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         Décembre 2006   73

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   Visites de Ré La Blanche et de Rochefort                                                                                                       

                                                                                               

                                                         La Blanche

 

 

Après avoir goûté la veille aux charmes et à la douceur de vivre de La Rochelle, nous avons tourné notre regard vers l’océan et consacré notre journée à la découverte de l’Ile de Ré caractérisée par ses longues plages bordées de dunes, par sa forêt de pins maritimes, ses petits ports et villages de charme aux maisons basses blanches et aux volets verts.

 

C’est la banlieue très recherchée de La Rochelle depuis que le pont construit en 1988 surplombant la mer à plus de 30 mètres de hauteur relie les insulaires au continent en quelques minutes. C’est l’île du vélo où tout un réseau de pistes cyclables permet aux adeptes de la bicyclette de découvrir des sites chargés d’histoire, une vie maritime intense, une végétation méditerranéenne typique d’un microclimat, une ostréiculture en plein essor sachant adapter ses méthodes de travail aux contraintes économiques modernes.

 

 

 

 

 

Après une visite du site portuaire de “ La Pallice ” essentiellement fondé sur le commerce des bois exotiques, Saint-Martin de Ré est une étape qui nous renvoie en 1681, année ou Vauban choisit d’y construire une citadelle de plan carré, avec un petit port retranché. Durant trois siècles, entre le XVIe siècle et le milieu du XIXe siècle, de nombreuses fortifications se sont élevées sur le littoral de la Charente-Maritime, pour se défendre d’un ennemi venant par mer provoquer de fratricides guerres de religion. Sous Napoléon III, les bagnards y seront regroupés avant d’être expédiés vers la Guyane dans des conditions inhumaines. Un retable situé dans l’église gothique flamboyant de Saint Martin de Ré nous rappelle que 1023 prêtres réfractaires furent enfermés dans la citadelle de 1798 à 1801 et que très peu survécurent à cette déportation.

 

En traversant tour à tour les communes de Le Bois-Plage, La Couarde, Ars, pour atteindre le phare des Baleines, on découvre une activité agricole prospère autour de la culture de la pomme de terre, labellisée A.O.C., de la vigne consacrée à la fabrication du pineau, de l’exploitation des salines bien moins importante qu’au XIXe siècle, mais qui reste active sur 350 ha produisant 2.500 tonnes de sel par an. Les Réthais sont des paysans de la mer rompus à des métiers très physiques, soucieux de conserver leurs traditions et leur patrimoine maritime d’une grande richesse. La visite d’une exploitation ostréicole nous a rappelé combien la culture de l’huître était une science complexe, pleine d’imprévus et de contraintes et qui reste le fruit d’un travail long et pénible pour obtenir un produit de qualité. 50 ostréiculteurs sont implantés sur l’Ile de Ré et sillonnent leur concession au rythme des marées pour faire perdurer une activité qui remonte, dans l’histoire de l’huître, à l’époque des Romains.

 

S’ajoute à ces visites, celle du Phare des Baleines construit en 1853 à la pointe Nord-Ouest de l’Ile. Certains ont gravi les 257 marches pour découvrir du haut de ses 50 mètres une ILE de RE entièrement tournée vers la mer et qui dégage le charme d’un grand havre de calme, de tranquillité en symbiose avec la nature maritime ou terrestre.

 

Cette visite restera marquée par la lumière blanche d’une belle journée consacrée à un retour sur le passé du littoral d’Aunis et à la découverte de traditions bien vivantes.

 

 

 

 

                                                                        

                                                                                    Jean-Louis PERROT

 

 

 

 

 

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Nous quittons notre hôtel de La Rochelle.

Après avoir longé le quartier de la ville-en- bois ainsi nommée à cause de ses maisons en bois. A la suite d’un incendie, ce quartier sur d’anciens marais a été réaménagé ; Ici cohabitent l’artisanat pour la plaisance, l’université et les musées.

