Voyage du 26 au 28 septembre 2006
Vingt « vénérables » et leurs amis
se sont retrouvés pour effectuer les visites de LA ROCHELLE, L’ILE DE RE
et ROCHEFORT, ceci sous un beau soleil
de fin d’été.
La Rochelle
Une surprise nous attend dès la descente du
TGV : la gare d’arrivée, construite de 1910 à 1922, est la dernière grande
gare construite par les Chemins de Fer. Spacieuse avec sa tour, plus haute que
toutes celles du Vieux Port, elle a suscité bien des commentaires lors de son
édification. Rénovée récemment elle a retrouvé la majesté de son hall et sa façade est à nouveau ornée de coquilles, poissons et crabes.
Avez-vous déjà dormi dans un hôtel (Ibis)
dont la façade classée et datant du XVIIème siècle, faisait partie de l’Eglise
Saint-Nicolas – patron des marins – laquelle a été désaffectée en 1857 et
détruite en 1978 ? Façade et clocher ont été préservés et conservent à la
place du Commandant de la Motte Rouge (en face de l’hôtel) le cachet qu’elle
avait au temps où les marins animaient le quartier.
La devise de La Rochelle : BELLE, MAIS REBELLE, concentre en trois mots mille ans
d’histoire tumultueuse.
C’est d’abord un village de
pêcheurs : ROCHELLA, fondé au Xème siècle sur une
plateforme rocheuse, entourée de marais. En 1137, elle profite des larges ‘libertés’
octroyées par le Duc d’Aquitaine et en 1199, Guillaume de Montmirail devient le
premier maire d’une commune de ce qui était alors le Royaume de France.
Profitant habilement des querelles entre la
France et l’Angleterre, le maire, les échevins et les armateurs augmentent
leurs privilèges et leur richesse, le XIIIème siècle marquera d’ailleurs l’apogée du
commerce rochelais basé sur le vin et le sel. Au XVIème siècle la Réforme s’installe dans la cité et le 9 janvier 1568 elle opte pour le
protestantisme. De 1590 à 1620, cette
citadelle – car des remparts y avaient été érigés - capitale du parti
huguenot, s’épanouit économiquement et culturellement, grâce à son statut de Ville Libre. En 1565, au cours des guerres de religion, des prêtres catholiques sont
précipités à la mer, du haut de la Tour de la Lanterne. En 1571 Henri de
Navarre, Jeanne d’Albret et le Prince de Condé, assistent à un synode national,
présidé par un disciple de Calvin. En 1573, l’armée royale met le siège devant
La Rochelle, qui résiste pendant six
mois ; les soldats royaux se replient après avoir perdu 20.000 hommes. En
1627, un second siège est décrété par le roi. Un blocus est organisé côté terre et sur la mer une digue
gigantesque barre la baie …le
siège tiendra…. Et la cité, en proie à
la famine, capitulera. Le 30 octobre 1628 RICHELIEU entrera dans la ville, LOUIS XIII arrivera le 1er Novembre 1628. Après ces sanglants épisodes la vie reprend et les
commerçants et les armateurs de navires développent leurs activités, notamment
vers le Canada, la Louisiane et les Antilles. Dès 1694 le commerce du ‘bois d’ébène’ ou traite négrière s’instaure, tout comme à
Nantes et Bordeaux. Le ‘commerce
triangulaire’ bat alors son
plein : on vend des tissus , du sel, du vin à l’Afrique on y achète des
esclaves ; que l’on vend à Saint Domingue, où l’on acquiert des épices, de
la vanille ,du sucre que l’on déverse sur l’Europe.
La Révolution et les guerres de l’Empire vont
‘endormir ‘ la ville qui ne s’animera à nouveau qu’en 1890, lors du creusement du port en eau profonde
de LA PALLICE. Enfin, au cours de la Seconde Guerre Mondiale , une base
sous-marine allemande y sera
construite, ce qui déterminera son destin de résistance ennemie pendant les huit derniers mois de la
conflagration. Elle sera libérée sans avoir subi de destructions importantes.
