Accueil

 Page +1

       Le Bulletin       CONTACT

       Septembre 2009   81

Sommaire

  Page -1

COMPTE-RENDU DE NOTRE SORTIE

du Mardi 31 mars 2009

LA MEDECINE AU QUARTIER LATIN DE  PARIS

 

Le matin : L’Ile de la CITE.                              Par Jeanne Rogueda

 

 

C:\Users\marc\Desktop\Photos Roger 2009.Val de Grâce\P1000856.JPGUn soleil radieux, un air frais, de nombreux groupes d’enfants et d’adolescents nous accueillent sur le parvis de Notre-Dame à 10heures et Roselyne, une amie d’Eliane, nous convie, à l’aide d’anecdotes et de légendes à partager sa passion des siècles passés concernant des sites présents ou détruits (notamment par Haussmann) du cœur de LA CITE.

 

L’Esplanade qui fait face à la cathédrale a été « encombrée », au cours des siècles passés par une multitude de ruelles, de bâtisses, d’églises (21), de couvents et surtout par un immense HOTEL-DIEU, construit au niveau du Square Charlemagne et qui va s’étoffer au cours des siècles, jusqu’à  coloniser  le Petit-Pont, le Pont au double et même la rive gauche de la Seine. Le niveau des terrains correspondait –grosso-modo –à la hauteur actuelle des rives de la pointe du Vert-Galant . Isolée entre les bras du fleuve, l’Ile de la Cité, était bordée de vastes marécages, et de rideaux de roseaux ; elle constituait un refuge lors des incursions de hordes de Normands… et autres envahisseurs. Seul le Petit-Pont, en bois la reliait à la terre ferme.

Les Parisii, peuplade celtique indépendante, s’installèrent dans l’île,  environ 250 ans avant notre ère et y créèrent LUCOTETIA, qui devint LUTECE, puis PARIS, au fil des siècles. Pendant la période Gallo-romaine un temple fut érigé, et  dédié à Jupiter (à peu près situé sur l’emplacement de l’actuelle Notre-Dame). César dans ses « Commentaires » indique : « …le passage des troupes romaines eut lieu à Lutèce-sur-Seine, agglomération de bateliers et de pêcheurs ». Un port se crée : le blé, le vin, le bois, les pommes arrivent par le fleuve et un autel (dressé par les bateliers) – dédié au dieu-empereur –a récemment été mis à jour ; il est actuellement conservé au Musée de Cluny. Les NAUTES, ou marchands de l’eau, enrichis par le commerce, se groupent et forment une association qui aura une influence grandissante  au sein de l’administration municipale ;  le Prévôt des Marchands (leur chef) le plus connu est Etienne Marcel (très riche drapier) qui fomenta une véritable guerre civile (1357-1358) car il prétendait : « se gouverner lui-même dans une monarchie constitutionnelle » !

 

Autour de Notre-Dame primitive (avant le XIIème siècle), des écoles confessionnelles formaient les clercs aux sciences ecclésiastiques et médicales ;                       l’enseignement était dispensé en latin. C’est ROBERT LE PIEUX (970-1030) qui fit bâtir le premier Palais Royal sur  la Cité ; il occupait approximativement une partie du terrain de notre actuel Palais de Justice

En 508, c’est CLOVIS qui fait de Paris sa Capitale. En 987, avènement des Capétiens et construction  sur le même site du Palais d’Hugues Capet. En 1328 avènement des Valois, et là on « exporte » le Palais royal à l’ Enclos Saint-Paul, donc hors les murs de l’enceinte gallo-romaine. Du VIème au Xème siècle, les marais sont asséchés et cultivés ; l’activité fluviale et commerciale s’étoffe. Bien sûr une telle prospérité attire les invasions de pillards – notamment les Normands (IXème et Xème siècles). Roselyne  ponctue sa conférence d’anecdotes. En voici une : « D’où vient le mot LOUVRE ? » On pense qu’il s’agit de la déformation du mot LEOVAR. En cas de siège, les Saxons nommaient  ainsi leur camp retranché… PHILIPPE-AUGUSTE double la surface de Paris en faisant construire  de 1180 à 1210 l’enceinte qui porte son nom. Enfin CHARLES V, qui résidait à la Conciergerie, fait établir au Nord et à l’Est un nouveau rempart dont ont conserve de nos jours quelques murs, et dont LA BASTILLE était une des portes. A ce moment Paris présentait une surface de 440 hectares et 150.000 habitants la peuplaient…..

