Raccourcis:-
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ALLOCUTION DE MONSIEUR FRANÇOIS LANGLOIS Directeur
Général du Pôle VINCI
Energies Ile de France - Télécoms
(Larges extraits recueillis lors
de notre Assemblée Générale du 19 janvier 2006.) |
Je suis le
responsable du Pôle Télécoms, je vous en parlerai tout à l’heure.
Avant toute
chose, vu que nous ne sommes pas encore le 31 janvier, permettez-moi de vous
présenter pour cette année 2006 mes Meilleurs Vœux de santé et de prospérité
pour vous-mêmes, vos enfants, vos petits enfants, vos proches, bref pour tout
le monde. Cela me parait être l’un des points les plus importants de cette
présentation.
D’autre part avant de parler de Vinci Énergies et de Vinci Énergies en
Ile de France, faisons le point :
Vous avez sans doute entendu parler du rachat en cours d’ASF. En cours,
parce qu’il convient de préciser que si les principes sont fixés, il n’est pas
encore entré en vigueur.
A ce propos, il faut bien reconnaître que notre ami Antoine Zaccharias mérite un sacré coup
de chapeau parce que je me souviens qu’il y a un peu plus d’un an il avait
formulé le vœu d’offrir à Vinci le rachat d’ASF avant la fin de l’année 2005.
Cette année, soit un an plus tard, grâce à un peu d’énergie, un peu
d’efficacité et beaucoup de chance, ce vœu a effectivement été réalisé.
Vinci va significativement changer avec une part de concessions
beaucoup plus importante, ce qui devrait avoir des conséquences sur la bourse
et donc pour tous les salariés et anciens salariés actionnaires. Pour le moment
on peut dire que Vinci ne se débrouille pas trop mal de ce point de vue là.
Le deuxième point d’actualité est la nomination de Monsieur Xavier Vuillard au poste de Directeur Général du Groupe.
Il devient ainsi le numéro 1 bis du Groupe, ce qui signifie qu’il y a partage
des responsabilités entre la Présidence et la Direction Générale. Xavier
Vuillard se retrouve donc seul patron opérationnel.
Chez nous, il est mieux connu depuis quelques années, depuis qu’il a
été Président de Vinci Énergies pendant quelques temps.
La conséquence de tout cela est que Jean-Yves Le Brouster, un ancien du Groupe, qui était Directeur
Général Délégué, est maintenant depuis très peu de temps Président
Directeur Général de Vinci Énergies et vient d’être nommé au Comité de Direction de Vinci.
Dans
mon exposé sur Vinci Énergies, je vais commencer par les informations générales
pour redescendre ensuite vers le particulier, et principalement vers l’Ile de
France.
·
*
Jean-Yves
Le Brouster, Directeur Général qui, en plus de ses
occupations générales au sein du Groupe, continue à gérer à peu près la moitié de la
France,
·
* Philippe
Touyarot, Directeur Général Adjoint du Groupe qui
gère l’autre moitié de la France à une exception près,
·
* Jean-Marie
Dayre, Directeur Général
Adjoint du Groupe qui était le patron de l’Allemagne continue bien
entendu à gérer l’Allemagne, les pays de l'Est et une partie de la France ainsi
qu’une partie de l’Ile de France avec le Pôle Industrie, infrastructure dirigée par Laurent Drougard.
·
* Yves
Meignié a rejoint le Comité de Direction du Groupe et est Directeur
Général du Pôle International. Quand on dit International, c’est l'International
sauf l’Allemagne et les pays de l’Est, c'est-à-dire l’Europe du Nord et
l’Europe du Sud avec un nouveau venu dans le Groupe qui est Sotecnica au Portugal.
Ensuite, d’un point de vue plus fonctionnel :
·
* Patrick Lebrun est Directeur Général
Adjoint ; il vient de prendre, en plus de ses activités diverses, variées
et transversales, la responsabilité des Ressources Humaines.
Et
enfin, tout nouvellement nommé,
·
* Thierry
Mirville occupe le poste de Directeur Financier du Groupe en
remplacement de Philippe Conus qui, à sa demande vient d’être nommé Directeur
Général Adjoint du Pôle Protection Incendie. (oui, il s’agit bien d’un
financier qui a demandé à faire de l’opérationnel).
Il y a un nouveau patron car le Directeur Général du Pôle Ile de France
Services l'était par intérim et un intérim qui durait déjà depuis un certain
temps. Philippe Touyarot en plus de
ses responsabilités assurait en effet ce rôle. Il vient d'être remplacé par Claude Renaut qui était l'un des
Directeurs de ce Pôle et s’occupait également de Phibor et a pris depuis
janvier la Direction Générale du Pôle.
Et puis, vous avez peut-être
déjà entendu dire au sujet de Vinci que TMS pesait sur les comptes de Vinci Énergies.
C’est là une aventure un peu douloureuse, l'histoire d'une acquisition faite il
y a 3 à 4 ans qui nous a fait perdre pas mal d’argent et qui progressivement se
réduit comme une peau de chagrin. Le problème va être finalement traité en 2006
mais cela reste une expérience pénible pour les gens de TMS d’abord et aussi
pour les autres opérationnels qui ont dû compenser.
En revanche, il existe un autre
marché en pleine évolution. Vous avez peut-être entendu que Cégélec venait d’être rachetée. Il
s'agit en fait d'un changement d’actionnaires, un changement de portage de
financiers avec les salariés qui souscrivent une deuxième fois.
L'estimation que nous avions faite
de cette entreprise était très éloignée de celle de Cégélec.
Et puis, confirmée depuis peu, la nouvelle que la vente officielle de Amec Spie aura bien lieu dans les mois
à venir. Nous verrons alors ce que cela donnera de façon générale sur le marché
et plus particulièrement pour Vinci Énergies.
