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Septembre 2010

Le Bulletin Contact n°84

Sommaire

 

Compte - rendu de notre voyage au Portugal

De  Porto  à  Lisbonne

-  du 23 au 28 Mai 2010  -

 

27 de nos membres s’étaient inscrits à ce beau voyage. Malheureusement pour eux certains se trouvèrent dans l’obligation d’annuler.

Au départ se trouvaient donc 23 personnes :

 

                - Mmes :  Azéma – Etinzon – Lencot – Ronzière – Thomas      

                - Mmes  et MM : Demey – Déo – Krebs –  Laîné – Monmouton –  Noé–  Perrot – Rulence et son amie Jacqueline Mareix    

- MM.  : Suquet  – Le Liboux

 

 

Jour 1 : Porto                                                         par Eliane Etinzon

 

Tout le monde était (comme toujours) parfaitement à l’heure au rendez-vous à l’aéroport pour un vol Paris-Porto sans histoires. Décollage à 11 H 30 : en matière de démarrage dès potron-minet, on avait connu pire ! L’arrivée à 12 H 40 – puisqu’au Portugal il est une heure plus tôt que chez nous - nous laissait assez de temps pour faire la connaissance de la ville.

 

Raimundo, notre guide, nous emmène vers le car. Notre première impression du pays est un aéroport flambant neuf d'une très élégante architecture contemporaine. Ce sentiment d’une architecture actuelle très réussie  se confirmera tout au long de notre séjour.

Et maintenant, en route pour le centre ville et notre premier déjeuner !

Le tout nouvel aéroport de Porto      "

Pendant le trajet, Raimundo nous annonce que la visite sera pédestre en raison d’un rallye automobile en centre ville qui interdit toute circulation de véhicule dans le centre. La ville n’étant pas immense et le soleil étant de la partie, nous ne sommes nullement gênés par cette nouvelle, bien au contraire.

 

Nous longeons quelques superbes plages, quelques bords de mer rocheux qui rappellent un peu les Côtes d’Armor, traversons diverses banlieues, passons quelques immeubles anciens ou modernes puis entrons dans la ville annoncée par un immense filet de pêche rouge au milieu d’un rond-point.

 

 

En cours de route, quelques informations nous sont données en vrac sur la ville et le pays.

Dans le cadre de l’Union Ibérique, le royaume portugais est sous domination espagnole jusqu’au 17e siècle.  Le 1er décembre 1640, soit soixante ans après le couronnement de Philippe II d’Espagne sous le nom de Philippe Ier du Portugal,  la noblesse et la haute bourgeoisie se révoltent. Le soutien de la population est immédiat, dès le 2 décembre 1640 Jean, 8e duc de Bragance, est acclamé roi de Portugal sous le nom de Jean IV.

 

Porto aurait donné son nom au pays.  Seconde agglomération du pays après Lisbonne, elle est aujourd’hui une ville de 240 000 habitants et atteint même les 2 millions si l’on compte la périphérie ; mais oui !  Les deux villes ont souvent rivalisé par le passé.

 

L’économie de Porto située à l’embouchure du rio Douro est basée sur son activité de port de pêche et de commerce  ainsi que sur  la production du vin qui porte son nom. Le négoce du vin avec le Royaume-Uni (qui lui, envoyait ses textiles) semble l’avoir largement influencée.

 

Mais nous arrivons près du fleuve Douro, dans le vieux quartier de la Ribeira, classé au patrimoine mondial de l'Unesco où nous découvrons les premières façades d’immeubles recouvertes d’azulejos, cet art décoratif typique du Portugal qui consiste à peindre des carreaux de faïence émaillée, le plus souvent en bleu. Nous en verrons tout au long de notre séjour sur les maisons, les immeubles, les églises, les édifices publics et les gares. Raimundo nous fait également remarquer le pont métallique Dom Luis I construit par Eiffel dit-il. Renseignements pris, il l’aurait été par un disciple de celui-ci.

                 Exemple de façade décorée d’azulejos

 

Puis, dans un renfoncement de vieux passage, nous entrons dans un drôle de petit restaurant sympa, à la décoration amusante, chargée et hétéroclite - « Chez Lapin » - où nous mangeons fort bien.                                                                                           

 

 

Et au boulot pour le début de la visite !

