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      Décembre 2005   70

 Sommaire

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                                                        PRAGUE

                                                        Du 20 au 22 septembre 2005

 

  Mieux vaut pour "faire un beau voyage" se lever tôt! C'est ce que nous avons fait le matin du 20 septembre puisque nous nous sommes retrouvés, à 24 " vénérables", dans l'aéroport de Roissy en partance pour la capitale   tchèque , dès 6 heures le matin.

 

Après une heure trois quart de vol nous trouvons notre guide: GEORGES, venu nous attendre. Dès notre arrivée, un courant de sympathie s'établit entre nous, sympathie qui se confortera au cours de nos découvertes, et en plus nous percevrons l'amour immodéré de  ce   cicérone   pour "sa ville"… C'est pourquoi, sans faire un reportage   chronologique des chefs-d'œuvre qu'il nous a faits découvrir, l'idée de lui écrire une lettre nous permettra de lui dire notre joie d'avoir partagé son enthousiasme.

 

 

Cher Georges,

 

Tout d'abord   merci d'avoir commandé le beau   temps pour notre séjour…Vous n'y êtes, peut être pour rien, mais cela   a embelli nos ballades, puisque cette capitale "se savoure"   pas à pas, le nez en l'air, rue par rue, en un spectacle constamment renouvelé. PRAGUE LA VILLE DOREE,   LA CITE   AUX CENT CLOCHERS (encore ne compte-t-on   pas les tours poivrières, les tourelles   et autres échauguettes, … l'embryon de Tour Eiffel, l'antenne de télévision dénommée par les Pragois   " le doigt de Brejnev"). Elle occupe, pour sa partie la plus ancienne,   la vallée creusée par la VTLATA (Moldau en allemand) qui l'enserre d'un méandre, le Château Royal,   trônant au sommet de la colline de HRADCANY à l'Est. D'une superficie de 497km2 (Paris 105km2), elle compte 1.280.000   habitants, le centre ville   recelant   surtout des bureaux, des boutiques et bien sûr de nombreux monuments de tous styles. Aucun bâtiment de grande hauteur   ne défigure cet écrin classé au Patrimoine   Mondial de l'UNESCO en 1992. Elle échappa, par miracle, aux grandes destructions des deux dernières guerres, et elle sut se protéger des monstrueuses saignées urbaines telles que nous les avons connues au XIXème siècle en France.

Votre ville, Cher Georges est si riche en  Histoire et en Monuments qu'il est difficile pour être franc de relater toutes les promenades pédestres que nous avons   effectuées sous votre accompagnement attentif, vivant et  très, très … "documenté". Les ruelles biscornues, ombragées, la richesse des églises, romanes, gothiques, baroques,   le charme suranné des cloîtres et du cimetière de Joséfov contribuent à   créer   une atmosphère   romantique.

 

Depuis CHARLES    IV     Prague      est la conséquence de la réunion de 4 anciennes villes, chacune présentant un caractère bien spécifique.   Outre la colline de HRADCANY, la  plus riche en monuments imposants, en contrebas s'étend       le "Petit Côté" –MALA STRANA – charmant   quartier du XIIIème siècle. De l'autre côté de  la rivière, la Vieille Ville – STARE MESTO – est l'une des composantes la mieux conservée avec les vestiges   de son ghetto. Jouxtant ce quartier, la Nouvelle Ville –NOVE MESTO -  est riche en monuments civils, parcs et jardins (870 ha. d'espaces verts)

 

Un peu d'histoire   et d'architecture :  

 

PRAGUE, fondée au IXème siècle n'était à l’origine qu'un   bourg   marchand, avec un  port, à la croisée des chemins   de plusieurs   états d'Europe Centrale. Sur la colline surplombant la VLTAVA on construisit un premier château, de style roman dont le seul vestige qui subsiste est  la Basilique Saint GEORGES. Elle présente un espace à trois nefs avec des fenêtres géminées ; dans la crypte repose le Prince   VRATISLAV, père de Saint VENCESLAV, Père de la nation. Les maisons   aux alentours étaient, elles aussi de même facture.