Après ce petit tour d’horizon
général, entrons maintenant en Ile de
France.
Tout d’abord disons que l’année 2005 se termine plutôt bien et que
l’année 2006 ne se présente pas trop mal même s’il y a, j’y reviendrai au cas
par cas, des marchés qui sont plus ou moins faciles, plus ou moins vides, ou
avec plus ou moins de visibilité. De manière générale nous ne pouvons pas
parler aujourd'hui de période de crise chez Vinci Énergies en Ile de France.
Je terminerai par les Télécoms mais
auparavant, comme je vous l’ai dit, je vais d’abord passer en revue les Pôles
et les Marchés de l’Ile de France.
Il
s'est un peu développé grâce à l'activité "Activités Spéciales" avec
TMS en France et qui vient d'être rattachée à ce Pôle. C’est donc l’aspect
"Projets Spéciaux" de Vinci Énergies Contracting et le secteur de
l’automobile Ile de France qui sont concernés.
Par
contre il reste un marché porteur en Ile de France qui vient du fait que
souvent les grands industriels compensent la désertification industrielle par
des centres de recherches. Il y a donc aujourd'hui un certain nombre de centres
de recherches qui se montent en Ile de France et génèrent des activités plutôt
porteuses.
C'est
l’un des sous-ensembles de l’industrie et c'est un secteur extrêmement
compliqué parce que le marché est en phase d’incertitude.
J’ai
lu ce qu’avait raconté mon ami Marc Bernard l’année dernière. On ne peut pas
dire que la visibilité dans le marché automobile se soit améliorée car le nombre
de projets est toujours très faible et le nombre d’acteurs sur le marché
toujours aussi important. Ceci rend la situation difficile et on espère que
2006 sera au même niveau que 2005, c'est-à-dire pas forcément très brillant
mais annonçant pour 2007 l’arrêt de la baisse et des grosses incertitudes. Vous
avez certainement lu dans la presse que Carlos Ghosn exposera le 9 février la
nouvelle orientation de Renault. Cela n’aura probablement pas d’impact tout à
fait immédiat mais cela ajoute de l’incertitude à ce marché qui est déjà
difficile.
Donc
l’automobile, même si c’est la partie TMS qui marche le mieux, reste quand même
un marché très difficile.
Avec
un vrai potentiel, c’est une activité qui se développe bien en particulier avec
des explorations pétrolières pour Total. Stockage et transport de Gaz pour Gaz
de France ne se développent pas mal non plus.
On parle beaucoup du Gaz en ce moment mais effectivement c’est un vrai
potentiel.
C’est un marché difficile, très concurrentiel. Je pense en particulier
au tramway, secteur qui aujourd’hui se développe et voit naître de nombreux
projets.
Vous connaissez certainement celui du retraitement des ordures ménagères d’Issy les Moulineaux. Le site actuel va être fermé pour des
raisons de conformité aux normes. C’est un énorme chantier qui s’ouvre et qui
devrait nous apporter pas mal de business.
Il y a également le marché de la
maintenance qui est un peu à part avec Optéor.
Il est porteur pour nous pour 2
raisons :
-
d’abord
parce que nous sommes un peu faibles dans ce marché-là tout en ayant des
potentiels de développement assez forts
-
et
ensuite parce que c’est un marché qui se développe lui aussi, donc petite part
de marché et volonté de grossir. Dans un marché en plein essor cela devrait
normalement générer potentiel et développement.
Cela, c’était le contexte du marché.
Le Pôle Industrie
Infrastructure (on vous en a
parlé l’année dernière) a connu un rachat un peu volontariste de Aulafi. C’était un acte de foi fort
parce que cette entreprise n’était pas très loin du dépôt de bilan mais elle
nous a apporté des compétences dans le domaine de la mécanique et de la
tuyauterie, éléments qui nous manquaient cruellement dans le monde de la
maintenance.
La poursuite du redressement d’Aulafi suit son cours et si,
conformément aux prévisions, nous attendons encore une année avec un résultat
négatif, le plan qui prévoyait un retour à l’équilibre en 2006 devrait être
atteint. Le travail qui a été effectué autour de cette reprise est absolument
remarquable et l’équipe du Pôle qui a mouillé sa chemise sur le sujet mérite un
très très grand coup de chapeau, en particulier Laurent Drougard et le directeur qui s’en occupe.
J’ai parlé de Renforcement du Pôle par l’activité de oil and gas, des activités
de Vinci Contracting et de l’Automobile qui représentent 74 millions
d’Euros supplémentaires, ce qui est non négligeable. Nous avons donc
aujourd’hui un Pôle qui s’est beaucoup développé et un positionnement, de ce
fait, qui évolue avec ses apports extérieurs :
42 % en automobile (marché difficile comme j’ai expliqué tout à
l’heure).
17 % oil and gas où le Pôle travaille peu. Pourtant il y a un vrai
potentiel et une activité de 151 millions d’Euros qui passe à 222 millions
d’Euros par l’apport de ces nouvelles activités.
En 2005 le Pôle a connu une croissance de 6 % avec 3 % de rentabilité
ce qui devrait être maintenu en 2006.
Dans le contexte Marchés, je vais maintenant aborder les deux Pôles tertiaires (car oui, il
y en deux) : le Pôle Services
et le Pôle Tertiaire.
Paradoxalement, dans la réalité, tous deux font des travaux et tous
deux font également de la maintenance. On pourrait donc dire "les
étiquettes sur les bocaux varient mais globalement l’activité est très
semblable".
Voici donc les
"marchés" qui intéressent ces deux Pôles :
Le marché des bureaux qui est un marché en reprise.
