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Septembre 2010

Le Bulletin Contact n°84

Sommaire

   Compte-rendu de notre sortie parisienne du 15 Avril 2010

Le musée des Arts et Métiers

et le quartier alentour

 

 

Nous étions une bonne trentaine,  à l’heure comme toujours, réunis sous un soleil frisquet pour accueillir Myriam Doncoeur, notre guide bien connue, avec nous pour toute la journée.

 

Etaient présents :  

-               Mmes :  Azéma – Bykowski  – Devant – Dupont – Etinzon – Faucheux – Gautron Maltère –Nottelet –  Puel – Ronzière – Thomas

- Mmes    et MM : Dubray – Grandin – Perrot – Rogueda – Rulence et son amie Jacqueline Mareix

- MM. :    Badaire – Béchère – Chollet – Cormier – Debeuré – Marie–  Noé –  Monmouton – Pichon

 

 

Le musée des Arts et Métiers             par Jean-Louis Perrot

Un patrimoine scientifique et technique unique au monde

Le groupe a consacré la matinée à marcher sur les traces des inventeurs et des aventuriers du progrès. La visite du conservatoire national des arts et métiers est un parcours dans le musée de l’invention technologique où l’on peut découvrir plus de 6000 objets répartis en 7 collections organisées selon 4 périodes chronologiques.

               

Entrée du musée avec au fond la très ancienne chapelle de l’abbaye Saint Martin des Champs      

 

Un peu d’histoire : le musée est réinstallé depuis 10 ans dans l’ex-abbaye St Martin des champs qui sous Philippe 1er au XIème siècle va appartenir à l’abbaye de Cluny. Ainsi, les religieux de l’ordre de Cluny s’implantent-ils en Ile de France aux abords immédiat de la cité devenue sous Henry 1er le siège du pouvoir royal. L’abbaye est transformée en prieuré. Le double déambulatoire flanqué de sept chapelles est peut être le premier édifice parisien où l’ogive apparait.

Dans la nef restaurée au XIXème siècle se retrouvent des objets qui font de l’église un panthéon des techniques. Au cours de l’ancien régime, les bâtiments conventionnels bénéficient d’embellissements ambitieux. Sous Henry III, un portail monumental est élevé en bordure de la rue St Martin. La construction du cloître dorique s’étendra de 1702à 1720. Vers 1765, la façade de l’église est refaite dans le style jésuite. En 1794, l’abbé Grégoire souhaite transformer le prieuré de St Martin en conservatoire. Dans ce cadre architectural exceptionnel, le musée prend forme, tout particulièrement dans les années soixante avec des expositions marquantes sur le siècle de l’automobile, sur l’hydraulique ou sur l’espace. L’ambiance favorise la découverte autant que l’émerveillement, tout en préservant l’esprit du lieu, son mystère et son charme.

 Mais venons-en à la technique : Aux environs de 1750, la science se montre dans les salons et les cabinets puis à cet âge du spectacle succède celui du laboratoire.

 En 1785, Lavoisier va inventer la chimie moderne. Vers 1850 nait l’ère des techniques et des machines et un siècle plus tard celui de la miniaturisation  et de l’informatique. Les instruments ont maintenant conquis notre univers quotidien avec les capteurs, les machines à calculer, les ordinateurs et

 l'intelligence artificielle, les télécommandes et les appareils de mesures les plus divers.

 Le musée couvre sept domaines : les instruments scientifiques, les matériaux, la construction, la communication, l’énergie, la mécanique et les transports.

 Les instruments scientifiques existent depuis que l’homme s’est mis à mesurer son champ ou à observer le mouvement des astres. Constamment améliorés, ils ont permis de mieux comprendre les phénomènes naturels et le vivant. Poids et mesures, les horloges pour la mesure du temps, la machine à calculer de Pascal (1642), la première machine à multiplier (1689), l’étalon royal des mesures d’huile de la ville de Paris, le mètre étalon qui est la 1/10000ème partie du méridien terrestre, le litre qui est la capacité du cube dont les côtés sont la 1/10ème partie du mètre, sont là pour rappeler que de tout temps on a voulu mesurer et calculer.

