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       DECEMBRE 2008   79

Sommaire

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   COMPTE-RENDU DE NOTRE VOYAGE à  NÎMES et  AVIGNON

du Mardi 7 au Vendredi 10  Octobre  2008

 

Emblème de la ville de  Nîmes  :  le Crocodile et le Palmier

 Ont participé au voyage :

     Mmes Davideau, Etinzon, Nottellet, Puel, Thomas, Touroude

                               Mmes et MM. Azéma, Laîné, Noé, Monmouton, Rogueda, Rulence et Jacqueline Mareix,

     MM. Béchère, Le Liboux,

   Mardi 7 Octobre 2008 – Journée à Nîmes                                     par Eliane Etinzon

 Tout le monde était présent à la Gare de Lyon au départ du train de 7 H 20 pour Nîmes. Embarquement et voyage sans histoire. Arrivée moins de 3 H plus tard soit vers 10 H du matin. Extraordinaire cette vitesse ! On peut même y faire un saut pour la journée !

 L’autocar nous attend et nous dépose sur une grande et belle place, à l’arrêt du petit train qui nous offrira un premier contact avec cette belle ville. Le temps un peu couvert reste sec pour l’instant.                                                                                  

 

Ce tour de 50 minutes nous donne un aperçu des monuments principaux, antiques ou non, très célèbres ou moins connus. Citons pêle-mêle : les arènes, la maison carrée, la tour Magne aperçue par delà les Jardins de la Fontaine, le Castellum qui recevait les eaux apportées d’Uzès par l’aqueduc romain, la Porte d’Auguste, le tracé des remparts romains, et aussi la maison d’Alphonse Daudet, quelques ruelles de la vieille ville avec leurs magnifiques façades, les Halles et les rues commerçantes  modernes.

 

 Puis,  pour le déjeuner, nous faisons connaissance de notre hôtel Campanile. Correct, rien à dire. C’est là que l’ensemble du groupe découvre la mauvaise nouvelle du jour : l’un d’entre nous a oublié sa « banane » dans le train. Cette pochette contenait documents d’identité, argent liquide, carte de crédit, téléphone portable, clés de la maison, bref TOUT !  Elle ne sera pas retrouvée et le propriétaire passera tout le restant de la journée à prendre des dispositions. Quelle tuile !

 Après déjeuner, visite (à pied) plus approfondie de la ville avec notre guide Sophie.

 Les Arènes :                   "

 Le centre ville n’est pas très étendu. Nous le parcourons à pied, commençant par les arènes.

Il s’agit un amphithéâtre elliptique, de 133 m de longueur et 101 m de large sur 20 mètres de haut. 24.000 personnes pouvaient y prendre place (17.000 aujourd’hui) qui, en cas de besoin, pouvaient être évacuées en 10 minutes (A titre de comparaison signalons les dimensions du Colisée de Rome soit 155 m sur 87 m de long et 50 m de hauteur et double contenance.)

 

 

 

Bel édifice bien conservé comportant une soixantaine d’arcades, les arènes ont été construites deux siècles après la conquête romaine (tous les amphithéâtres sont tardifs) soit à la fin du premier siècle de notre ère. Témoin de la grandeur et du rayonnement de la ville, son but est d’offrir à la population les jeux du cirques, courses de chars et combats de gladiateurs.

 Une journée de spectacle commençait par des combats d’animaux et des chasses (sport dérivé de l’entraînement à la guerre). A midi des condamnés à mort sont livrés aux bêtes sauvages. L’après-midi venait le moment le plus apprécié : les combats de gladiateurs. .                                                                    

La structure ne permet pas le mélange des classes. Les Patriciens en bas, la plèbe au-dessus, les femmes - non citoyennes - reléguées tout en haut !!! et aucun moyen de communication.

A noter : ces arènes comportent l’unique dispositif antique connu anti-inondation.

Nous nous installons sur les meilleures places – celles des patriciens biens sûr, et écoutons les explications de Sophie.

     Le groupe et notre guide dans les arènes

 

Après la chute de l’empire romain l’amphithéâtre servira d’abord de forteresse, puis à la fin du moyen âge y seront aménagés des logements pour les pauvres (jusqu’à 2000 personnes). C’est Napoléon qui le fit libérer. Les arènes seront restaurées et, dès 1813, rendues à leur vocation de spectacle.

 

Promenade dans le vieux centre de Nîmes en direction de la Maison Carrée. Superbes façades ; on passe trop vite ! Arrêt à la Mairie, devant un plan de la ville médiévale (1/7 seulement de la ville romaine). Au plafond d’un majestueux escalier : 4 crocodiles empaillés du 16e au 18e siècle. Surprenant !

Plafond auquel sont suspendus quatre crocodiles empaillés       "

   

Le Crocodile est l’emblème de la ville. Le symbole vient d’une monnaie romaine découverte au 16e siècle représentant un crocodile enchaîné à une palme. Elle commémorait la bataille d’Actium (victoire romaine sur l’Egypte en 31) mais la ville en ignorait la signification et en a fait son emblème. Il est partout dans la ville.

 Emblème de Nîmes : le Crocodile et le Palmier.

Médaille romaine d’origine

Présentation moderne telle  qu’elle apparaît partout dans la ville.

  La Maison carrée :

 Bien que monument antique, son nom de Maison Carrée vient du XVIe siècle et signifie seulement qu'elle a des angles droits.

 Construit par Auguste au début du premier siècle de notre ère sur le modèle du temple d'Apollon à Rome, en l’honneur de Caius et Lucius Caesar, fils adoptifs de l’Empereur morts prématurément, cet édifice était un temple réservé au culte impérial.

C’est Auguste qui l’institua au début du 1er siècle de notre ère. Déjà Jules César, juste avant, avait développé autour de lui une légende de divinité prétendant descendre de Vénus et d'Énée. Dès le début de l'Empire, Auguste accentue la tendance et met en place le culte impérial. Pour cela, il fait diviniser César et ainsi, en tant que son héritier, il s'élève au-dessus de l'humanité. Le but était de faire respecter le pouvoir de Rome à travers un empereur divinisé.

Rappelons que les chrétiens furent persécutés pour avoir refusé de pratiquer ce culte impérial.

 La Maison Carrée est un édifice de 26 mètres de longueur, 15 de largeur, 17 de hauteur, Il s’agit du temple le mieux conservé du monde romain  (même si on nous dit la même chose à Rome du Panthéon) ; toutes les pierres sont d’origine. Il s’élevait sur le forum au cœur de la ville romaine, au croisement des deux avenues principales et était dédié au culte impérial.

