavière. Il fallut vingt-sept ans pour réaliser cet imposant monument (Jean de la Huerta, Antoine Le Moiturier). Bâti comme le tombeau précédent (dalle de marbre sur arcature d'albâtre) il présente toutefois un aspect moins sévère, plus rutilant. Aux pieds des “gisants” deux lions assoupis à la crinière dorée.

 

Ces tombeaux étaient initialement installés à la Chartreuse de Champmol. C'est de ce même lieu que proviennent les retables exposés. Commandés par Philippe le Hardi, ces triptyques en bois étonnent par la finesse de leur décoration sculptée et la richesse de leur dorure.

«. Quand nous avons quitté ce musée, le personnel nous attendait pour fermer l'établissement. »

 

En remontant la rue de la Liberté, nous croisons la Boutique Maille. « ..On ne soulignera jamais assez la faculté d'adaptation du “senior” qui, de la magnificence d'un Duché, passe allègrement à la moutarde ! »  L'appellation “Moutarde de Dijon” désigne un procédé de fabrication et non une garantie de provenance. Cependant Amora est l'un des premiers employeurs dijonnais. Notre cornac nous précise qu'il se fabrique des moutardes aux arômes étonnants : cassis, gingembre, marc, etc... il en existerait plus de cinquante variétés ! Une grande animation règne dans ce quartier, nous retrouvons la Place Darcy, notre point de départ. C'est le moment de dire adieu à notre aimable mentor qui se prête de bonne grâce à la prise de quelques photos de groupes.

 

Hubert, notre chauffeur préféré, avait déjà remis la “clim” en marche, nous retrouvons nos fauteuils avec un plaisir non feint. Nous quittons la Capitale de la Bourgogne où il restait tant et tant de choses à voir.

 

 

 

 

 

 

 

«En route pour la Maison du Beuvray ! »

 

Dépendant de Saint-Léger-Sous-Beuvray, en pleine nature, dans le Parc Naturel du Morvan, cette belle bâtisse est avant tout un Centre de rencontres à vocation culturelle. Son équipement favorise les activités musicales (Instrument, chant choral), il permet aussi d'accueillir des stages professionnels, les réunions amicales ou familiales. Les groupes de randonneurs, de retraités, sont les bienvenus mais une réservation est obligatoire.

 Une soixantaine de personnes peut y être correctement hébergée. Les repas sont préparés sur place, cuisine simple et familiale. Sauf convention particulière, le service est minimal, les plats prévus par “tablée” sont mis à disposition sur des dessertes roulantes, les convives se servent et débarrassent eux-mêmes la vaisselle utilisée. Ce petit effort garanti une ambiance très sympathique.

 

Il reste quelques centaines de mètres à parcourir pour atteindre notre gîte, quand notre valeureux chauffeur stoppe à la hauteur d'une piétonne. Il s'agit de notre amie Alice GUYARD venue nous rejoindre en voisine.

«  Bienvenue à bord ! ! Exclamations, bisous, le car redémarre, notre collègue se retrouve quasiment assise sur mes genoux. Elle n'est pas belle la vie ? »

 

Bagages aux pieds nous attendions l'affectation des chambres quand un individu cravaté se présenta.

Il s'agit de Jean MOUGEOT, mon copain, mon frère, que je connais depuis Guillaume Tell ! Cela ne nous rajeunit pas. Il habite la région et travaille à Radio Morvan située à Château-Chinon.

«  Cette fois nous avons fait le plein de participants. Nous partîmes à seize et par de prompts renforts, nous nous vîmes vingt et un en arrivant au port. »

Repas réconfortant, café ou infusion pris dans un petit salon. Telle une cheftaine secouriste, Viviane distribue ses recommandations : nous serons seuls cette nuit, et en cas de “malaise” nous devons la prévenir.

Elle indique pour cela son numéro de chambre.

« C'est Jean-Pierre son mari qui doit être content ! Bonne nuit les amis »

 

jeudi

Petit déjeuner et départ hâtif pour Nuits-Saint-Georges.

