COMPTE-RENDU DE NOTRE VOYAGE
du Mardi 7 au Vendredi 10 Octobre 2008

Emblème de la ville de Nîmes : le Crocodile
Ont
participé au voyage :
Mmes Davideau, Etinzon, Nottellet,
Puel, Thomas, Touroude
Mmes et MM. Azéma, Laîné, Noé, Monmouton, Rogueda, Rulence et
Jacqueline Mareix,
MM. Béchère, Le Liboux,
Ce tour de 50 minutes nous donne un aperçu des monuments principaux,
antiques ou non, très célèbres ou moins connus. Citons pêle-mêle : les
arènes, la maison carrée, la tour Magne aperçue par delà les Jardins de la
Fontaine, le Castellum qui recevait les eaux apportées d’Uzès par l’aqueduc
romain, la Porte d’Auguste, le tracé des remparts romains, et aussi la maison
d’Alphonse Daudet, quelques ruelles de la vieille ville avec leurs magnifiques
façades, les Halles et les rues commerçantes
Puis, pour le déjeuner, nous faisons connaissance
de notre hôtel Campanile. Correct, rien à dire. C’est là que l’ensemble du
groupe découvre la mauvaise nouvelle du jour : l’un d’entre nous a oublié
sa « banane » dans le train. Cette pochette contenait documents
d’identité, argent liquide, carte de crédit, téléphone portable, clés de la
maison, bref TOUT ! Elle ne sera
pas retrouvée et le propriétaire passera tout le restant de la journée à
prendre des dispositions. Quelle tuile !
Les Arènes : "
Il
s’agit un amphithéâtre elliptique, de 133 m de longueur et 101 m de large sur 20
mètres de haut. 24.000 personnes pouvaient y prendre place (17.000 aujourd’hui)
qui, en cas de besoin, pouvaient être évacuées en 10 minutes (A titre de
comparaison signalons les dimensions du Colisée de Rome soit 155 m sur 87 m de
long et 50 m de hauteur et double contenance.)
Bel
édifice bien conservé comportant une soixantaine d’arcades, les arènes ont été
construites deux siècles après la conquête romaine (tous les amphithéâtres sont
tardifs) soit à la fin du premier siècle de notre ère. Témoin de la grandeur et
du rayonnement de la ville, son but est d’offrir à la population les jeux du
cirques, courses de chars et combats de gladiateurs.
La structure ne permet pas le mélange des classes. Les Patriciens en
bas, la plèbe au-dessus, les femmes - non citoyennes - reléguées tout en
haut !!! et aucun moyen de communication.
A
noter : ces arènes comportent l’unique dispositif antique connu
anti-inondation.
Nous
nous installons sur les meilleures places – celles des patriciens biens sûr, et
écoutons les explications de Sophie.
←
Après
la chute de l’empire romain l’amphithéâtre servira d’abord de forteresse, puis
à la fin du moyen âge y seront aménagés des logements pour les pauvres (jusqu’à
2000 personnes). C’est Napoléon qui le fit libérer. Les arènes seront
restaurées et, dès 1813, rendues à leur vocation de spectacle.

Promenade
dans le vieux centre de Nîmes en direction de la Maison Carrée. Superbes
façades ; on passe trop vite ! Arrêt à la Mairie, devant un plan de
la ville médiévale (1/7 seulement de la ville romaine). Au plafond d’un
majestueux escalier : 4 crocodiles empaillés du 16e au 18e
siècle. Surprenant !
Plafond auquel sont
suspendus quatre crocodiles empaillés
"
Le
Crocodile est l’emblème de la ville. Le symbole vient d’une monnaie romaine
découverte au 16e siècle représentant un crocodile enchaîné à une
palme. Elle commémorait la bataille d’Actium (victoire romaine sur l’Egypte en
31) mais la ville en ignorait la signification et en a fait son emblème. Il est
partout dans la ville.
|
|
Médaille romaine d’origine |
Présentation
moderne telle |
C’est
Auguste qui l’institua au début du 1er siècle de notre ère. Déjà Jules César,
juste avant, avait développé autour de lui une légende de divinité prétendant
descendre de Vénus et d'Énée.
Dès le début de l'Empire, Auguste accentue la tendance et met en place le culte
impérial. Pour cela, il fait diviniser César
et ainsi, en tant que son héritier, il s'élève au-dessus de l'humanité. Le but
était de faire respecter le pouvoir de Rome
à travers un empereur divinisé.
Rappelons
que les chrétiens furent persécutés pour avoir refusé de pratiquer ce culte
impérial.


