INTRODUCTION AU MUSÉE DU QUAI BRANLY -
Musée des Arts Premiers -
Visite du 29 mars 2007
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Le Monde Océanien : La Nouvelle Guinée - La Papouasie - Les Abelam - Les Asmat - Le Vanuatu Le Continent Africain : Les Dogon du Mali - Les Nkisi du Congo et Les Bamiléké du Cameroun Déjeuner, architecture du 7ème et la "photo de famille" |

« La création du musée du quai Branly est née d’une volonté politique : rendre justice aux cultures extra-européennes.
Il s’agissait de reconnaître la place
qu’occupent leurs expressions artistiques dans notre héritage ; de
reconnaître aussi notre dette à l’égard des sociétés qui les ont produites (…).
Il s’agissait, en rompant avec une longue histoire de mépris, de donner leur
juste place à des arts et des civilisations trop longtemps ignorés ou méconnus. »
Jacques CHIRAC
Président
de
Parce que
non conventionnel, le Musée du Quai Branly est difficile à appréhender. C’est
pour cela qu’il nous a paru utile d’assister nos collègues présents le 29 mars
et d’initier les absents en reproduisant in extenso la plupart des commentaires
de notre conférencière qui a su en une heure et demie nous faire découvrir un
univers que nous ne soupçonnions même pas.
Roger RULENCE
Président de l’AAESD
« Nous venons de monter une rampe blanche de
Revenons à la genèse
de ce musée. Les choses commencent en 1995 sur la volonté de Jacques CHIRAC. C‘est lui qui a
vraiment tenu à ce qu’il y ait un musée pour ces Cultures d’Afrique, d’Océanie, d’Asie et d’Amérique et évidemment,
en homme politique avisé qu’il est, il savait très bien que construire un
musée, prend énormément de temps. Comme il voulait déjà marquer ce projet de
son empreinte avant le concours d’architecture, il a demandé à ce que les
objets soient exposés au sein du PAVILLON
DES SESSIONS du Musée du Louvre. Le Louvre forme un grand U et à l’une des
extrémités, côté Tuileries et côté Seine, se trouve un espace consacré aux
chefs d’œuvres des arts africains, océaniens, d’Asie et des Amériques.
Cela fut extrêmement important. Pourquoi ?
Je ne sais pas si vous avez déjà visité les lieux. La
présentation est très esthétique, une œuvre dans chaque vitrine en privilégiant
les lignes extrêmement épurées, dans un éclairage bien adapté. On privilégie
l’ordre esthétique parce que jusqu’à présent ces œuvres étaient présentées dans
des musées d’ethnographie. Où se trouvaient donc auparavant les œuvres rassemblées
ici ? Elles étaient au Musée de
l’Homme, au Musée des arts d’Afrique et d’Océanie, Porte Dorée ; puis il
y eut des dons, des acquisitions, etc. C’était
un premier pas vers un autre regard sur ces collections et le fait de dire "regardez ces œuvres, elles sont aussi belles et à mettre
sur le même plan que les œuvres de
Léonard, Delacroix, Pérugin que possède Le Louvre" était un message de départ primordial puisque ce musée du
Quai Branly va résulter de cette double
orientation, à la fois un musée
esthétique et à la fois un musée
d’ethnographie reprenant le contexte des œuvres.
La volonté de Jacques
Chirac s’est donc manifestée au Louvre et, point intéressant, ce qui n’était
envisagé que comme une exposition temporaire va finalement persister. La visite
du Louvre se complète ainsi parfaitement avec la visite du Quai Branly. Au
Louvre ne se trouvent que des chefs d’œuvre, des pièces absolument majeures.
Pendant ce temps-là, un concours international est organisé.
Y participent 14 architectes de renommée internationale. Le jury est composé à
la fois de conservateurs, d’architectes, etc. qui vont sélectionner l’un des
projets. C’est celui de l’’architecte
Jean NOUVEL qui a été choisi pour la réalisation de ce musée. Pourquoi
l’a-t-on choisi ? C’est un architecte de renommée internationale. Il a travaillé
dans le monde entier, réalisé des extensions de musées en Espagne.
A Paris, il a déjà conçu et réalisé deux institutions
culturelles :
-
l’Institut du
Monde Arabe de 1981 à 1987 et,
-
la Fondation
Cartier en 1994 où il y avait déjà un mur végétal.
Donc un homme qui avait une solide expérience.