Il avait été dit que cela se tendait. Force est de constater qu’il y a
de très grosses opérations en cours. Je n’en citerai qu’une : la tour Granite en construction à
Il y a également de plus en plus d’opérations de rénovation en raison
des besoins en bureaux et, au-delà des constructions neuves qui deviennent de
plus en plus compliquées, il y a de grosses opérations de rénovation que ce
soit des tours à la Défense ou de grandes surfaces de rénovation.
Parmi les plus porteurs, se trouve le
marché hospitalier, en particulier avec le plan "hôpital 2007",
qui aujourd’hui commence vraiment à drainer de l’activité. Là on rencontre
(j’en parlerai tout à l’heure) des opportunités complètement nouvelles que l’on
appelle les "P.P.P."
(Partenariat – Public – Privé), qui sont des formes en cours d’évolution
dont les aspects contractuels et juridiques sont assez complexes.
Pour faire simple, au lieu que l’état passe commande d’un hôpital puis
une commande annuelle de la maintenance de ce même hôpital, de son
environnement et de la coque, pour des raisons probablement de faiblesse de
capacité d’investissement, l’état aujourd’hui est prêt à discuter des objets
comme un hôpital complet sur des durées de 15 à 20 ans. Il dit donc
à un constructeur : "vous me livrez la coque d’un hôpital
clef en main (pas encore les aspects techniques mais cela viendra peut-être un
jour) et vous me faites payer un loyer mensuel qui intègre la totalité de la
construction, de la maintenance, de l’exploitation du site".
Imaginez ce que cela représente lorsqu’il faut traduire cela en termes contractuels sur
une période de 20 ans pour un hôpital qui va évoluer dans le temps. C’est un
peu compliqué pour nous et c’est aussi un peu compliqué pour l’état qui ne sait
pas très bien où il va car il espérait continuer à travailler comme par le
passé en ayant les manettes sur tout et simplement financer autrement. Mais si
on fait cela, on n’y gagne pas grand’ chose. Il faut laisser les industriels
être créatifs et trouver des solutions.
Il est donc compréhensible que ce système ait un peu de mal à se mettre
en place. Néanmoins je confirme que l’hospitalier est un marché porteur.
La culture est un marché extrêmement porteur également.
Il y a de gros investissements
en cours dans ce domaine. Vous avez tous vu la rénovation du Grand et du Petit
Palais ; il y en a beaucoup d’autres ce qui fait que la culture est
aujourd’hui un marché extrêmement porteur.
Porteur aussi, le monde du
commerce et de la grande distribution. Le Pôle Services a acheté une
entreprise "IDF Thermic",
très spécialisée dans le domaine du froid, où nous n’étions pas présents ou
très peu avec Pommier en Normandie. Or,
on s’aperçoit aujourd’hui que ce monde du froid est porteur de marge. Ce qui
nous place dans la distribution avec un complément d’offre extrêmement
intéressant.
Et puis il y a enfin les salles
blanches qui, demandant des savoir-faire assez spécifiques, touchent à la
fois les centres de recherche et les hôpitaux et se révèlent être des marchés
très porteurs.
Les opportunités, je l’ai mentionné tout à l’heure, ce sont les P.P.P. (Partenariat – Public –
Privé).
Tout le monde ne pourra pas faire des P.P.P. Ce sera probablement une
prime aux majors et plus qu’aux petits, même si dans les P.P.P., il y aura obligation
de traiter une partie à des PME. Les
synergies grandissantes entre l’électricité, la climatisation et la maintenance,
on y travaille depuis plusieurs années, c’est vraiment devenu aujourd’hui une
réalité.
Une autre chose assez significative : le démarrage d’une activité
en Italie. Phibor suit son client "Zara" et réalise la totalité de
l’électricité des magasins "Zara". Comme cela se passait très bien en
France, "Zara" a demandé à Phibor de l’accompagner dans son
déplacement. En 2004 Phibor faisait 0,0 Euro en Italie et en 2005 il aura fait
5 millions d’Euros. C’est assez remarquable et la décision a été prise de
constituer une entreprise "Phibor
Italie" à Milan. Le Groupe est donc enfin présent en Italie après
beaucoup d’hésitations et avec beaucoup de prudence parce que c’est un pays un
peu compliqué.
En résumé : l’activité du Pôle Services est de 140 millions en
2005, en croissance de 22 %, avec l’apport d’ "IDF Thermic" et
une rentabilité assez exceptionnelle de près de 7 %. La prévision 2006 est d’un
peu plus de 150 millions d’Euros avec une rentabilité un peu supérieure à 5 %.
Donc, là aussi tout va bien.
Le Pôle Tertiaire.
Le Pôle tertiaire continue à se
développer. J’en discutais avec Marc Bernard à midi. Ils auront une croissance
interne en 2005 pratiquement de 10%, ce qui est
quant même une belle
performance. Le Pôle fait près de 250 millions d’Euros avec un très gros projet
assez remarquable qui est le LMJ, le
Laser Mégajoule, qui est un énorme
projet pour la simulation de la bombe nucléaire. Il se trouve près de Bordeaux.
On essaie de faire de la fusion nucléaire en un point très précis et pour
quelques millisecondes ; mais pour arriver à faire cela il faut arriver à
le maîtriser et que cela ne déborde pas de façon un tant soit peu sauvage. Il y
a quelques milliers de tonnes de béton à mettre autour. Il faut climatiser et
réguler la température. C’est assez compliqué. C’est un très gros projet pour le
Pôle tertiaire qui représente 120 millions d’Euros et va s’étaler dans le
temps. Le Pôle a fait 250 millions en
2005 avec 6 % de rentabilité et une prévision 2006 de 264 millions, avec une
croissance prévisionnelle en 2006, avec 5 %
de rentabilité. La aussi les choses ne se passent pas trop mal.
Alors, venons-en au
Pôle Télécoms.
