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      Décembre 2004   67

  

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                                                        LES SOUS-SOLS DE PARIS

 

Mardi 26 octobre 2004

 

            Il fait très beau sur PARIS ce mardi ; néanmoins nous passerons 2 h, le matin dans les Catacombes, place Denfert-Rochereau, puis 1 h 30 l’après-midi dans les Egouts sur la rive gauche de la Seine, au pont de l’Alma.

 

                                            LES CATACOMBES

 

Historique :

 

            Elles ont été installées dans les galeries évidées des anciennes carrières de calcaire qui avaient servi à la construction de Paris

         

            La fin du XVIIIè siècle montre de grandes préoccupations d’urbanisme et d’hygiène. Fin 1785, le cimetière des Innocents est supprimé et c’est le premier Inspecteur général des carrières GUILLAUMOT qui retient l’emplacement des anciennes carrières de la plaine de Montsouris, alors situé en dehors de Paris, pour le transfert de ce cimetière.

            Des travaux d’aménagement, maçonnerie et soutènement de galeries sont alors entrepris ainsi que le creusement d’un escalier flanqué d’un puits maçonné pour déverser les ossements.

            La translation des restes en provenance du cimetière des Innocents commence en 1786 et se continue jusqu’en 1788 ; les ouvriers construisent un véritable rempart constitué par les gros os et alignent les crânes dans un but décoratif. Derrière ce mur, les ossements sont jetés pêle-mêle sur parfois 30 m d’épaisseur.

            Ensuite, le transfert des autres cimetières du centre de Paris est entrepris et se poursuit régulièrement jusqu’en 1814. En 1859, les Catacombes reçoivent encore les restes humains mis à jour lors des grands travaux d’urbanisme entrepris sous Napoléon III par le préfet Haussmann.

            On évalue aujourd’hui à environ 6 millions le nombre de Parisiens déposés dans les Catacombes dans le plus grand anonymat, c’est-à-dire l’équivalent de trois fois la population parisienne vivante.

 

Visite :

 

            C’est par un escalier de 130 marches (soit 7 étages) que nous pénétrons à 20 m sous terre (et à une t° constante de 12°3) dans les anciennes galeries d’exploitation des carrières. Les inscriptions lisibles le long du parcours indiquent le nom des rues, la nature des travaux effectués et leur date. Les galeries présentent des vides d’exploitation qui n’ont pas été modifiés depuis leur abandon. On y trouve des piliers tournés pris dans la masse et des piliers à bras constitués de pierres superposées qui soutiennent le ciel de la carrière.

On arrive ensuite sur une placette entourée d’un décor noir et blanc sur laquelle s’ouvre une porte avec au linteau ce vers de l’abbé Delille « Arrête ! c’est ici l’empire de la mort. »

 

            Nous pénétrons alors dans l’ossuaire qui comprend 800 m de galeries, sorte de labyrinthe sous les maisons de la partie nord du XIVè arrondissement.

            La première partie de la galerie renferme les ossements arrivés en 1859 ; au-delà, d’autres plaques (janvier 1814, couvent des Carmes de la place Maubert)… Au bout de la galerie, une petite place a été aménagée autour de la source dite Fontaine de la Samaritaine.

    

            Après avoir traversé de nombreuses galeries bordées d’ossements, on sort du périmètre de l’ossuaire pour s’arrêter à trois fontis dont deux de 11 m ; ce sont des affaissements du ciel de carrière survenus à la suite d’un désordre provoqué par l’importance du vide. Ces trois cloches de fontis ont été consolidées par d’épaisses maçonneries après déblaiement du cône d’éboulis.

            Nous remontons et terminons la visite par un escalier (du 18è siècle) en colimaçon, de 83 marches

            Les Catacombes conservent à nos yeux le mystère des royaumes souterrains renforcé par le caractère macabre des lieux.

 

 LES EGOUTS DE PARIS

 

Que deviennent l’eau qui tourbillonne dans le siphon de l’évier et la pluie qui s’engouffre dans la bouche d’égout ?

C’est pour répondre aux questions que se pose tout un chacun sur l’assainissement qu’un site en exploitation a été aménagé pour recevoir le public.

Les égouts parisiens, d’une conception unique au monde, offrent aux visiteurs, sur

500 m de galeries, un aperçu des 2 400 km du réseau d’assainissement, 40 km d’émissaires, 140 km de collecteurs, 1 400 km d’égouts élémentaires, 30 000 regards d’accès implantés tous les 50 m, 1 800 bouches d’égout pour les eaux de ruissellement des rues et 

100 000 branchements particuliers des immeubles au réseau.

Historique :

 

            Jusqu’au Moyen-Age, Paris alimenté en eau à partir de la Seine, rejette ses eaux usées dans les champs ou dans les ruelles en terre battue. Par les terrains avoisinants, elles rejoignent la Seine.

            Avec Napoléon 1er  apparaît le premier réseau d’égouts voûtés (30 km).

            Il faut attendre l’arrivée, en 1850, du baron HAUSSMANN, préfet de la Seine, et de l’ingénieur BELGRAND, pour voir se développer le réseau d’égouts actuel et l’approvisionnement en eau de Paris.

            BELGRAND se préoccupe à la fois de rejeter les eaux usées loin en aval de la ville  et conçoit des ouvrages de grandes dimensions qui permettent d’accueillir des canalisations d’eau potable. Ce vaste projet est complété en 1894 par une loi qui impose le « Tout-à-l’égout ».

Les successeurs de BELGRAND complètent et développent le réseau parisien : de 1914 à 1977 seront réalisés plus de 1 000 km d’ouvrages nouveaux.

 

 

 

 

Visite :

Les premières visites des égouts de Paris, de 1892 à 1920,  s’opèrent en wagon tracté par une locomotive

dans le collecteur Sébastopol 

 

Puis, de 1920 à 1975, les visiteurs circulent sur une barque dans le collecteur d’Asnières.

Depuis 1975, la visite s’effectue à pied au niveau du pont de l’Alma, dans une partie du réseau aménagé pour le public (site agrandi et modernisé en 1989). Cette visite intègre les caractéristiques du milieu : taux d’humidité très élevé, air parfois insalubre, odeurs, risque d’inondation en cas d’orage, accès difficile, travaux et interventions d’exploitation.

Le musée permet de s’informer sur les outils et différents engins utilisés depuis le XIXè siècle : bateau-vanne, wagon-biboule, boules pour le curage ; les tenues d’égoutier.

La dernière grande salle est le point de départ de l’émissaire sud qui emmène une partie des eaux usées de la rive gauche vers l’usine d’épuration d’Achères.

 

Le réseau évacue chaque jour, 1,2 million de m3 d’eau ; chaque année 15 000 m3 se déchets solides sont retirés du réseau.

Le site d’Achères, à 17 km, peut traiter 2 millions de m3 d’eaux usées par jour.

En janvier 2002, la certification ISO 14 001 a été délivrée à la ville de Paris pour sa gestion  du réseau d’assainissement.

Ce lieu caché et discret, à 5 m sous terre : c’est la visite des égouts de Paris, une ville sous la ville.

 

                                                                                                                                            Jacques LAINÉ