Accueil

 Page +1

      Le Bulletin     CONTACT

      Avril 2005   68

  

 Sommaire

 Page -1

 

UN MEMBRE DE NOTRE ASSOCIATION À L’HONNEUR !

 

 

                   Notre ami Jean-Paul DÉO, membre de notre association depuis quelques années, vient d’être brillamment élu PRÉSIDENT DE LA CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE DE HAUTE PROVENCE. Il offre aujourd’hui le champagne à tout le monde pour célébrer l’événement. Nous lui cédons volontiers la parole.

 

    Jean-Paul Deo au milieu                                                               Mes amis, c’est une promesse que j’avais faite : si je suis élu, je paie à boire ; cela me semble tout à fait naturel. Les nouveaux entrants devraient d’ailleurs faire la même chose. Je vous souhaite une bonne et heureuse année, une grande réussite et une très grande longévité. J’espère que l’on dépassera les cent ans, tous, chacun de nous et en pleine santé grâce à l’AG2R !

 

                   Donc ce que je voulais vous dire c’est que je me suis posé la question «  pourquoi trouvons-nous tant d’intérêt à nous retrouver au moins une fois par an »  et je crois avoir trouvé un semblant de réponse. C’est probablement comme chez le coiffeur. Quand un « petit sortait », il lui disait, « 20 ans de moins » et je pense que quand on se retrouve une fois par an on se sent 30 ans de moins. Et cela me fait très plaisir.

 

J’ai commencé ma carrière - pas vraiment ma carrière, puisque j’étais en stage - en 62 à Cadarache. J’ai été accueilli par quelqu’un que certains d’entre vous connaissent : Pierre Anselme, Pierrot, qui est toujours à Aix d’ailleurs. Et là dans le passage de l’école à la vie de chantier, j’ai trouvé la rudesse que j’ai rencontrée un peu plus tard. Puis, j’ai mal terminé mes études. J’étais presque en classe préparatoire. Sexuellement parlant, je n’étais pas au point. J’ai fait un petit, trop en avance. J’ai fait partie des familles précoces. Ensuite je suis allé au Conservatoire des Arts et Métiers. J’ai passé des certificats de physique, d’électrotechnique, d’électricité générale, d’informatique, toute une série et enfin en 64 j’ai cherché du travail. J’étais dans la région parisienne et, tout naturellement, je suis venu vers l’entreprise de ma dernière feuille de paie et c’était chez Saunier Duval.

 

                   Là, j’ai été accueilli par une dame que vous avez bien connue, Maria. Elle m’a demandé ce que je voulais faire. Je lui ai dit qu’il fallait que je travaille et que je gagne un peu d’argent. Elle a alors téléphoné au 4ème étage, c’est-à-dire dans le service de Monsieur Machefer. Elle m’a dit « Vous pouvez aller travailler dans les bureaux ». Le bureau ou le chantier, çà m’était égal à ce stade. J’ai donc débarqué dans le bureau de Monsieur Machefer. Il m’a demandé quand je pouvais commencer. Je lui ai répondu « Quand vous voulez ». Il m’a dit « Allez vous asseoir là-bas au fond ». Et c’est ainsi que j’ai démarré. C’était le temps, vous vous en souvenez, où il n’était pas trop difficile de trouver du travail. Là j’ai travaillé avec des gens que vous avez peut-être connus (Monsieur Machefer travaillait dans le nucléaire, pour Edf, dans les centrales), c’était des gens comme Michaud, Petetin qui ont commencé à m’apprendre une certaine façon de vivre. À l’époque on travaillait le samedi matin. Quand on faisait des charrettes, on terminait à Pigalle. Il fallait boire du pastis jusqu’à plus soif ! Et j’ai connu d’autres personnes aussi, et peut-être les avez-vous également connues, des gens comme Lubin, Énaux.

 

                   Et puis est arrivée la grande époque de 68.

Cela m’a permis de connaître Jacques Charles et Daniel Moreau. J’étais à cette époque-là à la CGT. J’ai changé, je suis maintenant au Medef. Je me souviens de Monsieur Mercier. Il m’avait dit avec sa politesse habituelle « Je ne sais pas ce que vous faites là, mais votre avenir n’est sûrement pas à la CGT ». Finalement je me rends compte qu’il avait raison. J’ai rencontré Jacques et aussi Roger Monmouton. Puis j’ai changé de bureau, toujours au même étage. Je suis passé au service de Roger et je lui rends hommage. Roger m’a beaucoup appris quant à l’organisation, et la façon de manager les hommes. J’ai toujours souvenance de mon passage chez lui.

