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            SEPTEMBRE 2008   78

Sommaire

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COMPTE-RENDU DE NOTRE SORTIE

du Mardi 1er Avril 2008 à

l’exposition VLAMINCK au Musée du Luxembourg

puis Visite du Jardin du Luxembourg

 

20 personnes ( le maximum autorisé par le musée) étaient présentes ce matin-là :

Mmes Burillo, Devant, Faucheux, Foutelet, Etinzon, Maltère, Nottellet, Ronzière

MM. et Mmes Rogueda, Monmouton, Demey, Rulence et Jacqueline Mareix,

MM . Duvert, Dutheil, Le Liboux, Debeuré ,

 

2 personnes se sont jointes à nous pour le déjeuner et le programme de l’après-midi :

Mme Chevallier avec une amie

 

Je voudrais tout d’abord demander à toutes les personnes qui ont participé à cette journée de bien vouloir m’excuser pour l’erreur d’horaire du matin et pour avoir omis de la rectifier par téléphone la veille de la sortie comme j’aurais dû le faire. Je ferai de mon mieux pour que cela ne se renouvelle pas.

 

Entrons maintenant dans le vif du sujet et commençons par faire connaissance avec notre guide : Mlle Stéphanie Roux , agréable jeune femme, diplômée de

l’Ecole du Louvre, professeur d’histoire de l’art et guide conférencière spécialisée dans les XIXe et XXe Siècles. Elle saura aller à l’essentiel, sans délayage inutile, tout en nous faisant bien comprendre ce que nous voyons et sans oublier de « réveiller » de temps à autre le groupe par une question.

 

Qui était Maurice de Vlaminck ?    

 

Ce n’est pas un noble. Le « de » est dû à ses origines hollandaises.

 

Il naît le 4 Avril 1876 à Paris de parents professeurs de musique. Quelques années plus tard, la famille s’installe au Vésinet où il grandit. Il étudie le violon pour lequel il n’a pas grand goût. Il a 17 ans lorsque sa famille déménage à Chatou. A l’âge de 20 ans il se marie et s’installe à Nanterre. Il donne des cours de violon. Du genre débrouillard et très sportif, il s’illustre dans des matchs de boxe, des courses de vélo ainsi que des régates, qui lui constituent un petit complément de revenu.

 

Vlaminck est un autodidacte. Il n’a aucune formation de peinture, si ce n’est la fréquentation des musées et l’observation des toiles de maîtres. De son propre aveu il voulait peindre ce qu’il ressentait.

         

 

 

 

 

 

 

 

 

Autoportrait 1911

 

« Je peignais en balbutiant. [...] Il me semblait que l’eau, le ciel, les nuages, les arbres, savaient le bonheur qu’ils me procuraient » écrira-t-il en 1929.

   

C’est en 1900 qu’il rencontre André Derain (1880 - 1954).Ils travaillent ensemble et louent un atelier dans l’île de Chatou. Pendant son service militaire, Vlaminck   entretient une correspondance avec Derain (il écrira beaucoup toute sa vie durant) puis revient à Chatou et retrouve son ami.   C’est en 1905 qu’il expose pour la première fois au salon des Indépendants, sur les conseils de Matisse. Il y exposera jusqu’en 1912. Au cours de cette période il découvre Collioure avec Derain toujours.

 

En 1907 le célèbre marchand d’art Kahnweiler (c’est lui qui s’occupe de Picasso et Braque, puis Derain) s’intéresse à lui. En 1913 il signe un contrat d’exclusivité avec lui. C’est à partir de ce moment que Vlaminck peut vivre de sa peinture.

 

En 1914 éclate la guerre ; Vlaminck est mobilisé (Derain et bien d’autres artistes aussi) alors qu’il est déjà père de 3 enfants. La guerre marque une cassure. Au retour, il s’installe à Rueil-la-Gadelière en Eure et Loir  où il vivra jusqu’à sa mort. Mais déjà avant la guerre il avait changé de style.

 

Vlaminck est surtout connu pour sa courte période fauve. Mais dès 1908 il commença à s’en écarter, adoptant un style plus classique. L’exposition nous montre

l’évolution du peintre et ses différentes facettes.

 

 

Qu’est-ce que le Fauvisme ?

 

Le fauvisme est un courant de peinture très bref

- 5 ans au plus - au tout début du XXe siècle. Pourtant son influence marqua tout le XXe siècle . Pourquoi ?

En raison de l'audace et de la nouveauté de ses recherches chromatiques . Les couleurs sont pures, vives, voire violentes et ne copient ni  la nature ni   la réalité..

 

Chaland sur la Seine au Pecq  "

                                    (tronc d’arbre et branches rouges,

  herbe   rouge   et orange, péniche bleue et rouge)

 

Matisse, chef de file du mouvement, a dit :

« Quand je mets un vert, ça ne veut pas dire de l'herbe ; quand je mets un bleu, ça ne veut pas dire le ciel.  » Braque et Derain sont les autres membres éminents du mouvement.