La
Maison carrée Nettoyage
en cours, la pierre
Façade et côté retrouve
sa blancheur initiale
Nous
poursuivons notre promenade en ville, longeant de magnifiques douves et
fontaines qui nous mènent jusqu’aux Jardins de la Fontaine fermés par de
superbes portails.
Créés au XVIIè siècle sur l’ emplacement d'un site datant d’avant
l’empire romain, les Jardins de la
fontaine sont les
premiers
jardins publics dans l'histoire de France et parmi les premiers d'Europe. Bien
plus qu’un simple parc cet endroit nous fait remonter à la source – au sens
propre – de la création de la ville de Nemausus, nom antique de
la ville de Nîmes d’après celui du génie
des eaux devenu dieu tutélaire de la cité.
Une
autre légende nous rapporte qu’Hercule y aurait conçu son fils, le dieu
Nemausus, qui donna son nom à la ville. Quoiqu’il en soit, déjà avant l’empire
romain les habitants venaient à cette source puiser leur eau et eurent vite
fait de la diviniser.
Les romains y bâtirent un complexe comprenant des sanctuaires, des bains et un théâtre antique (ce dernier existe toujours mais est fermé au public). Des sanctuaires romains, ne subsiste que le Temple de Diane sur lequel on sait peu de choses et l’attribution à Diane n’a rien d’historique.
Les jardins de la
Fontaine :
le bassin où se trouve la source
et au fond, le temple de Diane
Il
semblerait qu'il s'agisse d'une basilique construite par l'empereur Hadrien et
destinée à l'adoration des principales divinités romaines. Au Moyen-âge et au
début de la Renaissance, l'édifice fut occupé par des religieuses mais fut
ensuite pillé et ruiné durant les guerres de religion à la fin du XVIè siècle.