 Dans le domaine des matériaux, on aborde successivement la maîtrise des savoir-faire avant 1750, puis l’industrialisation des procédés (1750-1850) et la matière elle-même.

 Les premiers métiers à tisser, le travail du verre, les techniques de coulage du verre plat, le traitement du verre jusqu’à en faire un matériau qui ne ressemble plus à du verre pour recréer la crinière d’un lion ou les écailles d’un serpent, donnent une image pédagogique des possibilités des chercheurs dans leur maîtrise de la matière.

           Lion et serpent en verre !!!

 

Des maquettes de monuments prestigieux, celle de la chapelle du dôme des invalides, du chantier de l'élévation de l’obélisque de Louxor sur la place de la Concorde ou des constructions des immeubles bordant la rue de Rivoli à l’époque d’Hausman, sont autant d’illustrations dans le domaine de la construction, de l’ingéniosité des hommes de l’art pour réaliser des prouesses techniques qui de nos jours font encore référence.

 La visite permet de faire un retour sur des inventions comme celles de la chaine à godets qui dans les années 1870 a été l’invention déterminante dans la construction du canal de Suez, d’admirer la technique de construction de la statue de la Liberté ou plus récemment de s’arrêter sur la beauté du viaduc de Millau construit il y a dix ans à peine avec sa pile la plus haute que la tour Effel et qui culmine à environ 350 m de hauteur.

 Le télégraphe de Chappe(1794) est le symbole du début de la communication mais il n’a servi que 50 ans, remplacé par le télégraphe à fil puis par le téléphone. C’est Clément Ader qui inventa fin du 19ème siècle le combiné téléphonique ; en revoyant les anciens standards téléphoniques à fiches aux dimensions impressionnantes, on mesure le chemin parcouru de nos jours avec le numérique et les techniques de transmission de l’image.

 

Le temps a manqué pour approfondir les thèmes liés à l’énergie, la mécanique ou les transports.

 

On s’est arrêté un instant sur la maquette de la machine de Marly (1684) qui a servi à alimenter en eau les bassins du château de Versailles et dont la puissance motrice était fournie par 14 roues à aubes de 12 m de diamètre pour élever l’eau de 163 m de hauteur.

 

  Maquette de la machine de Marly

  

L’aéroplane de Clément Ader (1893-1897), la traversée de la Manche par Blériot en 1909 signent le début de l’aviation qui amorcera sa véritable évolution vers ce qu’elle est de nos jours avec la naissance et les progrès opérés sur le moteur thermique.

Aéroplane III de Clément Ader suspendu au-dessus du grand escalier du musée

Petite info intéressante :

Clément Ader aimait utiliser le mot AVION pour désigner ses appareils, contraction de la désignation «Appareil Volant Imitant les Oiseaux  Naturels  ».

En récompense pour services rendus à la Nation, l’Etat accepta le nom Avion à la place de celui d’Aéroplane alors en vigueur.

 On ne pouvait clore la visite de ce sanctuaire de la science qu’en visualisant une expérience - l’expérience du pendule de Foucault. De quoi s’agit-il ?

Le pendule de Foucault permet de mettre en évidence la rotation de la terre sur elle-même. A Paris en janvier 1851, Léon Foucault installa dans sa cave – rue d’Assas - un pendule fait d’un fil métallique de 2m de long supportant un poids de 5 kg. Il constate un petit mouvement du plan d’oscillation du pendule. Le 31 mars 1851, à la demande de Louis Napoléon Bonaparte, il va réaliser son expérience au Panthéon.

 

Une sphère de 28kg était alors suspendue à un fil métallique de 67 m de longueur. Au musée devant nous, le pendule est constitué d’une sphère de 25 kg au bout d’un fil métallique de 18 m ; il oscille selon une période de 8,5 secondes, entretenu par un électro-aimant pour que le mouvement ne s’arrête pas du fait de la résistance de l’air. Des quilles placées tout autour d’une table en verre située sous le pendule sont régulièrement balayées par la sphère ce qui prouve que quelque chose tourne dans le dispositif.                               Le pendule de Foucault :

. la sphère suspendue faisant tomber les quilles

. le groupe écoutant les explications

 

En fait le plan d’oscillation du pendule tourne lentement dans le référentiel terrestre. Le mouvement apparent du plan d’oscillation du pendule s’effectue dans le sens des aiguilles d’une montre dans l’hémisphère nord et dans le sens contraire des l’hémis-phère sud.  Le mouvement n’est qu’apparent car en fait ce n’est pas le pendule qui tourne mais la terre.

