Compte-rendu
de notre sortie parisienne du 15 Avril 2010
Le musée des Arts et Métiers
et le quartier alentour
Nous étions une bonne trentaine,
à l’heure comme toujours, réunis sous un
soleil frisquet pour accueillir Myriam Doncoeur, notre guide bien connue, avec
nous pour toute la journée.
Etaient présents :
- Mmes : Azéma – Bykowski – Devant – Dupont – Etinzon – Faucheux –
Gautron Maltère –Nottelet – Puel – Ronzière
– Thomas
- Mmes et MM :
Dubray – Grandin – Perrot – Rogueda – Rulence et son amie Jacqueline Mareix
- MM. : Badaire – Béchère – Chollet – Cormier –
Debeuré – Marie– Noé – Monmouton – Pichon
Le musée des Arts et Métiers
par Jean-Louis Perrot
Un
patrimoine scientifique et technique unique au monde
Le groupe a consacré la
matinée à marcher sur les traces des inventeurs et des aventuriers du progrès.
La visite du conservatoire national des arts et métiers est un parcours dans le
musée de l’invention technologique où l’on peut découvrir plus de 6000 objets
répartis en 7 collections organisées selon 4 périodes chronologiques.
Entrée
du musée avec au fond la très ancienne chapelle de l’abbaye Saint Martin des
Champs
Un peu d’histoire :
le musée est réinstallé depuis 10 ans dans l’ex-abbaye
St Martin des champs qui sous Philippe 1er au XIème siècle va appartenir à l’abbaye de Cluny. Ainsi, les
religieux de l’ordre de Cluny s’implantent-ils en Ile de France aux abords
immédiat de la cité devenue sous Henry 1er le siège du pouvoir royal. L’abbaye
est transformée en prieuré. Le double déambulatoire flanqué de sept chapelles
est peut être le premier édifice parisien où l’ogive apparait.
Dans
la nef restaurée au XIXème siècle se retrouvent des objets qui font de l’église
un panthéon des techniques. Au cours de l’ancien régime, les bâtiments
conventionnels bénéficient d’embellissements ambitieux. Sous Henry III, un
portail monumental est élevé en bordure de la rue St Martin. La construction du
cloître dorique s’étendra de 1702à 1720. Vers 1765, la façade de l’église est
refaite dans le style jésuite. En 1794, l’abbé Grégoire souhaite transformer le
prieuré de St Martin en conservatoire. Dans ce cadre architectural
exceptionnel, le musée prend forme, tout particulièrement dans les années
soixante avec des expositions marquantes sur le siècle de l’automobile, sur
l’hydraulique ou sur l’espace. L’ambiance favorise la découverte autant que
l’émerveillement, tout en préservant l’esprit du lieu, son mystère et son
charme.
l'intelligence artificielle, les télécommandes et les appareils de mesures les
plus divers.

Des
maquettes de monuments prestigieux, celle de la chapelle du dôme des invalides,
du chantier de l'élévation de l’obélisque de Louxor sur la place de la Concorde
ou des constructions des immeubles bordant la rue de Rivoli à l’époque
d’Hausman, sont autant d’illustrations dans le domaine de la construction, de
l’ingéniosité des hommes de l’art pour réaliser des prouesses techniques qui de
nos jours font encore référence.
Le temps a manqué pour
approfondir les thèmes liés à l’énergie, la mécanique ou les transports.
On
s’est arrêté un instant sur la maquette de la machine de Marly (1684) qui a servi à alimenter en eau les bassins
du château de Versailles et dont la puissance motrice était fournie par 14
roues à aubes de
Maquette
de la machine

L’aéroplane de Clément Ader (1893-1897), la
traversée de la Manche par Blériot en 1909 signent le début de l’aviation qui
amorcera sa véritable évolution vers ce qu’elle est de nos jours avec la
naissance et les progrès opérés sur le moteur thermique.
Aéroplane III de Clément Ader suspendu
au-dessus du grand escalier du musée
Petite info intéressante :
Clément
Ader aimait utiliser le mot AVION pour désigner ses appareils, contraction de
la désignation «Appareil Volant Imitant les Oiseaux
Naturels
».
En
récompense pour services rendus à la Nation, l’Etat accepta le nom Avion à la
place de celui d’Aéroplane alors en vigueur.
Le pendule de Foucault
permet de mettre en évidence la rotation de la terre sur elle-même. A Paris en
janvier 1851, Léon Foucault installa dans sa cave – rue d’Assas - un pendule
fait d’un fil métallique de 2m de long supportant un poids de
Une sphère de 28kg était
alors suspendue à un fil métallique de
. la
sphère suspendue faisant tomber les quilles
. le
groupe écoutant les explications