   Au XIIème siècle apparaissent les premières constructions gothiques : le côté sud de la Cathédrale SAINT GUY, centre spirituel du pays tout entier ; c'est un  des joyaux de cet ensemble royal. La PORTE D'OR, jadis porte principale de cet édifice, est séparée de la nef principale par une entrée, qui avec ses sculptures de pierre, est la partie   la plus ornementée   de l'église. La mosaïque de cette façade, figurant le Jugement dernier avec au milieu Jésus-Christ, à ses pieds les Saints Patrons du Pays et plus bas encore CHARLES IV et son épouse   ELISABETH DE POMERANIE  fut installée dans les années 1370/1371, selon les projets de maîtres italiens,    qui travaillaient   le quartz fendu et le verre en trente trois nuances de couleurs. A l'intérieur, le triforium comporte une galerie de portraits,( au  premier étage)   saisissants de présence : CHARLES IV et son architecte principal Petr PARLER,   onze bustes de la famille impériale, cinq d'archevêques pragois, cinq des maîtres constructeurs de l'édifice, dont Mathias D'ARRAS.

La CHAPELLE SAINT VENCESLAV : construite de 1344 à 1364, contient les restes du   Saint Patron de la Bohème.

La Salle VLADISLAV du Vieux Palais Royal: c’est la plus grande salle laïque du Prague Médiéval ; construite de 1493 à 1502, elle mesure 62 mètres de long, 16 mètres de large et 13 mètres de hauteur. Sa merveilleuse voûte en étoile (gothique tardif) vaut à elle seule d'être découverte. C'était un lieu d'audiences ; les banquets organisés   lors des couronnements s'y tenaient ainsi que les tournois des chevaliers, ce qui explique la rusticité du parquet

Descendons dans Mala Strana pour découvrir le PONT CHARLES, perle de l'architecture médiévale. Il fut précédé par le PONT JUDITH, (épouse de    Vladislav Ier)   plus étroit, et plus massif, mais qui fut emporté par la grande inondation de la VTLATA   de 1342. C'est   Charles IV   qui posa la première pierre le 9.7.1357 et en confia l'édification à son fidèle architecte   Petr PARLER .Cet ouvrage fut terminé au  XVème   siècle avec pour seul ornement   une simple croix en son milieu. Long de 520 mètres, large de 9,50 mètres, il comporte   seize arches reposant sur deux piliers de rive et douze piliers dans l'eau et trois piliers sur  l'île de Kampa. Vers Mala Strana, le pont tourne, descend en pente douce en faisant une courbe, ce qui lui donne un peu de mystère. Au début du XVIIème siècle   on le décora des statues   que nous découvrons aujourd'hui   et qui constituent un charme supplémentaire. C'est le rendez-vous des amoureux et des marchands de peintures, cartes postales,   et autres babioles en tout genre. Aux deux extrémités du pont se dressent   de solides tours de pierre noire (car elles contiennent du fer), sorte de porte d'entrée gothique. Sur le créneau dentelé     on remarque les armoiries de Bohème, de la Vielle Ville et de Mala Strana. Cette tour double, édifiée avant 1235, à l'origine   romane, faisait partie de la fortification du PONT JUDITH aujourd'hui détruite. La plus haute   des tours (Est) fut construite en 1464 suivant le modèle de Parler, comme celle qui a été élevée du côté opposé   en 1380 par les membres de l'atelier Parler. Elle présente une arcade gothique ornée de vingt huit rosaces.

 

La PLACE DE LA VIEILLE VILLE (Staroméstské) est la plus ancienne de Bohème ; elle fut érigée en  1232 et  comporte entre autre l'Hôtel de Ville et l' Eglise de Tyn.