Nous arrivons maintenant à la
dernière activité de l’Ile de France, celle qui m’intéresse plus
particulièrement au quotidien. Je commencerai mon exposé par les marchés et je
terminerai par le Pôle.
Je vais peut-être détailler un
peu plus parce que c’est un sujet qui très certainement vous intéresse :
je suis sûr que vous êtes nombreux à avoir une connexion ADSL et vous devez
être quasiment 90 % ou 95 %, peut-être même un peu plus, à posséder un téléphone mobile. Sachez qu’aujourd’hui en Europe, en matière
de mobiles, le taux de couverture est de 98 % de la population. Curieusement, il existe même des pays qui
dépassent largement les 100 %, qui atteignent 120 % ! Vous vous demandez
pourquoi ?
Cela suppose d’équiper les bébés (y a-t-il des téléphones portables
dans les landaus ?) et surtout d’en avoir plus d’un par personne.
Toutefois le taux de pénétration des portables commence à se ralentir
et nous débouchons maintenant sur un marché de renouvellement plus que
d’équipement.
Par ailleurs, il est vrai également que l’ADSL est un monde et la
France de ce point de vue là est plutôt en avance par rapport au reste de
l’Europe. Et les discussions actuelles sur les niveaux de concurrence supposée
ou organisée, je vais y revenir.
Parlons d’abord du marché des Télécoms, celui des opérateurs.
Il convient de le partager en 2 grands domaines :
§ *
le
marché du téléphone mobile (celui que vous avez tous dans votre poche)
§
*
et puis
le marché du fixe.
Le téléphone mobile vous le connaissez tous.
Quant au téléphone fixe, ce domaine recouvre tant le vieux téléphone
traditionnel, que l’ADSL (Asymmetric Digital Subscriber Line) et
puis tout ce qu’on peut faire avec du fixe. On parle vulgairement de "Triple play" c'est-à-dire que vous recevez chez vous à la
fois les services du téléphone, de l’Internet et de la télévision.
Si on considère les opérateurs mobiles, nous sommes encore en pleine
évolution technique.
Les plus anciens d’entre nous, dont je fais
partie, ont connu le Radiocom 2000,
puis nous sommes passés au GSM (Global
System for Mobile communications). Jamais personne n’aurait imaginé que
tout le monde, y compris les gamins dans les écoles, aurait un GSM dans sa
poche. Aujourd’hui force est pourtant de constater que cela a marché.
Du GSM, en raison des besoins d’évolution de débit, on est passé au GPRS (General Packet Radio Service) qui offre un débit un peu supérieur
et permet de commencer à transmettre un peu de mails. Je ne parlerai pas de la
folie des SMS qui rapporte beaucoup d’argent aux opérateurs.
Ensuite est venue une évolution du GPRS ; on l’appelle EDGE
(Enhanced Data rate for GSM Evolution). Cette technique a été, à l’origine,
développée essentiellement par Bouygues parce qu’il ne voulait pas investir dans
la technologie suivante, l’UMTS (Universal Mobile Telecommunications
System) qui donne encore un petit peu plus de débit.
Et puis arrive la nouvelle technologie, qui permet non seulement
d’utiliser la voix mais aussi des données, connectées à un réseau, pratiquement
comme sur son PC. Et à nouveau déjà, (il n’y a pas de raison pour que cela
s’arrête) on parle de HSDPA (High Speed Downlink Packet Access).
Avec ces informations sur l’évolution de l’UMTS vers encore une autre technologie, vous aurez
un cran d’avance. Les débits seront de plus en plus élevés. Où cela
s’arrêtera-t-il ? Quels sont les besoins véritables ? On peut en
discuter. Néanmoins aujourd’hui l’évolution se poursuit.
On dit que la concurrence entre les opérateurs est organisée. On pense
en effet que dans un marché comportant 3
opérateurs, il n’est pas impossible qu’ils aient de temps en temps quelques
discussions. Vous avez dû lire dans la presse qu’ils avaient été lourdement
sanctionnés bien qu’ayant fait appel. Nous, dans notre métier, ne le faisons
jamais, c’est pourquoi nous avons un peu de mal à imaginer que des gens
puissent faire des choses pareilles. Nous n’avons pas de preuves mais ce n’est
pas impossible.
Et puis les comportements
évoluent.
C’est le cas pour le SMS dont le bond en avant était, à mon avis
totalement imprévisible.
Quand je vois le nombre de SMS que mes enfants envoient, cela me semble
absolument hallucinant !!! J’ai beau leur expliquer que tout n’est pas
compris dans le prix et qu’il faut payer un dépassement de forfait, ils ne
voient pas bien la différence.
Et le multimédia avec la photo !
C’est vrai qu’il y a maintenant en plus la vidéo. Et on constate, là
aussi, un changement de comportement. De plus en plus de gens résilient leur
abonnement fixe et conservent leur mobile comme lien téléphonique exclusif.
C’est particulièrement vrai pour les étudiants qui sont un peu nomades passant
d’un studio à l’autre et préfèrent ne plus avoir de téléphone fixe.
Toutefois, l’élément vraiment nouveau sur le marché professionnel est la mobilité. On en parle depuis très
longtemps et elle s’organise bon an mal an depuis des années.
Force est aujourd’hui de constater qu’on a des PC portables de plus en
plus petits, de plus en plus faciles à transporter et qui offrent de plus en
plus de possibilités.
Connaissez-vous le BlackBerry ?
Une horreur ! Nous connaissions déjà le téléphone qui vous
poursuit partout, mais avec en plus l’e-mail partout, c’est carrément l’enfer.
Ne peut-on se passer d’e-mail pendant deux heures ? Je pense que si.
Et pourtant le BlackBerry gagne du terrain. Il faut savoir que c’est
une technologie entièrement propriétaire. Elle s’adresse à des personnes qui se
déplacent beaucoup et veulent pouvoir lire leurs mails n’importe où et à
n’importe quel moment.