Deux vues des jardins de la Fontaine, bassins, arbres,
allées et sculptures.
La Tour Magne
« Gall, amant
de la reine, alla, tour magnanime,
Galamment
de l'arène à la tour Magne, à Nîmes ».
Célèbres vers dits holorimes, attribués soit à Henri Monnier (dramaturge, caricaturiste et acteur français contemporain de Victor Hugo)
soit à Victor Hugo lui-même
L'ascension vers le mont Cavalier - une vingtaine de minutes de
grimpette - nous mène vers la Tour Magne à travers les charmants sentiers de la
partie haute des jardins, plus sauvage que le parc bas.
Plantée
au sommet, au point le plus haut de la ville, la tour Magne est le plus
remarquable vestige de la puissante enceinte de Nîmes élevée en 15 avant JC.
Elle faisait partie à l'origine d'un rempart préromain et fut simplement
renforcée et surélevée sous Auguste.
Haute de 34 m, on y accède par un escalier intérieur de 140 marches.
Arrivés au pied de cet escalier se pose la question : quels sont
les courageux ? Finalement nous sommes un bon groupe à entreprendre
l’escalade un peu vertigineuse car l’étroit escalier en colimaçon (moderne dans
sa plus grande partie) surplombe le vide par endroits. Mais nous avons le
plaisir de découvrir un superbe panorama. Monsieur Béchère se fait prendre en
photo pensant que personne ne le croira s’il n’est pas en mesure de fournir une
preuve !
Au sommet de la Tour
Magne. "
Histoire de prouver
qu’on y était !
Mercredi 8 Octobre 2008
8 h 30, le car quitte le Campanile en prenant le
périphérique de Nîmes, direction Anduze. Il y a de la circulation car il pleut
légèrement et tout le monde utilise sa voiture. Le Gardon est omniprésent. Le
chauffeur du car nous montre, en passant, les nombreux réservoirs de stockage
des eaux destinés à freiner ses débordements. Il est vrai que, très capricieux,
il a causé de très graves inondations il y a quelques années. Bientôt beaucoup
de vignes à partir de Cardet. On produit du vin blanc, rouge et rosé.
Incontestablement les vignerons se battent pour produire un vin de qualité à un
prix compétitif et ils y arrivent ! Au fond on aperçoit les Cévennes avec
Alès et les anciennes mines de charbon. On s’approche d’Anduze, porte des
Cévennes, très célèbre pour ses poteries et sa bambouseraie.
La Bambouseraie de
Prafrance à Anduze est la plus importante d’Europe. Elle présente dans un parc de 40 hectares plus
d’un million de bambous (mais pas seulement) répartis en une soixantaine
d’espèces et de variétés différentes.
Certains
spécimens atteignent plus de 20 mètres de haut.
Ce lieu culte des amateurs de bambous attire plus de cinquante mille visiteurs tous les ans, dont nous même sous la pluie !
L’aménagement
de Prafrance débute en 1855. Le lieu bénéficie d’un microclimat favorable à son
projet, il construit les canaux d’irrigation essentiels pour la croissance des
végétaux choisis.
Il commence ses premières
plantations en 1856 en essayant
d’acclimater des espèces exotiques en provenance du Japon, d’Amérique du Nord
et de la région himalayenne.
Si
des hivers rudes qui détruisent certains arbres délicats, lui font subir
quelques échecs, les bambous, par contre, résistent et prospèrent.
Cependant
des revers de fortunes entrainent sa faillite. Ses biens hypothéqués et, séparé
de son œuvre, il meurt à Marseille en 1890.
Entouré
de responsables du jardin botanique de Montpellier et d’un ancien jardinier
d’Eugène Mazel, il reprend une à une les collections et multiplie les espèces
d’arbres et d’arbustes tout en créant une pépinière commerciale pouvant pallier
le coût d’entretien de la propriété.
En
1960 il meurt dans un accident de voiture. Son épouse Janine Nègre poursuit sa tâche et en 1977 lègue le domaine à sa
fille Muriel qui, avec son mari, ingénieur horticole, en assure le
développement.
Si
les bambous fascinent tant les Européens, c’est peut-être parce que l’Europe
est le seul continent où le bambou n’est pas une plante indigène. Toutes les
espèces qui y poussent ont été importées, il y a 200 ans pour les plus
anciennes.
Les tiges
peuvent pousser de 1 mètre en 24 heures
et atteindre 40 mètres de haut en
quelques mois. Elles allient la solidité d’un arbre à la flexibilité d’un
jonc. On ignore pourquoi certaines
espèces fleurissent brutalement après 10 ans, 20 ans, 80 ans ou même seulement
au bout de plus d’un siècle. Les feuilles ont la finesse des poils de pinceau.
← Forêt de
bambous
L’allée d’entrée : notre guide, jeune et compétent, nous conduit dans un
gigantesque univers qui nous mène à "la ferme". Le choc est
immédiat : nous sommes transportés en Asie dans une imposante foret de
bambous rectilignes Cette variété de bambou, le phyllostachys sulphurea
pousse à l’état naturel dans le sud-est de la Chine. Bientôt nous avons
l’impression de changer de continent : nous découvrons les séquoias
plantés par Eugène Mazel vers 1860. Ce sont sans doute les plus vieux de France
mais ils sont très jeunes, comparés à ceux, multimillénaires, recouvrant à
l’état sauvage, le versant pacifique de la Sierra Nevada, en Californie et
Oregon.
Le village laotien :
A mi-chemin de l’allée d’entrée, un village asiatique,
entièrement construit par un membre du personnel, d’origine laotienne et son
équipe, restitue fidèlement au détail près, l’architecture et la décoration de l’habitat traditionnel
laotien. Les plantations qui entourent le village s’inspirent aussi de la
réalité asiatique.