 

HOTEL DE VILLE DE LA VIEILLE VILLE: Assemblage de cinq maisons :    

1338 : acquisition du Palais de Pierre de Volfin de Kameh (portail gothique original)

1360 : 2ème maison : fenêtre   Renaissance du 1er étage

17 ème siècle acquisition de la maison du fourreur   Mikès

1830 : acquisition de la maison adjacente : façade Néo-Renaissance

1896 : acquisition de la maison dite "A la Minute" ornée de sgraffites. Le sgraffite est une forme de décoration murale en camaïeu : fond noir, recouvert de blanc lequel est égratigné    avec un instrument acéré et qui permet de dessiner les sujets. La TOUR DE L'HORLOGE où fut installée en 1410   une horloge astronomique (actuellement en réfection) se visite et de son sommet on découvre Prague, et ses alentours.

 

L'EGLISE NOTRE DAME DE TYN : Elle constitue    un fier pendant à l'Hôtel de Ville de la Vieille-Ville. Elle fut fondée à   partir de 1380. Les tours de 80mètres de haut portent à leur cime quatre petites tourelles. Entre les deux tours il y a un imposant fronton gothique tardif –1463- C'est là que fut ancrée la Réforme prêchée par JAN HUS.   Mais après la bataille de la Montagne   Blanche   en 1623,   elle fut à nouveau affectée au culte catholique.

  Au centre de la  Place de la Vieille-Ville, une sculpture monumentale de ce réformateur religieux, entouré de son auditoire (de style art nouveau)   fut érigée en 1915, pour le 500ème anniversaire de sa mort.

Toujours sur la place Staroméstské, la MAISON À LA CLOCHE DE PIERRE, son nom provient d'une sculpture   qui fait corps   à un angle de cet édifice, juste   au-dessous d'une des deux chapelles que renferme la maison. Elle daterait   de la fin du   XIIIème siècle   et   reste un des seuls témoins d'une maison bourgeoise médiévale de la Vieille-Ville.

 

Le CAROLINIUM- oriel gothique : C'est le plus ancien   bâtiment universitaire de Prague. En 1348 Charles    IV promulgua la Charte de fondation de l'Université, cependant qu'il n'existait ni bâtiment, ni salles d'études et de cours. C'est Venceslav IV en 1383   qui   offrit à l'Université la somptueuse maison   de l'Intendant Royal : Jan ROTLEV -  Deux étages en façade et trois sur les côtés, haut toit en faîtière ; l'oriel (fenêtres formant un réduit en encorbellement – surtout courant en Alsace et dans les pays nordiques-) est très richement orné de sculptures de figurines, de meneaux en demi arc de cercle et d'un fronton avec des lianes végétales ; il repose sur une base effilée agrémentée de culs-de-lampe hilares. La clarté est distribuée par de petits vitraux .Pour rester dans la mouvance gothique    évoquons maintenant   la ville juive de :

      JOSEFOV : on trouve la trace de commerçants juifs pragois dès le début du Moyen Age, au pied du château. Le quartier que nous visitons : une ville dans la ville, n'a rien à voir avec   celle qui a existé   à ce moment. Il reste actuellement six synagogues, l’ancien Hôtel de Ville (dont l'horloge   porte des lettres hébraïques qui ont valeur de chiffres, ces derniers n’existant pas en hébreu ancien, les aiguilles tournant à l'envers), des centres d'enseignement et d'éducation, et bien sûr le Cimetière Juif.

Partons   donc visiter :

La   synagogue PINKUS -  édifiée    de 1519 à 1535 de style gothique ; souvent inondée   lors des crues de la Vtlava, elle a été remaniée à différentes reprises, ce qui explique la sobriété des lieux. Dix ans après la dernière guerre, on l'a transformée      en Mémorial   en hommage aux victimes du nazisme de Bohême-Moravie. Les murs sont couverts     du nom des 77.297 victimes ainsi que les dates de naissance et de mort.