 

               Ensuite quelqu’un de Marseille, c’est-à-dire de mon pays puisque je suis de la Provence, quelqu’un qui s’appelle Bonamico, a été embauché par Marc Rivas - un personnage dans la société !!!  Il m’a dit « Si tu veux revenir dans la région, il y a une opportunité : une grande salle et dans cette grande salle, des planches à dessins, il faut peut-être en profiter ». Oui, mais comment faire ? Alors là,  grâce encore à Roger Monmouton, Jacques Charles m’a fait la passerelle par rapport à Monsieur Machefer (qui ne voulait pas me lâcher). J’ai réussi à débarquer chez Marc Rivas. Avec une chance, il n’était pas mon patron. Mes patrons étaient Bernard Turbé et Jean Capovilla.

 

                   Mais cela n’a pas duré longtemps. Je ne sais pas ce qui s’est passé mais cela a évolué au siège et donc Marc Rivas est devenu mon patron. Cela a duré 5 ans. À cette époque j’ai connu Roger Rulence, votre président, et nous avons des souvenirs communs. Nous avons passé de bons moments. Il était patron d’une entreprise générale pour l’hôtel Ruhl, 4 étoiles, avec casino, sur Nice. Moi, j’assurais la climatisation et Robert Darthuy, le frère de Paul ici présent, s’occupait de l’électricité.

 

                   Ensuite la situation a évolué, vous vous en souvenez. On a repris Contrôle et Applications vers les années 70.  En 1978, on avait donné la mission à Marc Rivas de coordonner le sud-ouest. Comme j’étais issu de l’industrie, c’est à moi qu’a échoué le rôle de venir participer à la prise de connaissance de Port-de-Bouc. Roger m’avait dit que c’était peut-être une connerie de dire « on les rachète, on est les plus forts ». J’ai découvert avec Claude Rogueda que la régulation, l’instrumentation, c’est un vrai métier. C’est une chose et je dois à Claude Rogueda outre de m’avoir accueilli (et c’est quelque chose qui me touche beaucoup, je le disais déjà de Roger). Claude m’a accueilli  de façon extraordinaire et son frère également. Ce  métier, très particulier, j’ai mis un certain temps à le comprendre, à l’apprendre.

                   Et  puis finalement avec Marc Rivas, qui avait repris la Direction, les rapports sont devenus difficiles. C’était un homme très dur, dur avec tout le monde y compris lui-même. J’ai donc donné ma démission, un peu la mort dans l’âme, parce que Roger aurait souhaité que je reste dans le groupe. C’était en 81.  Depuis j’ai fait un tour chez Spie-Batignolles qui avait repris Trindel. J’y suis resté 8 ans. Je suis passé chez Bouygues à la Saur. J’y ai fait 2 ans.

 

                   Et puis l’opportunité s’est présentée de reprendre à mon compte une petite entreprise qui était en liquidation. J’ai écrit au  Tribunal de Commerce qui m’a donné son accord. C’était en 91. Il y a donc de cela 14 ans et cette entreprise travaille aujourd’hui dans les réseaux électriques d’éclairage public, de contrôle d’accès et de télésurveillance. Nous sommes installés sur Nice, Marseille, La Ciotat, Aix en Provence et Manosque. Le siège social est à Manosque. Nous réalisons 6 millions d’euros de chiffre d’affaire. Nous employons environ 60 personnes, c’est variable.

J’ai 61 ans.  Et,  il y a quelques mois, s’est présentée pour moi et mon équipe, l’opportunité de nous présenter à la Chambre de Commerce et d’Industrie. Il y avait 3 équipes en compétition et de ces 3 équipes, tous les membres de mon équipe et moi-même, avons été élus à l’unanimité. De ce fait, j’ai été ensuite élu Président de la Chambre.

 

 

 

                   Ce que je tenais à vous dire c’est que ce résultat, c’est un peu grâce à vous et que vous y êtes tous un peu pour quelque chose parce que je suis profondément convaincu - et ce que je vous dis vient du fond des tripes -  que mon apprentissage professionnel, c’est vous qui me l’avez offert et que vous avez tous été mes maîtres. C’est grâce à cela certainement que j’ai pu faire ce parcours en me référant à ma mémoire, à des petites choses et à des grandes choses, grâce à tout ce que vous m’avez appris, y compris d’ailleurs Marc Rivas. Et même aujourd’hui je suis très ému, par exemple qu’on ait  notre champion de l’informatique, qu’est André Marc, qui fait - je ne sais pas si vous vous en rendez bien compte - un travail extraordinaire. Il nous a reliés, il nous permet de communiquer en permanence. Il a créé un site exceptionnel. J’ai copié son modèle pour faire mon site dans l’entreprise et pour faire mon site de communication de candidat.

 

C’est avec un immense plaisir que je vous offre le champagne, ce n’est pas grand’chose mais c’est du fond du cœur.

  

                                                                                                                                                                 Jean-Paul DÉO