 

Rappelons qu’elle tourne dans le sens contraire des aiguilles d’une montre en 23h 56 et 4,09 sec. soit 86164s/jour.

 

Il est impossible de voir en quelques heures tous les objets et les 3000 inventions exposées qui ne sont qu’une petite partie de la collection du conservatoire. On ressort du musée avec le sentiment d’avoir survolé plusieurs siècles de techniques sans lesquels nous ne serions encore que des primitifs et d’avoir rafraichi nos connaissances de quelques fondamentaux du monde moderne.

 

Le Déjeuner

Pour une fois, on s’était offert un restaurant un peu plus luxueux, en l’occurrence L’Ambassade d’Auvergne, où le repas fut somptueux, copieux,  le service soigné et le cadre plus qu’agréable. Mais pas de temps pour la sieste, la journée continue et la petite marche nécessaire à la visite du quartier  s'avèrera salutaire.  Toutefois, avant de démarrer, notre Président nous rassemble pour la désormais incontournable « photo de famille ».

 

 

 

 

 

 

Le quartier alentour                   par Eliane Etinzon

 

Nous prenons la rue Saint-Martin, en direction de l’Eglise Saint-Nicolas des Champs. Cette rue tire son nom de l'ancien Prieuré Saint-Martin-des-Champs (donc le Conservatoire des Arts et Métiers d’aujourd’hui) et est une survivance du Cardo Maximus romain (rue principale Nord Sud au cœur de la vie économique et sociale de la ville). Elle devient ensuite au moyen-âge l'un des axes majeurs de Paris avec la rue Saint-Denis. Elle a donné son nom à la Porte Saint-Martin de l’enceinte de Philippe Auguste, au-delà de laquelle continue le Faubourg Saint-Martin qui était alors hors les murs.  

 

Nous entrons dans l’étroite rue de Montmorency pour jeter un coup d’œil à la maison de Nicolas Flamel, dite la plus ancienne maison de Paris (1407),  aujourd’hui une auberge. Nicolas Flamel, cela vous dit-il quelque chose ?

Si vous êtes lecteur / spectateur de Harry Potter, sûrement ! Il y figure en bonne place, d’une façon juste un peu fantaisiste. Son nom est lié à l’alchimie, c’est vrai. Pour le reste, Nicolas Flamel, bourgeois aisé et grand lettré, tenait une librairie au rez-de chaussée de cette maison et habitait au-dessus où il accueillait également des pauvres dans les étages supérieurs. Or, on vendit un jour à ce libraire un grimoire affirmant donner le secret de la fabrication de l’or.  Et voilà notre libraire qui se lance dans l’expérience !!!      

Il est aujourd’hui renommé comme l’un des plus

grands alchimistes.

 

Façade de la maison de Nicolas Flamel

 

Nous passons devant la rue au Maire. Elle fut créée en 1280, et doit son nom à ce que le maire du domaine rural du prieuré de Saint-Martin-des-Champs y avait son siège. Artère principale du bourg de Saint-Martin-des-Champs, elle longeait l'enceinte fortifiée du prieuré. Elle est bordée immeubles à deux fenêtres par étages qui étaient habituellement composés d’un commerce au rez-de-chaussée et une famille par étage au-dessus.

 

 

 

Avant d’arriver devant l’Eglise Saint-Nicolas-des Champs, nous longeons son flanc et Myriam attire notre attention sur le magnifique portail sud qui est une copie ancienne de celui du Palais des Tournelles (Palais des rois de France jusqu’à Henri II, qui fut détruit pour construire la place des Vosges).

 

Portail sud de l’Eglise Saint-Nicolas-des Champs, ancienne copie de celui du Palais des Tournelles

 

 

 

 

 

 

Et nous voici devant la façade de l’Eglise.