Le projet en lui-même s’insérait parfaitement dans un
environnement fort. Nous sommes tout près de
A l’intérieur, nous nous trouvons maintenant sur le plateau
des collections (par opposition aux autres bâtiments aperçus de l’extérieur,
bâtiments annexes où nous n’irons pas). Le schéma est simple : une couleur
par département : Océanie – Afrique – Asie - Amérique et un chemin de
circulation entre les espaces.
L’idéal serait de consacrer une visite par département car,
le musée est très riche : 35.000
œuvres présentées (sur 350.000 que le musée possède en tout).
Aucune des
œuvres que vous voyez ici n’était au départ destinée ni à être admirée par nous
ni à être conservée. Nous ne sommes pas initiés.

Et vous avez sans doute vu cette multitude de boites
colorées qui sortent de ce plateau des collections (voir photo au début), une
originalité du projet de Jean Nouvel. Ces boîtes sont des espaces un peu secrets dans lesquels
on va regarder ces œuvres dans la pénombre pour bien montrer que, normalement, on
ne devrait pas les voir.
Une multitude de boites colorées

Vue
intérieure :
Exemple de
présentation des objets dans une atmosphère de pénombre
En sortant, vous regarderez les plafonds et les encadrements
de fenêtres rue de l’Université. Vous découvrirez que les façades et plafonds ont
été offerts à la libre expression de peintres aborigènes contemporains qui ont
ainsi participé au projet de Jean Nouvel. Cela, il était le seul à le proposer.


Rue de l’Université un bâtiment dont l’architecture
de verre et de pierre a été décorée (façade et plafonds) par huit artistes
aborigènes australiens pour y créer à la demande de Jean Nouvel des œuvres
originales en harmonie avec l’architecture.
Vous êtes rue de l’Université, vous passez par le jardin sans forcément entrer. Ce
n’est pas un musée "sacralisé en haut de la colline", c’est vraiment
quelque chose où on peut aller et venir.