 C’est grâce à son utilisation quasi ininterrompue qu’il nous est parvenu dans son excellent état actuel. Il fut en effet successivement Temple, salle de réunion pour les consuls du Moyen Age, écurie au XVIe, église des Augustins vers la fin du XVIIe siècle et enfin aujourd’hui musée des arts antiques.

 Avec les restaurations en cours (à raison d’un côté par an), la pierre retrouve peu à peu sa parfaite blancheur initiale.

  La Maison Carrée de Nîmes,  ancien temple romain dédié au culte impérial

 

 

 

  

 

 

La Maison carrée                    Nettoyage en cours, la pierre

          Façade et côté                       retrouve sa blancheur initiale

 

Nous poursuivons notre promenade en ville, longeant de magnifiques douves et fontaines qui nous mènent jusqu’aux Jardins de la Fontaine fermés par de superbes portails.

 

 Les Jardins de la Fontaine :

 Parc classique à la Française aménagé autour de vestiges antiques les jardins de la Fontaine s’étalent au pied du Mont Cavalier au sommet duquel se dresse la Tour Magne, présent de l'Empereur Auguste à la colonie de Nîmes en l'an 15 avant J.C.

 

Créés au XVIIè siècle sur l’ emplacement d'un site datant d’avant l’empire romain, les Jardins de la fontaine sont les premiers jardins publics dans l'histoire de France et parmi les premiers d'Europe. Bien plus qu’un simple parc cet endroit nous fait remonter à la source – au sens propre – de la création de la ville de Nemausus, nom antique de la ville de Nîmes d’après celui du génie des eaux devenu dieu tutélaire de la cité.

Une autre légende nous rapporte qu’Hercule y aurait conçu son fils, le dieu Nemausus, qui donna son nom à la ville. Quoiqu’il en soit, déjà avant l’empire romain les habitants venaient à cette source puiser leur eau et eurent vite fait de la diviniser.

Les romains y bâtirent un complexe comprenant des sanctuaires, des bains et un théâtre antique (ce dernier existe toujours mais est fermé au public). Des sanctuaires romains, ne subsiste que le Temple de Diane sur lequel on sait peu de choses et l’attribution à Diane n’a rien d’historique.     

Les jardins de la Fontaine :       

le bassin où se trouve la source

et au fond, le temple de Diane

  

Il semblerait qu'il s'agisse d'une basilique construite par l'empereur Hadrien et destinée à l'adoration des principales divinités romaines. Au Moyen-âge et au début de la Renaissance, l'édifice fut occupé par des religieuses mais fut ensuite pillé et ruiné durant les guerres de religion à la fin du XVIè siècle.

 L’architecte Philippe Mareschal, ingénieur du Roi, a su réutiliser les vestiges antiques et les intégrer dans un projet harmonieux : bassins divers, sculptures et vases, douves et canaux anciens et modernes, balustrades, larges allées et massifs, sans oublier le superbe double escalier qui mène vers la partie haute des jardins et la tour Magne forment un ensemble impressionnant.

 La source d’origine existe toujours, et bouillonne aujourd’hui au centre d’un bassin de stockage relié à des canaux qui alimentent le système hydraulique nîmois.

 

Deux vues des jardins de la Fontaine, bassins, arbres, allées et sculptures.

 

 

 

 La Tour Magne

« Gall, amant de la reine, alla, tour magnanime,
Galamment de l'arène à la tour Magne, à Nîmes ».

Célèbres vers dits holorimes, attribués soit à Henri Monnier (dramaturge, caricaturiste et acteur français contemporain de Victor Hugo)

soit à Victor Hugo lui-même 

L'ascension vers le mont Cavalier - une vingtaine de minutes de grimpette - nous mène vers la Tour Magne à travers les charmants sentiers de la partie haute des jardins, plus sauvage que le parc bas.

 

Plantée au sommet, au point le plus haut de la ville, la tour Magne est le plus remarquable vestige de la puissante enceinte de Nîmes élevée en 15 avant JC. Elle faisait partie à l'origine d'un rempart préromain et fut simplement renforcée et surélevée sous Auguste.


Haute de 34 m, on y accède par un escalier intérieur de 140 marches.

 

 

Arrivés au pied de cet escalier se pose la question : quels sont les courageux ? Finalement nous sommes un bon groupe à entreprendre l’escalade un peu vertigineuse car l’étroit escalier en colimaçon (moderne dans sa plus grande partie) surplombe le vide par endroits. Mais nous avons le plaisir de découvrir un superbe panorama. Monsieur Béchère se fait prendre en photo pensant que personne ne le croira s’il n’est pas en mesure de fournir une preuve !

Au sommet de la Tour Magne. "

Histoire de prouver qu’on y était !

 

Mercredi 8 Octobre  2008                                                                    

 La Bambouseraie  d’Anduze                                                                 Par Roger Rulence 

8 h 30, le car quitte le Campanile en prenant le périphérique de Nîmes, direction Anduze. Il y a de la circulation car il pleut légèrement et tout le monde utilise sa voiture. Le Gardon est omniprésent. Le chauffeur du car nous montre, en passant, les nombreux réservoirs de stockage des eaux destinés à freiner ses débordements. Il est vrai que, très capricieux, il a causé de très graves inondations il y a quelques années. Bientôt beaucoup de vignes à partir de Cardet. On produit du vin blanc, rouge et rosé. Incontestablement les vignerons se battent pour produire un vin de qualité à un prix compétitif et ils y arrivent ! Au fond on aperçoit les Cévennes avec Alès et les anciennes mines de charbon. On s’approche d’Anduze, porte des Cévennes, très célèbre pour ses poteries et sa bambouseraie.

 

La Bambouseraie de Prafrance à Anduze est la plus importante d’Europe. Elle présente dans un parc de 40 hectares plus d’un million de bambous (mais pas seulement) répartis en une soixantaine d’espèces et de variétés différentes.

Certains spécimens atteignent plus de 20 mètres de haut. 

 

 Ce lieu culte des amateurs de bambous attire plus de cinquante mille visiteurs tous les ans, dont nous même sous la pluie !            

 150 ANNÉES ET DEUX NOMS SEULEMENT SONT Á L’ORIGINE DE CE LIEU : EUGÈNE MAZEL ET LA FAMILLE NÈGRE.

 Eugène Mazel nait à Montsauve près d’Anduze en 1828. Orphelin, il est confié à son oncle maternel, riche armateur marseillais et après ses études devient attaché de l’administration des mines de la Grand-Comble. À la mort de son oncle, il hérite d’une fortune qu’il met au service de sa passion pour l’horticulture et les sciences naturelles. Ses qualités en feront  l’un des botanistes les plus appréciés du Midi. Il crée deux jardins : l’un au Golfe-Juan, l’autre, la Bambouseraie,  à Anduze.