 

http://www.paris-pittoresque.com/monuments/img/hoteldieu2.jpgAvant de quitter le Parvis de Notre-Dame nous allons découvrir le Point 0 des routes de France  L’initiative en revient à LOUIS XV  qui voulut en 1769 mettre un peu d’ordre dans l’inégalité qui régnait jusque-là dans nos mesures. Il est matérialisé par un pavé octogonal en bronze avec en son centre une rose des vents  qui enserre les armes de la Ville de Paris .Celui que nous voyons date de 1924 et nous semble quelque peu usé par les innombrables passages des curieux ! Enfin nous « jetons un coup d’œil rapide » sur la façade de            l’actuel HOTEL-DIEU, reconstruit en 1877, d’après les conseils des médecins hygiénistes de l’époque : succession de plusieurs bâtiments de trois étages avec de hautes fenêtres. A noter qu’au Moyen-Age,

l’Hotel-Dieu recevait des voyageurs, les pèlerins,  des filles  en recherche d’emploi  etc… ce n’est que plus tard qu’il accueillit les malades qui se retrouvaient confinés dans 5 salles communes de 300 lits chacune, couchant à plusieurs personnes dans le même lit (4 à 6 patients). On séparait tout de même les contagieux  des autres malades ainsi que les hommes et les femmes … C’est Haussmann qui préconisa, à l’époque, les soins gratuits à domicile.

 

Vue de l'église Notre-Dame et de l'Hôtel-Dieu de Paris

 

Il va sans dire que nous admirons la façade de Notre-Dame avec ses trois portails monumentaux : celui de la Vierge, du Jugement dernier et de Sainte Anne. La rosace a 10mètres de diamètre et les deux clochers-tours-70mètres  de haut.  Commencée en 1160, terminée 150 ans plus tard, au XIXème siècle elle menaçait ruines. A la suite du mouvement romantique et du populaire roman de Victor Hugo « Notre-Dame de Paris »-1831- La Monarchie de Juillet prescrivit en 1841 sa restauration générale, laquelle fut confiée à l’architecte VIOLLET LE DUC. Les travaux se poursuivront jusqu’en 1864. 


 

Le quartier de l’Ecole de Médecine :

 

La première Ecole de Médecine fut créée à Paris en 1470. Ses Maîtres étaient des Moines-Médecins . Or depuis 1163  les gens d’église n’avaient pas le droit de dispenser de soins aux malades ; de plus ils étaient célibataires. Ils formaient, en latin, des étudiants qui eux pouvaient  dispenser des « médecines » Les étudiants fort chahuteurs et dissipés, suivaient leurs cours dehors, affalés sur des ballots de « fouarre » (paille) entourés de ribaudes. Certains d’entre eux préféraient devenir écrivains (Rabelais), musiciens .De plus ils ne pouvaient ni opérer, ni faire de dissections. C’est le barbier qui faisait office de chirurgien…Le médecin exerçait un métier noble tandis que le chirurgien était  mal considéré. La meilleure école de médecine en 1274 se situait à Montpellier.

 Il faudra attendre Ambroise PARE - en 1536 il fut reçu  barbier-chirurgien à l’Hotel-Dieu – pour que soit crée le poste de chirurgien du Roi. Comme il ne connaissait pas le latin, ses écrits en « vieux français » permirent la vulgarisation de la médecine. Il créa de nombreux instruments dont le trépan.  Pour étudier on devait soudoyer le gardien du Gibet de Monfaucon afin de se procurer des cadavres pour la dissection! En 1500 Paris comptait 32 médecins pour une population de 200.000 âmes. Voici comment à l’époque on soignait :

L’asthme – poumon de renard lavé au vin,

La Jaunisse – Vers de terre macérés au vinaigre 

Etc.!!!

Après ces anecdotes concernant  la médecine d’antan nous explorons les rues insérées dans un rectangle  limité au nord par le Quai Saint Michel et le Petit Pont, à  l’est par la rue Frédéric Sauton, au sud par le Boulevard Saint Germain (la Via Inferior romaine) à l’ouest la rue Saint-Jacques (La Via Superior romaine) et nous découvrons  rue Lagrange un immeuble haussmanien de belle facture.