En
fait le plan d’oscillation du pendule tourne lentement dans le référentiel
terrestre. Le mouvement apparent du plan d’oscillation du pendule s’effectue
dans le sens des aiguilles d’une montre dans l’hémisphère nord et dans le sens
contraire des l’hémis-phère sud. Le
mouvement n’est qu’apparent car en fait ce
n’est pas le pendule qui tourne mais la terre.
Rappelons
qu’elle tourne dans le sens contraire des aiguilles d’une montre en 23h 56 et
4,09 sec. soit 86164s/jour.
Il
est impossible de voir en quelques heures tous les objets et les 3000
inventions exposées qui ne sont qu’une petite partie de la collection du conservatoire.
On ressort du musée avec le sentiment d’avoir survolé plusieurs siècles de
techniques sans lesquels nous ne serions encore que des primitifs et d’avoir
rafraichi nos connaissances de quelques fondamentaux du monde moderne.
Le Déjeuner
Pour
une fois, on s’était offert un restaurant un peu plus luxueux, en l’occurrence L’Ambassade d’Auvergne, où le repas fut
somptueux, copieux, le service soigné et
le cadre plus qu’agréable. Mais pas de temps pour la sieste, la journée
continue et la petite marche nécessaire à la visite du quartier s'avèrera
salutaire. Toutefois, avant de démarrer,
notre Président nous rassemble pour la désormais incontournable « photo de
famille ».

Le quartier alentour par Eliane Etinzon
Nous
prenons la rue Saint-Martin,
en direction de l’Eglise Saint-Nicolas des Champs. Cette rue tire son nom de
l'ancien Prieuré Saint-Martin-des-Champs
(donc le Conservatoire des Arts et Métiers d’aujourd’hui) et est une survivance
du Cardo Maximus romain (rue principale Nord Sud au cœur de la vie économique
et sociale de la ville). Elle devient ensuite au moyen-âge
l'un des axes majeurs de Paris avec la rue
Saint-Denis. Elle a donné son nom à la Porte Saint-Martin de
l’enceinte de Philippe Auguste, au-delà de laquelle continue le Faubourg
Saint-Martin qui était alors hors les murs.
Nous
entrons dans l’étroite rue de Montmorency pour jeter un coup d’œil à la maison de Nicolas Flamel, dite
la plus ancienne maison de Paris (1407), aujourd’hui une auberge. Nicolas Flamel, cela
vous dit-il quelque chose ?
Si vous êtes lecteur / spectateur de Harry Potter,
sûrement ! Il y figure en bonne place, d’une façon juste un peu
fantaisiste. Son nom est lié à l’alchimie, c’est vrai. Pour le reste, Nicolas
Flamel, bourgeois aisé et grand lettré, tenait une librairie au rez-de chaussée
de cette maison et habitait au-dessus où il accueillait également des pauvres
dans les étages supérieurs. Or, on vendit un jour à ce libraire un grimoire affirmant
donner le secret de la fabrication de l’or. Et voilà notre libraire qui se lance dans
l’expérience !!!
Il
est aujourd’hui renommé comme l’un des plus
grands
alchimistes.
Façade de la maison de Nicolas Flamel
Nous
passons devant la rue au Maire.
Elle fut créée en 1280, et doit son nom à ce que le maire du domaine rural du
prieuré de Saint-Martin-des-Champs y avait son siège. Artère principale du
bourg de Saint-Martin-des-Champs, elle longeait l'enceinte fortifiée du
prieuré. Elle est bordée immeubles à deux fenêtres par étages qui étaient
habituellement composés d’un commerce au rez-de-chaussée et une famille par
étage au-dessus.

