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      Décembre 2005  70

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UNE  JOURNÉE  À  BERCY

20 octobre 2005

   

Le Parisien de souche connaît très mal sa ville natale. Je vous le confirme chers amis, la découverte du nouveau quartier de Bercy m'a plongé dans un dépaysement total.

  

 

Ce qui fut le plus grand marché européen de vins et spiritueux, est devenu, autour de chais conservés et réhabilités, un ensemble de logements de commerces de restaurants, un centre d'affaires et un parc de 13 hectares !

 

Á l'abri sous la voûte d'un ancien entrepôt Saint-Émilion, les 17 participants se sont regroupés entourant Pierre-Albert Brunet, conférencier de son état. Nous tentons de recueillir ses précieuses paroles et ce n'est pas facile !  Notre guide “murmure” sans micro, dans un bruit de fond provoqué par le passage incessant des piétons pressés. Nous notons tout de même qu'un château s'élevait sur la seigneurie de Bercy. Lieu de plaisance au XVII ème siècle ce n'est qu'en 1860 qu'il devint un quartier de Paris en élargissant comme tant d'autres villages l'ancienne enceinte des Fermiers généraux.

 

Ayant quitté notre refuge, nous abordons la visite du Parc. Nous accédons au  jardin romantique par la vallée. Ce jardin porte bien son nom, il se développe autour d'un canal et de plans d'eau. Entourée par un bassin circulaire, la maison du lac apparaît dans toute sa blancheur. Il s'agit d'un ancien poste de garde des entrepôts de Bercy. Aujourd'hui la garde est assurée par un magnifique héron cendré qui se tient parfaitement immobile, juché sur un socle affleurant la surface de l'eau. Jolie statue vivante!

 

Nettement plus jolie que celle que nous découvrons en poursuivant la visite. Œuvre d'un certain Étienne Martin ce bloc de bronze de belle taille est nommé  la demeure (?). L'hermétisme de cette réalisation a laissé plus d'un collègue dubitatif !

 

 Nous cheminons vers le jardin du philosophe avec ses arcades de pierres provenant de l'ancien marché Saint-Germain.

Nous rejoignons les ruines de l'ancien château que l'on aurait pu confondre avec les restes d'un quelconque bâtiment, si notre pilote n'avait, par ses propos, tenté de faire revivre la “folie ” construite en ce lieu.

Les arbres sont superbes : platanes, érables, et marronniers centenaires. Quelques allées pavées enserrent encore des rails rappelant l'activité de jadis.

Après avoir emprunté une des passerelles enjambant la rue Joseph Kessel,  les parterres se découvrent au fil de la promenade. Des carrés de culture à thème : le jardin des senteurs, la roseraie, le verger le potager, la treille, les saisons et l'orientation sont évoquées par des “fabriques” légères plantées au cœur de la végétation.

 

Il pleut !  Nous renonçons à aller plus avant vers la grande prairie, successions de pelouses agrémentées de kiosques, qui se prolongent jusqu'au Palais omnisports (POPB). Au loin nous apercevons la nouvelle Cinémathèque.

        

Notre retraite nous mène à la maison du jardinage où nous pensons nous abriter, mais les horaires d'ouverture sont différents de ceux des jardins et nous trouvons porte close. Cet ancien bâtiment  où se trouvait “Le Service des Taxes sur les Vins et Spiritueux”, est couvert de verdure. Sa visite est chaudement recommandée par notre cicérone aux passionnés d'horticulture, à celles et ceux qui ont la main verte!  La documentation, y est, paraît-il exceptionnelle.

 

La pluie à cesser de tomber et c'est avec un peu d'avance, et les chaussures humides, que nous avons quitté ce parc où il restait encore beaucoup à voir, pour rejoindre le cour Saint Emilion en plein cœur de Bercy Village.

 

Entre les chais rénovés et transformés en commerces et restaurants, partout des terrasses souvent protégées par des dais tendus d'une façade à l'autre. Le lieu est très agréable, des enseignes comme: Nature et Découvertes, Fnac Eveil et Jeux, l'Olivier, donnent à ce village dans la ville un coté un peu “tendance”. Les prix affichés aux menus de la plupart des restaurants nous permettent  de préciser  “tendance bobo”!