L’aménagement de Prafrance débute en 1855. Le lieu bénéficie d’un microclimat favorable à son projet, il construit les canaux d’irrigation essentiels pour la croissance des végétaux choisis.

Il commence ses premières plantations en 1856 en essayant d’acclimater des espèces exotiques en provenance du Japon, d’Amérique du Nord et de la région himalayenne.

Si des hivers rudes qui détruisent certains arbres délicats, lui font subir quelques échecs, les bambous, par contre, résistent et prospèrent.

Cependant des revers de fortunes entrainent sa faillite. Ses biens hypothéqués et, séparé de son œuvre, il meurt à Marseille en 1890.

 En 1902, Gaston Nègre, passionné de plantes,  acquiert le domaine de Prafrance.

Entouré de responsables du jardin botanique de Montpellier et d’un ancien jardinier d’Eugène Mazel, il reprend une à une les collections et multiplie les espèces d’arbres et d’arbustes tout en créant une pépinière commerciale pouvant pallier le coût d’entretien de la propriété.

 Maurice Nègre, l’un des fils de Gaston reçoit Prafrance en héritage et reprend en charge l’ensemble du domaine avec sa femme. Attentif aux collections, il a le souci de les pérenniser et de développer une entreprise prospère d’un point de vue économique. Avant-gardiste, il ouvre le parc au public en 1953. Le 7ème art est séduit par Prafrance. Des réalisateurs viennent tourner des films : «Le salaire de la peur» en 1953 et «Les héros sont fatigués» en 1955.

En 1960 il meurt dans un accident de voiture. Son épouse Janine Nègre poursuit sa tâche et en 1977 lègue le domaine à sa fille Muriel qui, avec son mari, ingénieur horticole, en assure le développement.

 En 2004,  année charnière, Muriel Nègre dirige et préside désormais seule la Bambouseraie. Soucieuse d’assurer une large diffusion des savoirs scientifiques, elle fait de Prafrance un lieu de rencontre.

 2006 : les 150 ans de la bambouseraie en témoignent.

 LES BAMBOUS : UNE HERBE  À RECORDS

Si les bambous fascinent tant les Européens, c’est peut-être parce que l’Europe est le seul continent où le bambou n’est pas une plante indigène. Toutes les espèces qui y poussent ont été importées, il y a 200 ans pour les plus anciennes.

 Les bambous ne sont ni des arbres, ni des arbustes mais des herbes. Ils sont étroitement apparentés aux plantes qui constituent notre gazon et à toutes les céréales. Ils font partie de la famille des herbes "graminées".                                                                         

Les tiges peuvent pousser de 1 mètre en 24 heures et atteindre 40 mètres de haut en quelques mois. Elles allient la solidité d’un arbre à la flexibilité d’un jonc.  On ignore pourquoi certaines espèces fleurissent brutalement après 10 ans, 20 ans, 80 ans ou même seulement au bout de plus d’un siècle. Les feuilles ont la finesse des poils de pinceau.

 

Forêt de bambous 

 

 Le bambou est constitué de 2 parties :

 La partie souterraine : les tiges horizontales ou rhizomes d’où partent les nouvelles pousses qui donneront les chaumes, les racines nourricières qui vont drainer l’eau et chercher les nutriments et d’autres, rattachés au chaumes, ayant uniquement une fonction d’ancrage. Le système racinaire est très dense. Il peut être utilisé pour la lutte contre l’érosion des sols.

 La partie aérienne : les tiges verticales ou chaumes pouvant atteindre une trentaine de centimètres de diamètre et une quarantaine de mètres de haut chez certaines espèces. Les fleurs puis les fruits n’apparaissent que rarement chez la plupart des espèces (parfois après plusieurs dizaines d’années). Les chaumes ne grossissent pas. La pousse sort de terre avec sa forme définitive, elle s’étire ensuite à la manière d’une canne télescopique et contient déjà tous les éléments du chaume qui atteindra une taille impressionnante.

 DÉCOUVERTE DE LA BAMBOUSERAIE                                                                             

  L’allée d’entrée : notre guide, jeune et compétent, nous conduit dans un gigantesque univers qui nous mène à "la ferme". Le choc est immédiat : nous sommes transportés en Asie dans une imposante foret de bambous rectilignes Cette variété de bambou, le phyllostachys sulphurea pousse à l’état naturel dans le sud-est de la Chine. Bientôt nous avons l’impression de changer de continent : nous découvrons les séquoias plantés par Eugène Mazel vers 1860. Ce sont sans doute les plus vieux de France mais ils sont très jeunes, comparés à ceux, multimillénaires, recouvrant à l’état sauvage, le versant pacifique de la Sierra Nevada, en Californie et Oregon.

 

 

Le village laotien :                           

A mi-chemin de l’allée d’entrée, un village asiatique, entièrement construit par un membre du personnel, d’origine laotienne et son équipe, restitue fidèlement au détail près, l’architecture  et la décoration de l’habitat traditionnel laotien. Les plantations qui entourent le village s’inspirent aussi de la réalité asiatique.

  Une maison du village laotien

 

La ferme : L’allée d’entrée aboutit à "la ferme", une vieille bâtisse cévenole. Elle date du XVème siècle. Sa  hauteur inhabituelle l’a préservée des crues du Gardon. Une trace de la grande crue de 1958 est visible sur le coté gauche de la façade.

 

              Sur le mur de la ferme le rappel de  la hauteur des crues

  Le vallon du Dragon :

Le sculpteur et paysagiste français, Erik Borja, a imaginé ce vallon où l’eau du Gardon dessine la forme de l’animal mythique : le Dragon. Les berges du vallon, bordées de rochers, sont plantées d’érables japonais, de conifères taillés en nuages, ainsi que de bambous nains. Le souffle du Dragon, que dessine une mini pièce d’eau, est enjambé par le Pavillon du Phoenix rouge construit en bois, dans le style japonais. Une invitation à la contemplation en toute sérénité.

                                                                                    Le Pavillon du Phoenix de style Japonais

    

L’allée des palmiers de Chine : cette allée est le second axe historique de la bambouseraie. Depuis des siècles, les fibres de leurs troncs sont utilisées pour tresser des cordages, fabriquer des brosses, tisser des vêtements imperméables ou encore pour rembourrer les matelas. Les jeunes feuilles servent à confectionner des éventails et des chapeaux. Les bourgeons floraux, enfin, sont comestibles et consommés à la façon des pousses de bambous.

Pouvant résister au froid (jusqu’à -18 °C) Le Trachycarpus fortunei fait partie des deux ou trois espèces de palmiers cultivables pratiquement dans toute la France.  