 

A une époque où on commençait  tout juste à comprendre et accepter  la douceur de l’impressionnisme, le fauvisme était une provocation.

 

Le fauvisme a joué un rôle majeur pour les artistes des générations suivantes. C’est en effet à partir de ce moment là que l’imitation devient de moins en moins nécessaire et que s’affirme la liberté de l’expression picturale.

 

Pourquoi les mots « Fauves » et  « Fauvisme » ?

 

De même que pour l’impressionnisme le mot provient d’une anecdote et de la réaction de rejet d’un critique.

 

Au cours du vernissage du Salon d'Automne de 1905, une salle avait été réservée aux œuvres du nouveau groupe. Les mots de scandale, de fumisterie, de démence, d'ignorance, avaient déjà fusé lorsqu’un critique s’exclama : «  On a jeté un pot de peinture à la face du public  ! » Enfin, avisant un torse d'enfant de style Renaissance florentine, œuvre du sculpteur Marque, un autre critique, très conservateur, Louis Vauxcelles, dit en la désignant: " C’est Donatello au milieu des fauves   ! "   Une autre version dit « ce sont des fauves jetés à la figure du public ». Quoiqu’il en soit, le mot était lancé et l'expression fit fortune. L'épithète gagna ses galons de substantif pour devenir le fauvisme .

 

 

Quelques aspects divers de la période fauve de Vlaminck

(Je vous engage, pour la vivacité des couleurs, à aller regarder les photos sur le site d’AAESD lorsqu’elles y seront).

 

                                                        Les peintures sociales :

   

           Une prostituée (toile des débuts)                                         ( Un peu plus tard)   La fille du Rat Mort          

      - Cabaret de Pigalle -

 

Ci-dessus deux portraits de prostituées. Une symphonie de couleurs explosives. Observez l’agressivité des couleurs et   le surcroit de vulgarité. Ces tableaux étaient destinés à choquer le bourgeois. Une peinture épaisse, dense, outrancière, appliquée comme à la truelle pour figurer l'alcool ou la petite vertu. Le rouge à lèvres et le rimmel débordent, le vin sent la piquette.

     

          Nota  : un détail cocasse concernant la date du portrait de gauche. Tableau peint en 1900, Vlaminck a indiqué l’année en écrivant le nombre 19 dans le coin inférieur gauche, les deux seins de la fille complétant la date en formant les deux zéros.


Les   paysages :

 

 

Paysage à Port Marly

Van Gogh et Signac ne sont pas loin       

La Seine au Pecq

                           Toujours une explosion de couleurs 

 

 

                                             

  

 

Les natures mortes

 

    Nature morte aux oranges                         

              Haute en couleur, inspirée de Cézanne

          Nature morte aux poires

               Moins colorée, plus cubiste  

           .

           Inspiré de Cézanne et de Van Gogh, Vlaminck a côtoyé toutes les avant-gardes avant de se retirer et de devenir sage. « Vlaminck, le plus peintre de nous tous » disait Derain.

 

L’exposition rassemble 90 œuvres de 1900 à 1915 mettant parfaitement en évidence l’évolution de Vlaminck. Les œuvres marquantes sont surtout celles de sa jeunesse qui témoignent des influences de Signac, Cézanne et Van Gogh, de ses recherches picturales en compagnie de Derain, de sa créativité et de son audace personnelles. Par la suite le fauve

s’assagit,   la vision de Vlaminck s’assombrit, il s’isole et son style devient plus classique et plus répétitif.  

 

 

 

 

 

 

 

 

    Paysage classique de 1913 aux couleurs sages, voire grises

 

Vlaminck continue à peindre jusqu’à sa mort dans un style classique, avec une palette adoucie et parfois des ciels de plomb. Il ne fréquente plus l’avant-garde et on lui reproche parfois de peindre en série.

 

Sur le marché de l’art, le dernier tableau vendu de Vlaminck, de la période fauve, a atteint 10 millions d’Euros.

 

 

 

Eliane Etinzon

 

 

 

Le jardin du Luxembourg

 

Notre repas nous a permis de connaître le BOUILLON RACINE (3, rue Racine- Paris 6ème), classé Monument Historique. Restauré en 1996, de style Art Nouveau, la salle qui nous fut attribuée, au 1er étage est  ceinte de miroirs biseautés, de vitraux, de faïences multicolores et de boiseries, travaillés en forme d’herbes, de lys, de branches…un lieu magique où il fait bon se détendre, se restaurer en appréciant ce décor dépaysant.

