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      SEPTEMBRE 2009   81

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COMPTE-RENDU DE LA JOURNEE PACA

du samedi 13 juin 2009 à

lourmarin

 

  par André Demey

 

 

                                     Mmes                         Crueize, Etinzon, Mareix, Puel

                                     MM. et Mmes           Barchietto, Castelli-Pochon, Demey, Déo, Dumas, Krebs, Le Mouel

                                     MM.                           Bernard, Colonges, Louet, Rulence, Sarre

 

(N.B. : Louis Laporte et son épouse ont du se décommander à la toute dernière minute, ce sera bon pour la prochaine fois.)

 

 

Par une journée radieuse, sous une "tempête de ciel bleu", ce rassemblement amical s'est déroulé dans la bonne humeur et ponctuellement (bravo à ceux qui se levèrent tôt pour partir à 6h30).

 

Guidés par Samuel, sympathique guide, nous avons tout d'abord visité le château de Lourmarin.

 

Situé dans le Luberon, il commandait le passage entre le Sud et le Nord du massif pour la route du sel. Ce passage, appelé Combe de Lourmarin (ou Combe des brigands, lesquels "taxaient" les convois de sel) permettait d'accéder à APT.

 

 

 

 

 

Premier château Renaissance de Provence, logis campagnard à ses débuts, il s'articule en deux corps de bâtiment étroitement imbriqués, le "Château Vieux" et le "Château Neuf" reliés par un superbe escalier a vis contenu dans une haute tour carrée (donjon).

 

Il doit son existence à la famille d'AGOULT. Edifié à partir de 1480, il fut complété en 1525 par une tour à bossage pourvue de canonnières par Louise d'Agoult et son fils.

 

 

 

Après bien des vicissitudes entre le 17ème et le 19ème siècle, au cours desquels aucun changement notoire ne fut apporté à la construction, il commence à tomber en ruines et échappe, en 1921, à une complète destruction, grâce à un mécène, Robert Laurent-Vibert (héritier de la Société Pétrole Hahn) Celui-ci, achète le Château et entreprend une restauration totale, et le meuble.

 

Légué en 1925 à l'Académie des Sciences, Sites et Belles Lettres d'Aix en Provence, il devient par le biais de la Fondation Robert Laurent-Vibert (dès 1927) la "Villa Médicis de Provence" en accueillant chaque été des activités et chercheurs pendant un mois.

 


 

Le philosophe Jean GRENIER qui fit découvrir Lourmarin à son élève Albert CAMUS figure dans la liste des pensionnaires de la fondation.

 

Avant de passer à la visite proprement dite, il faut signaler que le village fut décimé par la peste et soumis à plusieurs pillages (14ème siècle), et qu'il resta pratiquement inhabité pendant un siècle avant l'arrivée de familles vaudoises (originaires du Piémont) qui, attirées par des contrats avantageux participèrent au redéploiement démographique et économique de la région avant d'être décimées dans les années 1540 (pour cause de protestantisme, mais ceci est une autre histoire).

N.B. à signaler que l'on retrouve en Afrique du Sud une carte avec l'origine des émigrants et les villages de cette région y figurent en bonne place.

 

La visite commença comme il se doit par le rez de chaussée, en l'occurrence par la cuisine. Cette pièce (immense), construite par Louise d'Agoult, serait le point d'appui entre la partie médiévale et renaissance du Château : un mobilier provençal et des faïences participent à la mise en valeur du lieu.

 

Empruntant l'escalier à vis (bordé en partie haute d'une fresque aux nombreux détails et de sculptures dans les angles), on accède à la sallestre (pièce d'apparat du château) dont le sol est revêtu par des carreaux récupérés au cours de la restauration (ils ont environ 500 ans).

 

Cette salle servait aux réceptions seigneuriales ainsi qu'aux bals. A signaler une cheminée monumentale ornée de sculptures d'amérindiens (en référence aux voyages de C. Colomb, Jacques Cartier…).

 

En continuité, se trouve un petit salon, également pourvu d'une cheminée (en gypse), ornée d'amérindiens et d'une plaque de fond représentant le massacre des Vaudois.

 

Sur le palier, un coup d'œil "rapide" permet de contempler une chambre superbement meublée où l'on peut voir un "radassié" (du provençal "radasso", paresser). Conçue pour la détente, c'est une vaste banquette, paillée, généralement prévue pour trois personnes.

 

Passons à l'étage supérieur où se trouve la salle de musique qui rassemblant des instruments recueillis au cours des voyages (piano, un clavecin, instruments à cordes indiens) et une table marqueterie en étoile à 12 branches (12 mois de l'année) qui servait à calculer l'impôt par le seigneur (le 28/9, jour des vendanges). En continuité une bibliothèque et sur le palier, comme précédemment une autre chambre tout aussi fastueuse que la précédente.

 

 

 

 

Cette visite serait incomplète, si nous ne passions pas admirer les galeries desservant les étages (une en pierre, l'autre en bois) surplombant une cour intérieure, ce qui fut fait.

 

Sortie, par les terrasses, permettant un point de vue sur le village, les alentours et de faire la photo de groupe.

 

Après l'effort, le réconfort dit-on, ce fut le cas. Après un petit trajet pedibus-jambus, le groupe alla se restaurer dans une charmante auberge "L'OUSTALET", à l'ombre des platanes, face au Château : accueil et restauration nous permirent de nous préparer pour l'après-midi.

 

La proximité des lieux, nous a permis de connaître avec l'office du Tourisme un peu mieux le village. Au cours de notre cheminement (quelques lâcheurs nous ont quittés à ce moment…) nous avons visité :

*      Le temple protestant, édifié en 1806/1816 : c'est l'un des plus anciens temples conservés de la région, d'une architecture dépouillée, ce temple est toujours utilisé par les fidèles et sert également à des représentations musicales. A signaler un beau plafond à caissons.

*      La fontaine, aux trois têtes (symbolisant : le Rhône, la Durance et le Lubéron), don de la fondation Laurent-Vibert, réalisée en 1947.

*      L'hôtel de GIRARD (17ème siècle), inventeur vers 1810 de la machine à filer le lin, mais qui ne reçut jamais le prix de 1 million de francs proposé par Napoléon 1er. Ruiné, il émigra en Pologne pour créer des filatures.

*      Une autre fontaine située au centre du village, hélas masquée par la terrasse d'un estaminet (qui nous accueillit en fin de visite pour nous rafraichir).

*      L'église St André (12ème/13ème siècle), construite par étape, recèle notamment une chapelle voutée sur croisée d'ogives à liernes et à tiercerons !!! (voir dico).

 

Cette journée, toute ensoleillée, se terminera par une visite … au cimetière, où se trouvent les tombes :

*      de Albert CAMUS (et de son épouse, dans une tombe séparée) qui acheta une maison à Lourmarin en 1958 (décède en 1960).

*      Henri BOSCO, écrivain, décédé en 1976

*      Raoul DAUTRY, homme politique, ministre de la Reconstruction et de l'urbanisme (1944-1945), décédé en 1951.

 

Le moment de la séparation arriva et tout le monde (j'espère), se réserve déjà pour l'année prochaine.

 

Qui vivra, verra.

 

Amicalement.

                                                                                                              André DEMEY.