Ci-dessus :
Quelques vues du jardin et du mur végétal
Et maintenant, je vous présente un échantillon d’œuvres des
mondes océanien et africain. Il est évident qu’il m’est impossible de vous présenter
les 35.000 œuvres que comportent les collections. J’ai donc fait un
choix et puis, on ne sait jamais, on reviendra peut-être compléter la
visite.
Pour aborder le monde Océanien il convient de considérer 3
zones :
v
Vient ensuite le monde Micronésien, qui est comme
son nom l’indique, un ensemble de petites îles. On y trouve très peu de
manifestations artistiques et nous ne l’étudierons pas aujourd’hui.
v
Il y a enfin l’arc Polynésien sur lequel, pris par le temps, nous ne nous
attarderons pas car le système social et le fonctionnement social de ces
sociétés sont très différents du monde Mélanésien et leurs productions
artistiques sont très différentes également. Ces populations ont un système de
pensée différent et une religion différente.
Partons maintenant pour la Nouvelle Guinée, Papouasie.
Un
concept important est la maison des
hommes. Elle est très importante, un peu comme la Mairie. Il y a des
groupes humains qui ont leur propre maison familiale mais pour chaque clan, il
y a une maison des hommes. Cette maison des hommes est réservée aux initiés. Les femmes n’avaient pas de pouvoir. Uniquement
des rôles subalternes. C’est une maison très simple avec une aire dégagée
devant, un rez-de-chaussée sur pilotis et un premier étage. Les hommes se réunissent
au rez-de-chaussée. Chaque homme sait parfaitement où il doit s’asseoir en
fonction de son degré d’initiation. Ils y prennent certains repas mais vont
surtout décider de certaines entreprises,
départ à la chasse, à la pèche. Ils vont décider des guerres qui peuvent engager
la communauté et, de manière générale, de tout ce qui va mobiliser la communauté.
Vous avez ici un élément important de la
maison des hommes c’est un pilier de
maison. Exemple de
pilier de maison
Très vite, quand on commence une visite, on se pose une question.
De quand date cette œuvre ? Nous ne disposons pas de dates précises mais seulement de quelques indices. Personne
ne le sait de façon plus précise.
Beaucoup de ces objets ont été ramenés par des navigateurs,
des explorateurs fin 18 et 19ème siècles. Ils les ont rapportés sans
s’occuper de datation.
Dans les vitrines on a ce qu’on appelle des « crochets ».
Dans les vitrines, nous voyons des « crochets ».
On trouvait ces crochets
dans la maison des hommes parfois au 1er étage où étaient
entreposés des objets symboliques que les autres personnes de la communauté ne
devaient pas connaître. Ces objets ont été ramenés en Europe à la fin du 19eme
siècle. La date de création est probablement peu antérieure mais il est
impossible d’en savoir plus.
Il est peu probable que ces objets soient de beaucoup antérieurs à
la date de leur arrivée en Europe car ils étaient fabriqués et utilisés par le
groupe qui vivait là à cette époque et n’étaient pas destinés à être conservés.
Ci-contre :
un exemple de crochet
La culture de
la conservation, c’est chez nous. Pas chez eux.
Nous sommes toujours
en Nouvelle Guinée et nous partons chez la population des ABELAM.

Regardons ces masques
à igname. L’igname, c’est un tubercule, une sorte de pomme de terre. C’est
un féculent. Cette population en consomme régulièrement. C’est un aliment de
base et il existe des masques à igname. Il y a des masques pour petits ignames
qu’on disposait sur des ignames directement et d’autres qui étaient portés par
des hommes initiés pour le rituel autour de l’igname. Le but du jeu, il est
facile pour nous de le comprendre, c’est d’assurer
la récolte et d’assurer la survie du groupe.
Ci-contre et page
suivante :
Trois exemples
de masques à igname Abelam