 

 

 

   

                               Au restaurant « le Bouillon Racine »

 

      

 Nous retrouvons Myriam Doncoeur, pour une visite du JARDIN DU LUXEMBOURG, sous un soleil discret et un petit vent frisquet.

 

 

     Les « élèves », confortablement installés  autour de leur « professeur »

écoutent attentivement les explications de Myriam.

 

 

La création de cet espace de détente date de 1612, tout comme le palais éponyme que  Marie de Médicis, veuve de Henri IV , se fit édifier après bien des tractations immobilières, car elle s’ennuyait au Louvre.

 

 

 

 

Appartenant au SENAT, et d’une surface de 23 hectares, c’est l’un des plus beau jardin de Paris, de par la diversité de ses jardins : trois parcelles de jardin anglais, entourant au sud-ouest, les jardins à la française, les parterres et les quinconces dessinés à l’ouest, le conservatoire des espèces d’arbres fruitiers, notamment ceux tombés en désuétude, ses bassins disséminés sous les frondaisons. De plus on y trouve une cinquantaine de statues – dont une moitié datant de 

l’époque Louis-Philippe, notamment les reines de France : Marie de Médicis, Anne d’Autriche etc, et des personnages allégoriques :Diane Chasseresse, un faune dansant, Minerve, etc. ainsi que des bustes de personnages illustres (à des titres différents) : George Sand,  Pierre Mendès-France etc…; soulignons aussi la présence de fontaines , la plus connue étant celle d’Eugène Delacroix, sculptée par Dalou. On y a  découvert également le bronze « La Liberté éclairant le Monde » original de Bartholdi, vestige de l’Exposition Universelle de 1900.

 

Ce jardin a été le témoin :

-           -     de la vie historique :

    Marie de Médicis et le Duc d’Orléans résidèrent au château ; Talleyrand et Bonaparte y ont préparé le coup d’Etat du 18 Brumaire ; Lénine, amoureux fou

    d’une chaisière venait s’y réfugier ( !)

 

-         -  de la vie littéraire et artistique :

    Rousseau, Diderot, Lamartine, Musset, Chopin, David, Delacroix y sont venus. Honoré de Balzac s’y promenait, le long des grilles, en robe de chambre un

    chandelier à la main (.. !)

 

Plus près de nous André Gide, Jean-Paul Sartre, le sculpteur Ossip Zadkine l’ont visité, et l’acteur Gérard Philipe venait y apprendre ses textes.

  


On trouve aussi de multiples curiosités disséminées dans ce parc :

 

La fontaine de Marie de Médicis datant de 1624  $

 

 

  

 

  ! Une école d’Apiculture, des ruches, les bâtiments de traitement et  de vente du miel récolté. Prix de vente au kilogramme en 2007 : 8 Euro.

 

Les enfants se détendront au fameux Guignol du Luxembourg dont le spectacle culte est le conte des Trois Petits Cochons ; un parc de jeux est à leur disposition : ils  peuvent y faire une promenade à poney, se balancer, faire un tour de manège sur le métier  dessiné par Charles Garnier (l’architecte de

l’Opéra de Paris) et qui tourne encore ! Pour les grands il existe des cours de tennis, un terrain de jeu de longue paume – jadis joué avec le creux de la main – aujourd’hui pratiqué à l’aide d’une raquette. Enfin on peut se relaxer en prenant place parmi les pratiquants de taï chi chuan dont les évolutions sont d’une lenteur calculée.

 

Le Jardin du Luxembourg enserre au nord le Palais du Luxembourg où siège le SENAT ; cet hémicycle fut juxtaposé au XIXème  siècle au Palais de Marie de Médicis, après que ce dernier ait servi de prison sous la Révolution. L’ensemble des édifices, des époques différentes s’harmonise très bien.

 

Notre guide nous a raconté l’histoire qui suit :

 

Au temps de SAINT-LOUIS (1214-1270) s’élevait au sud du jardin le Château de Vauvert, lugubre bâtisse « hantée », dans laquelle une bande de brigands menaient grand train, agitant des lumières tout en émettant des bruits étranges…. C’est ainsi que naquit l’expression : « aller au diable Vauvert »… Le bon roi  chassa les malandrins et y implanta les très vertueux  Moines Chartreux ; la légende et les nuisances cessèrent derechef ! Marie de Médicis, les y  trouva et leur acheta leur domaine bien des décennies plus tard !

 

 

 

Aujourd’hui, on vient dans cet écrin de verdure pour y lire, y prendre le soleil aux premiers beaux jours devant l’Orangerie, sur des chaises vertes gratuites (on a supprimé les chaisières), on s’y promène près du bassin central où l’on se fait gentiment « draguer ». Mais cela a un prix et c’est le Sénat qui en acquitte la facture : en 2006 le budget  a avoisiné les 60 millions d’euro.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                          Jeanne ROGUEDA