 

 

Les serres Mazel : en 1860, Eugène Mazel entreprend la construction de serres dotées d’une armature de fer en forme d’ogive surbaissée reposant sur des murets de pierre. Les serres de Prafrance témoignent de l’engouement pour les plantes tropicales qui saisit l’Europe dans la seconde moitié du XIXème siècle.

 Nous terminons notre découverte de la bambouseraie en traversant la   " bamboutique" , où il est possible d’acquérir des plantes, des objets et de la documentation ayant un rapport avec ce que nous avons visité. De là, nous rejoignons directement la gare du Train des Cévennes mitoyenne.

                                                                  Entrée de la gare, le long des bambous      "

  

Le petit train des Cévennes                                                                  par Anne-Marie NOE

 En fin de matinée, après la visite de la bambouseraie d'Anduze quelque peu arrosée, nous prenons le train à vapeur des Cévennes qui va nous mener jusqu'à St Jean du Gard. Le trajet dure 30 minutes.

 Historique :

 En 1881, la Cie PLM ouvre la portion de voie ferrée reliant Alès à Anduze.

 En 1897 il est décidé de prolonger la voie jusqu'à St Jean du Gard. Les travaux vont commencer en 1903 et vont durer jusqu'en 1909 étant donné la complexité du terrain. Deux entreprises se partagent les travaux et construisent 4 tunnels, 1 grand pont métallique, 5 viaducs et plusieurs kilomètres de murs de soutènement et un grand nombre de petits ouvrages hydrauliques.

 En 1909 on construit les 4 gares et les 7 haltes en pierre de taille dans le style classique des bâtiments PLM. La ligne est ouverte au public le 26 mai 1909.

 En 1940 on supprime la desserte voyageurs au profit du transport routier plus rapide.

Le trafic marchandises cesse en 1971 avec la fermeture de la ligne.

 En 1982 création de l'association "Train à vapeur des Cévennes" qui propose des circulations touristiques dès le 3 juin 1982.

 La compagnie internationale des trains à vapeur, en raison du succès et des investissements pour l'entretien de la voie et du matériel crée une SARL et 4 emplois à plein temps dès 1987. Le cap des 50 000 voyageurs est franchi en 1989, les 100 000 en 1992.

 En 2009 la 28ème année de circulation du train touristique sera aussi celle du centenaire de la ligne. Des festivités marqueront cette année exceptionnelle.

 Trajet :

 Après le départ de la bambouseraie le train ralentit et s'arrête au dessus du gardon, fleuve capricieux et sujet aux débordements. La végétation est très dense des deux côtés de la voie. La vallée très encaissée s'élargit en se rapprochant de St Jean du Gard.

Nous longeons une carrière devant laquelle serpente le Gardon.

Quelques maisons isolées se laissent admirer avec leurs jardins en terrasse.  

 

Le Petit train des Cévennes : « dehors et dedans » !

 

 

Avant d'arriver au terminus nous traversons une forêt de châtaigniers.

 

Le voyage s'achève à St Jean du Gard ou nous attend un déjeuner pantagruélique.

 Ce court parcours nous a fait revivre le temps des locos à vapeur et des escarbilles !  

Le musée du Désert                                                         par Jeanne Rogueda

 Les Camisards : La guerre des Cévennes (1702-1705)

Il pleut…mais une pluie fine qui fait briller les feuilles des arbres et qui va nous faire apprécier le train à vapeur des Cévennes. Embarquement à la gare de la Bambouseraie, arrêt à Saint Jean du Gard.

Notre groupe se dirige vers le restaurant « Les Bellugues » (les étincelles du feu de bois) où la qualité des mets et la chaleur des lieux et du personnel nous font oublier le ciel gris et l’humidité.

 Le car nous conduit à Mialet, village cévenol en pierre grise. Après avoir franchi un dédale de couloirs, d’escaliers et de portes nous atteignons « Le Musée du Désert » au mas Soubeyrand lieu de naissance de Pierre Laporte (1680), un des chefs protestant.

 Pourquoi cette guerre ?

 Au XIème Siècle les papes prennent conscience qu’il faut restaurer la dignité et la moralité du clergé et revenir à la vie apostolique.

Rappelons que Innocent III  déclenche pour  combattre « les bons chrétiens » nommés les Cathares en France, la Croisade des Albigeois en 1208. Puis vient

l’Inquisition en Espagne 1231-1233.

 En Languedoc, les Vaudois vivent dans la pauvreté et revendiquent la lecture de l’Evangile en langue vulgaire afin qu’elle soit comprise par tous. En Europe les réformateurs dissidents restent actifs. Rappelons simplement l’influence de Jean Huss (1370-1415) théologien tchèque dont il fut question lors de notre voyage à Prague qui exigeait la liberté de prêcher en langage populaire, critiquant la corruption des clercs et refusant la suprématie du pape.

En 1517 Luther dénonce la pratique des indulgences et préconise que le salut éternel est obtenu par la foi seule, non par les œuvres.

  

Reproduction de ce que pouvait être au XVIII° siècle, une veillée cévenole.

Au centre de la veillée, la lecture de la Bible, malgré les peines très lourdes qui la sanctionnaient. L’aïeul fait la lecture tandis que l’une des jeunes filles surveille les abords.



  

 En France,c’est Jean Calvin (1509-1564) qui est le vecteur des idées du moine Martin Luther ; les Huguenots rejettent le culte de la Vierge et des Saints, ils se réunissent autour de leurs pasteurs pour lire la Bible, chanter les psaumes, reconnaissant deux sacrements « le baptême et la communion ». Au XVIème siècle on dénombre environ 2 millions d’adeptes, dont certains princes du sang. Entre 1562 (massacre de Vassy) et 1598, huit grandes guerres, dont les raisons sont autant religieuses que politiques, ont lieu en France.

 C’est Henri IV et l’Edit de Nantes qui calmeront ces guerres fratricides. Le 17 octobre 1685, Louis XIV révoque l’Edit de Nantes, une médaille en bronze commémorant cet acte politique est visible au Musée. Elle représente la religion debout écrasant du pied l’hérésie.

A la suite de cette mesure 200.000 réformés (entre autres, savants, artisans, officiers et commerçants dans l’ensemble aisés) quittent la France et s’installent en Angleterre, dans les Provinces- unies. Mais en Languedoc et dans les Cévennes et le Vivarais les protestants pour la plupart paysans avec peu de moyens sont obligés de s’organiser sur place.