 

Poussés par la faim, les “anciens” se sont retrouvés devant le Chai 33. En pénétrant dans cet établissement nous sommes surpris par ses dimensions intérieures qui pourraient être celles d'un gymnase !                                                                                                                                              Une ancienne cave voûtée nous est réservée, très peu éclairée, nous sommes heureux de nous y retrouver enfin “assis”. Un repas sera servi, léger et cher, mais d'excellente qualité.

 

Les conversations vont bon train.  Monsieur Pierre Albert qui est notre invité, propose ses services pour une éventuelle sortie aux Marchés aux Puces de Saint-Ouen.  (À étudier)..

 

Le temps passe très vite en aimable compagnie, le moment est venu de rejoindre le Musée des Arts Forains.

En vous donnant à lire le présent feuillet rédigé par les conservateurs du musée, je vous informe de l'essentiel. Ce résumé décrit parfaitement, la passion démesurée qui fut à l'origine de cette collection exceptionnelle. Il suffit d'y ajouter quelques impressions très “personnelles” et vous en saurez tout autant que les participants à cette sortie.

 

Une fois la lourde grille d'entrée franchie, nous nous retrouvons dans une cour pavée entre les anciens entrepôts Lheureux.  Il règne en ce lieu une atmosphère de cercle très privé. La présence de vigiles, tout de noir vêtus, style “protection rapprochée de VIP” conforte cette impression. Ici tout le monde se connaît.  Notre guide, qui nous avait devancés, est incontestablement un familier. Et que je te congratule ! Et que je t'embrasse ! Et que je te fais essayer ma veste ! Il est chez lui le Pierre-Albert.

 

En pénétrant dans ces vastes locaux le décor est saisissant. L'œil est un peu affolé par la quantité et la somptuosité des objets, par les couleurs des attractions, des manèges savamment éclairés et mis en scène.

 

Le début de la visite sera un peu perturbé par la présence d'installateurs clouant et perçant, un engin porte-nacelle s'est esquivé à notre arrivée. Dans une salle voisine, un groupe “rock” étalonnait sa sono.

Tous ces “pros” préparaient une réception prévue pour le soir même.

 

Avez-vous regardé de près un cheval de bois ? C'est du bel ouvrage !

Savez-vous que le cheval de bois français est entièrement sculpté, de la tête à la queue, alors que le cheval allemand présente une queue rapportée en crin ou en filasse ?

Autre particularité : les oreilles ! Celles de la monture nationale sont orientées de façon plus élégante et plus altière que les oreilles du pauvre cheval de bois d'outre Rhin !

 

C'est notre bon conférencier, qui nous a appris tout cela. C'est aussi lui, qui, nous offrant quelques tours de manège, fera fonctionner toutes les machineries.

 

Tel un maître écuyer il regardera passer devant lui, d'un air paterne, les papis et les mamies, chevauchant fièrement un allemand, ou pédalant désespérément sur un engin trop haut, ou bien s'élevant avec grâce sur la selle d'une monture  française, parfois mollement installé au creux d'une gondole, ou alors, comme notre excellent Président, enfourchant un mouton d'origine indéterminée!

Si nos petits-enfants nous voyaient  !!

Oubliés les rhumatismes. Bien sûr on se cramponne un peu, mais les yeux brillent, les visages s'éclairent, un flot de musique de bastringue et de carillons couvre nos rires libérés. 

 

Autre instant de bonheur, réservé aux amateurs, quand dans le salon vénitien des automates s'éclairent et s'animent sur un fond de grands air d'opéra.

 

Étonnant musée où l'on peut utiliser les pièces exposées. Nous avons droit à une course de “garçons de café”. La boule de billard que nous lançons sur un plan incliné doit tomber dans un des trous pratiqués. Mais chaque trou visé n'ayant  pas la même valeur, les personnages alignés progressent plus ou moins, suivant l'habileté du joueur. (Roger nous a battus à plate couture !)

 

Il n'est de bonne compagnie qui ne se quitte. Pierre-Albert Brunet se déclare heureux de nous avoir fait redécouvrir notre âme d'enfant (!!). Il souhaite nous retrouver bientôt sur un autre programme.                                                    

Cette journée à Bercy fut “copieuse” pour les vieux enfants que nous sommes. Après avoir quitté cette immense fête foraine, les “anciens” se saluent, fixant le prochain rendez-vous au 19 janvier prochain, jour de l'Assemblée Générale. Nous nous retrouverons pour la plupart dans le fracas du “Météor”.                

 À bientôt les amis !                                       

H.R.