RIEZ !
Non, ce n’est pas un impératif (quoique …) mais c’est le nom d’un village des Alpes de Haute Provence où nous nous sommes réunis ce 11 juin pour notre visite culturelle (et gastronomique) annuelle.
Notre groupe
ayant réservé un guide à l’Office du Tourisme, c’est une
charmante jeune fille qui nous fit visiter les lieux.
A l’origine, un oppidum celto-ligure se trouvait sur la colline Saint Maxime (636 m d’altitude) qui domine la cité actuelle ; c'était le chef-lieu de la tribu des Reii.
Après la conquête romaine, une colonie de droit latin, fondée sous Auguste (20 av. J.C.) s’étend largement dans la plaine, au confluent de deux rivières, affluents du Verdon. Cette agglomération prend le nom de « Colonia Julia Augusta Apollinaris Reiorum. Son importance à l’époque romaine s’explique par sa situation au carrefour de routes aménagées dès le Haut Empire : reliée à Fréjus (Forum Julii) par la via Auréliana, à Aix (Aquae Sextiae) par la via Sextiana et à Nice-Cimiez par la via Cemeneliana. De cette époque, restent quelques vestiges de monuments qui, hélas, ont servi de carrières au cours des siècles.
Ces vestiges se trouvaient enfouis sous une épaisse couche d’alluvions de la rivière Collostre. Quatre colonnes de 5,90 m de haut en granit de l’Esterel extrait à plus de 100 km de Riez, avec chapiteaux Corinthiens en marbre blanc et architrave en calcaire tendre du Luberon se dressant au milieu d’une prairie sont les restes d’un grand sanctuaire qui devait mesurer environ 11m sur 22m et devait s’élever à 14m au dessus du sol. Les nombreuses colonnes remployées dans divers monuments du village proviennent de cet édifice. Ce sanctuaire était, semble-t-il, dédié à Apollon et laisse entrevoir un culte à ce dieu guérisseur.
De l’époque
paléochrétienne - IVème Vème siècle - nous est parvenu le
Baptistère, bâti sur des édifices du Haut Empire sans doute
détruits vers 270 lors des premières invasions barbares. Cet
édifice, carré à l’extérieur, présente intérieurement un plan
octogonal à huit niches ; la piscine baptismale centrale
également octogonale est entourée d’une colonnade qui la
sépare d’un déambulatoire.
Ces
colonnes sont, avec leur base et leur chapiteau des remplois
antiques. Actuellement cet édifice sert de dépôt lapidaire
avec statues, bustes, mosaïques etc.
Attenant au Baptistère, l’église primitive, dont ne subsistent que quelques vestiges, avait été édifiée sur un vaste édifice du Haut Empire.
Riez fut le siège d’un évêché jusqu’à la Révolution. Le premier évêque connu est Saint Maxime sacré en 434.
Au Bas Empire et au Haut Moyen Age, les cimetières se concentrent autour du groupe cathédral on y a découvert des sarcophages. Des thermes ont été partiellement dégagés et, malheureusement recouverts par l’actuel gymnase du collège.
Dès la fin du Vème siècle, les barbares – Wisigoths, Ostrogoths, Lombards, Saxons, et les Sarrazins - jusqu’au VIIIème et IXème siècle déferlent sur la Provence. Nombre de Riezois abandonnent la ville gallo-romaine pour se réinstaller sur la colline à l’emplacement du castrum celto ligure. C’est à cette époque que la basilique est transférée sur la colline St Maxime.
Au XII –XIIIème siècle, la sécurité revenue, les habitants redescendent dans la ville basse, en partie détruite. A la fin du XVème siècle, en 1490, l’évêque décide de rebâtir une autre basilique dans le bourg, c’est l’église actuelle dont les pierres proviennent de l’ancienne cathédrale. Dévastée en 1574 lors des guerres de religion, elle s’écroule en 1842. Reconstruite en 1849, elle conserve quelques tableaux remarquables.
Vers 1475, l’évêque fit construire pour son logement une grande maison, c’est l’actuel hôtel de ville.
Au XIVème siècle, l’insécurité causée par des bandes armées espagnoles régnant à nouveau, la ville se resserre et s’entoure de remparts avec tour de guet et des portes St Sols et Aiguière.
Devant la porte Aiguière, à l’extérieur des remparts, se trouve une des neuf fontaines de la ville : la fontaine de la colonne est surmontée d’une colonne romaine.
Outre ces monuments, Riez offre un ensemble de vieilles maisons remarquables, des hôtels des XVIème, XVIIème, XVIIIème siècles qui sont pour la plupart dans un état alarmant .Nous avons visité l’hôtel de Mazan, construit pour Antoine de Lascarès de Tende, évêque de Riez. Les trois étages sont desservis par un escalier monumental décoré de gypseries à la manière italienne et daté de 1523. Les ornements floraux y alternent avec des écussons et de nombreux reliefs en stuc, véritable bestiaire de monstres ornant les colonnes torsadées où s’enroule l’escalier.
Cette visite de 2 heures environ ayant aiguisé l'appétit, nous gagnons le restaurant "Le rempart" où, dans une salle pour nous réservée,un excellent repas nous fut servi.
Les conversations allant bon train, la suite du programme menaçait de subir le sort de celui de la canicule, c’est pourquoi nous hâtons le départ pour Quinson où se trouve le musée de la préhistoire. Ce musée le plus grand d’Europe consacré à la préhistoire, est l’œuvre de l’architecte Norman Foster (celui du pont de Millau). Son objectif est de pouvoir exploiter, valoriser et présenter l’ensemble des collections rassemblées depuis plus de 50 ans dans la région du Verdon.
Nous sommes
accueillis dès l’entrée, pour bien marquer l’ambiance, par un
magnifique mammouth poilu,
pourvu de
gigantesques défenses. Ce musée présente dans des vitrines des
pierres taillées, poteries, crânes, ornements, parures et,
dans des mises en scènes fidèles aux découvertes
scientifiques, des
reconstitutions de scènes de la vie des hommes de
cette époque d’un réalisme étonnant. Des productions
audiovisuelles automatisées
sont
présentées dans des auditoriums. Cette
découverte de la vie de nos lointains ancêtres ou cousins de
Néandertal à l’homo sapiens s’étale sur plus d’un million
d’années.
A la fin de cette visite vint le moment d’immortaliser cette journée. Après quelques photos prises par l’un ou par l’autre, il manquait toujours le photographe sur le cliché. Nous avons donc sollicité l’aide d’une jeune personne passant par là qui a bien voulu prendre le groupe en entier. Après quelques vues de l’ensemble sans tête, puis de l’ensemble sans pieds, (j’exagère à peine) un jeune homme fort aimable a tenu absolument à ce que la jeune fille figure sur la photo (croyant qu’elle faisait partie du groupe), ce qui fut fait dans la plus grande hilarité.
A l’issue de cette agréable journée, nous nous sommes bien promis de nous revoir pour une nouvelle balade.
Jean JANIN
La péripétie de cette « jeune fille à la photographie » survenue en fin de cette merveilleuse journée explique le fait que nous partîmes à 14 et arrivâmes à 15.
Vous reconnaîtrez de gauche à droite : les Janin, Roger Rulence, les Darthuy (Robert), Daniel Sarre, les Laporte, les Bernard, les Le Mouël, Les Déo.
Qui est la 15ème personne ?
À vous de nous le dire.
Un indice : nos collègues sont très élégants.