A l’entrée de la baie, rive sud, se trouve le port de plaisance des Minimes, le plus important de l’Atlantique. Il peut accueillir jusqu’à 3.500 “quillards ”.

Nous continuons notre route en direction de Rochefort.

Rochefort doit sa naissance à Colbert. La rade de La Rochelle ainsi que les côtes atlantiques n’étaient pas assez protégées pour se défendre des incursions anglaises

Après prospections de ses “agents”, Colbert choisit de créer un port sur une boucle de la Charente   (Rochefort, alors, n’était qu’une modeste bourgade).

-Située à 15 Kms des côtes (distance protectrice suffisante pour l’époque)

-La Charente y est suffisamment profonde pour les navires, même à marée basse.

-L’embouchure est protégée par les îles de Ré, d’Aix, d’Oléron et par les promontoires de Fouras et Chapus.

 

L’arsenal

Il s’étendait le long de la Charente et il avait de multiples fonctions :

-Approvisionnement en matière première.

-Fabrication de tous les matériels en métaux (canons, clous, ancres…).

-Réalisation des cordages.

-Construction navale et entretien des navires.

L’arsenal d’abord en bois, fut reconstruit en pierre, sous l’intendant de navire Michel Bégon (qui donnera son nom à une plante tropicale : le Bégonia).

L’arsenal s’étendant le long de la Charente, permettait de construire et d’entretenir les navires de guerre grâce à des bassins de radoub, creusés à partir de la Charente. Ils permettaient aux navires de repartir sans problèmes.

Colbert fit appel à Vauban pour protéger l’arsenal.

 

C’est à Rochefort que La Fayette  embarqua pour la 2ème fois sur l’Hermione à destination de l’Amérique (21 mars 1780). Il participa à la guerre d’indépendance des Etats-Unis.

L’Hermione sombra le 20 septembre 1793 non loin du Croisic, suite à une erreur de navigation.

Actuellement, à titre pédagogique, on reconstruit à l’identique “l’Hermione, frégate de la liberté”.

 

La Corderie

En contrebas du jardin de la marine, dominant la Charente, s’étend l’ancienne Corderie Royale construite en 1668.

Parmi les bâtiments les plus remarquables de l’arsenal, la Corderie, est sans doute le plus impressionnant.

Cet édifice long de 390 m sur 8 m de large, construit sur un terrain marécageux. est ancré sur un radeau formé d’un quadrillage de madriers en chêne. L’ingénieur Nicolas Blondel l’a conçu avec une élégance classique.

Le rôle de la Corderie, consistait, à partir du chanvre, à fabriquer les cordes indispensables à la marine. Elle était en mesure de produire des cordages de 193 m de long.

Achevée en 1670, la Corderie fournit la marine jusqu’à la Révolution.

Très endommagée en 1944, (incendiée par les Allemands), elle fut sauvée de justesse par le contre-amiral Dupont. Elle a été reconstruite à l’identique.

Ce bâtiment classique est surmonté par un comble mansardé à ardoises bleues, percées de lucarnes à frontons.

Rare exemple de l’architecture industrielle du 17ème siècle.

 

Rochefort est aussi la patrie de Pierre Loti. Nous n’avons pas eu le temps de visiter sa maison

Parmi les hommes qui œuvrèrent  à Rochefort, Michel Bégon fut le promoteur qui permit à la ville de prendre son essor. Il obligea les habitants à construire les maisons en pierre, pava les rues, fonda en 1694 un hôpital pour les mousses orphelins.

Rochefort possède encore des rues pavées de pierres bleues du Québec.

En 1911 la ville est dotée d’une gare, d’un charme désuet avec ses céramiques en façade et sa structure métallique.

On dit de cette ville “d’apparence austère” que la seule ligne courbe  est la Charente.

 

 

En rejoignant La Rochelle pour prendre notre train, nous avons fait une petite incursion pour aller voir le dernier pont transbordeur du Martrou, encore en activité  et que nous avons pris avec un plaisir enfantin.

 

 

 

 

 

 

                                                                            

                                                                                    Micheline AZEMA