LES SOUS-SOLS DE PARIS
Mardi 26 octobre 2004
Il fait très beau sur PARIS ce mardi ; néanmoins nous passerons 2 h, le matin dans les Catacombes, place Denfert-Rochereau, puis 1 h 30 l’après-midi dans les Egouts sur la rive gauche de la Seine, au pont de l’Alma.
Historique :
Elles ont été installées dans les galeries évidées des anciennes carrières de calcaire qui avaient servi à la construction de Paris

La fin du XVIIIè siècle montre de grandes préoccupations d’urbanisme et d’hygiène. Fin 1785, le cimetière des Innocents est supprimé et c’est le premier Inspecteur général des carrières GUILLAUMOT qui retient l’emplacement des anciennes carrières de la plaine de Montsouris, alors situé en dehors de Paris, pour le transfert de ce cimetière.
Des travaux d’aménagement, maçonnerie et soutènement de galeries sont alors entrepris ainsi que le creusement d’un escalier flanqué d’un puits maçonné pour déverser les ossements.
La translation des restes en provenance du cimetière des Innocents commence en 1786 et se continue jusqu’en 1788 ; les ouvriers construisent un véritable rempart constitué par les gros os et alignent les crânes dans un but décoratif. Derrière ce mur, les ossements sont jetés pêle-mêle sur parfois 30 m d’épaisseur.
Ensuite, le transfert des autres cimetières du centre de Paris est entrepris et se poursuit régulièrement jusqu’en 1814. En 1859, les Catacombes reçoivent encore les restes humains mis à jour lors des grands travaux d’urbanisme entrepris sous Napoléon III par le préfet Haussmann.
On évalue aujourd’hui à environ 6 millions le nombre de Parisiens déposés dans les Catacombes dans le plus grand anonymat, c’est-à-dire l’équivalent de trois fois la population parisienne vivante.
Visite :
C’est
par un escalier de 130 marches (soit 7 étages) que nous pénétrons à 20 m sous
terre (et à une t° constante de 12°3) dans les anciennes galeries
d’exploitation des carrières. Les inscriptions lisibles le long du parcours
indiquent le nom des rues, la nature des travaux effectués et leur date. Les
galeries présentent des vides d’exploitation qui n’ont pas été modifiés depuis
leur abandon. On y trouve des piliers tournés pris dans la masse et des piliers
à bras constitués de pierres superposées qui soutiennent le ciel de la carrière.
On arrive ensuite sur une placette entourée d’un
décor noir et blanc sur laquelle s’ouvre une porte avec au linteau ce vers de
l’abbé Delille « Arrête ! c’est ici l’empire
de la mort. »
Nous
pénétrons alors dans l’ossuaire qui comprend 800 m de galeries, sorte de
labyrinthe sous les maisons de la partie nord du XIVè
arrondissement.
La
première partie de la galerie renferme les ossements arrivés en 1859 ;
au-delà, d’autres plaques (janvier 1814, couvent des Carmes de la place Maubert)… Au bout de la galerie, une petite place a été
aménagée autour de la source dite Fontaine de la Samaritaine.
Après avoir traversé de nombreuses galeries bordées d’ossements, on sort du périmètre de l’ossuaire pour s’arrêter à trois fontis dont deux de 11 m ; ce sont des affaissements du ciel de carrière survenus à la suite d’un désordre provoqué par l’importance du vide. Ces trois cloches de fontis ont été consolidées par d’épaisses maçonneries après déblaiement du cône d’éboulis.
Nous
remontons et terminons la visite par un escalier (du 18è siècle) en colimaçon,
de 83 marches
Les
Catacombes conservent à nos yeux le mystère des royaumes souterrains renforcé
par le caractère macabre des lieux.
Que deviennent l’eau qui tourbillonne dans le siphon de l’évier et la pluie qui s’engouffre dans la bouche d’égout ?
C’est pour répondre aux
questions que se pose tout un chacun sur l’assainissement qu’un site en
exploitation a été aménagé pour recevoir le public.
Les égouts parisiens, d’une
conception unique au monde, offrent aux visiteurs, sur
500 m de galeries, un aperçu des 2 400 km du réseau
d’assainissement, 40 km d’émissaires, 140 km de collecteurs, 1 400 km d’égouts
élémentaires, 30 000 regards d’accès implantés tous les 50 m, 1 800 bouches
d’égout pour les eaux de ruissellement des rues et
100 000 branchements particuliers des immeubles
au réseau.
Historique :
Jusqu’au Moyen-Age, Paris alimenté en eau à partir de la Seine, rejette ses eaux usées dans les champs ou dans les ruelles en terre battue. Par les terrains avoisinants, elles rejoignent la Seine.
Avec
Napoléon 1er apparaît le
premier réseau d’égouts voûtés (30 km).
Il
faut attendre l’arrivée, en 1850, du baron HAUSSMANN, préfet de la Seine, et de
l’ingénieur BELGRAND, pour voir se développer le réseau d’égouts actuel et
l’approvisionnement en eau de Paris.
BELGRAND se préoccupe à la fois de rejeter les eaux usées loin en aval de la ville et conçoit des ouvrages de grandes dimensions qui permettent d’accueillir des canalisations d’eau potable. Ce vaste projet est complété en 1894 par une loi qui impose le « Tout-à-l’égout ».
Les successeurs de BELGRAND
complètent et développent le réseau parisien : de 1914 à 1977 seront
réalisés plus de

Visite :
Les premières visites des égouts de Paris, de 1892 à 1920, s’opèrent en wagon tracté par une locomotive
dans le collecteur Sébastopol
Puis, de 1920 à 1975, les
visiteurs circulent sur une barque dans le collecteur d’Asnières.
Depuis 1975, la visite
s’effectue à pied au niveau du pont de l’Alma, dans une partie du réseau
aménagé pour le public (site agrandi et modernisé en 1989). Cette visite
intègre les caractéristiques du milieu : taux d’humidité très élevé, air
parfois insalubre, odeurs, risque d’inondation en cas d’orage, accès difficile,
travaux et interventions d’exploitation.
Le musée permet de
s’informer sur les outils et différents engins utilisés depuis le XIXè siècle : bateau-vanne, wagon-biboule, boules pour le curage ; les tenues
d’égoutier.
La dernière grande salle est le point de départ de
l’émissaire sud qui emmène une partie des eaux usées de la rive gauche vers
l’usine d’épuration d’Achères.
Le réseau évacue chaque
jour, 1,2 million de m3 d’eau ; chaque année
Le site d’Achères, à
En janvier 2002, la
certification ISO
Ce lieu caché et discret, à
Jacques LAINÉ