Sur le marché actuel, le créneau était assez mal couvert. Cette technologie
a probablement assez peu d’avenir à long terme mais pour l’instant l’Entreprise
connaît une émergence absolument phénoménale aux Etats-Unis et en Europe.
Et puis il y a des applications "métier" de plus en plus
performantes. Elles ne touchent plus seulement les cadres dirigeants, les
cadres un peu mobiles, les commerciaux mais aussi le personnel d’exécution. Je
vais citer 2 exemples.
Un exemple que nous avons la fierté
d’avoir développé et pour lequel nous avons eu l’un des prix d’innovation de
Vinci, c’est le "bungalow
communicant". C’est une technologie nouvelle qui permet aujourd’hui
d’avoir un bungalow, un "Algeco" tout bête avec un chef de chantier.
On va lui maintenir son Algeco pendant sa durée de vie chez Bateg , Campenon
Bernard, etc. Et chaque fois qu’il va se déplacer, on va le reconnecter sur le
réseau France Télécom, Cégétel, peu importe. Il gardera vis-à-vis du Groupe
toujours le même numéro de téléphone, il aura son accès ADSL et son accès à son
site central. On vient lui mettre en place l’infrastructure et quand son chef
l’appelle, au lieu de l’appeler à travers un numéro de téléphone de chantier
qu’il n’a jamais, il va simplement faire comme si il était dans le bureau d’à
coté, le 5231 et il aura son chef de chantier qui sera à Bort les Orgues ou à
Marseille ou à Biarritz et ça, en terme
d’économie de Télécoms, d’économie d’énergie, les gens de la construction y
sont assez sensible même s’ils ne sont pas forcément extrêmement faciles à
manier en terme de vente de Télécoms.
Un deuxième projet qui s’appelle "Papyrus". En fait Papyrus chez
Eurovia, dans le monde de la route de Vinci, tous les chefs de chantier sont
équipés avec une tablette PC portable reliée par une carte mobile et les chefs
de chantier ont en permanence, où qu’ils soient, en déplacement sur leur
chantier, n’importe où sur leur chantier accès à leur application métier sur
leur tablette PC. C’est aujourd’hui un gain de productivité assez extraordinaire.
Et puis une dernière évolution
qui aujourd’hui n’est pas vraie pour les mobiles mais qui commence à devenir
vraie sur le fixe, c’est l’évolution vers de plus en plus de forfait. Aujourd’hui faire comprendre à un
jeune qu’il faut payer à la minute, à la durée, différemment parce qu’il
appelle sa copine à Marseille, voire à Tokyo ou Los Angeles, ce n’est plus
possible. J’ai découvert un peu tardivement Skype. Quand ma fille est partie passer un an en Angleterre, elle
m’a dit "Papa arrête de m’appeler
sur mon portable. D’abord je n’ai plus de portable, c’est trop cher et arrête
de m’appeler à partir de ton fixe. Cela n’a aucun intérêt. Tu vas t’installer
Skype et on va discuter. Cela ne coûte pas un rond. Gratuitement."
Quand après on leur dit "Vous aller prendre un abonnement France Télécom
et vous allez payer 14 € par mois plus les communications", ils ne
comprennent pas. Cela va être structurant pour ce marché.
Un autre point qui est en train de
se développer, je pense à M6 et Télé2 qui sont ce qu’on appelle des MVNO (Mobile Virtual Network Operator),
encore un nom barbare. En fait ce sont des gens qui n’ont pas de réseau, qui
achètent en gros de la ressource sur un réseau mobile et puis qui la revendent.
Ce sont des distributeurs de minutes et de forfaits. C’était assez peu
développé. Il y en avait dans le monde professionnel mais il n’y en avait pas
dans le monde grand public. Et aujourd’hui on a M6, la chaîne de télévision,
qui s’est mise dans cette solution là et qui va acheter des minutes de
communication à SFR et qui va les revendre et devenir un concurrent.
Aujourd’hui Télé2 commence à faire de la pub en disant "Je suis nettement moins cher que SFR".
Il faut savoir que Télé2 achète l’intégralité de ses minutes à SFR. C’est quand même un monde assez spécial.
Les opérateurs fixes, ce n’est pas
mal non plus. D’abord vous avez peut-être entendu parler du rachat de Cégétel par 9télécom. En fait Cégétel comportait une partie de téléphones fixes
(Cégétel) et une partie de téléphones mobiles (SFR). Ils ont revendu la partie
fixe parce qu’ils avaient un peu de mal à gagner de l’argent. 9télécom, qui est
en fait LDCOM (Louis Dreyfus
Communication) à l’origine, a racheté progressivement tous les opérateurs
alternatifs qui s’étaient montés, qui ont fait faillite et qui sont vendus à la
casse. Cela est intelligent du point de vue financier. Du point de vue
industriel, c’est un peu plus compliqué parce qu’ils ont racheté des réseaux
divers et variés, des équipes qui n’avaient pas forcément les mêmes cultures.
Et l’intégration de tout cela, ce n’est pas facile tous les jours pour nous qui
sommes leur client.
France Télécom
est aujourd’hui très agressif, mais est très attaqué. Vous avez d’ailleurs pu
voir la semaine dernière la baisse de 9 % le l’action en bourse dans la journée
sur une simple information. Aujourd’hui
les journaux et les analyses se déchaînent sur France Télécom, en disant "ils sont mal barrés". C’est
probablement un peu excessif mais je pense que France Télécoms est aujourd’hui
à un tournant de sa vie.
