Nivôse
Quel est ce sublime magicien
Par cette nuit de froide lune
Qui, furtif, a drapé soudain
Afin que personne ne s’enrhume
D’un épais tapis de blancheur
Bois et guérets, routes et demeures ?
Les sapins se sont réveillés
Abasourdis et enchantés
A la nature qui s’en étonne
Devant la neige et qui frissonne
Ils chuchotent « l’hiver est bien là
Voyez notre habit de gala ».
Le goupil encore engourdi
Pointe le nez hors sa tanière
Et en reste tout déconfit
Avec son habit de lumière
Ne s’aventure à la légère…
Il faut donc s’armer de patience
Calmer sa faim, adieu bombance !
Le colvert sur l’étang gelé
Remet à demain sa baignade
S’il est difficile de pécher
Livrons nous à quelques glissades.
Le dix cors, grave, majestueux
Dédaigne chasseurs et hallali
C’est la trêve, enfin, grâce à dieu
Peut vagabonder à l’envi.
Le rouge- gorge, toujours effronté
S’envole avant de reparaitre
Et sans façons vient quémander
Gourmandises à ma fenêtre.
Seuls le loir et le hérisson
Assoupis sous les feuilles mortes
N’attendent pour qu’ils en sortent
Que le soleil et ses rayons.
Puissions-nous copier leur sagesse
Et attendre sous l’édredon
Que le printemps nous apparaisse
Pour gouter sa résurrection !
Jacqueline lapierre
Janvier 2010