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   Septembre 2007   n° 75

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  Sommaire

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 Album photos                                 

                               REGION PROVENCE-ALPES-CÔTE DAZUR

 

                      SORTIE ANNUELLE DU 23 juin 2007 AU COEUR DU VAR A SAINT-RAPHAËL

 

                                               par Michel LE MOUËL

 

 

            Nous avions choisi pour la rencontre annuelle des anciens d' E.S.D. De visiter la ville de SAINT-RAPHAËL.

           C'est par un temps très agréable, avec un léger mistral, que nous nous sommes retrouvés dans cette station balnéaire.

 

            Notre rendez-vous étant fixé au Parking Bonaparte, dès notre arrivée nous avons visité le jardin Bonaparte :

 

-  le niveau supérieur du parking Bonaparte tire le meilleur parti de la situation dominante sur la baie et le vieux port, avec 20000 m2 de jardin. Sa partie centrale est aménagée comme un square public avec des aires de jeux pour les enfants, un patio agrémenté d'un bassin, une place conçue comme un amphithéâtre permettant l'organisation d'évènements et de manifestations culturelles.

 

            Ensuite notre groupe, ayant réservé un guide à l'Office du Tourisme, c'est une charmante jeune femme (Madame MARIEKE) qui nous fit visiter la ville : entre le village médiéval et la station balnéaire de la belle époque, mille ans d'histoire.

 

            Nous avons d'abord découvert les ruelles étroites et ombragées de la vielle ville que l'on appelait « quartier du village » c'était celui des paysans. Il s'y tient d'ailleurs chaque jour deux marchés aux fleurs et aux légumes, près du marché du bas, se trouve le restaurant la « BOUILLABAISSE » le créateur de la recette de la bouillabaisse (heureusement il n'y avait pas de Marseillais dans le groupe), et également le boulanger pâtissier « MIKA » créateur de la tarte tropézienne.

 

            Ensuite nous avons visité l'église SAN RAFEU appelée aussi église des templiers ou Saint Pierre, ainsi que le musée archéologique.

 

            L'ancienne église de Saint-Raphaël (SAN RAFEU en provençal) a donné naissance au village médiéval.

L'édifice est bien dédié à l'archange Raphaël, comme l'attestent plusieurs textes du XIè siècle ainsi qu'une pierre dédicatoire datée de 1261. La présence des Templiers n'a jamais pu être prouvée.

 

L'église médiévale San Rafeu 

Nous sommes montés en haut de la tour de guet du XIIIè siècle et nous avons découverts un panorama à 360° avec vue sur la baie de Fréjus-Saint-Raphaël, le massif des Maures, le massif de l'Esterel (le mont vinaigre et le pic de l'ours) et la ville de Saint-Raphaël.

Compte tenu du mistral la vue était parfaitement dégagée.

                                                                      L'EGLISE MEDIEVALE SAN RAFEU :                                              

                                Légende du plan de l'église médiévale de San Rafeu     plan de l'église médiévale San Rafeu     

                                                                        

            L'église romane, datée du XIIè siècle, est de plan en croix, constituée d'une nef à trois travées voûtées en berceau brisé, d'un transept flanqué d'une absidiole (2) au nord et d'une tour édifiée au XIIIè siècle au-dessus du bras de transept sud. L'abside (1) centrale semi-circulaire ornée d'arcatures (3) est voûtée d'un cul-de-four (10) nervuré. Cet édifice s'insère dans un ensemble fortifié d'époque médiévale, correspondant à une des résidences de l'évêque de Fréjus, dont les remparts, les meurtrières, les vestiges des tours sont encore visibles dans le jardin du musée.

 

            La crypte appartient à une construction du XIè siècle, chantier qui resta inachevé. A partir de ces volumes inférieurs, on peut observer les constructions antérieures qui illustrent les origines de la christianisation des campagnes.

 

            La première construction attribuable à l'antiquité, composée de deux bâtiments accolés, peut correspondre à un monument funéraire. Dans l'antiquité tardive on greffe un abside de plan quadrangulaire pour transformer l'espace en lieu de culte. Aux siècles suivants, cette abside est remplacée par une abside en fer à cheval, sans doute à l'époque carolingienne.

 

            En son centre est conservé un support d'autel maçonné comportant une croix latine formée par l'incrustation de tuiles.

 

            La période moderne n'entraînera pas de transformation importante. Seules des extensions du XVIIIè siècle affectent la travée occidentale, où une tribune est élevée. Trois caveaux sont installés au centre de l'église, ils fonctionneront jusqu'au début du XXè siècle, date à partir de laquelle les inhumations seront pratiquées exclusivement hors du bâtiment.