La ferme : L’allée d’entrée aboutit à "la ferme", une vieille bâtisse cévenole. Elle date du
XVème siècle. Sa hauteur inhabituelle
l’a préservée des crues du Gardon. Une trace de la grande crue de 1958 est
visible sur le coté gauche de la façade.
←
Sur le mur de la ferme le rappel de la hauteur des crues

Le
sculpteur et paysagiste français, Erik Borja, a imaginé ce vallon où l’eau du
Gardon dessine la forme de l’animal mythique : le Dragon. Les berges du
vallon, bordées de rochers, sont plantées d’érables japonais, de conifères
taillés en nuages, ainsi que de bambous nains. Le souffle du Dragon, que
dessine une mini pièce d’eau, est enjambé par le Pavillon du Phoenix
rouge construit en bois, dans le style japonais. Une invitation à la
contemplation en toute sérénité.
L’allée des palmiers de Chine : cette allée est le second axe historique de la
bambouseraie. Depuis des siècles, les fibres de leurs troncs sont utilisées
pour tresser des cordages, fabriquer des brosses, tisser des vêtements
imperméables ou encore pour rembourrer les matelas. Les jeunes feuilles servent
à confectionner des éventails et des chapeaux. Les bourgeons floraux, enfin,
sont comestibles et consommés à la façon des pousses de bambous.
Pouvant
résister au froid (jusqu’à -18 °C) Le Trachycarpus fortunei fait partie
des deux ou trois espèces de palmiers cultivables pratiquement dans toute la
France.
Les serres Mazel : en 1860, Eugène Mazel entreprend la
construction de serres dotées d’une armature de fer en forme d’ogive surbaissée
reposant sur des murets de pierre. Les serres de Prafrance témoignent de
l’engouement pour les plantes tropicales qui saisit l’Europe dans la seconde
moitié du XIXème siècle.
Entrée de
la gare, le long des bambous "
Le petit train des Cévennes par
Anne-Marie NOE
Le trafic marchandises cesse
en 1971 avec la fermeture de la ligne.
Nous longeons une carrière
devant laquelle serpente le Gardon.
Quelques maisons isolées se
laissent admirer avec leurs jardins en terrasse.
Le Petit train des Cévennes : « dehors
et dedans » !
Avant d'arriver au terminus
nous traversons une forêt de châtaigniers.
Le voyage s'achève à St Jean
du Gard ou nous attend un déjeuner pantagruélique.
Le musée du Désert par Jeanne Rogueda
Notre
groupe se dirige vers le restaurant « Les Bellugues » (les étincelles
du feu de bois) où la qualité des mets et la chaleur des lieux et du personnel
nous font oublier le ciel gris et l’humidité.
Rappelons que Innocent III déclenche pour combattre « les bons chrétiens » nommés les Cathares en France, la Croisade des Albigeois en 1208. Puis vient
l’Inquisition en Espagne 1231-1233.
En
1517 Luther dénonce la pratique des indulgences et préconise que le salut
éternel est obtenu par la foi seule, non par les œuvres.