Bien que datant du XIXème siècle nous sommes allés voir la synagogue   espagnole qui témoigne de la  Diaspora Ibérique résultant de l'Inquisition. D'aspect néo-mauresque, l'intérieur est assez   lourd, avec ses stucs    dorés   (tel l'Alhambra de Grenade)

LE CIMETIERE JUIF : le plus ancien   d'Europe;   fondé au début du XVème   siècle il ferma ses portes en 1787, sur ordre de Joseph II qui voulait assainir les quartiers voués à l'habitat. On y trouve 12.000   pierres tombales, jaillissant en tous sens, dans un désordre inouï, abritées d'arbres filtrant la lumière du matin…le tout bercé par le chant des oiseaux… Il y règne une quiétude, un calme presque magiques. Les buttes et mamelons parsemant le terrain sont le résultat des douze couches des sépultures empilées les unes sur les autres pendant   trois siècles. En effet la religion juive interdit que l'on touche aux sépultures. On se contentait donc de remettre de la terre sur les plus anciennes tombes, et à chaque élévation du terrain on redressait quelques pierres de la précédente couche. La plus ancienne pierre date de 1439.

   

 

 

 

 

Pour clore la partie gothique de notre promenade    dans Staré Mesto , mentionnons encore   la TOUR POUDRIERE construite en1475, haute de 65  mètres, elle faisait partie des fortifications de la Vieille-Ville.   Son architecte Rejsek, s'inspira    de la tour du Pont Charles, côté Vieille-Ville, ce qui explique la richesse des sculptures qui la décorent.

 

Pour la partie RENAISSANCE "remontons"      au   Château pour découvrir- La SALLE DE LA DIETE : Ici se réunissait le corps législatif suprême de Bohême ; la tribune de 1574 servait de siège aux copistes qui arrivaient directement de :

 

La SALLE DES REGISTRES AULIQUES*DU VIEUX PALAIS ROYAL – Construite de  1559 à 1563    elle abritait les registres   et les livres fonciers, ainsi que toutes les chartes et lois    entérinées par le Tribunal du Royaume. Plafonds en ogives ornés des écussons   polychromes des Etats de Bohême.

*Aulique   Adj. – qui appartient à la Cour d'un souverain.

Pour "monter" vers le Château, nous avons longé, à notre gauche le parc et le Pavillon de la Reine Anne, épouse de Ferdinand Ier -  bâti de 1538   à 1564.

  En sortant du Palais, sur la place HRADCANSKE   agrémentée de beaux hôtels particuliers servant de décor naturel à différents films, nous découvrons :

Le PALAIS SCHWARZENBERG : Elevé sur un rocher   au-dessus de la rampe qui conduit au Palais Royal, de 1545 à 1563, il présente trois étages, coiffés   d'une corniche très débordante, avec un fronton à créneaux, et une façade couverte de sgraffites en pointe de diamants agrémentés de décors floraux. Et puis bien sûr nous empruntons :

La RUELLE D'OR, encore appelée à tort la rue des alchimistes : Bordée de maisonnettes minuscules, adossées à la  muraille qui ceinture le Palais;   les façades pimpantes, badigeonnées de peintures bleu ciel, ocre roux, jaune d'or…. elles servaient de domicile aux archers du roi, Construites   entre le XVIème et le XIXème siècle, elles sont blotties les unes contre les autres ce qui a permis l'édification intérieure d'un couloir qui les relie toutes sous leur toiture. Tombés en désuétude, les bâtiments furent investis par des artisans, des fonctionnaires etc…. Réhabilités au XIXème siècle ils deviennent à la mode et des personnages connus y  élisent domicile tel Franz Kafka, qui en1917 y avait son cabinet de travail au n° 22.