 L’arrière pays cévenol montagneux, pourvu de grottes, de forêts profondes et de bergeries  favorisera  la clandestinité. Dès 1686,les protestants s’assemblent, la nuit en des lieux isolés qu’ils nomment le « Désert » faisant ainsi référence à la fuite  des Hébreux d’Egypte vers le mont Sinaï. Ces paysans et artisans cévenols, convertis sous la contrainte des dragonnades s’assemblent sous la conduite de laïcs (cardeurs de laine ou tisserands), sachant à peine lire et écrire ; ils prêchent, baptisent, célèbrent la Cène, suivant    les « Liturgies pour les chrétiens privés de pasteur ». Ils viennent aux rassemblements (interdits par le roi) armés afin de faire face aux assauts des militaires envoyés par le pouvoir pour les disperser. Lorsqu’ils sont arrêtés ils sont envoyés aux galères pour les hommes et en prison à Aigues-Mortes pour les femmes et les enfants. Les prédicants sont exécutés et en 1700, ils sont pratiquement éliminés.

 

  Chaire fabriquée dans un tonneau à grain, escamotable rapidement

  

Le combat en faveur de la tolérance mené par les Jansénistes et les philosophes des Lumières porte peu à peu ses fruits. En 1768 à Aigues-Mortes, les dernières prisonnières de la Tour de Constance, dont Marie Durand sont délivrées. C’est cette dernière qui grava dans la pierre de sa prison, le célèbre « RESISTER ». Ce mot sera repris au cours de la seconde Guerre Mondiale pour désigner les opposants au régime de l’Occupation (RESISTANCE).   « Résister » gravé dans la pierre par Marie Durant à l’origine du mot  «Résistant »

 

Les derniers galériens protestants retrouvent la liberté en 1775.  

Le Musée du Désert, inauguré en 1911, relate ces sanglants épisodes à l’aide de peintures, lithographies, textes et cartes géographiques. L’exposition comporte également des meubles à double fond, des  chaires repliables, des ciboires, des croix  démontables pour être  dissimulés rapidement.

Cette guerre civile a coûté la vie à 12 000 hommes, 2 500 insurgés tenant en échec 25 000 soldats royaux pendant deux ans.

 Trois explications s’appliquent au nom CAMISARD :

-  ils portaient une longue chemise blanche ou camiso,

-  ils attaquaient la nuit à l’heure de la camisade.

-  ils empruntaient des chemins (camins en occitan) pous se regrouper.

 Après quelques soubresauts : 1702 à Champdomergue, 1704 au Château de Castelnau, 1709 l’épisode Mazel, finalement abattu au Mas du Côteau, près d’Uzès, les Camisards abandonnent la lutte armée. A partir de 1713 l’Eglise du Désert se réorganise sous l’égide d’Antoine Court, qui rejette en bloc la violence et le prophétisme. En 1715 Court organise un premier synode secret et en 1726 a lieu le Synode National de l’Eglise du Désert. Finalement c’est Louis XVI et son Edit de Tolérance, promulgué  en 1787 qui donne aux Réformés un état civil (jusque là seuls les prêtres catholiques tenaient un registre officiel) et c’est la Révolution de 1789 qui en fera des citoyens à part entière.

 C’est le Pasteur Rabaut-Saint-Etienne qui a fait inscrire dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, à l’article X :

«  Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par le Roy. »

 De nos jours les Protestants de France se retrouvent chaque année le premier dimanche de Septembre dans les environs du Mas Soubeyrand, près de Mialet pour partager le culte, en plein air sous les chênes et les châtaigniers.

 Jeudi 9 Octobre  

 Le Pont du Gard                                                                                 par Françoise Laîné                                             

Le temps est encore gris pour quitter Nîmes et emprunter la route départementale à travers la garrigue ; celle-ci laisse la place aux champs d’oliviers, à la vigne. Traversons REMOULINS , capitale de la cerise.  En moins d’une heure, nous sommes sur le site, grand espace naturel piétonnier, aménagé, balisé et cultivé.

 

Le pont n’est pas encore visible : une petite marche dans cette nature préservée et nous voici au pied de cet « impressionnant » ouvrage au milieu d’un espace de 170 ha de garrigue protégés.

 

Françoise Laîné « au boulot » malgré la pluie ; Bénéficiant heureusement de la protection de son mari.

 Caractéristiques :

       -         C’est l’un des sites de la région les plus visités avec les Baux de Provence et classé en 1995 au Patrimoine Mondial de l’Unesco

       -          Reçoit 1,2 million de visiteurs par an dont 40% d’étrangers

       -         Le Pont du Gard, long de 130 m représente l’élément principal de l’aqueduc romain qui conduisait l’eau d’Uzès à Nîmes, sur un parcours de 50 km

       -         Il se dresse sur une hauteur de 49 m ce qui en fait le plus haut des ponts aqueducs romains. Au pied de ce géant de pierre, le Gardon semble bien modeste !

 Historique :

 Les travaux de construction de l’aqueduc romain de Nîmes ont démarré vers l’an 50 de notre ère, sous le règne d’Auguste, pour porter à cette cité gallo-romaine, profusion d’eau pour ses fontaines, thermes et jardins.

L’aqueduc romain cesse vraisemblablement d’être utilisé vers le IXe siècle car la population de Nîmes et des environs s’est considérablement réduite après la chute de l’Empire romain et les nombreuses invasions barbares.

 

Le pont comprend trois niveaux d’arches. Le 1er et le 2e niveaux sont constitués respectivement de 6 et 11 arches dont la largeur varie de 15.50 à 24.50 m. Le 3e niveau, long de 490 m constitué  de 47 arches (dont 12 ont été détruites au Moyen âge) est le support du canal.

                                                                          

L’accès du canal en est fermé, sauf pour les visites guidées. Quelques marches depuis le pied du 3e niveau et nous pénétrons dans cette conduite, à l’origine entièrement fermée pour protéger l’eau. De nos jours, elle a été aménagée par du béton au sol et des ouvertures. Sa hauteur est de 1,90 m pour une largeur de 1,40m ; parfois très étrécie à cause des couches de calcaire accumulées.

Entrée du conduit d’eau dans lequel nous pénétrons au sommet de

l’acqueduc.

 

          Hauteur 1,90 m - largeur de 1,40m 

 

 L’eau mettait de 24 à 30 heures pour venir de la source d’Uzès et déboucher à Nîmes dans un château d’eau – le Castellum divisorium – dont le bassin de répartition circulaire mesurait 5,50 m de diamètre et permettait d’alimenter les différents quartiers de la ville. C’est une véritable prouesse d’arriver à un débit de 400 litre/sec. Alors que la pente naturelle est à peine de 12,27 m !

Inutile de préciser combien la vue est extraordinaire ! Nous apercevons au loin Castillon du Gard.

 A la fin de cette visite, au pied du Gardon, nous nous attardons encore un moment pour admirer ce pont dans sa totalité.