Reproduction
de ce que pouvait être au XVIII° siècle, une veillée cévenole.
Au
centre de la veillée, la lecture de la Bible, malgré les peines très lourdes
qui la sanctionnaient. L’aïeul fait la lecture tandis que l’une des jeunes
filles surveille les abords.
A
la suite de cette mesure 200.000 réformés (entre autres, savants, artisans,
officiers et commerçants dans l’ensemble aisés) quittent la France et
s’installent en Angleterre, dans les Provinces- unies. Mais en Languedoc et
dans les Cévennes et le Vivarais les protestants pour la plupart paysans avec
peu de moyens sont obligés de s’organiser sur place.
L’arrière pays cévenol montagneux, pourvu de grottes,
de forêts profondes et de bergeries
favorisera la clandestinité. Dès
1686,les protestants s’assemblent, la nuit en des lieux isolés qu’ils nomment
le « Désert » faisant ainsi référence à la fuite des Hébreux d’Egypte vers le mont Sinaï. Ces
paysans et artisans cévenols, convertis sous la contrainte des dragonnades
s’assemblent sous la conduite de laïcs (cardeurs de laine ou tisserands),
sachant à peine lire et écrire ; ils prêchent, baptisent, célèbrent la
Cène, suivant les « Liturgies
pour les chrétiens privés de pasteur ». Ils viennent aux rassemblements
(interdits par le roi) armés afin de faire face aux assauts des militaires
envoyés par le pouvoir pour les disperser. Lorsqu’ils sont arrêtés ils sont
envoyés aux galères pour les hommes et en prison à Aigues-Mortes pour les
femmes et les enfants. Les prédicants sont exécutés et en 1700, ils sont
pratiquement éliminés.
← Chaire fabriquée dans un tonneau à grain,
Le combat en faveur de la tolérance mené par les Jansénistes et les
philosophes des Lumières porte peu à peu ses fruits. En 1768 à Aigues-Mortes,
les dernières prisonnières de la Tour de Constance, dont Marie Durand sont
délivrées. C’est cette dernière qui grava dans la pierre de sa prison, le
célèbre « RESISTER ». Ce mot sera repris au cours de la
seconde Guerre Mondiale pour désigner les opposants au régime de l’Occupation
(RESISTANCE). « Résister » gravé dans la pierre par
Le
Musée du Désert, inauguré en 1911, relate ces sanglants épisodes à
l’aide de peintures, lithographies, textes et cartes géographiques.
L’exposition comporte également des meubles à double fond, des chaires repliables, des ciboires, des croix démontables pour être dissimulés rapidement.
Cette
guerre civile a coûté la vie à 12 000 hommes, 2 500 insurgés tenant
en échec 25 000 soldats royaux pendant deux ans.
-
ils portaient une longue chemise blanche ou camiso,
-
ils attaquaient la nuit à l’heure de la camisade.
-
ils empruntaient des chemins (camins en occitan) pous se regrouper.
«
Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur
manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par le Roy. »
Le temps est encore gris pour quitter Nîmes et
emprunter la route départementale à travers la garrigue ; celle-ci laisse
la place aux champs d’oliviers, à la vigne. Traversons REMOULINS ,
capitale de la cerise. En moins d’une
heure, nous sommes sur le site, grand espace naturel piétonnier, aménagé,
balisé et cultivé.
Le
pont n’est pas encore visible : une petite marche dans cette nature
préservée et nous voici au pied de cet « impressionnant »
ouvrage au milieu d’un espace de 170 ha de garrigue protégés.
Françoise Laîné « au boulot » malgré la
pluie ;
-
C’est l’un des
sites de la région les plus visités avec les Baux de Provence et classé en 1995
au Patrimoine Mondial de l’Unesco
-
Reçoit 1,2
million de visiteurs par an dont 40% d’étrangers
-
Le Pont du Gard,
long de 130 m représente l’élément principal de l’aqueduc romain qui conduisait
l’eau d’Uzès à Nîmes, sur un parcours de 50 km
-
Il se dresse sur
une hauteur de 49 m ce qui en fait le
plus haut des ponts aqueducs romains. Au pied de ce géant de pierre, le
Gardon semble bien modeste !
L’aqueduc romain cesse vraisemblablement d’être utilisé vers le IXe
siècle car la population de Nîmes et des environs s’est considérablement
réduite après la chute de l’Empire romain et les nombreuses invasions barbares.
Le
pont comprend trois niveaux d’arches. Le 1er et le 2e
niveaux sont constitués respectivement de 6 et 11 arches dont la largeur varie de
15.50 à 24.50 m. Le 3e niveau, long
de 490 m constitué de 47 arches (dont 12
ont été détruites au Moyen âge) est le support
du canal.
L’accès du canal en est fermé, sauf pour les visites guidées. Quelques
marches depuis le pied du 3e niveau et nous pénétrons dans cette
conduite, à l’origine entièrement fermée pour protéger l’eau. De nos jours,
elle a été aménagée par du béton au sol et des ouvertures. Sa hauteur est de
1,90 m pour une largeur de 1,40m ; parfois très étrécie à cause des
couches de calcaire accumulées.
Entrée du
conduit d’eau dans lequel nous
l’acqueduc.
←
Hauteur 1,90 m - largeur de 1,40m
Inutile
de préciser combien la vue est extraordinaire ! Nous apercevons au loin
Castillon du Gard.
Au temps de César elle appartenait à la Provincia Romana et se
nommait UCECIA ou UCETIA ; elle figure parmi les 80 oppida qui
protégeaient NEMAUSUS (Nîmes). Lorsque cette dernière devint une ville
importante de la Narbonnaise, les Romains cherchèrent d’autres sources
d’alimentation en eau. Ils trouvèrent au pied d’Uzès les fontaines d’Eure de
d’Airain ( ?). C’est de là que partait un aqueduc de cinquante kilomètres,
construit sur ordre de l’empereur Auguste, aux
environs de l’an XX de notre ère pour alimenter Nîmes en eau potable. Il ne subsiste, de nos jours que
quelques tronçons en ruine de cet ouvrage, mais le Pont du Gard en est le plus
éminent vestige. Dès le IIIème siècle
Uzès devient chrétienne. En l’an 920, elle intègre le royaume franc. Au XIIème
siècle. Uzès embrasse la dissidence
cathare. C’est Louis IX qui réunit une
partie de la seigneurie d’Uzès et l’administration de la ville est partagée par
trois co-seigneurs : le roi,
l’évêque et le viguier (magistrat chargé des affaires de justice au nom du roi et du comte). Au XIVème
siècle la fidélité de Robert Ier d’Uzès envers Philippe de Valois, qu’il soutint lors de la
guerre des Flandres, valut au premier le titre de vicomte. En 1 486 Symone
d’Uzès, seule héritière de la vicomté
épouse Jacques Crussol, qui demeure de nos jours le patronyme du Premier Duc de
France.
L’architecture
est le domaine par excellence où se manifeste le progrès des tendances
nouvelles, et la paix revenue engendre la prospérité.