 

            L'église est classée Monument Historique en 1907. Elle sera rendue au culte quelques années avant de faire l'objet de dix années de fouilles et de restauration.

 

            Cette église se caractérise par la succession des lieux de culte et s'impose comme une illustration majeure de l'architecture chrétienne médiévale dans l'espace provençal.

 

LE MUSEE ARCHEOLOGIQUE

 

            Le presbytère abrite le musée d'archéologie sous-marine.

 

            Le musée conserve d'importantes collections issues des fouilles  subaquatiques réalisées vers Agay, Anthéor, le Dramont. Les navires antiques ont sombré à proximité des écueils, chargés d'amphores remplies de vin, d'huile ou de saumure, de céréales en sacs, de plats et vaisselles, de lingots de métal, de tuiles...

L'étude des céramiques de bord, de la charpenterie navale, des apparaux (4) du navire (ancres, plombs de sonde, pompe, anneaux de cargues...)(5) et (6) a permis aux archéologues sous marins de connaître ces premiers navigateurs qui sillonnaient la mer bien avant notre ère.

 

            Avec plus de trente épaves gallo-romaines et moyenâgeuses découvertes, la ville se place au premier rang par l'importance et la qualité de son patrimoine maritime antique.

 

            Le musée présente des objets singuliers, voire spectaculaires. On y admire la reconstitution d'un important chargement constitué de 75 amphores à vin du IIè siècle avant notre ère provenant de l'épave Dramont A, les pompes en bronze de l'épave Dramont D, la baignoire en terre cuite du site de la Chrétienne, les bols de l'épave des roches d'Aurelle, remontés par 72 m de profondeur, les jarres sarrasines, Agay A du XIè siècle, le canon en bronze d'un patrouilleur côtier du XVIIè siècle ... Y figure aussi une typologie des amphores, depuis les modèles grecs et étrusques (VIè  siècle av. J.C.) aux amphores républicaines italiques (III-I siècle av. J.C.), puis aux amphores espagnoles du haut empire (I-II ème siècle) et aux amphores africaines du bas empire (II-IIIème siècle);

 

 

LE  MUSEE  DE LA PREHISTOIRE

 

           Le musée présente des choppers (7), un biface (8), des céramiques modelées, un menhir gravé d'une figure humaine et d'un serpent, des parures de l'âge du bronze ainsi que des collections provenant du Nord Est du département comme les cinq crânes trépanés découverts dans un aven (9) du Haut Var.

 

NAPOLEON ET SAINT-RAPHAEL

 

           Après la visite du musée archéologique nous sommes passés par le cours Jean Bart ou un obélisque a été élevé, qui commémore le retour d'Egypte du jeune général Bonaparte « vainqueur des pyramides » il débarqua sur la plage portuaire le 17 vendémiaire an VIII (9 octobre 1799).

           Quinze ans plus tard, après la gloire, c'est l'exil. Le 28 avril 1814, Empereur déchu, Napoléon de cette même plage témoin de sa renommée naissante, s'embarqua pour l'Ile d'Elbe.

                                                                       

 

BASILIQUE NOTRE DAME DE LA VICTOIRE

 

           Notre guide nous a conduit jusqu'à la basilique classée « basilique mineure » le 14 janvier 2004.

 

           La construction de l'église Notre-Dame de la Victoire est liée à l'extension de la ville de Saint-Raphaël au XIXè siècle, à la transformation de la petite bourgade en cité touristique.  L'abbé Bernard, curé de la paroisse, en confie le projet à l'architecte Pierre Aublé, en 1883.

 

Son nom :

 

           L'église Notre-Dame de la Victoire est inaugurée le 14 avril 1887, puis consacrée le 14 avril 1888. L'édifice doit son titre à la protection que Notre Dame offrit aux Raphaëlois dans la bataille de Lépante, le 7 octobre 1571.

 

Son architecture :

 

           L'église Notre-Dame de la Victoire, d'une superficie totale de 950 m2, construite pour la plus grande part en grès rose de l'Estérel, a été édifiée dans le style « romano-byzantin », très en vogue à cette époque (le Sacré-Coeur de Paris, Lisieux, Saint Martin de Tours, Monaco et Notre-Dame de la Garde). Mais, hormis le dôme, typique des édifices de ce style (il donne à l'édifice une hauteur intérieure de 35 m !), l'église est surtout néo-romane. L'unique note orientale est donnée par la peinture de la voûte intérieure du choeur qui rappelle la décoration symbolique de la basilique Sainte-Sophie à Constantinople, mais aussi par les ouvertures de la nef, de type mauresque.