 Cette visite extérieure est complétée par la visite du Musée, 2500 m² où se mêlent pièces originales, reproductions images, sons et restitutions – plus précisément le cœur du chantier de construction de l’aqueduc, reproduit grandeur réelle.

 Il est alors temps de se restaurer puis de retourner au car pour prendre la direction d’Uzès.

 Uzès                                                                                        par Jeanne Rogueda

 Depuis 2007 cette ville de 8500 habitants est classée « Ville d’Art et d’Histoire », mais c’est aussi le Premier Duché de France.

 La ville est installée à l’extrémité d’un plateau, planté de garrigue, dominant la vallée de l’Alzon. Son boulevard circulaire qu’ombragent de majestueux platanes a été construit, au fil des siècles sur d’anciens remparts, dont seuls quelques vestiges subsistent.  

Au temps de César elle appartenait à la Provincia Romana et se nommait UCECIA ou UCETIA ; elle figure parmi les 80 oppida qui protégeaient NEMAUSUS (Nîmes). Lorsque cette dernière devint une ville importante de la Narbonnaise, les Romains cherchèrent d’autres sources d’alimentation en eau. Ils trouvèrent au pied d’Uzès les fontaines d’Eure de d’Airain ( ?). C’est de là que partait un aqueduc de cinquante kilomètres, construit sur ordre de l’empereur Auguste, aux  environs de l’an XX de notre ère pour alimenter Nîmes en eau  potable. Il ne subsiste, de nos jours que quelques tronçons en ruine de cet ouvrage, mais le Pont du Gard en est le plus éminent vestige. Dès le IIIème  siècle Uzès devient chrétienne. En l’an 920, elle intègre le royaume franc. Au XIIème siècle. Uzès  embrasse la dissidence cathare. C’est  Louis IX qui réunit une partie de la seigneurie d’Uzès et l’administration de la ville est partagée par trois  co-seigneurs : le roi, l’évêque et le viguier (magistrat chargé des affaires de justice  au nom du roi et du comte). Au  XIVème  siècle la fidélité de Robert Ier d’Uzès envers  Philippe de Valois, qu’il soutint lors de la guerre des Flandres, valut au premier le titre de vicomte. En 1 486 Symone d’Uzès, seule héritière  de la vicomté épouse Jacques Crussol, qui demeure de nos jours le patronyme du Premier Duc de France.

 Enfin en 1532, la femme  du premier chambellan de François Ier : Jeanne de Génouillac, contribue à la propagation des  principes de Luther. En 1560, presque toute la ville était huguenote et la cathédrale fut rasée en 1561. La ville subit de plein fouet les Guerres de Religion, de 1702 à 1704, la guerre civile fit rage. Le calme revenu à la suite de sanglantes répressions Uzès  s’entoure de vignobles, d’oliviers et des productions nouvelles s’implantent : la pomme de terre, les fèves, les aubergines, les tomates, les piments ainsi que les premiers plants de mûriers, nourriture du ver à soie, apparaissent. A la fin du XIV ème  siècle, les Papes implantent quelques métiers à tisser. En 1 744 on dénombre «  5 100 métiers battants ».

L’architecture est le domaine par excellence où se manifeste le progrès des tendances nouvelles, et la paix revenue engendre la prospérité.

 La cité  a gardé son aspect moyenâgeux, avec ses ruelles sinueuses, ses places aux dimensions réduites et ses   hôtels particuliers. Ces derniers furent construits pour des nobles et des marchands dont les métairies alentours étaient régies  par un fermier en charge de leurs domaines agricoles. Dans la seconde moitié du XVIIème  siècle la majorité des lignages fortunés était protestante. Jusqu'à la Révolution la ville évolua dans le calme. On construisit  le séminaire, l’Eglise Saint-Étienne, l’hôpital, les casernes, l’hôtel de ville. Mais à l’avènement de Louis XVIII une révolte se produisit entre catholiques et bonapartistes. Puis la ville perdit de son importance, beaucoup d’usines  se ferment, la population décroît et seul le tourisme perdure.

 En 1 960 on ne compte que 4 500 habitants ; en 1962, une renaissance s’amorce grâce à la loi de sauvegarde André Malraux et le centre ville devient le premier secteur sauvegardé du Languedoc. La rénovation des hôtels particuliers est entreprise et de nos jours, en se promenant dans les ruelles on découvre :

-       l’hôtel Cabot de Dampmartin avec sa tour médiévale soulignée de bandeaux qui abrite un escalier à vis, 

-       l’hôtel Aubazit dont on admire les balcons ceinturés de rampes en fer forgé,

-       l’hôtel Verdier-Allut  et sa longue façade percée  de fenêtres à meneaux, la porte cochère est en plein cintre à bossages chanfreinés.

-       L’hôtel Pontanel, porte typique de l’architecture Louis XIII         

-       La rue et la fontaine Saint-Théodorit, rue     en forte pente, très étroite. La fontaine, protégée par une grille dont l’enceinte est de facture grecque.

-       L’hôtel du diocèse civil, ancien hôtel de ville avec un portail d’entrée en ferronnerie,

-       L’hôtel des monnaies – Les évêques eurent pendant des siècles le droit de battre monnaie.

-       L’hôtel du baron de Castille dont la façade du XIXème  siècle est ceinturée de doubles colonnes en pierre de pays.

-       Le Palais épiscopal, commencé en 1 671 présente lui aussi une superbe porte en ferronnerie.

    

Vue sur la ville d’Uzès à    partir de la cour du Palais épiscopal à travers la superbe porte en ferronnerie

                    

                  La Tour Fenestrelle "

              De style roman, placée à côté de l’église, à la manière d’un

              campanile italien

 

 -       La Tour Fenestrelle qui est le seul vestige de la cathédrale détruite en 1 621 ; elle est accolée à la cathédrale bâtie au XVIIème siècle. Ce campanile a été pris pour emblème par la ville.

Son soubassement est un carré de 10 mètres de hauteur , puis sa forme devient cylindrique et  s’élève sur six étages, dont chacun est en retrait sur l’étage inférieur Il mesure 42 mètres ; Chaque étage est composé de portiques supportés par des colonnes, percées à jour et dont l’intervalle est occupé par des arcatures de plus petite dimension, retombant elles-mêmes sur  de gracieuses colonnettes, le toit en forme d’éteignoirs est couvert de tuiles vernissées. Les six étages sont séparés dans leur partie haute par une corniche à dent d’engrenage.