Masques Abelam
Au delà des choses faciles à comprendre je vais dire que regarder très sagement les objets dans la
vitrine est un non-sens total. Pourquoi ? Parce que ces masques, la
plupart du temps n’étaient pas destinés à être conservés. On aura peut-être mis
un an à concevoir un masque, à chercher une plume, des couleurs spécifiques, à
le travailler. On pourrait passer énormément de temps et d’énergie à fabriquer
un masque sans pour autant accorder de l’importance à ce masque. Mais une fois
la cérémonie terminée, on le jette. C’est
un art éphémère, un art où la notion de chef d’œuvre unique n’existe pas.
C’est nous qui l’avons inventée. Par ailleurs, ces objets ne sont pas signés
parce que l’art est considéré comme une pratique accessible à tous. En réalité,
il y a évidemment des gens plus doués que d’autres mais vous ne verrez jamais
de signature sur ces masques.
Il faut vraiment que vous preniez tous conscience que ce que
vous voyez ici n’est qu’un fragment isolé
d’un très vaste ensemble.
Imaginez que nous allions tous sur la planète Mars pendant
10 ans oubliant tout ce que nous savions, toute notre culture. Puis on revient sur
la planète Terre.
Imaginez, autre exemple, une personne qui n’a pas la moindre
idée de ce qu’est un opéra. Elle n’en a jamais vu, jamais entendu parler, elle ne
connaît pas les grands auteurs classiques. A cette personne, on montre un
costume d’opéra ; rien d’autre, juste un costume. Quelle idée se
fera-t-elle de l’opéra ?
Parce qu’un masque ne prend sa signification que quand il
est en mouvement avec une danse, une chorégraphie, de la musique et c’est pour vous
faire comprendre cela que se trouvent autour de vous des dispositifs
multimédias. Pour compléter la visite, il est indispensable de regarder des
photos d’ensemble avec des masques en cours d’utilisation, des films avec la
musique, et tout le contexte. Ici, vous ne voyez qu’un seul élément de rituel HORS
de ses relations intra-communautaires.
Ci-contre exemple de poteaux BISJ
sculptés dans un tronc d’arbre, reprenant les emblèmes du clan et dont la
partie supérieure évoque un phallus.
Le
poteau sera placé à coté de la maison des hommes puisque c’est le lieu des
cérémonies. Après la cérémonie, on va partir à la guerre. Juste avant on va
s’équiper un peu et notamment de boucliers
(photo ci-dessous).
Je
voudrais que l’on regarde le motif rouge.
Du fait que ce motif avec ses petites pattes suspendues représente une chauve-souris, on l’appelle la
"roussette". Chez les ASMAT les petits enfants descendent des
arbres et les fruits des arbres ce sont donc des têtes. Or la roussette aime
les fruits de l’arbre. Elle s’en nourrit. On comprend donc la métaphore : si
nous représentons la roussette sur notre bouclier, elle va nous aider à manger
des têtes puisque nous allons à la chasse aux têtes.
Ce bouclier
est dans un premier temps une protection physique au coup de lances de nos
ennemis et également une protection surnaturelle grâce au motif qui sont
représentés sur le bouclier. Nous faisons aussi appel à nos ancêtres
prestigieux qui vont nous aider à combattre l’ennemi. Et on peut imaginer, si
on a une centaine de boucliers comme ceux-là qui s’agitent devant vous, le
visuel est assez fort et cela peut aider.
Océanie
: Parure de guerre Asmat (Papouasie - Nouvelle Guinée, XXe siècle)
Ce bouclier immense, taillé dans une
racine de palétuvier, protège le guerrier Asmat (ouest de la Papouasie-Nouvelle
Guinée), dans sa chasse aux têtes ennemies. Il date du milieu du XXe siècle. La
couleur blanche du fond renvoie au sacré, les motifs rouges représentent des roussettes, petites chauve-souris
symboles de mort.
Comment
faire pour devenir un BIG MAN ? Il va falloir organiser des cérémonies où vous allez sacrifier des cochons. Pour
cela, il faut avoir de l’argent. Il faut aussi être très persuasif pour
embaucher beaucoup d’aides agricoles pour vous aider à élever tous ces cochons.
Le but est de récupérer de belles dents
de cochon. Plus vous avez de belles dents de cochon et plus vous allez
grimper dans la hiérarchie du VANUATU. Ce qu’il faut aussi savoir (et c’est
aussi vrai en Afrique) c’est qu’en parallèle à la société des Vivants il y a
souvent une société secrète et vous
progressez dans les deux sociétés. Lors des cérémonies secrètes au sein des sociétés
secrètes les plus grands chefs vont rejouer
les mythes de leurs ancêtres grâce à ces petites marionnettes qui vont
servir à leur mise en scène. Ils vont donc les peindre avec des motifs
claniques, des motifs chers à l’identification de la personne par rapport à son
clan. Vous disposez de belles dents pour montrer
que vous êtes quelqu’un d’important dans le groupe.
Donc vous avez réussi à être un BIG MAN.
Exemple de marionnette VANUATU avec
dents de cochon :
Mais
un jour vous mourrez. On va vous enterrer et quelques jours après on va
déterrer votre tête et on va en faire un mannequin funéraire qui s’appelle un "RAMBARAMP". C’est ce que nous
avons dans cette vitrine. Un RAMBARAMP, c’est un mannequin qui aura donc de
vrais os ou des factices en bois pour faire le mannequin et votre crâne moulé
avec une pâte végétale, dans lequel on insère des motifs claniques et également
les plus belles dents de cochon que vous avez acquises tout au long de votre
vie. Cela est conservé dans un enclos spécifique pour les grandes communautés
ou au premier étage de la maison des hommes.
Ci-contre : Exemple de
Rambaramp Vanuatu
Beaucoup de matériaux naturels en Océanie comme le bois, les
fibres, des choses assez simples. En Afrique on trouvera des technologies plus
complexes, mais, vu le temps imparti, en ce qui nous concerne, ce sera pour une
autre fois.
Nous partons pour l’instant pour l’AUSTRALIE.
Le Monde Australien
La découverte de l’Australie s’est faite par le Sud. Le
centre est assez aride, voire désertique. Là, peu de manifestations artistiques.
Par contre sur le littoral nord on
trouve beaucoup d’expressions artistiques et notamment de la part des Aborigènes d’Australie. Nous allons
aborder ici un concept quasiment philosophique et très intéressant, un système
de pensée qui mérite de s’y arrêter un instant car nous ne fonctionnons pas du
tout de la même façon.
Une
des caractéristiques de ces PEINTURES
SUR ÉCORCES, c’est que les aborigènes représentent
l’intérieur du corps. C’est comme si le corps était radiographié. On
l’appelle "le style aux rayons X"
et ensuite les motifs des hachures, on appelle cela des "RARRKS", ce sont des symboles de pouvoir Puisque ces
écorces sont chargées d’une histoire émotionnellement très importante. Ils ont été ramenés dans les
années 60 et on va voir l’évolution des DREAMINGS.