-
l’hôtel Aubazit dont on admire les
balcons ceinturés de rampes en fer forgé,
-
l’hôtel Verdier-Allut
et sa longue façade percée de
fenêtres à meneaux, la porte cochère est en plein cintre à bossages
chanfreinés.
- L’hôtel
Pontanel,
porte typique de l’architecture Louis XIII
- La rue et la
fontaine Saint-Théodorit, rue en forte pente, très
étroite. La fontaine, protégée par une grille dont l’enceinte est de facture
grecque.
- L’hôtel du
diocèse civil, ancien hôtel de ville avec un portail d’entrée en ferronnerie,
- L’hôtel des
monnaies –
Les évêques eurent pendant des siècles le droit de battre monnaie.
- L’hôtel du
baron de
Castille dont la façade du XIXème siècle
est ceinturée de doubles colonnes en pierre de pays.
- Le Palais épiscopal, commencé en 1 671
présente lui aussi une superbe porte en ferronnerie.

←Vue
sur la ville d’Uzès à partir de la
cour du Palais
La
Tour Fenestrelle "
De style roman, placée à côté de l’église, à la manière d’un
campanile italien
Son soubassement est un
carré de 10 mètres de hauteur , puis sa forme devient cylindrique et s’élève sur six étages, dont chacun est en
retrait sur l’étage inférieur Il mesure 42 mètres ; Chaque étage est
composé de portiques supportés par des colonnes, percées à jour et dont
l’intervalle est occupé par des arcatures de plus petite dimension, retombant
elles-mêmes sur de gracieuses
colonnettes, le toit en forme d’éteignoirs est couvert de tuiles vernissées.
Les six étages sont séparés dans leur partie haute par une corniche à dent
d’engrenage.