Actuellement, c’est une ville jeune et
créative ; elle dispose d‘une université pluridisciplinaire, d’un port de
plaisance de 3500 anneaux, d’un port de pêche et des installations de mareyage ultramodernes,
qui souffrent de la raréfaction des pélagiques – morues notamment- et des
quotas européens de pêche. L’agglomération rochelaise compte 140 000 âmes
dont 80 000 Rochelais. Côté industrie, le plus gros employeur c’est
l’usine ALSTHOM. , ainsi que d’un tissu appréciable de PME/PMI. On distingue
notamment le travail du bois, du contreplaqué, de l’ameublement….On s’en doute
d’ailleurs, car Le Port de La Pallice est un vaste entrepôt à ciel ouvert de bois des îles. Bien sûr le tourisme est pourvoyeur d’emplois ; en 2005,
trois millions de touristes se sont succédés dans la ville et ses environs.
Enfin n’oublions pas non plus que c’est une ville de Congrès (politiques), de
rencontres : Les Francofolies, et de Salons : Le Grand Pavois :
le 1er Salon à Flots d’Europe. Enfin le monde de la voile est omniprésent
au Port des Minimes : c’est le point de départ de courses prestigieuses et le lieu
d’escale de courses au large, la place disposant de chantiers de construction
et de réparation de coques et de
voilerie, d’électronique et d’accastillage.
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VISITE DE QUELQUES SITES ROCHELAIS :

‘Le Vieux Port ‘ immortalisé par les
peintures de Joseph Vernet, Corot, Signac etc. occupe depuis le XIIIème
siècle le même emplacement. Dès son
édification il fut fortifié et les tours que nous admirons de nos jours ont
toutes, peu ou prou servi de prison à
un moment de leur longue vie. Elles confèrent à ce quartier un profil
inimitable et donnent à La Rochelle un aspect unique sur la Côte
Atlantique :
LA
TOUR SAINT NICOLAS :
Diamètre : 20 m.., Hauteur totale 38 m.., construite de 1372 à 1376.Elle
est de la même facture que le Donjon de Vincennes et la Bastille.
La TOUR DE LA CHAINE : Diamètre : 15 m. Hauteur :
20 m.., construite de 1382 à 1390 ; chargée de la surveillance des entrées
et sorties du port, ordonne le maniement de la chaîne qui clos le port la nuit, se charge du contrôle des cargaisons,
et perçoit les droits revenants à la
ville. Plus qu’un élément de défense, c’est une limite de juridiction et une
barrière fiscale.
LA TOUR DE LA LANTERNE : Diamètre 16m ., Hauteur totale :
55 m – Hauteur de la flèche : 36 m, construite de 1445 à 1468. La
construction actuelle se substitue en 1445 à une première ‘Tour de la
Chaîne ‘ érigée en 1209, qui
obligeait tous les navires à désarmer avant de franchir les chaînes,
donnant ainsi son nom au capitaine de la tour : Le désarmeur des nefs. C’est le plus ancien phare conservé en France.
-le jour, sa haute tour servait de repère
pour la navigation,
-la nuit, le désarmeur des nefs, chargé
d’entretenir un gros cierge allumé, posé dans la lanterne de pierre, vitrée à
côté de la flèche, veillait et repérait les vaisseaux qui approchaient du
large. Convertie en prison, c’est de là que furent précipités dans la mer, en
1565, les prêtres catholiques, dont nous avons parlé précédemment.. Enfin en
février 1822, c’est là aussi que furent emprisonnés les ‘ quatre sergents de la Rochelle ‘, membres des ‘Carbonari’, qui
complotaient pour renverser le gouvernement de la Restauration.
Accompagnant les trois tours du front de mer,
plusieurs autres tours forment un ensemble au sein de l’agglomération :
LA GROSSE HORLOGE : ancienne porte fortifiée de la première
enceinte de la ville du XIIIème siècle. Vers 1400, elle reçoit l’horloge de la ville. Son sommet
est couronné d’un gros clocheton renfermant la cloche de la ville :’le
Gros Seing’ qui date de 1476.