 -       La cathédrale présente une façade reconstruite en 1 870. L’orgue   est un des plus remarquable du Midi. Lors de la révolution il servit à l’accompagnement des chants patriotiques. Un festival se déroule en ce lieu en automne

 -       L’hôtel de ville  fut érigé en 1 773 après que le précédent fut détruit en 1 763 par la foudre ; il fait face, au midi au « duché » - résidence actuelle du duc de Crussol. C’est un ensemble de constructions de diverses époques, souvent disparates présentant au-dehors l’aspect de fortifications médiévales ;

 Quittons le domaine de la noblesse pour découvrir celui des marchands et des riches bourgeois : LA PLACE AUX HERBES.

 De plan asymétrique, entourée de « couverts »- les arceaux- sous lesquels s’abritent d’élégantes boutiques et quelques restaurants, plantée de platanes elle est le centre de la ville et s’anime les jours de marché. On remarque  l’hôtel de la Rochette, dont la façade  est percée de hautes fenêtres surmontées d’arceaux en plein cintre.  

 

 

 

 

 

 

 Deux vues de la Place aux herbes

 Cette ville, riche d’un passé agité et d’un  patrimoine architectural important a quelques atouts  économiques :

Un lycée des métiers d’art, un centre hospitalier, des casernes, une réglisserie, l’usine Harribo, et jusqu’en 2006, la dernière usine des bas Weill. Un Haras National a été implanté et il  a en charge toutes les opérations animales du grand sud-est.

 Nous rejoignons ensuite en car la gare de Nîmes où nous montons dans le train pour Avignon. A l’arrivée, premier contact avec la ville par une marche à pied un peu longue à travers la rue commerçante jusqu’à l’hôtel du palais des papes, édifice ancien situé face au Palais.

 La découverte de nos chambres nous réserve quelques surprises : Aménagement moderne parfois un peu surprenant. Baignoire format abreuvoir et lavabo forme évier.

Par contre excellent repas dans une salle ancienne.

 

Vendredi 10 Octobre : Avignon

 Image:Avignon, Palais des Papes by JM Rosier.jpgLe Palais des Papes                                                              par Eliane Etinzon  

                                                

 

 

 

 

 

 

Le choix d'Avignon comme lieu de résidence permanent (1309 – 1378) est dû essentiellement à des considérations politiques. Le pape ne veut plus résider dans une Rome déchirée par des clans rivaux, en proie à des émeutes quasi-permanentes. Depuis le Schisme entre Église d'Orient et Eglise d'Occident (1054), Rome se trouve excentrée par rapport au centre de la chrétienté catholique dont les royaumes de France et d'Angleterre sont les deux grandes puissances rivales.

 En 1309, le pape Clément V, fuyant le contexte politique agité de Rome, s'installe donc à Avignon. Pendant presque 70 ans, la cité provençale accueillera les souverains pontifes et s'en trouvera transformée.

 De 1309 à 1376, sept papes se succèdent à Avignon : Clément V, Jean XXII, Benoît XII, Clément VI, Innocent VI, Urbain V et Grégoire XI (on en compte parfois neuf). Ces années vont radicalement transformer la ville et la marquer d'une empreinte à laquelle elle doit encore sa renommée mondiale. L'installation du pape et de sa cour provoque une formidable augmentation de la population. Avignon devait certainement compter près de 40 000 habitants. Ce chiffre énorme pour cette époque, en faisait une des plus grandes villes d'Europe et sûrement la plus cosmopolite.

Le prestige et le faste de la papauté avignonnaise atteint son apogée sous le brillant pontificat de Clément VI (1342-1352).

La seconde partie du XIIIe siècle est une période troublée (guerre de 100 ans). En 1357 et 1360, le Comtat est dévasté et Avignon est menacée. Par deux fois le pape choisira de payer une rançon pour éloigner le danger. En plus, la peste est apparue en Europe. Les épidémies déciment régulièrement la population. La première, la peste de 1348-1349 fut la plus terrible. Les morts se comptent par milliers dans la ville. Elle est de retour en 1361, accompagnée de la famine.

 Le pape Grégoire XI, pressé par les romains, motivé par les désordres et les révoltes dans ses États Pontificaux, rentre à Rome le 17 janvier 1377 après trois mois et demi d'un épuisant voyage. Il y meurt l'année suivante, le 27 mars 1378.

Le célèbre Palais des Papes, palais fortifié à l'envergure colossale, fut édifié à partir de 1335 sous le pontificat de Benoît XII sur l'emplacement de l'ancien bâtiment épiscopal. A la fin de celui de son successeur Clément VI, en 1352, il est pratiquement terminé. Les successeurs continuent à agrandir et embellir le palais, notamment en faisant venir des artistes italiens.

 C’est le plus important palais gothique du monde : 15 000 m2 de plancher, (soit en volume 4 cathédrales gothiques) et un plan complexe. Flanquée de dix tours, la résidence papale est aussi une forteresse. Devenu prison à la Révolution,le palais sera transformé en caserne au XIXe siècle. Il faudra attendre 1906 pour que débute sa restauration.

 Visite du Palais

 Trop vaste pour tout décrire par le menu, nous nous bornerons à signaler quelques-uns des points d’intérêt principaux.

 Quelques salles : la salle des gardes, la salle du Conclave, la salle de la Grande audience  et la chambre du cerf avec ses remarquables fresques, cabinet de travail du pape.

Elles sont dues, à Matteo Giovanetti, artiste italien originaire de Viterbe mais de formation siennoise, auquel Clément VI confia la décoration murale du Palais.

 Il s’agit  du premier ensemble mural (français) parvenu jusqu'à nous. Remarquable par le naturalisme des thèmes sylvestres et les sujets profanes. Ces derniers apparaissent dans le décor mural, en Italie et en France, dès le XIIIe, mais ceux qui subsistent sont le plus souvent traités avec un esprit tout conventionnel. Ici, en revanche nous trouvons une facture, à la fois réaliste et poétique.

   

  

  

Chambre du cerf, quelques détails des fresques remarquables notamment par leurs motifs naturalistes et profanes, réalistes et poétiques.  

 

 

 

 

 

 

Signalons encore La salle du Consistoire, où se tenaient les assemblées des Cardinaux qui possède des fresques murales remarquables de Simone Martini, célèbre artiste Siennois mort à Avignon en 1344.

 Les chapelles :

 

La Grande Chapelle, dédiée aux apôtres Pierre et Paul, est édifiée par Clément VI en quatre ans malgré l'épidémie de peste.

La nef unique de 52 mètres de long sur 15 mètres de large et 20 mètres de haut est couverte de sept travées voûtées d'ogives. Elle est éclairée par quatre baies à meneau central, au Sud, et par deux fenêtres à double meneau sur chacun des murs pignons. Les fenêtres de toiles cirées, tendues sur des châssis de bois, ont été rehaussées d'arabesques de couleur rouge, jaune et verte par Matteo Giovannetti.