 

Ses vitraux :

 

           Ils ont été réalisés en 1954, 1960 et 1974 par Gabriel Loire et par son fils Jacques, maîtres verriers à Chartres. La technique de la dalle de verre sertie dans un ciment souple, a été préférée à celle plus traditionnelle, du verre de vitrail monté sur plomb :

 -  les vitraux du choeur (1954),

 -  les vitraux de la chapelle de la Sainte Vierge (1960),

 -  les vitraux de la chapelle de Saint-Joseph (1974),

 -  les vitraux de la basse nef (1978) (dominante bleu clair),

  - les vitraux de la haute nef (1978) (dominante bleu foncé).

 

Les grandes orgues de tribune :

 

           De dimensions initialement modestes, l'orgue, inauguré en même temps que l'église, avait été construit par la maison Merklin de Lyon, selon un principe de traction électrique, il a été remplacé en 1930 par un système pneumatique. Successivement entretenu ou réparé par Négrel, Dunant, Garcia, Paradis et Saby, il a été remplacé par un instrument neuf, de 3 claviers et 41 jeux (Manufacture Provençale d'orgues Yves Cabourdin) en 1987. Il comporte aujourd'hui 43 jeux.

  

Le dallage :

 

           Il porte la signature de l'architecte Pierre Aublé, sous la forme de marguerites. Il a été rénové à l'identique en décembre 2001, pour l'installation d'un chauffage par le sol.

      

La croix du sanctuaire :

 

           C'est une reproduction d'une croix byzantine du XIVè siècle montrant le Christ revêtu des ornements sacerdotaux qui a été choisie, afin d'être en concordance avec la spiritualité de l'architecte.

 

L'ambon :

 

           En harmonie avec l'autel, il a été réalisé par Jean-François Ferraton en 2005. Le sculpteur a choisi de représenter sur la face de l'ambon un arbre de vie, symbole apocalyptique du Christ. Le verre de la table de l'évangile exprime que Dieu parle en Jésus par transparence.

 

Le chemin de croix :

 

           De style néo-roman, naïf et populaire, réalisé en 1990 par Claude Gruer, il permet de refaire le chemin de la passion . De la condamnation à mort jusqu'à la mise au tombeau, ses 14 stations se suivent dans les nefs latérales.

 

Les fonts baptismaux :

 

           Ils se situent à l'entrée de l'église. La fresque réalisée en 1956 par Jean Fauchon, représente le baptême de Jésus par Jean-Baptiste.

 

L'autel, au centre du choeur :

 

           Il a été dessiné par le sculpteur Claude Gruer, suivant les lignes et proportions classiques de l'époque romane. L'autel majeur a été taillé dans du granit doré (provenant de la carrière de l'Etat d'Esperitos Santos au Chili) la pierre la plus dure qui soit, comme symbole de l'alliance éternelle du Père, dans le Fils, à travers l'église. Au-dessous de la table du sacrifice, pesant plus d'une tonne, se trouve un bas-relief représentant le Christ sous la figure de l'agneau immolé et entouré par les classiques symboles animaliers des quatre évangélistes. La consécration du nouvel autel a eu lieu en 1990 par Mgr Madec, évêque de Fréjus et Toulon.

 

Les piliers de l'église :

 

           Ils sont reliés entre eux et à l'allée centrale par les lignes rouges du dallage, ils soutiennent les arcs de style romano-byzantin. Au nombre de douze, ils séparent la nef principale des deux nefs latérales, ils portent chacun une croix de consécration.

 

L'Archange Raphaël et Tobie :

 

           Les statues au-dessus de l'autel représentent, d'une part, l'archange Raphaël, et d'autre part, Tobie, tenant le poisson qu'il vient de pécher. Leur histoire est racontée dans la bible, au livre de Tobie : au VIIIè siècle avant Jésus-Christ, Tobie est chargé par son père aveugle, d'aller au loin, régler une affaire de famille. Au cours de son long voyage, il est guidé par un homme, qui se révèle être l'archange Raphaël.

                                     

 

            Lorsque Tobie revient chez son père, il ramène le fiel d'un poisson et sur les conseils de son guide, en frotte les yeux de son père, qui recouvre ainsi la vue. Symbole de l'ange gardien, Raphaël nous montre, que Dieu n'abandonne jamais le juste. C'est la raison pour laquelle, les anciens décidèrent de lui dédier leur église et leur village. Saint-Raphaël trouve ici son origine.

 

LA LEGENDE DU LION DE MER ET DE TERRE

          

           En sortant de la basilique nous nous retrouvons face à la mer avec une vue sur deux îlots le « lion de mer » et le « lion de terre » et notre hôtesse termine la visite par la LEGENDE DU LION DE MER ET DE TERRE.