      Laissons les bâtiments royaux et redescendons à Staré Mesto   pour découvrir :

La MAISON A LA MINUTE : A l'origine de style Gothique tardif, elle fut reconstruite en style Renaissance vers la fin du XVIème siècle. Les frises de sgraffites avec motifs mythologiques : Bacchus et sa suite, Adam et Eve sous l'arbre interdit sont remarquables. Près de N.D. DE TYN, se situe la Maison GRANOVSKYCH. Par cet immeuble nous pénétrons dans la COUR DE TYN, dont les origines remontent au XIIème siècle ; c’est par elle que devaient passer obligatoirement tous les marchands étrangers pour payer les  droits de douane générés par l'importation des marchandises   (octroi) …

 

Abordons le chapitre de L'ART BAROQUE et pour cela retournons au Palais Royal où nous entrons par : La Porte MATHIAS- 1664-   en pierre claire, et qui donne accès à l'ensemble des constructions   de l'enceinte royale. Sur la partie droite un ensemble sculptural:    "La Lutte des Géants" 1768-   est vraiment impressionnant de force et de barbarie : un géant, debout, manie un gourdin qu'il semble prêt à abattre   sur la tête   de l'un de ses congénères grimaçant et déjà à terre…

 

Dirigeons-nous vers la place HRADCANSKE et jetons un coup d'œil sur le Palais ARCHIEPISCOPAL bâti dans la seconde moitié du XVIIème siècle ; rigueur et  symétrie de la façade ocrée, surmontée d'un frontispice   avec une statuaire imposante.

Descendons vers LORETO, en longeant le PALAIS CERNIN –1668-1697 Palais monumental long de 150 mètres qui compte 365 fenêtres encadrées de 32 colonnes massives.

 

En face se situe l'ensemble du couvent de LORETO.   Il est entouré de hauts murs flanqués de six chapelles (une aux quatre coins et les deux autres sur les milieux des murs est et ouest). A l'intérieur se trouve le Trésor de ND de Lorette : ciboires, calices, custodes en métal précieux et le fameux ostensoir en argent doré,   serti de  6222 diamants. La SANTA CASA DE PRAGUE fut construite de 1626 à 1627. C'est une copie de la prétendue résidence de la Sainte Famille à Nazareth, dont on raconte qu'elle fut transportée en 1291 de Palestine à Loreto (près d'Ancône en Italie) par des anges (!) afin de la soustraire à la destruction des adversaires du Christianisme au Moyen Orient. A proximité nous    entrons dans l'aire du couvent du STRAHOV par un porte surmontée de la statue de Saint Norbert, portant un ostensoir doré; c'est le fondateur de l'ordre des Prémontrés   dont les restes reposent dans l'Eglise Abbatiale   de l'Assomption de la Vierge, bâtie en 1750 (sur la droite). A l'intérieur du couvent qui jouxte l'Eglise nous accédons à la Salle THEOLOGIQUE 1671-1679 –plafond blanc à niches rondes ornées de peintures religieuses et à niches tarabiscotées ourlées de tresses de feuilles, de végétaux, d'angelots : décorations baroques riches nombreuses et lourdes (!). Les livres sont rangés sur des étagères surmontées de frontispices dorés, dentelés. 300.000 manuscrits et incunables sont conservés en ce lieu. Une collection de six globes terrestres occupe   le centre de cette longue pièce tandis qu'un lutrin y est exposé sur le côté droit, on peut s'y asseoir au moins à trois copistes. La Salle PHILOSOPHIQUE-1782-1784- Plafond peint d’une fresque dont l'intitulé est "L'Humanité à la recherche de la vraie sagesse". Murs entièrement tapissés d’ouvrages de cette discipline.

 

Redescendons en ville et allons à MALA STRANA voir l'EGLISE SAINT   NICOLAS le plus important des  édifices haut baroque de Prague érigé de 1704 à 1756. Ici c'est une avalanche de dorures, d'angelots, de statues d'évêques et autres grands personnages d’église, Une débauche de colonnes   aux chapiteaux dorés, une coupole peinte en jaune d'or avec des guirlandes de feuillages, etc… du baroque à haute dose. Lors   de l'un de ses séjours à Prague, Mozart vint y jouer à   l'orgue…

 