Il y a des opérateurs alternatifs triple play, (téléphone, internet, TV) Free, Alice, etc., avec des offres à 29,90 €
pour tout le monde. Si on fait une analyse un peu plus fine, on s’aperçoit
que 29,90 € n’est pas tout à fait partagé. Free doit être à peu près à 29,90 €
mais si vous avez une Free-box chez
vous, gardez scrupuleusement le carton
d’emballage parce que vous ne pourrez jamais résilier la Free-box si vous
n’êtes pas capable de la renvoyer dans son carton d’emballage. Petit détail qui
compte. Quant à Wanadoo, il va pratiquement jusqu’à 80 € parce que c’est 29,90
€, oui mais il faut rajouter ceci, il faut rajouter cela et en fait c’est
plutôt 80 €.
Aujourd’hui, il y a une bagarre
autour de ces prix, autour de la forfaitisation. J’ai parlé de Skype, mais vous
avez sans doute vu que Free a ouvert le téléphone gratuit ou en tout cas dans
le forfait
de 10 € de Free à l’international. Vous pouvez téléphoner à Tokyo dans le
cadre du forfait à 10 € de Free. Il y a une situation concurrentielle en
France. La presse dit qu’il y a une collusion entre les opérateurs, etc. Je
pense aujourd’hui que dans le monde du fixe la concurrence est absolument
sauvage et aujourd’hui on est probablement un des pays qui de ce point de vue
pousse le bouchon le plus loin possible. Peut-être que le consommateur s’y retrouve
mais je ne sais pas ce que cela donnera sur le long terme en terme de pérennité
et de qualité de service parce que nous voyons les réseaux de l’autre coté. La
qualité de service des réseaux n’est quand même pas tout à fait optimum.
Les habitudes culturelles sont
complètement bouleversées avec l’arrivée de 2 phénomènes, 2 tranches d’âge
assez disparates =
les jeunes qui arrivent sur le marché du travail et qui sont habitués à
des comportements complètement nouveaux, les SMS, Skype, etc.,
les retraités, dont certains d’entre vous font partie ; Ils
s’intéressent de plus en plus à internet,
regardent leur factures à la fin du mois et aujourd’hui sont des gens
qui sont probablement aussi moteurs sur ces marchés là. En plus on les considère comme des
gens à potentiel de dépenses relativement important contrairement aux jeunes
qui en ont un peu moins et puis il y a une tranche de population dont je fais
partie, (je me rapproche plutôt de la deuxième catégorie que de la première)
qui est celle des gens de 35 à 45 ans qui sont un peu entre les deux et qui ont
du mal à s’adapter, parce qu’ils n’ont pas toujours le temps de consacrer un
peu de temps a l’ADSL, à l’Internet, etc.. C’est probablement aujourd’hui la
population la plus perturbée mais qui ont un peu d’argent.
Cela, ç’était le marché des
opérateurs. Vous voyez que ce n’est pas un marché simple. Et quand on est
fournisseurs de ce marché d’opérateurs, cela fait rester "jeunes".
Il y a un deuxième
marché en plein développement dans le monde des Télécoms, c’est :
Le Marché des Collectivités.
Dans un premier temps, les opérateurs ne voulaient pas aller vers les collectivités où il n’y avait pas suffisamment de trafic. Les collectivités se disant que les réseaux sont un élément fondamental d’équipement du territoire ont décidé d’investir puisque les opérateurs ne voulaient pas le faire. Ils ont déployé des boucles de fibres optiques, qu’ils ont essayé de raccorder et ont tenté d’attirer des entreprises en donnant du haut débit à des tarifs compétitifs. Et bien qu’on parle beaucoup de la pénurie d’argent des collectivités, c’est un marché qui se développe et force est de constater aujourd’hui que les collectivités sont devenues des "entreprises" qui dépensent de plus en plus d’argent
Et puis il y a aussi, des offres complémentaires qui sont en plein développement, telle la vidéo-surveillance, (notre ami Nicolas pousse un peu ce marché là).
C’est un marché qui nécessite des infrastructures de communication et aussi des technologies qui se rapprochent de la technologie de la communication d’entreprise.
Et puis encore l’information des usagers par Internet. Toutes les communes, les communautés de communes, les conseils généraux, cherchant à informer de mieux en mieux leurs administrés deviennent des utilisateurs, et des pourvoyeurs d’information sur Internet. De même les centres d’appel, qui sont aussi aujourd’hui un marché assez porteur.
Et puis enfin le marché des entreprises, plutôt difficile parce que en pleine évolution technologique. Les entreprises sont un peu tétanisées.
On parle beaucoup de téléphonie sous IP, de nouveaux concepts, de sorte que les gens se disent :
"J’ai un central téléphonique qui marche ; ça fait 15 ans qu’il marche, ça fait 5 ans qu’on me dit qu’il faut que je le change mais bon, il marche ! Je téléphone et ça marche ! »
Je ne devrais pas le faire mais je prends l’exemple du central d’ici. C’est nous qui l’avons installé. C’est celui qui était à Suresnes et qui a été déménagé. Et bien il marche toujours ! On essaie d’en vendre un autre mais c’est un peu compliqué.
Les entreprises repoussent l’échéance et disent :
"Oui c’est
bien mais j’aimerais que la technologie se stabilise et que d’autres essuient
les plâtres."
Il y a actuellement une petite reprise mais néanmoins le marché de la téléphonie d’entreprise est un marché qui est en décroissance de 10 à 15 % par an depuis 2000.
Les réseaux informatiques locaux sont un marché où on a un peu de mal à y voir clair en termes de croissance ou décroissance mais c’est un marché qui tant bien que mal se tient entre l’équilibre et + 5 %.
C’est un marché difficile dont les évolutions technologiques perturbent nos clients et nous perturbent aussi d’ailleurs. Parmi les vieux téléphonistes, il y a ceux qui évoluent et ceux qui ont un peu plus de mal. Les commerciaux qui vendent du vieux PABX ont parfois un peu de difficultés à vendre les nouvelles technologies. Il est vrai que c’est une mutation des cultures, des compétences et c’est extrêmement complexe à gérer.