Le Clocher SAINT JEAN : 1754. Il subsiste après la
désaffection de l’église éponyme détruite en 1887
Le Clocher SAINT BARTHELEMY : Actuel clocher de la Cathédrale SAINT
LOUIS.
Histoire symptomatique des effets des Guerres
de Religion, applicable à tous les lieux de culte rochelais :
Première église construite en 1145,
démolie en 1568 par les protestants. Devenu Grand Temple ; il est
confisqué en 1627 et redevient Eglise Saint Barthélemy. Après la création
d’un Evéché à La Rochelle en 1648 elle
devient cathédrale. Elle est démolie lors de la Révolution, son clocher demeure
et devient le premier clocher du Diocèse.
Le Clocher
SAINT NICOLAS : Même scénario d’édification et de destruction que
précédemment ; et nous le retrouvons en façade de notre hôtel !
Un des charmes de cette ville, ce sont ses
rues à arcades qui abritent de nombreux magasins aux vitrines attractives et
coquettes. Jadis ces installations généraient une redevance à la commune ;
pour l’heure elles permettent de flâner à l’abri des « grains». Les
maisons les plus anciennes sont à « pans de bois » couverts de
plaques d’ardoises destinées à les protéger de l’humidité. Autre construction
liées à la pluie : les gargouilles. On en compte environ 200 dans toute la
vieille ville – principalement, rue des Merciers, rue du Palais etc. Arcades de
pierre et gargouilles participent à la notoriété du maître de maison, car elles
sont mentionnées sur les actes.
En déambulant dans les rues de la ville nous
avons pu admirer, entre autres constructions LA MAISON HENRI II, merveilleux
logis Renaissance, fenêtres en plein cintre au rez-de-chaussée, lucarnes du
toit surmontées de vases, plafonds à caissons des galeries.
L’HOTEL DE VILLE, Edifice de style composite. Son enceinte gothique est couronnée d’un
chemin de ronde sur des mâchicoulis. Une tour beffroi défend la cour intérieure
et abrite la statue de Henri IV. A l’intérieur, la façade construite en 1606
est un modèle d’architecture italienne, marquée aux initiales du Roi et de
Marie de Médicis : galerie aux colonnes cannelées, plafonds à caissons. Le
premier étage recèle des piliers et des niches d’inspiration toscane, avec des
effigies des vertus cardinales. A noter aussi, que plusieurs rues, dont la rue
de l’Escale ont conservé leur pavage de cailloux du Canada, lesquels servaient
de lest aux navires livrant leur cargaison de fourrures. Notre guide : Véronique Delavaux a su au cours de sa conférence susciter
notre émerveillement et a bien relié le passé turbulent des habitants de La
Rochelle (guerre de Religions) et le dynamisme de la cité actuelle
Après notre repas de midi à base de poissons
et de coquillages nous avons l’après midi pris la direction du Grand Aquarium,
pour une visite libre. En cheminant vers cette nouvelle attraction nous
avons longé le Quartier du GABUT, site
résidentiel et commerçant – c’est là que se trouve l’Office de Tourisme
– aux façades revêtues de bois peints de couleurs vives, façon lotissement
nordique.
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L’AQUARIUM, inauguré en 2001, se présente sous la forme d’un quadrilatère de verre
et de bois, au cœur de la ville. Il permet le voyager sous la mer en compagnie
des hôtes de l’Atlantique, de la Méditerranée et des Tropiques. Les
informations concernant les poissons
et autres espèces peuplant les
bassins se trouvent sur les cotés des
aquariums, à hauteur des yeux, discrètement éclairés. Des estrades, des gradins
permettent de s’asseoir pour admirer les ballets imprévisibles, mais gracieux
des bans de poissons : un enchantement de couleurs des différentes
espèces ; l’agrément de ce spectacle se double des mouvements de l’eau
(perception des courants et marées simulés), des couleurs reposantes des
algues, de la limpidité de l’eau. Les
fonds marins, les grottes ont été reconstitués .Les lumières choisies avec
soin, respectent les exigences de chaque espèce, Les aquariums, d’une propreté
remarquable, sont ceinturés de panneaux de plexiglas dont l’épaisseur varie de
7 à 15 cm . Nous pouvons admirer
10 000 sujets marins, qui évoluent dans 65 bassins, qui s’efforcent
de recréer le plus fidèlement possible leur environnement
.Côtes
atlantiques européennes :.