Ci-dessus :
quelques exemples de peintures sur écorces.
Ci-dessous : peintures de style
dit « aux rayons X » où les organes internes sont visibles:

Les Européens
vont être fascinés par ces œuvres. Dans les années 70 où l’abstraction est à la
mode, et aujourd’hui encore dans une galerie d’art contemporaine, dans une
foire internationale d’art contemporain, il y a toujours une section sur la
peinture aborigène et cela vaut une fortune.
v
Une production réservée aux Aborigènes qui correspond à la réactivation de leurs propres mythes.
Cette production, nous n’y avons pas accès. Elle leur est réservée.
v
Et une autre production réservée aux Occidentaux qui ne va pas raconter les mythes. Elle va simplement
relater les traces, les itinéraires laissés par les êtres primitifs et ce qui
nous entoure ici.
Nous prenons maintenant l’avion. Nous traversons l’Asie mais pas d’escale et nous arrivons en AFRIQUE.

Par contre à la différence de l’Océanie il y a en Afrique des
cultures où des objets sont très
anciens. On peut en voir notamment au Louvre. La culture NOK du NIGERIA, par exemple est très
ancienne, elle date du 1er
millénaire avant Jésus-Christ.
(Photo ci-contre).
C’est
un territoire exploité par la mission Dakar-Djibouti.
Nous sommes ici devant des masques qui interviennent lors de
la cérémonie de levée de deuil que
l’on appelle le DAMA. C’est un peu
comme en Océanie : lorsque survient la mort d’une personnalité importante au sein
de la communauté, on ne considère pas cela tout à fait naturel et l’on estime
qu’il faut apaiser l’esprit du mort
en organisant une grande cérémonie qui va mobiliser tous les gens de la
communauté. Plus de 200 danseurs interviennent au cours de cette cérémonie. Les
femmes préparent toute la nourriture et on va réaliser des masques spécifiques.
Sur les 3 écrans de télévision vous pouvez suivre
l’évolution de la cérémonie en 1930, en 1970 puis en 2000.
Chez les Dogon, pour
guider les morts vers le monde des ancêtres, il est indispensable d'exhiber
jusqu'à 400 masques à l'occasion du rituel exécuté tous les 5 ans qui rend
hommage aux morts (Dama).

