COMPTE-RENDU DE NOTRE
SORTIE
du Mardi
Le matin : L’Ile de
Un
soleil radieux, un air frais, de nombreux groupes d’enfants et d’adolescents
nous accueillent sur le parvis de
Notre-Dame à
L’Esplanade
qui fait face à la cathédrale a été « encombrée », au cours des
siècles passés par une multitude de ruelles, de bâtisses, d’églises (21), de
couvents et surtout par un immense HOTEL-DIEU,
construit au niveau du Square Charlemagne et qui va s’étoffer au cours des
siècles, jusqu’à coloniser le Petit-Pont,
le Pont au double et même la rive
gauche de
Les Parisii, peuplade celtique indépendante, s’installèrent dans l’île, environ 250 ans avant notre ère et y créèrent LUCOTETIA, qui devint LUTECE, puis PARIS, au fil des siècles. Pendant la période Gallo-romaine un temple fut érigé, et dédié à Jupiter (à peu près situé sur l’emplacement de l’actuelle Notre-Dame). César dans ses « Commentaires » indique : « …le passage des troupes romaines eut lieu à Lutèce-sur-Seine, agglomération de bateliers et de pêcheurs ». Un port se crée : le blé, le vin, le bois, les pommes arrivent par le fleuve et un autel (dressé par les bateliers) – dédié au dieu-empereur –a récemment été mis à jour ; il est actuellement conservé au Musée de Cluny. Les NAUTES, ou marchands de l’eau, enrichis par le commerce, se groupent et forment une association qui aura une influence grandissante au sein de l’administration municipale ; le Prévôt des Marchands (leur chef) le plus connu est Etienne Marcel (très riche drapier) qui fomenta une véritable guerre civile (1357-1358) car il prétendait : « se gouverner lui-même dans une monarchie constitutionnelle » !
Autour
de Notre-Dame primitive (avant le XIIème siècle), des écoles confessionnelles
formaient les clercs aux sciences ecclésiastiques et médicales ;
l’enseignement était dispensé en latin. C’est ROBERT LE PIEUX (970-1030) qui fit bâtir le premier Palais Royal
sur
En
508, c’est CLOVIS qui fait de Paris
sa Capitale. En 987, avènement des Capétiens et construction sur le même site du Palais d’Hugues Capet. En
1328 avènement des Valois, et là on « exporte » le Palais royal à l’
Enclos Saint-Paul, donc hors les murs de l’enceinte gallo-romaine. Du VIème au
Xème siècle, les marais sont asséchés et cultivés ; l’activité fluviale et
commerciale s’étoffe. Bien sûr une telle prospérité attire les invasions de
pillards – notamment les Normands (IXème et Xème siècles). Roselyne ponctue sa conférence d’anecdotes. En voici
une : « D’où vient le mot LOUVRE ? » On pense qu’il s’agit
de la déformation du mot LEOVAR. En cas de siège, les Saxons nommaient ainsi leur camp retranché… PHILIPPE-AUGUSTE double la surface de Paris en faisant
construire de 1180 à 1210 l’enceinte qui
porte son nom. Enfin CHARLES V, qui
résidait à
Avant
de quitter le Parvis de Notre-Dame nous allons découvrir le Point 0 des routes de France L’initiative en revient à LOUIS XV qui voulut en 1769 mettre un peu d’ordre dans
l’inégalité qui régnait jusque-là dans nos mesures. Il est matérialisé par un
pavé octogonal en bronze avec en son centre une rose des vents qui enserre les armes de
l’Hotel-Dieu recevait des voyageurs, les pèlerins, des filles en recherche d’emploi etc… ce n’est que plus tard qu’il accueillit les malades qui se retrouvaient confinés dans 5 salles communes de 300 lits chacune, couchant à plusieurs personnes dans le même lit (4 à 6 patients). On séparait tout de même les contagieux des autres malades ainsi que les hommes et les femmes … C’est Haussmann qui préconisa, à l’époque, les soins gratuits à domicile.
Vue de l'église Notre-Dame et de l'Hôtel-Dieu de Paris
Il va sans dire que nous admirons
la façade de Notre-Dame avec ses trois portails monumentaux : celui de
Le quartier de l’Ecole de Médecine :
La première Ecole de Médecine fut créée à Paris en 1470. Ses Maîtres étaient des Moines-Médecins . Or depuis 1163 les gens d’église n’avaient pas le droit de dispenser de soins aux malades ; de plus ils étaient célibataires. Ils formaient, en latin, des étudiants qui eux pouvaient dispenser des « médecines » Les étudiants fort chahuteurs et dissipés, suivaient leurs cours dehors, affalés sur des ballots de « fouarre » (paille) entourés de ribaudes. Certains d’entre eux préféraient devenir écrivains (Rabelais), musiciens .De plus ils ne pouvaient ni opérer, ni faire de dissections. C’est le barbier qui faisait office de chirurgien…Le médecin exerçait un métier noble tandis que le chirurgien était mal considéré. La meilleure école de médecine en 1274 se situait à Montpellier.