Un
lycée des métiers d’art, un centre hospitalier, des casernes, une réglisserie,
l’usine Harribo, et jusqu’en 2006, la dernière usine des bas Weill. Un Haras
National a été implanté et il a en
charge toutes les opérations animales du grand sud-est.
Par
contre excellent repas dans une salle ancienne.
Vendredi 10 Octobre : Avignon
Le Palais des Papes par Eliane Etinzon
Le choix d'Avignon comme lieu de résidence permanent (1309 – 1378) est dû
essentiellement à des considérations politiques. Le pape ne veut plus résider
dans une Rome déchirée par des clans rivaux, en proie à des émeutes
quasi-permanentes. Depuis le Schisme entre Église d'Orient et Eglise d'Occident
(1054), Rome se trouve excentrée par rapport au centre de la chrétienté
catholique dont les royaumes de France et d'Angleterre sont les deux grandes
puissances rivales.
Le prestige et le faste de la papauté avignonnaise atteint son apogée sous le brillant pontificat de Clément VI (1342-1352).
La seconde partie du XIIIe siècle est une période troublée (guerre de 100 ans).
En 1357 et 1360, le Comtat est dévasté et Avignon est menacée. Par deux fois le
pape choisira de payer une rançon pour éloigner le danger. En plus, la peste
est apparue en Europe. Les épidémies déciment régulièrement la population. La
première, la peste de 1348-1349 fut la plus terrible. Les morts se comptent par
milliers dans la ville. Elle est de retour en 1361, accompagnée de la famine.
Le célèbre Palais des Papes, palais fortifié à
l'envergure colossale, fut édifié à partir de 1335 sous le pontificat de Benoît
XII sur l'emplacement de l'ancien bâtiment épiscopal. A la fin de celui de son
successeur Clément VI, en 1352, il est pratiquement terminé. Les successeurs
continuent à agrandir et embellir le palais, notamment en faisant venir des
artistes italiens.
Elles sont dues, à Matteo Giovanetti, artiste
italien originaire de Viterbe mais de formation siennoise, auquel Clément VI
confia la décoration murale du Palais.
Il s’agit
du premier ensemble mural (français) parvenu jusqu'à nous. Remarquable par le naturalisme des thèmes
sylvestres et les sujets profanes. Ces
derniers apparaissent dans le décor mural, en Italie et en France, dès le
XIIIe, mais ceux qui subsistent sont le plus souvent traités avec un esprit
tout conventionnel. Ici, en revanche nous trouvons une facture, à la fois
réaliste et poétique.

Chambre du cerf, quelques détails
des fresques remarquables notamment par leurs motifs naturalistes et profanes,
réalistes et poétiques.
Signalons encore La salle du Consistoire, où se tenaient les assemblées des Cardinaux qui possède des fresques murales remarquables de Simone Martini, célèbre artiste Siennois mort à Avignon en 1344.
La Grande Chapelle, dédiée aux apôtres Pierre et Paul, est
édifiée par Clément VI en quatre ans malgré l'épidémie de peste.
La nef unique de 52 mètres de long sur 15 mètres de large et 20 mètres de haut est couverte de sept travées voûtées d'ogives. Elle est éclairée par quatre baies à meneau central, au Sud, et par deux fenêtres à double meneau sur chacun des murs pignons. Les fenêtres de toiles cirées, tendues sur des châssis de bois, ont été rehaussées d'arabesques de couleur rouge, jaune et verte par Matteo Giovannetti.
Au 14e siècle, les murs n'offrent pas de décoration
peinte. Ce n'est qu’aux 16e et 17e siècles que les légats font peindre les
armoiries des papes régnants visibles sur les murs Est et Ouest.
←
La Grande chapelle
La petite chapelle St
Jean, aux merveilleuses fresques qui ont conservées leurs couleurs
éclatantes. Ces peintures retracent la vie de St jean Baptiste et de St Jean
l'Evangéliste. On les doit, comme ci-dessus, à l'artiste italien
Matteo Giovannetti.
On admire au passage le sol carrelé du XIVème siècle au vert dominant.
Carrelage moderne, reconstitué
d’après les sols du Palais des
Papes "
La chapelle Saint-Martial retrace par ses peintures la vie de Saint Martial et sont l’œuvre du même Matteo
Giovanetti. Les fresques que l’on trouve dans cette chapelle témoignent
particulièrement du goût de la couleur, des accents lumineux et de
l’intérêt de l’artiste pour le trompe-l’œil architectural.
l’évangélisateur, les conversions et guérisons qu’il a réalisées, sa lutte contre les idoles et les faux-témoins.
Fresques de la Chapelle Saint Martial illustrant la vie de ce saint, évangélisateur de la Gaule
Le
Palais des Papes accueille plus de 650 000 visiteurs par an et fait partie des
10 monuments les plus visités en France. Bien
sûr, il doit aujourd'hui sa célébrité autant à Jean Vilar, fondateur du
Festival d'Avignon en 1947, qu'à Clément VI et sa cour d'honneur est un des
lieux de représentations parmi les plus célèbres de cette grande manifestation
théâtrale.



Visite de la ville
Promenade à travers les petites ruelles, les divers
bâtiments, monuments, églises et autres maisons anciennes
Nous passons devant les nouvelles halles avec leur mur de verdure qui rappelle le musée du Quai
Branly.