Autres
exemples de masques Dogon du Mali
Ces effigies
d’ancêtres surmontaient les coffres-reliquaires familiaux renfermant les crânes
des notables défunts.
Punu Gabon
Fang Gabon Fang Gabon Fang Cameroun

L’importance de la métallurgie dans les traditions de
l’Afrique équatoriale est révélée par la diversité des artefacts traditionnels
de fer, cuivre ou laiton et par la place éminente du forgeron au sein des
villages.

Ces hommes et ces civilisations ont fasciné BRAQUE, PICASSO, DERAIN lorsqu’ils ont
découvert ces œuvres au début du 20ème siècle. Ils ont été fasciné
par le coté primitif qu’ils y trouvaient.
Picasso
Portrait de
1907. Début du cubisme très inspiré de l’Afrique après la grande exposition
d’art africain à Paris en 1906
Nous allons imaginer que nous sommes au CONGO et que nous avons un problème quel qu’il soit, problème de santé, problème avec votre conjoint,
vos voisins n’importe quel problème mais vous avez un souci. Vous allez voir le
devin-guérisseur du groupe qui s’appelle le NGANGA. Celui-ci a été dans la forêt, il a reçu les esprits de la
brousse et il connaît d’innombrables choses. Il est un livre médical, un livre
à lui tout seul. Il connaît toutes les plantes médicinales, donc il connaît toutes
sortes de remèdes. Vous vous adressez donc au NGANGA qui a le NKISI, qui est
donc le réceptacle des esprits de la brousse. Vous allez le consulter
et lui exposez votre problème. Le NGANGA va utiliser un clou. Il va faire une
invocation buccale en léchant le clou et il va poser la question. Ensuite il va
le planter dans le NKISI. Dans le nombril du NKISI se trouve toujours une
ouverture dans laquelle on peut conserver des morceaux de chair végétale ou
animale, des poils qui seront utilisés pour résoudre votre problème.
Les utilisations du NKISI sont en réalité plus vastes que ce
qui est exposé ci-dessus mais toujours pour faire intervenir un esprit. Le même
NKISI est utilisé de nombreuses fois et se trouve donc hérissé de clous. Les
modèles sont divers.

Deux Exemples
de « Nkisi » l’un anthropomorphe, l’autre animal tous deux
plantés de clous ; utilisés pour identifier les causes de malheurs divers,
provoquer une maladie mais aussi en constituer le remède. Pouvoirs illimités.
Nous terminons avec une femme. Observons la sculpture (ci-dessous). Elle fait partie des BAMILÉKÉ, population du royaume du CAMEROUN. Que voyons-nous ?

Une femme est assise
sur un petit siège. Vous savez
qu’en Afrique on prend ses repas par terre. Donc si elle a un petit siège, il
s’agit en fait d’un petit trône, et c’est
forcément une personne importante. Elle est recouverte de perles. Les perles sont un témoignage des échanges, des trocs avec
les occidentaux. On imagine donc que cette personne faisait du commerce ce qui
implique qu’elle avait certains moyens.
La partie supérieure de sa coiffe est entourée de coquillages
qu’on appelle des CAURIS. Les CAURIS
sont très importants chez les BAMILÉKÉ car ils sont un symbole de fertilité, une allusion au sexe féminin.
Elle porte une coupe et a des motifs claniques sur tout le
corps.
Cette
sculpture représente une reine.
Le musée nous ayant creusé l’appétit, c’est avec plaisir que nous nous sommes retrouvés à la Brasserie
« Le Beaupré » pour un déjeuner.
Myriam Doncoeur qui devait, l’après-midi, nous faire visiter le quartier,
nous a rejoints pour le café.
Nous avons donc découvert l’architecture de cette partie du
7e arrondissement dans lequel se situe le musée et notamment de splendides
immeubles de style art nouveau construits au début du XXe siècle par
l’architecte Lavirotte, un concurrent de Guimard. Nous vous en donnons
ci-dessous quelques exemples.


Nous
avons profité de traverser le champ de Mars pour, avant de nous séparer,
immortaliser notre journée par la désormais classique « photo de
famille ».
