«Son
vieux village et ses bords de Marne»
le
jeudi 22 mai 2003
Ayant
accueilli les 15 participants à la gare RER La Varenne-Chennevières en milieu
de matinée et invité ceux-ci à prendre place dans les 4 voitures que certains avaient
heureusement préférées ! Nous partons pour un bon demi-tour de Marne (8
kms sur 13) en commençant au Pont de Chennevières.
Premier arrêt au carrefour agrémenté
d'un jet d'eau, pour y exposer les généralités sur Saint-Maur : 80.000
habitants actuellement pour 50.000 en 1939 / 1.000 hectares / boucle de 3,50
kms sur 2,5 kms environ / mais «boucle bouclée» par le Canal de Saint-Maurice,
en partie souterrain, que vous avez emprunté l'année dernière / ouvrage datant
de 1822. Bref, nous étions donc dans une île ! Quant à la Marne, source au
Plateau de Langres à 419 m et un parcours de 525 kms, se jetant dans la Seine,
un peu en amont de la passerelle de Charenton. À Saint-Maur, nous l'enjambons
avec 5 ponts, 2 passerelles et 2 ponts de chemin de fer. 2 barrages
régularisent son cours - nous en verrons un plus loin - permettant une
navigation de plaisance sans difficultés majeures et la pêche à la ligne pour
les amateurs !
Beaucoup d'îles, dont certaines
sauvegardées, ponctuent son cours.
Second arrêt un peu après le Pont de
Champigny pour y parler des Saint-Mauriennes et des Saint-Mauriens, car
beaucoup de personnalités et vedettes à Saint-Maur :
Isabelle Autissier, la navigatrice,
Michel Jonas,
Francis Lemarque, décédé il y a peu de
temps,
Agnès Letestu, danseuse vedette à l'Opéra,
Michel Lis, le jardinier des médias,
Raymond Radiguet, écrivain célèbre, décédé
au siècle dernier,
et enfin Charles Trénet. Nous sommes
passés tout à l'heure devant la villa qu'il habita et aussi devant la stèle
érigée à sa mémoire au bord de cette Marne qui l'a tant inspiré.
À propos de médias, Arletty dans «Hôtel du
Nord», parle de La Varenne en voulant «changer d'atmosphère». Et aussi Jacques
Tati qui a tourné «Mon Oncle» au Vieux Saint-Maur, dont vous verrez et peut-être
reconnaîtrez les lieux tantôt.
Troisième arrêt «Au Père Tranquille»
(ancien bistrot).
Promenade en bord de Marne, arrêt à
l'ancienne baignade, en pleine Marne à l'époque !
À propos de La Varenne, ce fut, jusqu'en
1791, une commune séparée, réunie à Saint-Maur depuis. Ce matin vous avez
parcouru l'Avenue du Bac jusqu'au Pont de Chennevières. Autrefois il y avait un
bac pour traverser la Marne et plus loin en bord de Marne, une cloche pour
appeler le passeur. Son portique est toujours là... mais la cloche a
disparu !
Autres aspects de transport plus récents,
le fameux train de la Bastille y a circulé depuis 1920 et le RER lui a succédé
depuis.
Revenant à la Marne, sachez qu'il existe
une Association «Marne Vive», dont je fais partie, qui collabore avec d'autres
communes - relations difficiles - pour pouvoir se baigner... dans 10 ans...
mais le point de départ des 10 ans, change tous les ans ! Mais où vous
étiez, en cas d'inondations, vous auriez intérêt à savoir nager, la barrière
devant vous étant recouverte de 10 à 20 cms d'eau. Pour en finir, en face, sur
l'autre trottoir, c'est notre Usine des Eaux - autonome - valant elle aussi une
visite. Quatrième et dernier arrêt, au barrage du Pont du Petit-Parc.
Nous n'avons pas que le tour de Marne à
Saint-Maur ! Nous avons - pompeusement appelés - «des villages dans la
Ville» ; en fait ce sont des quartiers différents. Mais sachez que c'est
une banlieue très pavillonnaire, avec aussi de grandes propriétés, ainsi que des
immeubles dans les quartiers centraux.
