ALEXANDRE TOURTCHANINOFF,
LE FONDATEUR DE CONTRÔLE ET
APPLICATIONS
Tout jeune militaire, il est
envoyé en France, en 1914, avec le contingent Russe symbolique envoyé par le
Tsar. N’étant pas retourné dans son pays après la révolution de 1917, il devient
"Russe Blanc" pour les bolcheviks. Il fonde une famille française en
épousant une normande.
Pendant plusieurs années il
est sans nouvelle de sa famille restée en Russie. Lorsqu’il apprend que sa mère
vit encore, il lui fait parvenir force colis. Citoyen Français, il obtient
enfin un visa l’autorisant à se rendre auprès d’elle. Il revient de se voyage
tant désiré, regrettant de ne de pouvoir faire sortir sa mère d’URSS et
dégoûté, sans un peu de cette terre russe qu’il s’était promis de ramener en disant
"terre russe vaut pas la peine".
Il savait fort bien utiliser
sa soi-disant mauvaise connaissance du français pour se donner un long temps de
réflexion lors des négociations ainsi que de sa savoureuse façon de s’exprimer
pour charmer ses interlocuteurs. Ainsi lors d’une importante réunion chez
FOSTER WHEELER à laquelle participaient le bailleur de procédé américain, le
maître d’œuvre, les entreprises engagées dans le contrat et l’engineering, par
courtoisie envers les visiteurs américains, il a été proposé par le responsable
de la réunion que celle-ci se déroule en langue anglaise en demandant l’accord
des participants. Tout le monde autour de la table donne son accord sauf le
plus âgé, Alexandre Tourtchaninoff qui lève la main et dit :"moi,
parler seulement français".
C’est à la raffinerie ESSO de
PORT-JERÔME qu’Alexandre Tourtchaninoff s’est forgé une réputation en
pénétrant, lors des arrêts dans les fours d’unités qu’on venait d’éteindre,
avant qu’ils aient atteint la température prescrite pour autoriser une
intervention humaine. Ses exploits permettaient de gagner de 12 à 24 heures sur
le temps d’immobilisation des fours, donc des unités concernées.
Juste après la guerre, toutes
les raffineries étaient à reconstruire. Il joint la C.F.R. où il se fait
apprécier par le Directeur de la Construction par son dévouement, ses exploits
et ses capacités. Ayant manifesté auprès de la Direction Générale de la C.F.R.
son souhait de travailler à son propre compte pour les travaux de construction
en Instrumentation, il lui a été conseillé de conservé son statut d’ingénieur
de la C.F.R. et de présenter une entreprise à qui ces travaux pourraient être
confiés. IL a alors présenté Monsieur Bazenet qui avait créé la société COMSIP
qui n’était pas une entreprise de montage mais un fabricant de matériel destiné
à l’industrie pétrolière : (Construction
d’Outillage et Matériel Spécialisé pour
l’Industrie Pétrolière). Au bout de quelques années, un désaccord entre
Alexandre Tourtchaninoff et Bazenet étant survenu, une séparation entre les 2
partenaires a été décidée. Alexandre Tourtchaninoff obtient alors de la CFR
l’accord pour création de sa propre entreprise.
L’entreprise "ETABLISSEMENTS
TOURTCHANINOFF"est née. Elle prendra un peu plus tard le nom de
"CONTRÔLE ET APPLICATIONS".
Maurice Compain (texte rapporté par André MARC)