Au 14e siècle, les murs n'offrent pas de décoration peinte. Ce n'est qu’aux 16e et 17e siècles que les légats font peindre les armoiries des papes régnants visibles sur les murs Est et Ouest.

 

  La  Grande chapelle

 La petite chapelle St Jean, aux merveilleuses fresques qui ont conservées leurs couleurs éclatantes. Ces peintures retracent la vie de St jean Baptiste et de St Jean l'Evangéliste. On les doit, comme ci-dessus, à l'artiste italien Matteo Giovannetti.

 On admire au passage le sol carrelé du XIVème siècle au vert dominant.

                                                                                                                                Carrelage moderne, reconstitué

                                                                                                                          d’après les sols du Palais des Papes  "

 

 

 

La chapelle Saint-Martial retrace par ses peintures la vie de Saint Martial et sont l’œuvre du même Matteo Giovanetti. Les fresques que l’on trouve dans cette chapelle témoignent particulièrement du  goût de la couleur, des accents lumineux et de l’intérêt de l’artiste pour le trompe-l’œil architectural.

 

 Le cycle peint dans cette chapelle illustre en détail les pérégrinations du saint en Gaule dont il est considéré comme

l’évangélisateur, les conversions et guérisons qu’il a réalisées, sa lutte contre les idoles et les faux-témoins.

Fresques de la Chapelle Saint Martial illustrant la vie de ce saint, évangélisateur de la Gaule         

 

 

Le Palais des Papes accueille plus de 650 000 visiteurs par an et fait partie des 10 monuments les plus visités en France. Bien sûr, il doit aujourd'hui sa célébrité autant à Jean Vilar, fondateur du Festival d'Avignon en 1947, qu'à Clément VI et sa cour d'honneur est un des lieux de représentations parmi les plus célèbres de cette grande manifestation théâtrale.

 Trois vues de la Cour d’honneur du palais des Papes qui se couvre de gradins en période de festival

http://justinsomnia.org/images/palais-des-papes-cour-d-honneur-bottom.jpg 

 

 

 

 

 

Visite de la ville

Promenade à travers les petites ruelles, les divers bâtiments, monuments, églises et autres maisons anciennes

Nous passons devant les nouvelles halles avec leur  mur de verdure qui rappelle le musée du Quai Branly.

 Les nouvelles halles et leur  mur de verdure

 Super Déjeuner :

 

La guide nous laisse sur la place du Palais et nous gagnons le magnifique restaurant « Le Palais Royal » situé derrière le Palais des papes. Sa publicité : « Venez déjeuner à ciel ouvert ». Il s’agit en réalité d’un ancien cabaret qui vient d’être réouvert et qui offre le midi des repas de groupes. En guise de plafond,  une verrière. Succulent repas, souris d’agneau mémorable ! Et ambiance à la hauteur !

  La salle du restaurant « le Palais Royal »

 

 

                                               

                                                                                  Qui dit Palais Royal dit Trône, n’est-ce pas ?

                                                                                  Et qui dit Trône dit Roi.

    

                                                                                  Voici le nôtre.

                                                                                  Quel dommage qu’il ait égaré sa couronne !!!

 

  

Le Pont d’Avignon                                                       Par Micheline Azéma
                                     

La légende de SAINT BENEZET

Au tout début du "XIII" Siècle  nait la légende de Saint Bénezet : un jeune pâtre de petite taille (Benoit) vivant dans le VIVARAIS, entend une voix qui lui ordonne de construire un pont sur le RHONE à AVIGNON. Guidé par un ange ,le berger arrive en Avignon où son projet provoque les railleries des habitants. Il prouve sa bonne foi en soulevant une énorme pierre et en la portant jusqu'au Rhône. Convaincus de la VOLONTE DIVINE, les habitants s'attèlent rapidement à la tache et construisent l'édifice.

Cette légende était racontée dans les paroisses par les FRERES du PONT dans le but de récolter des fonds auprès des fidèles que l'histoire de  Saint Bénezet devait toucher.  Lorsque les offrandes se firent rares la ville prit l'entretien du pont à sa charge.

 

BENEZET a vraiment existé ,il est mort en 1184 et ne put  voir l'achèvement du pont un an plus tard. Il fonda l'ordre des FRERES du PONT qui n'étaient pas constructeurs mais récoltaient des fonds, apportant ainsi des bienfaits aux malades et aux miséreux.


Le pont fut commencé en 1177. Long de 920 mètres, il comportait 22 arches et mesurait 4 mètres de large. Cet édifice imposant que l'on appela LA MERVEILLE DU TEMPS a donc été construit en seulement 8 ans jusqu'en 1185.

 L'étroitesse du pont contredit la célèbre chanson "sur le pont d'Avignon", on ne pouvait pas y "danser en rond". Il semble que l'on ait dansé sous le pont  lorsqu'une auberge s'était établie sur l'ile de BERT HELASSE au pied d'une arche.

Avant le pont, on traversait le Rhône en barque, et ce fleuve que l'homme n'avait pas encore domestiqué rendait la traversée quelquefois périlleuse. ARLES ayant perdu son pont antique, celui d'Avignon devint le seul traversant le Rhône  entre Lyon et la Mer. La ville attira voyageurs, marchands et industriels et se développa rapidement grâce aux revenus générés par les péages. Nul doute que  ceci influença le PAPE lorsqu’il pencha en faveur d'Avignon pour s'y installer au XIV e Siècle.

En 1226 le pont est détruit en partie après le siège d'Avignon par le ROI de FRANCE  LOUIS VIII ,mais il est rapidement reconstruit par les Avignonnais.

Du précédent pont ne subsiste aujourd'hui que la chapelle dite basse car le tablier du second pont fut surélevé ; la chapelle SAINT NICOLAS dite chapelle supérieure est construite sur le nouveau tablier.

Au XVIIe siècle le pont est abimé il exige des réparations constantes bientôt trop onéreuses ; les arches de pierres emportées par les crues sont  remplacées par des passerelles de bois, puis le pont est abandonné. En 1674 ses dernières arches menaçant de s'écrouler, on déplace les reliques de Saint Bénezet de la chapelle Saint Nicolas vers l'église
des Célestins.

 Il reste aujourd'hui quatre arches, consolidées au XIX" siècle, avec la chapelle Saint Nicolas dédiée à la confrérie des Nautoniers. Il est une  icône d'Avignon. Sa célébrité lui apporte de
nombreux visiteurs chaque année, dont – et non les moindres -  l'AAESD en octobre 2008.

Et pour conclure, quelques photos témoignant de la convivialité de nos repas :

 

  

 Nous avons eu le plaisir de la visite de

                Georges Bernard, venu en voisin passer

les soirées avec nous à l’hôtel.