« Y a t-il un “psy” dans ce véhicule ? Pourquoi à de rares exceptions près, avons-nous repris les places que nous occupions la veille ? Vieil instinct de territorialité ? » 

Viviane et son amie Raymonde nous chouchoutent en distribuant sourires et cafés. Le trajet semble un peu long, des vignes encore des vignes, avec parfois installés dans les parcelles, les systèmes de réchauffage prêts à etre utilisés en cas de gel.

En fin de parcours, longeant les Côtes-de-Beaune, des noms prestigieux apparaissent : Santenay, Chassagne-Montrachet, Meursault, Monthèlie, Volnay, Pommard.

Nous arrivons enfin à Nuits-Saint-Georges où un fléchage efficace nous conduit au Cassissium.

 

Le Cassissium. La Maison VÉDRENNE a ouvert cet espace en 2001. Ce bâtiment contemporain de plus de 1000 M² est dédié à l'histoire du cassis

En Côte-d'Or, sa production à pris un véritable essor au 19 ème siècle, après les ravages du phylloxera, de nombreux vignerons se sont reconvertis dans sa culture. Quand un certain Monsieur JOLY met au point une recette de liqueur de cassis, les distillateurs pratiquent une stratégie commerciale plus élaborée. Ainsi le fils LHERITIER épouse la fille GUYOT, le sieur LEJAY convole avec Mademoiselle LAGOUTE. Ces marques connues de tous, font à présent parti des cinq entreprises se partageant 80% du marché, soit 10 millions de litres produits. VÉDRENNE et LEJAY-LAGOUTE étant les plus importantes.

 

Un élégant “quadra” du type cadre dynamique nous entraîne vers la partie “production”. La récolte du cassis ne se faisant qu'en juillet-août, l'activité est très réduite. Nous n'avons croisé que quelques rares employés. Des palettes soigneusement emballées de plastique sont déchargées et pesées, ce sont des baies de cassis congelées. Á l'intérieur de vastes cuves en inox, régulièrement mises en mouvement, le fruit macère dans de l'alcool. Notre guide nous parle avec fierté de la Charte Qualité de la Maison VÉDRENNE : les récoltes font l'objet de sélections rigoureuses, seule la variété “noir de Bourgogne” est utilisée, la proximité des sites de production permet d'éviter l'altération des baies, le transport étant limité. Dans la zone stockage, (impressionnante), la liqueur pourpre se bonifie dans d'immenses “foudres”.

« Déception ! Nous n'avons pas vu le début de la queue du moindre grain de cassis ».

 

Les nombreuses vitrines de la salle d'exposition présentent une multitude de flacons, d'anciennes étiquettes, des outils, des tableaux, des ouvrages, des recettes. Bien entendu tout cela concerne le cassis et son utilisation. (Gastronomie, parfums, pharmacopée, etc. ). Une courte séance de projection nous est offerte Le film, dont la vedette est Supercassis, (personnage d'animation), retrace l'histoire du célèbre petit fruit devenu Ambassadeur de Bourgogne.

 Nous passons aux choses sérieuses, Notre “pilote” nous invite à déguster les spécialités de la maison. Et il propose :

Crème ? Liqueur ? Sirop ? Fort ? Moins fort ? Doux ? Avec du vin blanc ?

« Quelques instants plus tard, j'ai noté certaines mines soudainement réjouies, prouvant que les “Anciens” avaient eu à cœur de participer »

Le sens de la visite nous fait automatiquement passer par la Boutique VÉDRENNE, haut lieu de tentations, où nous avons fait tintinnabuler la caisse enregistreuse.

 

 

Il est temps d'aller déjeuner. Nous reprenons la route pour Savigny-Lès-Beaune.

 

Les châteaux de Savigny sont situés en plein cœur du village. L'entrée de la propriété est suffisamment étroite pour que notre chauffeur aille pédestrement s'assurer de la possibilité de faire évoluer un car. En fait, le parking est immense. Le petit château où nous entrons date du 17 ème siècle. Dans une salle réservée à la dégustation, un sommelier en herbe nous reçoit (style premier de la classe d'une école hôtelière) et nous invite à goûter successivement :

Un Bourgogne cuvée du Roy 1998

Un Monthélie champs fulliots premier cru 1999

Un Savigny-Lès-Beaune les liards 1999

« Personnellement j'ai préféré le Monthélie. J'ai observé mes collègues durant cette dégustation. Beaucoup ont humé, certains ont observé la robe en transparence, mais je n'en ai pas vu un seul mâchouiller, émettre des bruits d'aspirations incongrus... . et recracher !. »

 On nous demande de passer en salle à manger. Somptueuse, une table est dressée sous les voûtes d'un ancien cellier. Viviane esquisse un plan de table. « Roger ! Oui le Président. Ici ! » Elle désigne un bout de table. Roger vaincu s'exécute. Puis se tournant vers moi : « Vous ! Mettez-vous là » Elle indique l'autre bout de la table. Tétanisé, je m'assieds. Ce fut un repas de bonne qualité, avec cependant une faute au niveau du dessert. La tarte aux pommes, à l'évidence “industrielle”, n'avait pas sa place dans un décor aussi fastueux.

 

Cinq “musées” sont présents sur le site : Motos, avions, voitures de course, maquettes, et matériels vinicoles

Au gré des goûts et de la curiosité de chacun, le groupe s'est disloqué.

« Je suis d'abord allé voir les avions exposés dans le parc. De nombreux appareils semblent en parfait état, d'autres par contre ne sont que des carcasses. Cette collection à du intéresser notre ami Gérard BELLIARD, fana et féru d'aviation.

J'ai rejoint le château où, en étage, 500 motos sont regroupées. J'ai cherché, et j'ai découvert les modèles JAWA et PUSH, objets de mes rêves de jeunesse. Nostalgie ! »

 

Tout le monde s'est retrouvé dans les allées du parc, les chaussures blanchies de poussière, passablement fatigué. Nous apprécions la climatisation et le confort de notre véhicule.

« Une question me taraude : ce Monsieur Michel PONT, propriétaire d'un vaste domaine vinicole, vend-il son vin pour pouvoir compléter ses collections ou bien compose-t-il ces collections pour attirer les futurs acheteurs de vin ? Je sens que je vais dormir un peu »

 De retour à la “maison” nous attendons la visite d'Henri LARCHEY. Attente un peu inquiète le sachant malade et peu disposé à conduire.

Quand nous avons vu arriver un Président d'honneur ingambe et souriant, nous n'étions pas loin de croire aux vertus de la chouette dijonnaise !

Assis en cercle, nous partageons le “pot” de l'amitié que Viviane a fait préparer. (Kir, jus de fruit et gougères) Hubert, notre chauffeur, professionnellement condamné à l'eau claire peut enfin participer à nos agapes.

« Nous avons bien picolé aujourd'hui ! »

Paul DARTHUY se lève et sur l'air de la “table ronde” entonne un texte dont il a le secret. Quelqu'un réclame une “histoire” à Henri LARCHEY ! « Malheureux ! Pardonnez-lui il ne sait pas ce qu'il fait.. » Celui-ci s'exécute avec un plaisir évident. Il ne produira pas tout son répertoire car ses enfants l'attendent pour dîner.

Au revoir Monsieur le Président d'honneur...portez-vous bien !

 (photo scannée d'après photocopie)

Repas, boissons chaudes, et dernières consignes relayées par notre cheftaine préférée : Demain matin nous devrons plier draps et couvertures aux pieds de nos lits.

« Pas de problème, le “senior” est discipliné. Bonne nuit les amis »

  

Vendredi

 

Dernier petit déjeuner. Mon copain Jean est reparti rejoindre les studios de Radio Morvan. Alice n'ira pas plus loin et nous quitte. Les soutes du car avalent nos bagages. Nous démarrons, direction Arcy-sur-Cure.

Hubert, notre chauffeur préféré, a calé la radio du bord sur 95.8 la fréquence de Château-Chinon où mon copain Jean sévit. Nous n'avons pas à attendre longtemps «Alors Jean, je crois que vous avez un message à faire passer. Oui !J'ai partagé de très bons moments avec un groupe de retraités, je remercie le Président, le Trésorier, les membres actifs et les membres inactifs et je les salue tous. » Sympa ! Mais tout de suite après, ce misérable a fait lancer un disque de Linda LEMAY ou il est question de virilité défaillante, de pauvres petites choses qui ne relèvent plus la tête, etc. L'allusion aux membres inactifs ne pouvait etre fortuite. !

« Pardonnez-moi, chers amis, d'avoir invité ce gamin insolent »

 

 

Les grottes d'Arcy-sur-Cure. Le ticket d'entrée précise : Au cœur de la terre, Haut lieu de la préhistoire. Propriété de la famille De la VARENDE, ces lieux sont classés “Site Archéologique d'intérêt National”. Depuis 1990 de nouvelles fouilles entreprises ont mis à jour des peintures pariétales, des signes, des représentations d'animaux, des mains négatives, faisant d'Arcy-sur-Cure la deuxième grotte ornée du monde.

Le “gaillard” qui s'apprête à nous ouvrir le chemin s'enquiert tout d'abord de nos connaissances sur le sujet, sans doute pour mieux adapter ses propos.

Il nous fait découvrir des merveilles ! Concrétions, stalactites, stalagmites, la nature a parfois sculpté des formes étranges et évocatrices. Notre guide s'arrête devant un monticule noirâtre, il s'agit de déjections de chauves-souris qui devaient se trouver très nombreuses en ces lieux. ! Elles ne sont plus que sept au dernier recensement.

Par endroits, l'eau suinte poursuivant son œuvre millénaire d'érosion et de calcification. D'immenses dentelles minérales, des puits judicieusement mal éclairés gardent tout leur mystère.

Nous arrivons à la fin du parcours visitable, et distinguons, grâce aux indications de notre guide, la représentation d'un bouquetin.

Des questions sont posées qui resteront sans réponses : Pourquoi ces hommes dessinaient-ils sur les parois de leurs refuges ? Expression artistique ? Cultes païens ?

Volonté de transmettre, d'enseigner ? Et comment, selon les dires de notre guide, nos ancêtres magdaléniens pouvaient-ils, au bord de la Cure, dessiner des mammouths ou des rhinocéros ? Les grottes n'ont pas livré tous leurs secrets et pourtant la dernière datation est : - 30 000 ans !

Au retour nous nous arrêtons devant un petit lac où la pureté de l'eau dissimule sa véritable profondeur. Par endroits, la surface se fige sous une fine couche de calcaire

Nous retrouvons la lumière du jour, et le “gaillard” son sourire quand, fermant la marche je le gratifiais de quelques billets.

 

Déception ! Les KREBS nous quittent, ils ne nous accompagneront pas à Tonnerre.

 

L'Hôtel de Bourgogne nous accueille. Salons en rotin, couleurs fraîches, nombreuses reproductions aux murs, vue dégagée sur la campagne environnante. Bon appétit les amis ! Le repas est excellent, le vin servi en carafe est fameux.

« Je suis assis auprès de Viviane, depuis ma mésaventure du “Flunch” à l'heure des repas je ne la quitte pas d'une semelle. On s'apprête à nous servir le dessert.

Et le fromage ? Interroge ma douce voisine. Ce n'est pas prévu lui répond-on fort poliment. Dans le regard de notre amie j'ai vu passer une lueur de meurtre !

Elle s'est levée réclamant un responsable, rappelant le menu convenu par téléphone.

Tout s'est arrangé, ce n'était qu'une erreur. Mais ce n'est bien après qu'elle eut repris par deux fois du chaource et trois fois de l'époisses, que son visage s'apaisa »

 

Tonnerre. L'Office de Tourisme nous délègue un guide sous la forme d'une petite

jeune femme qui entreprend aussitôt de nous faire visiter l'Hôtel-Dieu Notre Dame des Fontenilles. Ce monument hospitalier, fondé par Marguerite de Bourgogne en 1292, accueillait les veuves, les orphelins les indigents de toutes sortes. Ce qui était la grande salle des malades mesure 90 mètres de long sur 18 de large et 18 mètres de hauteur. Notre guide souligne l'importance de la charpente en chêne et de la voûte en berceau inversé. La superficie totale de la toiture représente 4500 M². Cette salle était répartie en alcôves, on distingue sur les murs la place des poutres qui les délimitaient.

Au 17 ème siècle cette salle fut désaffectée et servit plusieurs fois d'église paroissiale. Ce qui explique la présence au sol de nombreuses dalles funéraires. Un peu plus loin, et toujours sur le sol, un gnomon est tracé. Cette sorte de cadran solaire date de 18ème siècle.

Nous nous dirigeons vers ce qui était l'église de l'hôpital, au milieu du chœur le Tombeau de Marguerite de Bourgogne, datant de 1825, l'original en bronze fut détruit durant la révolution. A gauche du maître-autel, le Mausolée de Louvois. Le ministre de Louis XIV était aussi Comte de Tonnerre.

Toujours guidés nous entrons dans une chapelle latérale ou nous découvrons La Mise au Tombeau. Ce groupe sculpté de huit personnages est magnifique, les expressions des visages sont criantes de vérité, les artistes qui réalisèrent ce chef d'œuvre étaient des élèves de Claus Sluter.

 Nous faisons une courte visite dans le musée.

Formidable maquette de la charpente de la grande salle, sans doute réalisée par un “compagnon”. Nous pénétrons dans la reconstitution d'une chambre de malade en 1850, dans un bloc opératoire de 1908 où sont alignés des instruments effrayants.

Une vitrine présente un outil servant à cercler une pièce métallique au poignet du nouveau-né afin de l'immatriculer. Sur les murs d'un couloir quelques gravures et plans de Tonnerre.

Nous quittons ce musée à l'atmosphère pesante et, retrouvant le soleil nous nous dirigeons vers la fameuse Fosse Dionne. En route, notre accompagnatrice, nous parle de l'énigmatique Chevalier d'Eon qui naquit ici.

 

Á première vue ce bassin n'est qu'un lavoir à la toiture demi-circulaire avec double enceinte et quatre cheminées. Ce qui fait son mystère, et suscita tant de légendes, c'est la source qui l'alimente. Nul ne connaît son origine. Résultat d'un circuit complexe d'exurgences et de résurgences, cette source forme une vasque au fond de laquelle on aperçoit le départ d'une galerie haute de 2,5 mètres. Cette galerie s'arrête à 28 mètres de profondeur sur un étranglement, après quoi elle se poursuit jusqu'à 360 mètres de l'entrée sur 61 mètres de profondeur. C'est ce qui a été exploré à ce jour.

Plusieurs plongées ayant causé mort d'homme, et

compte tenu des difficultés, toute nouvelle investigation est interdite depuis 1996.

Notre gentille petite guide nous informe de tout cela, juchée sur un muret, d'une voix forte qui ravit les passants, heureux de bénéficier d'une conférence gratuite !

D'après elle, le mystère de la Fosse Dionne restera entier encore longtemps.

Un dernier regard sur le gris-bleu-vert de cette eau et nous repartons. Hubert nous attend près de la gare, c'est là que nous abandonnerons notre amie Martine PIERRE.

 

Le trajet de retour est rapide, nous arrivons Porte D'Orléans, à l'horaire prévu, accompagnés de quelques gouttes de pluie.

Notre escapade est terminée. Chacun va reprendre sa route. Au revoir les amis !

 

 

 

 

 

Henri RIFLART