C:\Users\marc\Desktop\Photos Roger 2009.Val de Grâce\P1000871.JPGDans la rue Saint-Julien le Pauvre nous découvrons l’église du même nom. L’édifice actuel a été bâti de 1165 à 1220. Du XIIIème au XVIème siècle les Assemblées de l’Université se tiennent dans l’Eglise. Le recteur y est élu ; mais en 1524 les étudiants font un tel tumulte que l’église est fermée Elle devient une chapelle de l’Hôtel-Dieu. En 1889 elle est affectée au culte catholique grec qui installe à l’intérieur une très célèbre iconostase.  Jouxtant ce saint édifice nous découvrons le Square Viviani qui recèle le plus ancien arbre de Paris ; il s’agit d’un faux acacia ou robinier, planté en 1680 et qui a été importé  

d’Amérique du Nord par le botaniste Robin. Ce grand vieillard, courbé vers la terre est soutenu par une grosse béquille en béton.  Concernant Saint-Julien le Pauvre, Roselyne nous en conte la légende :

« Il y a bien longtemps, Julien, chasseur de son état, se marie à une belle princesse et part dans la forêt. Il rencontre un serf qui lui prédit qu’il va tuer son père et sa mère. Il en est tout triste et cela le tourmente. Son épouse pendant son absence reçoit en visite les parents de Julien et le soir les fait dormir dans le lit conjugal. Le chasseur rentre à la nuit et trouve  son lit occupé. Il se saisit de son épée et en tue les  dormeurs. Son épouse lui révèle  l’identité des occupants….Il se repent et mène une vie exemplaire pendant de nombreuses années et un jour, alors qu’il longe une rivière il aperçoit une barque avec un  pêcheur dont le visage infiniment bon est comme lumineux ; ce dernier l’interpelle et se fait reconnaître : c’est Jésus qui lui pardonne sa faute ».

 

 

Non loin, juste avant d’arriver à l’église nous découvrons la matérialisation de cette légende au- dessus de la porte d’une maisonnette : une barque dans laquelle  un pêcheur, muni de sa ligne regarde un passeur (Julien) qui s’avance vers lui.C:\Users\marc\Desktop\Photos Roger 2009.Val de Grâce\P1000862.JPG

 

Près de l’église Saint Séverin, dans la rue éponyme, voici la seule galerie de charniers qui nous vient du Moyen-Age. Un minuscule jardin a été aménagé sur l’ancien cimetière, entouré  de galeries dans lesquelles on entassait les ossements retirés des tombes quand le cimetière était plein. C’est  LOUIS XVI qui en 1788 ordonna le déménagement dans tous les cimetières parisiens des ossements vers les Catacombes.

Dans la rue Saint-Séverin, On construisit, en 1900, le premier immeuble en béton armé. Il était à la fois la résidence, et le siège de la Société Hennebique dont le nom est repris  en décoration sur la façade et  ce, à plusieurs endroits.

 

C:\Users\marc\Desktop\Photos Roger 2009.Val de Grâce\P1000864.JPGDans la rue Racine Roselyne nous conduit devant l’Ancienne Académie Royale de Chirurgie  datant de 1748 ; Bâtiment construit par Gandouin dans le style Rome antique : amphithéâtre au centre de la cour centrale  (aux 16 colonnes) à la place de la chapelle, comme c’était l’usage auparavant .Un bas-relief orne le frontispice où l’on remarque

l’emblème de la médecine : le pélican.

En cheminant dans la rue d’Hautefeuille, nous apprenons, en découvrant des pierres d’immeubles sculptées que c’est  LOUIS XIV, qui fit diviser Paris en vingt quartiers  et qu’il mit en place la numérotation des immeubles.

Dans la rue de l’Ecole de Médecine nous accédons dans la cour de l’ancien Couvent des Cordeliers ; c’est là que siégeaient les membres du Club des Cordeliers, club révolutionnaire, fondé en 1790, par Danton, Marat et Camille Desmoulins, sous le nom  de Société des Droits de l’Homme et du Citoyen.. Le club disparut en 1794.

Tout proche de l’édifice précédent nous admirons le dôme d’une école de dessin qui fut en 1775 l’Ecole de Chirurgie.

C’est là que prit fin la prestation de Roselyne que l’on sentait animée d’un amour passionné pour ce quartier du  cinquième arrondissement. Un grand merci pour cette matinée au cours de laquelle nous avons  vécu hors du temps présent.

 

 

                                                       ,

L’après-midi : Visite du val de grace                        par Jacques Noe

 

Préambule

 

Dans ce quartier, s'installeront, au début du 17ème siècle, de nombreuses communautés religieuses

*      En 1605          Les Carmes  rue St Jacques

*      En 1612          Les Ursulines

*      En 1622          Les Feuillantines établies par Anne d'Autriche

*      En 1626          Les Visitandines

 

En 1621 le Cardinal de Berulle installe rue St Jacques la Congrégation de l'Oratoire.