 

           Il était une fois une belle princesse qui fut endormie contre son gré  par sa belle-mère, jalouse de sa beauté. Celle-ci la transporta sur un bateau et l'envoya à la dérive.

 

           Le vent poussa l'embarcation jusqu'au rivage de Saint-Raphaël, où un beau jeune prince, se promenant sur la plage, vît arriver le bateau.  Curieux, il regarda à travers sa longue-vue et aperçut la princesse dont il tomba follement amoureux. Il embarqua alors sur une petite barque pour la rejoindre.

 

           Mais Amphitrite, l'une des Néréides et femme de Poséidon, amoureuse du jeune homme, si beau et si charmant, envoya deux monstres marins à corps de crocodile et à tête de lion sur le bateau de la princesse pour qu'elle se noie. Heureusement... Poséidon, Dieu suprême des mers et des océans, se réveilla à ce moment et voyant la situation, eut pitié des deux humains et pétrifia les monstres qui sont donc aujourd'hui le lion de mer et le lion de terre.

 

           Attention, chers baigneurs, à ne pas mettre Poséidon en colère, de peur qu'il ne redonne vie aux deux monstres !!!

 

LE RESTAURANT

 

           Après cette visite de la ville nous rejoignons le restaurant « François 1er » situé à proximité de la plage du Veillat et c'est dans une ambiance très conviviale que nous avons déjeuné, des produits du marché.

  

LE PORT DE SANTA LUCIA

 

           Après déjeuner nous nous dirigeons vers le port de Santa Lucia, accessible à pied depuis le centre ville, Santa Lucia est le 3ème port de plaisance de la Côte d'Azur (1600 anneaux).

 

           C'est un point de départ idéal pour les côtes méditerranéennes, la Corse, l'Italie.

 

           Nous avons flanés avec plaisir sur les deux kilomètres de quais, nous sommes passés à proximité du palais des congrès et du chantier naval pour rejoindre le sentier du littoral.

 

LA CORNICHE D'OR

 

           Le sentier du littoral serpente entre la mer et le massif de l'Estérel. La corniche d'or taillée dans la roche relie Saint-Raphaël à Cannes et fut ouverte en 1903 par le Touring Club de France. Elle surplombe des fonds marins d'une transparence extraordinaire.

 

           Le massif de l'Estérel est un massif volcanique de 32000 hectares dont 14000 sont classés. Son étonnante couleur rouge, qui change à chaque heure du jour est liée à la rhyolithe ou porphyre rouge, roche volcanique de l'ère primaire.

 

           Suivant la lumière la roche devient rouge dorée d'où le nom de corniche d'or.

 

           Compte tenu que les participants n'étaient pas chaussés pour aborder le sentier du littoral nous avons dû arrêter notre promenade.

 

LA SEPARATION

 

           Après cette agréable journée et après le pot de l'amitié, nous nous sommes séparés en espérant avoir le plaisir de se réunir à nouveau en 2008.

 

 

LEXIQUE :

 

(1) Abside (nf)         :          Partie de l'église généralement semi-circulaire qui se trouve derrière le choeur.

 

(2) Absidiole (nf)     :          Petite chapelle flanquant l'abside.

 

(3) Arcature (nf)      :          Série de petites arcades décoratives réelles ou simulées (aveugles).

 

(4) Apparaux (nm)  :          Matériels destinés à des manoeuvres de force sur un bateau. Apparaux de mouillage de remorquage.

 

(5) Cargue (nf)         :          Cordage servant à carguer les voiles.

 

(6) Carguer   :                      Serrer les voiles contre le mât au moyen de cordes.

 

(7) Choppers           :          Au paléolithique, il y a un million d'années l'Homo habilis taille les premières pierres : choppers

 

(8) Biface (nm)        :           L'Homo erectus et l'homme de Néandestal développent la technique ils débitent le rhyolite et le quartz,                                         fabriquent des bifaces (voir abbevillien)*

 

(9) Aven                    :          Puits naturel creusé par les eaux d'infiltration (gouffre).

 

(10) cul-de-four                  Voûte formée d'une demie coupole

 

* Abbevillien : se dit d'un type d'industrie du paléolithique ancien,  caractérisé par des silex grossièrement taillés sur deux faces, en forme d'amande.

Quelques photos de notre voyage au cœur  du Var à Saint Raphaël le 23 juin 2007

                                    

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                                        Et pour vous régaler, quelques recettes  (cliquer sur l'image pur l'agrandir, plein écran par la touche F11)