Contrairement à Lisbonne qui a subi au milieu du XVIIIe siècle l’un des tremblements de terre les plus destructeurs l'histoire (voir Candide de Voltaire) le centre de Porto est demeuré pratiquement intact et nous circulons dans un dédale de ruelles où certaines maisons, construites dans les anciens remparts, demeurent fortifiées jusqu’à aujourd’hui.

Exemple de maison fortifiée

 

 

 

 

 

Puis, nous arrivons à l’église San Francisco – Saint-François d’Assise.

L’église fut bâtie en style gothique au XIVe siècle (il en reste la rose) ; la façade bien que redécorée au XVIIe siècle et ornée de colonnes torses façon Le Bernin, reste relativement sobre. Par contre, il n’en va pas de même de l’intérieur, redécoré au XVIIIe. Dans la nef, nous restons étourdis, abasourdis devant l’incroyable étalage de richesses, contraste étonnant par rapport à son aspect extérieur.

Tout l'or des Grandes Découvertes, tout le luxe de l'époque baroque y est exhibé. Près de 500 kg d'or en provenance du Brésil ont été nécessaires pour recouvrir en totalité l'intérieur de l'église. Ce n’est qu’un foisonnement de bois dorés et sculptés représentant des pampres, des angelots et des oiseaux. Tout disparaît sous les ors, de l’autel aux piliers, en passant par le plafond et les ornements muraux. Sans oublier l’immense, étonnant et théâtral arbre de Jessé entièrement sculpté en haut relief.

Ahurissant ! On aime ou on n’aime pas, mais ça impressionne !

 

Partout nous retrouverons, poussés à un point inconnu chez nous, ces ors et ce goût du faste et de la mise en scène propre à frapper les esprits des fidèles.

 

 

 Eglise San Francisco à Porto :  A gauche : extérieur relativement sobre

                                                     Au milieu : l’intérieur surchargé d’ors

                                                     A droite : l’incroyable arbre de Jessé sculpté

 

 

 

 

 

 

 

Et nous continuons vers la cathédrale, située sur une large place d’où l’on a un beau coup d’œil sur la ville.

Au milieu de la place une colonne torse : c’est un pilori. Chaque ville portugaise en a un ; il représente le pouvoir de l’État et la Justice. C’est à cet endroit que l’on enchaînait les criminels au moyen âge, pour qu’ils soient exposés face à la population, qui les insultait à longueur de journée. On mourrait attaché sur ces piloris. On y rendait donc la justice !

Nous en verrons d’autres en plusieurs endroits.

 

Après l’église que nous venons de visiter, la cathédrale paraît austère. Forteresse et église du XIIe siècle, elle a subi de profondes modi-fications aux XVIIe et XVIIe siècles. Elle conserve sa rosace romane du XIIIe s. et l'intérieur abrite un très bel autel avec retable en argent ciselé.

          

              Vue de la cathédrale et du pilori au milieu de la place

 

Puis, continuant notre promenade dans la ville nous passons devant l’église Ildefonso , bâtie au XVIIIe siècle dont la façade à deux tours est entièrement recouverte d’immenses panneaux d’azulejos .

 

 

 

 

 

Façade de l’église Ildefonso décorée d’azulejos et détail.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Azulejos toujours, nous faisons une halte à la gare de São Bento (Saint Benoît), gare centrale de Porto construite à la fin du XIXe siècle et qui porte le nom de l’ancien couvent situé précédemment sur le même emplacement. Sa décoration intérieure vaut le détour : les murs sont entièrement recouverts de scènes en azulejos. Certaines évoquent la vie quotidienne traditionnelle du nord du Portugal, tandis que d’autres font référence à des moments forts de l’histoire de la ville.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le hall de la gare de Sao Bento et le groupe écoutant attentivement les explications du guide

 

 

Deux scènes en azulejos décorant le hall de la gare, l’une historique,

l’autre tirée de la vie quotidienne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On flâne encore un peu dans les rues.

Nous sommes dimanche et de nombreux magasins sont ouverts. Nous remarquons quelques belles façades comme celle du café Majestic, le plus vieux café de Porto.

 

Le Fameux Café Majestic, le plus ancien et le plus emblématique de la ville

 

 

 

Et enfin arrive l’heure du Porto.

On ne pouvait pas passer dans cette ville sans visiter une cave et déguster ce vin. C’est la cave Wiese et Krohn qui nous reçoit, ayant ouvert spécialement pour notre groupe en cette journée dominicale.