A   STARE MESTO,   Le CLEMENTINUM   relève aussi du style baroque. Il s'agit d'un vaste collège de Jésuites qui dès 1556 et jusqu'en 1700 dispensa    des enseignements de  sciences, mathématiques, astronomie. Le nom de cet ensemble universitaire, le plus vaste de Prague, après le Château Royal, vient de l'ancienne   église Saint Clément, détruite par les Hussites et reconstruite par les Jésuites de 1711 à 1715. Elle comporte   notamment la Chapelle de l'Annonciation, toute de marbre   veiné ocre et beige, de bois blonds et acajou, de chapiteaux et colonnes dorées   avec un orgue coiffé d'anges dorés, et comme elle est aveugle, des miroirs biseautés font office de fenêtres. L'ensemble est visible de la rue. Actuellement elle est utilisée comme salle de concert

 

Le PRAGUE du CLASSISISME et du ROMANTISME:

 

Le THEATRE DES ETATS : Il fut construit de 1781 à 1783   dans le plus pur style classique. Le public y débordait d'enthousiasme en Janvier   1787 lors de la représentation   des" Noces de Figaro" de Mozart, et en Octobre de la même année eut lieu la création de "Don Giovanni" sous la direction du compositeur. Enfin en 1791, pour l'accession au trône   de Léopold II fut créée la "Clémence de Titus".

 

Le RUDOLFINIUM, construit de 1876 à 1884, c'est un édifice Néo-Renaissance. Dans la partie sud de cet imposant bâtiment se trouve une salle de concert dotée d'une excellente acoustique : c'est la salle DVORAK où sont donnés, depuis1946, les concerts du festival "Le Printemps de Prague.

 

Après les sites et les jardins que nous avons traversés, Cher Georges, vous nous avez conduits dans des lieux animés, vivants et bruyants: Ce sont :

                                                                              

Au nord de la Vieille Ville :

  L'AVENUE DE PARIS (Parizska Trida). Ce fut le premier boulevard pragois, bordé de maisons construites dans le style ART NOUVEAU. C'est en1896, après la démolition du quartier juif que cette artère animée a pu voir le jour.

 

Au sud de la Vieille Ville :

Sur la PLACE DE LA REPUBLIQUE, se trouve "LA MAISON MUNICIPALE DE PRAGUE" splendide   construction de style ART NOUVEAU. Bâtie de 1905 à 1911, elle est ocre clair avec des barres d'appui aux fenêtres en fonte   moulée, dôme   néo-baroque avec verrière, rotonde aux vitraux de couleurs douces: jaune clair, mosaïque, au fronton, au-dessus de l'entrée principale rendant hommage à la Ville de Prague.    Le salon du Maire comporte des peintures de A. MUCHA. Jouxtant la Tour   Poudrière, cet édifice, d'excellente facture Art Nouveau, ne choque pas du tout le bon goût.

La rue NA PRIKOPE qui suit le tracé d’un fossé séparant la Vieille Ville de la Nouvelle Ville. Nous y avons flâné et avons visité notamment la Maison MOSSER, un des établissements    voués à la Cristallerie taillée à la main… Merveilles, mises en valeur dans des vitrines savamment éclairées mais dont le prix est hélas dissuasif !!! Signalons également la maison "A LA  VIEILLE SYNAGOGUE", construite en 1907 qui est la première compagnie d'assurances tchéco américaine.

La Place VENCESLAV (Nové Mesto):   Il s'agit d'un très large boulevard, planté d'arbres et que bordent des hôtels, des magasins, des bureaux, des salles de cinéma, des banques, etc…Longue de 750 mètres et large de 60 mètres, c'est un lieu de rencontre, un centre commercial animé. Elle fut ouverte en 1348 par Charles IV et permettait la liaison entre la Vielle et la Nouvelle Ville. A l'époque elle s'appelait :" Le Marché aux Chevaux". Son nom actuel lui fut décerné en 1912   lorsque la statue équestre du Prince Venceslav y fut dressée, en compagnie des quatre Saints Patrons de la Bohême : Procope, Adalbert, Agnès et Ludmilla. Rappelons pour mémoire, que c’est à cet endroit, que l’étudiant Jan Palach, opposant au régime autoritaire imposé par le régime soviétique, s’immola le 16 octobre 1969 ; son masque mortuaire figure sur une des façades de la faculté des lettres dont il était l’élève. Le nord de la place est fermé par le MUSEE NATIONAL - fin XIXème siècle de style néo-Renaissance - ses sous-sols sont percés de multiples tunnels reliant deux lignes de métro (construits sous l'ère soviétique), offrant des passages pour piétons, en direction des rues et des immeubles voisins à l'abri du trafic automobile et des intempéries.