 

Anne d'Autriche épouse de Louis XIII, lui achète l'hôtel pour les Bénédictines. La Reine, très pieuse, s'y rend très souvent pour faire oraison, mais surtout pour mener discrètement des intrigues contre Richelieu. (on a retrouvé des lettres adressées a son frère, le Roi d'Espagne).

Elle voudrait aussi installer les Bénédictines dans un nouveau bâtiment rue Saint Honoré, mais le prix est déjà élevé, d'où la continuité sur le site du Val de Grace.

 

Anne d'Autriche, qui n'a pas d'enfant, fait le vœu d'élever une magnifique église si elle devient mère.

En 1638 naissance du futur Louis XIV. Son vœu est exaucé. Elle fait appel à François Mansard pour dessiner les plans.

 

En 1645 pose de la 1ère pierre par Philippe d'Orléans, frère de Louis XIII. Mais devant la lenteur des travaux, Anne d'Autriche le remplace par Le Mercier.

 

 

Visite

La cour d'entrée est fermée par une magnifique grille.

Les 2 petits pavillons, de part et d'autre de cette cour, étaient les entrées du couvent.

Le porche, à droite de l'Eglise, donne accès aux galeries classiques du cloître, de l'ancien couvent, surmontées de deux étages de galeries et d'un comble à "mansardes" : ouvertures finement décorées. L'ensemble remarquable de beauté et de sobriété, a été entièrement rénové il y a quelques années.

 

Nous allons ensuite dans la salle capitulaire, ancienne cuisine de l'ancien hôpital, 2 grands tableaux en fond de salle : Louis XIII et Anne d'Autriche.

 

Vue superbe sur l'église a travers les Verrières, à droite de la salle.

 

Nous traversons ensuite le pavillon où résidait Anne d'Autriche. Vue sur les jardins au-delà desquels se trouvait le potager, en contrebas du Parc.

 

C'est là qu'a été construit le nouvel hôpital militaire, en 1991, haut de 9 étages, seulement 4 sont visibles, compte-tenu de l'approfondissement du terrain avant travaux.

 

Nous visitons ensuite le Musée du Service de Santé des Armées qui occupe une aile de l'Ancien couvent transformé en hôpital en 1793.

 

Fondé pendant la 1ère guerre mondiale il évoque l'histoire de la médecine militaire.

 

Documents et souvenirs sur les grands praticiens, on y voit aussi des instruments de chirurgie, quelquefois très primitifs. La reconstitution en maquettes d'hôpitaux de campagne et transports sanitaires sous l'Empire et en 14/18. Ecole du Service de Santé.

 

http://en.structurae.de/files/photos/963/valdegrace1.jpgRetour ensuite dans la cour d'entrée pour visite de l'église, sa façade, à 2 étages, avec double fronton triangulaire et colonnes. C'est la plus Romaine des Eglises de France. Edifiée en  style jésuite.

Le Dôme, très décoré, est inspiré de St Pierre de Rome.

 

L'intérieur est baroque : voûte sculptée de la Nef, de 3 travées, (2 chapelles par travée accessibles par 3 marches), baldaquin monumental avec 6 colonnes torses de marbre et les 4 évangélistes, (inspiré de celui fait par le Berrin à St Pierre de Rome).

L'original a été détruit à la Révolution et refait au XIX siècle. A droite du chœur Chapelle St Louis, ancien chœur des Bénédictines.

 

A gauche chapelle Ste Anne dans laquelle furent déposés les cœurs des familles Royales et d'Orléans (les corps sont à

St Denis).En 1792 la révolution les profana. Il y  en avait 45.

 

Toutes les surfaces du sol sont recouvertes de marbres polychromes ; réalisées en forme d'hélice à partir du centre, le chœur est le plus beau.

 

La coupe est décorée d'une fresque "la gloire des bienheureux" de Mignard, fait en 1663 dont les 200 personnages sont 2 à 3 fois plus grands que nature.

Le résultat est exceptionnel.

 

Dernier élément des chœurs : un orgue Cavaillé Coll de 1852.

 

        C:\Users\marc\Desktop\Photos Roger 2009.Val de Grâce\P1000895.JPG

 

 

En conclusion

Visite fort intéressante, avec notre guide habituelle et très réussie grâce à la météo tempête de ciel bleu excellent pour photos.