Il faudra attendre Ambroise PARE - en 1536 il fut reçu barbier-chirurgien à l’Hotel-Dieu – pour que soit crée le poste de chirurgien du Roi. Comme il ne connaissait pas le latin, ses écrits en « vieux français » permirent la vulgarisation de la médecine. Il créa de nombreux instruments dont le trépan. Pour étudier on devait soudoyer le gardien du Gibet de Monfaucon afin de se procurer des cadavres pour la dissection! En 1500 Paris comptait 32 médecins pour une population de 200.000 âmes. Voici comment à l’époque on soignait :
L’asthme – poumon de renard lavé au vin,
Etc.!!!
Après
ces anecdotes concernant la médecine
d’antan nous explorons les rues insérées dans un rectangle limité au nord par le Quai Saint Michel et le
Petit Pont, à l’est par la rue Frédéric Sauton, au sud par le Boulevard Saint
Germain (
Dans
la rue Saint-Julien le Pauvre nous découvrons l’église du même
nom. L’édifice actuel a été bâti de 1165 à 1220. Du XIIIème au XVIème siècle
les Assemblées de l’Université se tiennent dans l’Eglise. Le recteur y est
élu ; mais en 1524 les étudiants font un tel tumulte que l’église est
fermée Elle devient une chapelle de l’Hôtel-Dieu. En 1889 elle est affectée au
culte catholique grec qui installe à l’intérieur une très célèbre
iconostase. Jouxtant ce saint édifice
nous découvrons le Square Viviani
qui recèle le plus ancien arbre de Paris ; il s’agit d’un faux acacia ou
robinier, planté en 1680 et qui a été importé
d’Amérique du Nord par le botaniste Robin. Ce grand vieillard, courbé vers la terre est soutenu par une grosse béquille en béton. Concernant Saint-Julien le Pauvre, Roselyne nous en conte la légende :
« Il y a bien longtemps, Julien, chasseur de son état, se marie à une belle princesse et part dans la forêt. Il rencontre un serf qui lui prédit qu’il va tuer son père et sa mère. Il en est tout triste et cela le tourmente. Son épouse pendant son absence reçoit en visite les parents de Julien et le soir les fait dormir dans le lit conjugal. Le chasseur rentre à la nuit et trouve son lit occupé. Il se saisit de son épée et en tue les dormeurs. Son épouse lui révèle l’identité des occupants….Il se repent et mène une vie exemplaire pendant de nombreuses années et un jour, alors qu’il longe une rivière il aperçoit une barque avec un pêcheur dont le visage infiniment bon est comme lumineux ; ce dernier l’interpelle et se fait reconnaître : c’est Jésus qui lui pardonne sa faute ».
Non loin, juste
avant d’arriver à l’église nous découvrons la matérialisation de cette légende
au- dessus de la porte d’une maisonnette : une barque dans laquelle un pêcheur, muni de sa ligne regarde un passeur
(Julien) qui s’avance vers lui.
Près de l’église Saint Séverin, dans la rue éponyme, voici la seule galerie de charniers qui nous vient du Moyen-Age. Un minuscule jardin a été aménagé sur l’ancien cimetière, entouré de galeries dans lesquelles on entassait les ossements retirés des tombes quand le cimetière était plein. C’est LOUIS XVI qui en 1788 ordonna le déménagement dans tous les cimetières parisiens des ossements vers les Catacombes.
Dans
la rue Saint-Séverin, On
construisit, en 1900, le premier immeuble en béton armé. Il était à la fois la
résidence, et le siège de
Dans
la rue Racine Roselyne nous conduit
devant l’Ancienne Académie Royale de
Chirurgie datant de 1748 ;
Bâtiment construit par Gandouin dans le style Rome antique : amphithéâtre
au centre de la cour centrale (aux 16
colonnes) à la place de la chapelle, comme c’était l’usage auparavant .Un
bas-relief orne le frontispice où l’on remarque
l’emblème de la médecine : le pélican.
En cheminant dans la rue d’Hautefeuille, nous apprenons, en découvrant des pierres d’immeubles sculptées que c’est LOUIS XIV, qui fit diviser Paris en vingt quartiers et qu’il mit en place la numérotation des immeubles.