De part et d’autre du porche des sculptures de saints : Saint-Nicolas  et également Saint-Martin en compagnie de  Sainte Cécile et Sainte Geneviève.

 

Portail occidental de l’Eglise Saint-Nicolas-des Champs

 

 

 

 

 

Brève histoire de l’église Saint-Nicolas des Champs .

 

Il y eut d'abord l’église Saint-Martin des Champs dépendant du Prieuré (celle qui se trouve aujourd'hui intégrée au Musée des Arts et Métiers). Puis fin XIIe siècle fut construite l’ancienne église paroissiale Saint-Nicolas dont il ne reste que le clocher. Dernière étape pour les pèlerins de Saint-Jacques venus du Nord avant d’entrer dans Paris, elle s’avéra vite trop petite. On entreprit donc de la reconstruire  à partir du XVe siècle.  Dans le style à la mode, à savoir le gothique flamboyant.

 

La construction suit un parcours inhabituel :

Afin de créer d’abord l’espace destiné à accueillir les pèlerins on ne commença pas, comme à l’habitude, par le chœur de l’église mais par le portail occidental et 7 travées de la nef. Auxquelles on ajouta les bas côtés. Puis aux XVIe et XVIIe siècles furent ajoutées les deux dernières travées, le chœur  et le double déambulatoire avec ses douze chapelles. Enfin, en 1668 le clocher sera rehaussé d'un étage .  

 

Vue générale de l’église Saint-Nicolas des Champs avec son clocher du XIIe s.

 

 

 

L’intérieur de l’église

 

On est tout de suite frappé de l'ampleur de l'intérieur (90 mètres de long, hauteur de 20 mètres) cinq nefs, pas de transept, vingt-cinq fenêtres hautes. Ce long vaisseau est formé de treize travées,  et entouré de douze chapelles.

Les différentes périodes de construction sont immédiatement repérables en raison des différences de styles et des différents types de colonnes et d’arcades.

 

L'église renferme plusieurs tableaux et peintures remarquables, et en particulier :

le retable de l'Assomption de Simon Vouet avec :                                                                                                               "    "

-  l’Assomption de la Vierge en partie haute,

-  les Apôtres au tombeau de la Vierge en bas        

Il s’agit du seul retable d’origine actuellement en place dans une église parisienne. Il appartient à la grande période de l’artiste après son retour d’Italie en 1627.

 

De manière générale, l’église comporte trois groupes de tableaux :

-       ceux qui furent commandés pour elle

-       ceux récupérés de Saint-Martin des Champs (notamment une œuvre de Coypel - celui qui a peint la chapelle du château de Versailles)

-       ceux apportés plus tard d’un peu toutes les églises de Paris

 

Nous voyons au passage les  tableaux de la peinture parisienne du début du XVIIème siècle, (Claude Vignon, François II Pourbus, Georges Lallemant, Quentin Varin et Jacques Stella) ainsi que les peintures des écoles française et italienne des XVIIème et XVIIIème siècles.

 

illustrationA l’occasion d’une restauration récente furent également retrouvés des plafonds peints par Lallemant (XVIIe S.) qui avaient été précédemment badigeonnés.

 

L’église contient en outre deux orgues anciens célèbres : le grand orgue Cliquot du XVIIIe siècle et l’orgue de chœur.

 

 

Le prestigieux orgue Cliquot de Saint-Nicolas des Champs

 

 

 

  

 

 

A la sortie de l’église nous continuons encore un peu dans la rue Saint Martin, passons devant le théâtre de la Gaîté Lyrique et entrons dans la cour du CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers) pour jeter en silence un coup d’œil furtif à l’ancien réfectoire des moines qui est aujourd’hui une bibliothèque.

 

 

Bibliothèque du CNAM, ancien réfectoire des moines

 

 

Question : Savez-vous pourquoi Saint-Martin ne fit cadeau que de la moitié de son manteau ?

Myriam Doncoeur nous explique : Saint-Martin était un soldat romain vers la fin de l’Empire et comme tous ses compagnons il avait dû payer la moitié de son équipement. Il ne pouvait donc offrir que la moitié dont il était propriétaire, l’autre appartenant à l’état romain.