Notre première approche du milieu sous-marin
s’effectue dans le tunnel aux méduses, aquarium cylindrique animé d’un courant
d’eau qui les maintient en mouvement.
Puis viennent les crabes, les patèles et autres coquillages coutumiers de nos
rivages. Les vitrines recèlent presque toutes des anémones de mer, roses, vert
clair crème, avec des tentacules souples et gracieux. Puis viennent les
pieuvres, les rougets-barbets, les
maquereaux et leur robe argentée, rayée de bleu, de noir, les turbots et
les soles qui se cachent sous le sable,
les anguilles. Les discrets hippocampes se cachent le long d’une paroi rocheuse
tapissée d’algues échevelées.
Dans la grotte méditerranéenne on
découvre de grosses langoustes, le pagre, la sébaste argentée , le poisson
sanglier rouge orangé ou la girelle mordorée, et bien sûr les coraux aux rouges
en camaïeu. La pieuvre craintive se
cache, tout au fond et ne sort de son
antre que pour chasser la nuit. Dans le milieu océanique défilent en rangs
serrés d’inquiétants barracudas pouvant atteindre 2 mètres de long, aux mâchoires armées de dents
menaçantes.
Mer des Caraïbes : paradis bleu, bercé par les alizés ; on y reconnaît le
poisson-ange jaune et noir avec des nageoires frangées de rouge et de bleu, le
poisson-perroquet, vert, rose et bleu, à l’égal de son homonyme terrestre, le
poisson-lune argenté teinté de vert et de bleu ; l’affreuse murène verte
menaçante dans son trou, et toute la panoplie des poissons porcs épics,
tachetés, rayés, épineux… jamais à court et de formes et de couleurs.
Le lagon : Abrité entre une plage de sable blanc et une barrière de corail, le
lagon accueille une multitude d’espèces. On y rencontre l’élégante raie toute
ondulante et rapide, le mystérieux requin ou le débonnaire napoléon. On y
rencontre aussi le poisson-papillon cocher ou a bec, le poisson-ange à croissants
ou celui pailleté d’or, le baliste-bleu , le baliste-picasso.
Région Indopacifique : C’est celle où toutes les couleurs
scintillent : le bernard - l’hermite rouge, aux yeux bleus , bien abrité
dans un coquillage couleur de sable, le poisson coffre à cornes jaunes citron
taché de bleu. L’aquarium recèle aussi des « fossiles vivants » tels
les nautiles et les limules (appréciées
en industrie pharmaceutique, on a réussi à les reproduire en nurseries), le poisson-rasoir.
Enfin il existe des espèces venimeuses et vénéneuses : la rascasse
volante, le poisson-pierre –invisible au milieu des rochers- l’anémone tropicale. Enfin l’aquarium
possède un centre d’étude et de soins de tortues marines, dont il présente
toute une collection.
Enfin une des vedettes de l’endroit ce sont
les requins : requins gris, requin à pointes noires, à pointes blanches,
requin taureau, requin nourrice. Tous ces prédateurs évoluent dans un aquarium qui s’étire sur deux étages
en compagnie du mérou tacheté, du
poisson-scie et de la raie pastenague américaine.
Pour terminer la visite nous arpentons la
serre abritant la forêt tropicale humide avec ses orchidées, ses grenadilles et
ses arbres géants, dissimulant de disgracieux poteaux de béton, dont les
philodendrons à fruits délicieux.
Après deux bonnes heures de visite nous
retrouvons les rues et les quais du Vieux-Port et notre hôtel la tête pleine de tours, de façades de
maisons des riches armateurs, et aussi
des merveilles que la nature nous a données à admirer dans ces bassins de l’Aquarium.
Jeanne Rogueda
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