 

  Et pour finir :

  Deux    édifices   qui illustrent l'un le style CUBISTE : la maison A LA VIERGE NOIRE, l'autre l'ARCHITECTURE STALINIENNE

Le style cubiste – très   rare en architecture – Il voulait transformer toutes choses en éléments et formes géométriques, c'est-à-dire des carrés, des cercles, des sphères, des prismes, des triangles, des cônes et des cubes. Il partageait ensuite les surfaces des façades d’après des diagonales ou des rayons,   pour que les limites des ombres et des lumières produisent leurs effets sur les passants. Cette maison a été édifiée en 1911/1912; c’est de nos jours le MUSEE DE L'ART MODERNE TCHEQUE qui y est installé. Son nom lui vient d'une Vierge Noire tenant l' Enfant Jésus sur son côté gauche, statues dont les visages sont finement sculptés d'une manière réaliste dans un matériau noir. Les habits stylisés, brodés de feuilles d'acanthe dorées sur fond blanc remontent jusqu'au cou des personnages… La Vierge n'a pas de bras… Jésus porte de son seul bras gauche un globe terrestre, surmonté d'une croix. Ses cheveux ondulés retombent sur ses épaules. Pour parfaire le mystère, une grille dorée dissuade les éventuels voleurs.

 

Un monument sans grand intérêt   architectural : l'antenne de télévision, très futuriste de forme: il s'agit de cylindres excentrés et déportés les uns au- dessus des autres, d'une bonne hauteur. Elle était chargée par l'Administration en place alors, de brouiller   toutes les émissions audio-visuelles occidentales. On ne peut pas l'ignorer car elle est érigée au sommet de l'une des collines qui entourent Prague. Elle   demeure là, comme un symbole de l'oppression    que ce peuple tchèque a subit   pendant   quarante ans, qu'il a effacée en 1989 et qu'il veut désormais oublier.

 

Cher GEORGES, je n'oublierai pas non plus   notre dîner à la ferme auberge    "KOLIBA", en compagnie de très joyeux Japonais.   Le repas fut parfait et le couple de merveilleux danseurs, dynamiques et souriants nous fit oublier la fatigue de nos promenades dans votre chère ville.

Par ailleurs en assistant à la relève de la garde du Palais Royal, nous avons vécu une scène d’opérette : les musiciens juchés dans les fenêtres du château, grandes ouvertes, accompagnaient les soldats procédant à cet exercice, sanglés dans leurs uniformes gris clair à parements bleus ciel, marchant tels des automates.

 

Vous nous avez donné l'envie de retourner, un jour, à PRAGUE. Merci pour votre humour, vos anecdotes, notamment celle relatant l’intelligence de votre chien ( !) et l'excellence de vos propos. Vos récits, parfois mystérieux, parfois caustiques, nous ont permis de découvrir le charme envoûtant de cette capitale, située au cœur de l'Europe, que l'on voit vivre frénétiquement sur la Place Venceslav,   mais dont les habitants savent encore flâner, avec les touristes, au milieu de tant de chefs d'œuvre qui se côtoient, sans jamais gêner ni l'œil, ni le bon goût.

 

 

 

J. ROGUEDA

 

  (Avec la complicité   du   guide   "Prague en photos " de Jiri Sourek, textes de Hana Bilkova – édition de 1996

 

Le groupe à l’intérieur de l’église Saint Nicolas

Qu’attendent-ils ? La venue des Anges ou du Père Noêl ??

Simplement, ils écoutent Georges attentivement !!!