Dans la rue de l’Ecole de Médecine nous accédons dans la cour de l’ancien Couvent des Cordeliers ; c’est là que siégeaient les membres du Club des Cordeliers, club révolutionnaire, fondé en 1790, par Danton, Marat et Camille Desmoulins, sous le nom de Société des Droits de l’Homme et du Citoyen.. Le club disparut en 1794.
Tout proche de l’édifice précédent nous admirons le dôme d’une école de dessin qui fut en 1775 l’Ecole de Chirurgie.
C’est là que prit fin la prestation de Roselyne que l’on sentait animée d’un amour passionné pour ce quartier du cinquième arrondissement. Un grand merci pour cette matinée au cours de laquelle nous avons vécu hors du temps présent.
,
L’après-midi : Visite du val de grace par Jacques Noe
Préambule
Dans ce quartier, s'installeront, au début du 17ème siècle, de nombreuses communautés religieuses
En 1605 Les
Carmes rue St Jacques
En 1612 Les
Ursulines
En 1622 Les
Feuillantines établies par Anne d'Autriche
En 1626 Les
Visitandines
En 1621 le Cardinal de Berulle
installe rue St Jacques
Anne d'Autriche épouse de Louis
XIII, lui achète l'hôtel pour les Bénédictines.
Elle voudrait aussi installer les Bénédictines dans un nouveau bâtiment rue Saint Honoré, mais le prix est déjà élevé, d'où la continuité sur le site du Val de Grace.
Anne d'Autriche, qui n'a pas d'enfant, fait le vœu d'élever une magnifique église si elle devient mère.
En 1638 naissance du futur Louis XIV. Son vœu est exaucé. Elle fait appel à François Mansard pour dessiner les plans.
En 1645 pose de la 1ère pierre par Philippe d'Orléans, frère de Louis XIII. Mais devant la lenteur des travaux, Anne d'Autriche le remplace par Le Mercier.
Visite
La cour d'entrée est fermée par une magnifique grille.
Les 2 petits pavillons, de part et d'autre de cette cour, étaient les entrées du couvent.
Le porche, à droite de l'Eglise, donne accès aux galeries classiques du cloître, de l'ancien couvent, surmontées de deux étages de galeries et d'un comble à "mansardes" : ouvertures finement décorées. L'ensemble remarquable de beauté et de sobriété, a été entièrement rénové il y a quelques années.
Nous allons ensuite dans la salle capitulaire, ancienne cuisine de l'ancien hôpital, 2 grands tableaux en fond de salle : Louis XIII et Anne d'Autriche.
Vue superbe sur l'église a travers les Verrières, à droite de la salle.
Nous traversons ensuite le pavillon où résidait Anne d'Autriche. Vue sur les jardins au-delà desquels se trouvait le potager, en contrebas du Parc.
C'est là qu'a été construit le nouvel hôpital militaire, en 1991, haut de 9 étages, seulement 4 sont visibles, compte-tenu de l'approfondissement du terrain avant travaux.
Nous visitons ensuite le Musée du Service de Santé des Armées qui occupe une aile de l'Ancien couvent transformé en hôpital en 1793.
Fondé pendant la 1ère guerre mondiale il évoque l'histoire de la médecine militaire.
Documents et souvenirs sur les grands praticiens, on y voit aussi des instruments de chirurgie, quelquefois très primitifs. La reconstitution en maquettes d'hôpitaux de campagne et transports sanitaires sous l'Empire et en 14/18. Ecole du Service de Santé.
Retour
ensuite dans la cour d'entrée pour visite de l'église, sa façade, à 2 étages,
avec double fronton triangulaire et colonnes. C'est la plus Romaine des Eglises
de France. Edifiée en style jésuite.
Le Dôme, très décoré, est inspiré de St Pierre de Rome.
L'intérieur est baroque : voûte
sculptée de
L'original a été détruit à
A gauche chapelle Ste Anne dans laquelle furent déposés les cœurs des familles Royales et d'Orléans (les corps sont à
St Denis).En 1792 la révolution les profana. Il y en avait 45.
Toutes les surfaces du sol sont recouvertes de marbres polychromes ; réalisées en forme d'hélice à partir du centre, le chœur est le plus beau.
La coupe est décorée d'une fresque "la gloire des bienheureux" de Mignard, fait en 1663 dont les 200 personnages sont 2 à 3 fois plus grands que nature.
Le résultat est exceptionnel.
Dernier élément des chœurs : un orgue Cavaillé Coll de 1852.

En conclusion
Visite fort intéressante, avec
notre guide habituelle et très réussie grâce à la météo tempête de ciel bleu
excellent pour photos.