Avant
d’arriver devant l’Eglise
Saint-Nicolas-des Champs, nous longeons son flanc et Myriam attire
notre attention sur le magnifique portail sud qui est une copie ancienne de
celui du Palais des Tournelles (Palais des rois de France jusqu’à Henri II, qui
fut détruit pour construire la place des Vosges).
Portail sud de l’Eglise Saint-Nicolas-des Champs,
ancienne copie de celui du Palais des Tournelles

Et nous voici devant la façade de l’Eglise.
De part et d’autre du porche
des sculptures de saints : Saint-Nicolas et également Saint-Martin en compagnie de Sainte Cécile et Sainte Geneviève.
Portail occidental de l’Eglise Saint-Nicolas-des
Champs
Brève histoire de l’église Saint-Nicolas des Champs .
Il y eut d'abord l’église
Saint-Martin des Champs
dépendant du Prieuré (celle qui se trouve aujourd'hui intégrée au Musée des
Arts et Métiers). Puis fin XIIe siècle fut construite l’ancienne église
paroissiale Saint-Nicolas dont il ne reste que le clocher. Dernière étape pour
les pèlerins de Saint-Jacques venus du Nord avant d’entrer dans Paris, elle s’avéra
vite trop petite. On entreprit donc de la reconstruire à partir du XVe siècle. Dans le style à la mode, à savoir le gothique
flamboyant.
La construction suit un
parcours inhabituel :
Afin de créer d’abord l’espace
destiné à accueillir les pèlerins on ne commença pas, comme à l’habitude, par
le chœur de l’église mais par le portail occidental et 7 travées de la nef.
Auxquelles on ajouta les bas côtés. Puis aux XVIe et XVIIe siècles furent
ajoutées les deux dernières travées, le chœur et le double déambulatoire avec ses douze
chapelles. Enfin, en 1668 le clocher sera rehaussé d'un étage .
Vue générale de l’église
Saint-Nicolas des Champs avec son clocher du XIIe s.
L’intérieur
de l’église
On est tout de suite frappé de
l'ampleur de l'intérieur (
Les différentes périodes de
construction sont immédiatement repérables en raison des différences de styles
et des différents types de colonnes et d’arcades.

L'église renferme plusieurs tableaux et peintures remarquables,
et en particulier :
le
retable de l'Assomption de Simon Vouet avec :
" "
- l’Assomption de la Vierge en partie haute,
- les Apôtres au tombeau de la Vierge en bas
Il s’agit du seul retable d’origine actuellement en
place dans une église parisienne. Il appartient à la grande période de
l’artiste après son retour d’Italie en 1627.
De manière générale, l’église
comporte trois groupes de tableaux :
-
ceux qui furent commandés pour elle
-
ceux récupérés de Saint-Martin des Champs (notamment
une œuvre de Coypel - celui qui a peint la chapelle du château de Versailles)
-
ceux apportés plus tard d’un peu toutes les églises
de Paris
Nous voyons au passage les
tableaux de la peinture parisienne du
début du XVIIème siècle, (Claude Vignon, François II Pourbus, Georges
Lallemant, Quentin Varin et Jacques Stella) ainsi que les peintures des écoles
française et italienne des XVIIème et XVIIIème siècles.
A
l’occasion d’une restauration récente furent également retrouvés des plafonds
peints par Lallemant (XVIIe S.) qui avaient été précédemment badigeonnés.
L’église contient en outre deux orgues anciens célèbres :
le grand orgue Cliquot du XVIIIe siècle et l’orgue de chœur.
Le
prestigieux orgue Cliquot de Saint-Nicolas des Champs

A la sortie de l’église nous
continuons encore un peu dans la rue Saint Martin, passons devant le théâtre de
la Gaîté Lyrique et entrons dans la cour du CNAM (Conservatoire National des
Arts et Métiers) pour jeter en silence un coup d’œil furtif à l’ancien réfectoire des moines qui est
aujourd’hui une bibliothèque.
Bibliothèque
du CNAM, ancien réfectoire des moines
Question : Savez-vous pourquoi Saint-Martin ne fit cadeau que de
la moitié de son manteau ?
Myriam Doncoeur nous
explique : Saint-Martin était un soldat romain vers la fin de l’Empire et
comme tous ses compagnons il avait dû payer la moitié de son équipement. Il ne
pouvait donc offrir que la moitié dont il était propriétaire, l’autre
appartenant à l’état romain.