 

 

 

 

 

L’entreprise, fondée vers le milieu du XIXe siècle par deux frères norvégiens, était modeste, basée essentiellement sur l’exportation de Porto vers les pays scandinaves. Elle passa ensuite entre les mains d’une famille portugaise au début du XXe siècle mais le nom fut conservé.

 

L’entreprise s’est beaucoup agrandie depuis jouit aujourd’hui d’une large renommée internationale. L’export représente 90 % de son chiffre d’affaires. Le stock se monte à plus de 5 millions de litres, entreposés dans les caves que nous visitons. Dont certains vins très anciens. Du rouge seulement, pas de blanc ici.

 

Regardez la date sur le tonneau !

 

Malgré le large développement de l’entreprise, celle-ci est fière d’être parvenue à  allier les méthodes traditionnelles à certaines technologies modernes.

 

Après la visite des caves, nous passons à la dégustation : 3 vins du plus doux au plus sec et Nous trinquons dans la bonne humeur et sommes nombreux à faire l’emplette de quelques bouteilles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfin, après un dernier coup d’œil sur la vieille ville, nous rejoignons le car et prenons la direction l’hôtel à l’extérieur de la ville. Là nous attend un « pot » de bienvenue qui nous permet de goûter pour la première fois le Vinho Verde, léger et pétillant.

 

Nous sommes ravis de notre première journée mais fatigués. Les journées à suivre seront tout aussi remplies et s’il est un reproche à faire à ce voyage c'est que le programme, magnifique certes, était trop chargé. Nous serons vigilants pour l’an prochain ! JE serai vigilante.

 

 Vue générale de la vieille ville de Porto

   

 
J
our 2 : Viana do Castello -
Barcelos –   Braga                     par Sylviane Deo

 

Pour ce deuxième jour au Portugal, nous nous dirigeons en direction de la province du MINHO  aux fortes traditions folkloriques, aux costumes très colorés, appelée aussi « Côte verte » en raison de la culture intensive qui y est produite. C’est aussi une importante région vinicole aux vignes grimpantes d’où provient le « Vinho Verde », vin frais qui réveille les papilles.

 

Après avoir traversé le fleuve Lima et nous être arrêtés au belvédère de  Santa Luzia (à ne pas manquer car la vue est splendide), nous arrivons à VIANA DEL CASTELO – station balnéaire la plus importante de la « Côte verte » où le passé est encore très présent grâce à ses nombreuses demeures manuélines ou renaissance. Ses rues piétonnes convergent vers la place centrale bordée de monuments.

 

Nous partons ensuite vers BARCELOS où vécu Gustave EIFFEL et dont le marché au bétail est le plus ancien du Portugal. C'est aussi un centre de céramique dont le coq et sa légende sont l’emblème. L’histoire, reproduite dans tous les guides touristiques, imprimée sur toutes sortes de supports, s’est évidemment diversifiée avec le temps en une foule de versions et de variantes.  

 

Voici ce que l’on raconte :

              Le coq de Barcelos, emblème du pays

 

Cette légende est passée de génération en génération et le typique et bien connu « coq de Barcelos » est devenu ainsi l’un des emblèmes du Portugal. Il est symbole de foi, de justice et de bonne chance.

Après la visite du centre historique et des ruines du palais des ducs de Bragance, direction BRAGA – la Rome du Portugal - ville industrielle et universitaire de 117 000 habitants.

 

 

Visite du très agréable jardin de Santa Barbara où trône la fontaine de Sainte Barbe, de l’ancien Palais épiscopal et de l’impressionnante Cathédrale de style roman à charpente en bois, pourvue de deux buffets d'orgue, donc deux claviers, composés de plus de 4 000 tuyaux dont des tuyaux chamade.

           

Braga : jardin et palais épiscopal

 

 

 

 

 

 

 

La matinée étant déjà bien remplie, le déjeuner est pris chez « Alexandre » avec au menu du baccalau (morue) et de délicieuses poires aux épices.

 

 

 

 

 

 

 

Les « batteries » étant rechargées, nous voici prêts pour repartir en direction du sanctuaire de BOM JESUS DO MONTE. Notre guide ayant pitié de nous, il nous a épargnés la montée par la « voie sacrée » (sentier puis escalier de 575 marches) et c’est donc en bus que nous sommes arrivés au pied de cet édifice de style baroque, taillé dans le granit gris rehaussé de la blancheur des murs crépis à la chaux.

 

Sanctuaire de Bom Jesus do Monte

 

Nous poursuivons notre route vers GUIMARES – