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       Septembre 2003   63

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JOURNéE à SAINT-MAUR-DES-FOSSéS

«Son vieux village et ses bords de Marne»

le jeudi 22 mai 2003

 

 Ayant accueilli les 15 participants à la gare RER La Varenne-Chennevières en milieu de matinée et invité ceux-ci à prendre place dans les 4 voitures que certains avaient heureusement préférées ! Nous partons pour un bon demi-tour de Marne (8 kms sur 13) en commençant au Pont de Chennevières.

 Premier arrêt au carrefour agrémenté d'un jet d'eau, pour y exposer les généralités sur Saint-Maur : 80.000 habitants actuellement pour 50.000 en 1939 / 1.000 hectares / boucle de 3,50 kms sur 2,5 kms environ / mais «boucle bouclée» par le Canal de Saint-Maurice, en partie souterrain, que vous avez emprunté l'année dernière / ouvrage datant de 1822. Bref, nous étions donc dans une île ! Quant à la Marne, source au Plateau de Langres à 419 m et un parcours de 525 kms, se jetant dans la Seine, un peu en amont de la passerelle de Charenton. À Saint-Maur, nous l'enjambons avec 5 ponts, 2 passerelles et 2 ponts de chemin de fer. 2 barrages régularisent son cours - nous en verrons un plus loin - permettant une navigation de plaisance sans difficultés majeures et la pêche à la ligne pour les amateurs !

Beaucoup d'îles, dont certaines sauvegardées, ponctuent son cours.

Second arrêt un peu après le Pont de Champigny pour y parler des Saint-Mauriennes et des Saint-Mauriens, car beaucoup de personnalités et vedettes à Saint-Maur :

Isabelle Autissier, la navigatrice,

Michel Jonas,

Francis Lemarque, décédé il y a peu de temps,

Agnès Letestu, danseuse vedette à l'Opéra,

Michel Lis, le jardinier des médias,

Raymond Radiguet, écrivain célèbre, décédé au siècle dernier,

et enfin Charles Trénet. Nous sommes passés tout à l'heure devant la villa qu'il habita et aussi devant la stèle érigée à sa mémoire au bord de cette Marne qui l'a tant inspiré.

À propos de médias, Arletty dans «Hôtel du Nord», parle de La Varenne en voulant «changer d'atmosphère». Et aussi Jacques Tati qui a tourné «Mon Oncle» au Vieux Saint-Maur, dont vous verrez et peut-être reconnaîtrez les lieux tantôt.

Troisième arrêt «Au Père Tranquille» (ancien bistrot).

Promenade en bord de Marne, arrêt à l'ancienne baignade, en pleine Marne à l'époque !

À propos de La Varenne, ce fut, jusqu'en 1791, une commune séparée, réunie à Saint-Maur depuis. Ce matin vous avez parcouru l'Avenue du Bac jusqu'au Pont de Chennevières. Autrefois il y avait un bac pour traverser la Marne et plus loin en bord de Marne, une cloche pour appeler le passeur. Son portique est toujours là... mais la cloche a disparu !

Autres aspects de transport plus récents, le fameux train de la Bastille y a circulé depuis 1920 et le RER lui a succédé depuis.

        photo scannée sur photocopie

Revenant à la Marne, sachez qu'il existe une Association «Marne Vive», dont je fais partie, qui collabore avec d'autres communes - relations difficiles - pour pouvoir se baigner... dans 10 ans... mais le point de départ des 10 ans, change tous les ans ! Mais où vous étiez, en cas d'inondations, vous auriez intérêt à savoir nager, la barrière devant vous étant recouverte de 10 à 20 cms d'eau. Pour en finir, en face, sur l'autre trottoir, c'est notre Usine des Eaux - autonome - valant elle aussi une visite. Quatrième et dernier arrêt, au barrage du Pont du Petit-Parc.

Nous n'avons pas que le tour de Marne à Saint-Maur ! Nous avons - pompeusement appelés - «des villages dans la Ville» ; en fait ce sont des quartiers différents. Mais sachez que c'est une banlieue très pavillonnaire, avec aussi de grandes propriétés, ainsi que des immeubles dans les quartiers centraux. 

Très bel Hôtel de Ville, valant visite à lui seul (si c'est possible).

Plusieurs stades et piscines.

Pas de grandes usines ; souvent des PME ou PMI, des artisans et des métiers d'Art.

Et un passé très riche au Vieux Saint-Maur, dont le guide nous parlera tantôt, beaucoup mieux que moi.

Si le barrage vous a donné soif... le restaurant est à deux pas, allons y !!!

 

photo scannée sur photocopie

Installation au restaurant «Le Petit Saint-Maur», avec quelques propos de votre serviteur, souhaitant le bienvenue à toutes et à tous et bref discours centré - pourquoi pas ? - sur le thème de «La Retraite Réussie».

Après le déjeuner, fort apprécié après cette matinée au grand air, nous accueillons notre guide de la Société Archéologique d'Histoire de Saint-Maur, qui va nous intéresser sur la naissance et l'évolution de Saint-Maur dans les siècles passés, au cours d'une visite détaillée, des premiers quartiers de la ville pendant 2 heures et demie.

Très petit village à l'époque, mais bien protégé par cette boucle de la Marne mais aussi par un éperon rocheux au nord-ouest qui obligea la rivière à former cette boucle et servait de site d'observations surélevé. À cet endroit un fossé y fut creusé (Saint-Maur-des-Fossés) renforçant la protection. 4.500 ans se sont écoulés depuis l'installation des premiers Saint-Mauriens.

Au début c'était Saint-Pierre-des-Fossés, puis à la faveur de la vénération d'un autre saint, Saint Maur, Saint-Pierre devint Saint-Maur... des-Fossés.

Bien protégé, recouvert de bois avec seulement quelques habitations, il y avait beaucoup de petits gibiers, qui ne pouvaient s'enfuir, entre autres des garennes... d'où paraît-il le nom de La Varenne, quartier de Saint-Maur maintenant.

Mais le plus souvent évoquée à Saint-Maur, quoique pratiquement totalement disparue, c'est l'Abbaye des Siècles passés qui nous fut décrite par notre guide, après nous être rendus dans les jardins du même nom à proximité. Un seul chiffre vous en donnera une idée : elle pouvait accueillir 3.000 pèlerins. Seuls subsistent quelques rares fondations et un pilier, d'ailleurs conservés avec difficulté, l'édifice datant de l'an 639.

 Autre aspect humain (?), il est venu jusqu'à nos jours que des orgies y auraient eu lieu. Encore visible sur le site, la Tour Rabelais (1358 - 1360), dont le nom est souvent contesté, mais qui a encore fière allure.

Il y eut aussi un vaste édifice disparu : le Château de Saint-Maur (1541) dont le Grand Condé fut l'un des derniers propriétaires, d'où une avenue de Condé dans le quartier.

Sur les hauteur de ces jardins, 3 menhirs sont encore dressés, arrivés là avec beaucoup de difficultés à l'époque et une légende voulant que l'un d'eux y soit parvenu tout seul, en une nuit !

À quelques pas de là, nous avons visité l'église Saint-Nicolas (patron des bateliers), citée pour la première fois dans l'histoire en 1137, remarquable, entre autres, par sa statue de la Vierge Marie, devenue Notre Dame de Miracles. En bois polychrome, datant de la fin du 12ème siècle et classée à elle seule monument historique (en 1907).

Puis nous avons parcouru quelques anciennes rues, dont la rue de Paris reflétant bien l'époque - tortueuse, souvent étroite, «bien pavée» - débouchant sur l'emplacement du fameux fossé nous séparant de Joinville-le-Pont. Quelques vieux immeubles remarquables, dont les jardins sont visitables pendant les journées du Patrimoine.

Avant de quitter ce Vieux Village, notre guide nous fit découvrir, jouxtant le restaurant, une autre très belle construction qui n'est autre que l'une des dernières fermes de Saint-Maur. Ce fût alors le chemin du retour, en voiture jusqu'au RER Saint-Maur Créteil, notre boucle étant ainsi «bouclée», après une belle journée de printemps.

 (photos scannées sur photocopies)

 

 

Paul DARTHUY