La guide nous laisse sur la place du Palais et nous
gagnons le magnifique restaurant « Le Palais Royal » situé derrière
le Palais des papes. Sa publicité : « Venez déjeuner à ciel
ouvert ». Il s’agit en réalité d’un ancien cabaret qui vient d’être réouvert
et qui offre le midi des repas de groupes. En guise de plafond, une verrière. Succulent repas, souris d’agneau
mémorable ! Et ambiance à la hauteur !

Qui
dit Palais Royal dit Trône, n’est-ce pas ?
Et
qui dit Trône dit Roi.
Voici le nôtre.
Quel
dommage qu’il ait égaré sa couronne !!!
Le Pont d’Avignon Par Micheline Azéma
La
légende de SAINT BENEZET
Au tout début du "XIII" Siècle nait la légende de Saint Bénezet
: un jeune pâtre de petite taille (Benoit) vivant dans le VIVARAIS, entend une
voix qui lui ordonne de construire un pont sur le RHONE à AVIGNON. Guidé par un
ange ,le berger arrive en Avignon où son projet provoque les railleries des
habitants. Il prouve sa bonne foi en soulevant une énorme pierre et en la
portant jusqu'au Rhône. Convaincus de la VOLONTE DIVINE, les habitants
s'attèlent rapidement à la tache et construisent l'édifice.
Cette légende était racontée dans les
paroisses par les FRERES du PONT dans le but de récolter des fonds auprès des
fidèles que l'histoire de Saint Bénezet devait toucher. Lorsque les
offrandes se firent rares la ville prit l'entretien du pont à sa charge.
BENEZET a vraiment existé
,il est mort en 1184 et ne put voir l'achèvement du pont un an plus tard.
Il fonda l'ordre des FRERES du PONT qui n'étaient pas constructeurs mais
récoltaient des fonds, apportant ainsi des bienfaits aux malades et aux
miséreux.
Le pont fut commencé en 1177. Long de 920 mètres, il comportait 22 arches et
mesurait 4 mètres de large. Cet édifice imposant que l'on appela LA MERVEILLE
DU TEMPS a donc été construit en seulement 8 ans jusqu'en 1185.
L'étroitesse du pont contredit la célèbre chanson "sur le pont
d'Avignon", on ne pouvait pas y "danser en rond". Il semble que
l'on ait dansé sous le pont lorsqu'une auberge s'était établie sur l'ile
de BERT HELASSE au pied d'une arche.
Avant le pont, on
traversait le Rhône en barque, et ce fleuve que l'homme n'avait pas encore
domestiqué rendait la traversée quelquefois périlleuse. ARLES ayant perdu son
pont antique, celui d'Avignon devint le seul traversant le Rhône entre Lyon et la Mer. La ville attira
voyageurs, marchands et industriels et se développa rapidement grâce aux
revenus générés par les péages. Nul doute que
ceci influença le PAPE lorsqu’il pencha en faveur d'Avignon pour s'y
installer au XIV e Siècle.
En 1226 le pont est détruit en partie après le siège d'Avignon par le ROI de
FRANCE LOUIS VIII ,mais il est rapidement reconstruit par les
Avignonnais.
Du précédent pont ne subsiste aujourd'hui que la chapelle dite basse car le
tablier du second pont fut surélevé ; la chapelle SAINT NICOLAS dite chapelle
supérieure est construite sur le nouveau tablier.
Au XVIIe siècle le pont est abimé il exige des réparations constantes bientôt
trop onéreuses ; les arches de pierres emportées par les crues sont
remplacées par des passerelles de bois, puis le pont est abandonné. En 1674 ses
dernières arches menaçant de s'écrouler, on déplace les reliques de Saint Bénezet
de la chapelle Saint Nicolas vers l'église des Célestins.
Il reste aujourd'hui quatre arches, consolidées au XIX" siècle, avec
la chapelle Saint Nicolas dédiée à la confrérie des Nautoniers. Il est
une icône d'Avignon. Sa célébrité lui apporte de
nombreux visiteurs chaque année, dont – et non les moindres - l'AAESD en octobre 2008.
Et pour conclure, quelques photos témoignant de la convivialité de nos repas :

Nous avons eu le plaisir de la visite de
Georges Bernard, venu en voisin passer
les soirées avec nous à l’hôtel.