Très bel Hôtel de Ville, valant visite à
lui seul (si c'est possible).
Plusieurs stades et piscines.
Pas de grandes usines ; souvent des
PME ou PMI, des artisans et des métiers d'Art.
Et un passé très riche au Vieux
Saint-Maur, dont le guide nous parlera tantôt, beaucoup mieux que moi.
Si le barrage vous a donné soif... le
restaurant est à deux pas, allons y !!!

photo scannée sur photocopie
Installation au restaurant «Le Petit
Saint-Maur», avec quelques propos de votre serviteur, souhaitant le bienvenue à
toutes et à tous et bref discours centré - pourquoi pas ? - sur le thème
de «La Retraite Réussie».
Après le déjeuner, fort apprécié après
cette matinée au grand air, nous accueillons notre guide de la Société
Archéologique d'Histoire de Saint-Maur, qui va nous intéresser sur la naissance
et l'évolution de Saint-Maur dans les siècles passés, au cours d'une visite
détaillée, des premiers quartiers de la ville pendant 2 heures et demie.
Très petit village à l'époque, mais bien
protégé par cette boucle de la Marne mais aussi par un éperon rocheux au
nord-ouest qui obligea la rivière à former cette boucle et servait de site
d'observations surélevé. À cet endroit un fossé y fut creusé (Saint-Maur-des-Fossés)
renforçant la protection. 4.500 ans se sont écoulés depuis l'installation des
premiers Saint-Mauriens.
Au début c'était Saint-Pierre-des-Fossés,
puis à la faveur de la vénération d'un autre saint, Saint Maur, Saint-Pierre
devint Saint-Maur... des-Fossés.
Bien protégé, recouvert de bois avec
seulement quelques habitations, il y avait beaucoup de petits gibiers, qui ne
pouvaient s'enfuir, entre autres des garennes... d'où paraît-il le nom de La
Varenne, quartier de Saint-Maur maintenant.
Mais le plus souvent évoquée à Saint-Maur,
quoique pratiquement totalement disparue, c'est l'Abbaye des Siècles passés qui
nous fut décrite par notre guide, après nous être rendus dans les jardins du
même nom à proximité. Un seul chiffre vous en donnera une idée : elle
pouvait accueillir 3.000 pèlerins. Seuls subsistent quelques rares fondations et
un pilier, d'ailleurs conservés avec difficulté, l'édifice datant de l'an 639.
Autre aspect humain (?), il est venu
jusqu'à nos jours que des orgies y auraient eu lieu. Encore visible sur le site,
la Tour Rabelais (1358 - 1360), dont le nom est souvent contesté, mais qui a
encore fière allure.
Il y eut aussi un
vaste édifice disparu : le Château de Saint-Maur (1541) dont le Grand
Condé fut l'un des derniers propriétaires, d'où une avenue de Condé dans le
quartier.
Sur les hauteur de ces jardins, 3 menhirs
sont encore dressés, arrivés là avec beaucoup de difficultés à l'époque et une
légende voulant que l'un d'eux y soit parvenu tout seul, en une nuit !
À quelques pas de là, nous avons visité l'église
Saint-Nicolas (patron des bateliers), citée pour la première fois dans
l'histoire en 1137, remarquable, entre autres, par sa statue de la Vierge
Marie, devenue Notre Dame de Miracles. En bois polychrome, datant de la fin du
12ème siècle et classée à elle seule monument historique (en 1907).
Puis nous avons parcouru quelques
anciennes rues, dont la rue de Paris reflétant bien l'époque - tortueuse,
souvent étroite, «bien pavée» - débouchant sur l'emplacement du fameux fossé
nous séparant de Joinville-le-Pont. Quelques vieux immeubles remarquables, dont
les jardins sont visitables pendant les journées du Patrimoine.
Avant de quitter ce Vieux Village, notre
guide nous fit découvrir, jouxtant le restaurant, une autre très belle
construction qui n'est autre que l'une des dernières fermes de Saint-Maur. Ce
fût alors le chemin du retour, en voiture jusqu'au RER Saint-Maur Créteil, notre
boucle étant ainsi «bouclée», après une belle journée de printemps.
(photos scannées sur photocopies)
Paul DARTHUY