Parlons à nouveau des opérateurs bien que j’en ai déjà un peu parlé aujourd’hui. France Télécoms vient, si j’ose dire, "manger dans notre gamelle". Etant donné qu’ils ont des problèmes de perte de clients dans le grand public, ils essaient d’entrer dans le monde de l’entreprise où ils deviennent très agressifs, parce que, quand on regarde une facture de la communication dans une entreprise, entre la facture France Télécom pour faire simple, ou d’un autre opérateur et la facture liée au PABX, au central téléphonique, celui-ci ne représente que 20 % de la facture. 80 % sont les abonnements et les coûts des communications.
France Télécom, pour conserver sa part de 80 % va faire 50 % de remise sur le PABX.
Quel est le résultat ? 10 % de remise sur l’ensemble.
Donc ils sont capables de le faire pour garder l’ensemble. Mais 10 % de remise sur le PABX cela fait 50 % de remise et malheureusement nous ne pouvons pas le faire sinon "on mange la grenouille" assez rapidement. Voilà la difficulté.
Et puis il y a un autre secteur qui vient "nous manger un peu les mollets". On l’avait identifié il y a 2 ou 3 ans et c’est un peu moins vrai aujourd’hui. Il s’agit des sociétés de service en informatique qui, prenant des offres de plus en plus globales, ont un peu plus de mal à être compétitives (c’est assez vrai dans les grands comptes, ça l’est un peu moins dans les petites boites). Ayant des offres très globales, elles sont obligées de s’intéresser à l’infrastructure et elles viennent un peu piétiner nos plates bandes. Donc, là aussi un marché un peu compliqué.
Le paysage ne paraît-il pas un peu noir ?
En réalité, il est moins noir que ce que je vous ai décrit, et si je l’ai présenté ainsi c’était pour être mieux compris.
Sur le marché des opérateurs en France, Graniou est leader dans le domaine de la mobilité, c’est à dire que nous sommes l’installateur numéro un aujourd’hui de ces belles sculptures que sont les pylônes et autres antennes de radio-téléphones. A ce propos, je vous rappelle que personne encore n’a prouvé leur côté nocif. Par ailleurs, personne non plus n’a prouvé l’inverse.
C’est à peu près la même chose
depuis quelques 60 à 80 ans pour les lignes à haute tension. Ce que je peux
vous dire c’est qu’à priori l’affaiblissement du signal est très rapide. Par
contre
ne vous mettez pas trop
près d’une antenne qui crache parce que je pense que ce n’est que moyennement
bon.
Vous connaissez cette histoire de l’Américaine qui avait mis son chien dans un micro-ondes et qui avait gagné son procès parce que ce n’était pas marqué dans la notice ! Dans notre cas, la "cuisson" sera peut-être un peu plus longue mais le résultat sera très semblable.
Graniou est parmi les leaders en matière de déploiement de réseau filaire, de fibres optiques. Je ne connais pas la position exacte, enfin elle n’est pas mauvaise.
Par contre, nous sommes un peu faiblard en maintenance. Ce n’est pas l’envie qui nous manque mais en maintenance et en vie du réseau, nous ne sommes pas bien perçus. On se bat en ce moment sur de très gros appel d’offres. C’est absolument vital pour nous et nous devons absolument y arriver, mais pour l’instant, cela reste probablement notre petit point faible.
Sur le marché des collectivités, c’est assez complexe.
Nous y sommes présents mais les opérateurs y sont aussi et ce n’est pas notre point fort. Aujourd’hui en France nous sommes 4ème ou 5ème acteur avec 120 millions d’Euros. Nous venons de faire des acquisitions en Allemagne et en Hollande.
Le marché des entreprises. Axians, qui est la marque des entreprises chez Vinci Énergies, pas loin de 200 millions d’Euros. Nous avons de vrais atouts, une présence locale historique dans le Groupe avec nos petites boutiques réparties partout, une très bonne réactivité et une qualité de service reconnue.
Vinci Énergies dispose d’une capacité à faire des acquisitions afin de poursuivre son développement, que n’ont pas forcément ses concurrents, ainsi qu’une stratégie équilibrée dans tous les domaines, à savoir : la voix, la donnée et l’audiovisuel.
Nous avons peut-être tout de même quelques lacunes. Pour ce qui est de la rentabilité par exemple ; Axians en effet n’a pas la rentabilité que le Groupe attend d’une entreprise de Vinci Énergies. Sans que cela soit catastrophique, ils sont un peu en dessous avec 3 à 4 % alors que le Groupe est plutôt entre 5 et 6 %. Et puis on a un poids prédominant mais ce n’est pas propre à Axians, c’est vrai pour tout le monde, pour tout le marché des constructeurs. Alcatel et Cisco, qui sont nos fournisseurs en principe, ne se comportent pas vraiment en fournisseurs. Ils sont un peu hégémonistes sur nos marchés alors, lorsque l’on va chez un client, il faut se mettre d’accord avec un constructeur. C’est donc un contexte un peu particulier et un peu compliqué.
Comme je disais tout à l’heure, on
part du général et on va au particulier.
Qu’est-ce que le Pôle Télécoms ?
C’est
un peu plus de 130 millions d’Euros d’activité en 2005 :
·
65
millions pour Graniou, donc dans les
infrastructures de Télécom,
·
52
millions pour Axians, communication
d’entreprises
·
12
millions qui sont un peu en marge de l’activité et en particulier un projet
qu’on a développé cette auprès de la défense.
La défense est un marché très intéressant en ce moment et on a créé au
1er Janvier GTIE Défense qui fait partie du Pôle
Télécoms. Ils représentent actuellement 7 à 8 millions d’Euros qu’on espère bien élever à 20 millions très
rapidement.
Et puis bien que la rentabilité soit officiellement établie autour de 4 à 5 %, on prévoit par prudence un peu moins en 2006, en raison du contexte dans le monde opérateur et du déploiement radio qui devrait commencer à baisser ; néanmoins ce n'est là qu'une rumeur et je ne suis pas du tout persuadé que 2006 n'atteindra pas le même niveau que 2005.
Par contre le monde de Graniou connaîtra une baisse d’activité en 2007 du fait qu’effectivement le réseau de mobilité sera alors à peu près déployé. Avec notre prudence légendaire, un chiffre de 115 à 120 millions a été arrêté.
En résumé, et pour conclure (j’ai certainement été un peu long et en cette heure de post-déjeuner, c’est peut-être un peu difficile) je dirai que :
Vinci-Énergies en Ile de France, c’est 660 millions d’€ en 2005 en
croissance de 15 % par rapport à 2004 et une rentabilité de 5 %
Sur 2006 la prévision de budget est de 750 millions d'Euros avec les
apports dont je vous ai parlés dans le Pôle industries et Infrastructure et
avec une rentabilité prévisionnelle de 4,5 %, ce qui est déjà pas mal quand on
connaît notre prudence légendaire.
Nous ne sommes donc pas trop inquiets pour 2006, et globalement l'année
se présente plutôt bien.
Néanmoins la vigilance reste de mise. Si les carnets de commande du tertiaire sont aujourd’hui très remplis, ceux des Télécoms ont probablement une visibilité beaucoup plus courte mais, je le répète, il n'y a pas d'inquiétude à avoir pour l'année en cours.
Un dernier point, je ne sais
pas si Marc Bernard vous en a parlé, sur lequel nous étions plutôt euphoriques
l’année dernière et beaucoup moins cette année ; Il s'agit de la sécurité du travail. Les Télécoms ont connu, en
2005, une année noire. Je dis bien, noire alors que 2004 avait été une bonne
année. Pour ceux qui s’en souviennent, le
T F (taux de fréquence) était descendu au dessous de 10, on était à moins
de 9. Nous sommes remontés à 15 qui était notre TF de l’année précédente, ce
qui n'est pas bon. Malheureusement dans les autres Pôles, c’est à peu près la
même chose. Toutefois des progrès
extrêmement significatifs viennent des entreprises que nous avons rachetées, intégrées et qui viennent de
culture sécurité pas bonne, quasi-inexistante et qui, quand ils nous rejoignent,
ont des progrès absolument extraordinaires. Je pense à Aulafi qui a une
division par 2 de son TF. On a eu la même chose avec
traditionnellement extrêmement mauvaise en
accident du travail et qui a rejoint
aujourd’hui les autres. Et cela c’est encourageant parce qu’on sait faire pour
ceux qui n’étaient pas bon. Pour ceux qui sont bons on a un peu de mal à
descendre un peu plus bas. J’en connais dans la salle qui connaissent ce sujet
et c’est vrai que c’est difficile. Il faut vraiment qu’on continue parce que ce
n’est pas acceptable.
Un sujet qui ne concerne pratiquement pas le Pôle
Télécoms, mais Marc Bernard vous en avait parlé. Ils annonçait des choses et
aujourd’hui les résultats sont extrêmement satisfaisants, c’est pour certains
Pôles, et le Pôle Tertiaire est typiquement en première ligne, le rajeunissement des effectifs car
aujourd’hui on est en train de se heurter à un vrai problème de départ à la
retraite de collaborateurs et d’une vraie difficulté, d’une tension sur le marché
pour les remplacer par des jeunes. Ils ont fait des efforts considérables sur
l’apprentissage. Comme on fait des journées jeunes embauchés, ils ont fait une journée
apprentis où il y avait plus de
70 apprentis dans le Pôle tertiaire et pour la première fois le Pôle tertiaire
a rajeuni en 1 an d’un an cela veut dire qu’il ont gagné 2 ans en un an, ce qui
est assez exceptionnel. Mais cela reste un vrai problème, vous savez sans
doute, au niveau global de marché du travail, 2006 représente une année très particulière, puisque c’est la première
année, et c’est irréversible maintenant, où il y aura plus de gens qui vont
partir à la retraite que de gens qui vont arriver sur le marché du travail. Donc
cela veut dire que c’est probablement une bonne nouvelle à terme sur le
chômage et la stabilité de l’emploi. Néanmoins cela va amener rapidement une
très forte tension sur le marché de l’emploi. Il y aura probablement des effets
inflationnistes sur les salaires, c’est une chose mais surtout cela va être une
vraie bagarre pour arriver à attirer les meilleurs et le monde du BTP, y
compris l’électricité, a aujourd’hui un déficit d’image. On a de gros efforts à
faire pour attirer les gens. Le Pôle Télécoms n’est pas concerné parce qu’on a
aujourd’hui une moyenne d’âge de 37/36 ans. Mais néanmoins on commence
aujourd’hui a avoir des difficultés pour recruter des jeunes. Comme il y a de plus en plus de jeunes
qui font des écoles de
commerce et de moins en moins qui font des écoles
d’ingénieurs, aujourd’hui c’est une tendance et si vous pouvez convaincre vos
enfants, vos petits enfants, etc, de faire des écoles d’ingénieurs cela serait
bien.
Voila, j’ai essayé de faire un tour d’horizon
un peu complet. S’il y a des questions je suis à votre disposition. J’essaierai
d’y répondre. Si je ne peux pas vous répondre, je vous dirai "Je ne peux
pas y répondre".
Propos recueillis par Éliane Étinzon et Roger Rulence assistés d’André
Marc et Henri Riflart.
La réunion s’est
poursuivie par un très large échange de vues entre Monsieur François
Langlois d’une part et
les membres présents de notre association d’autre part.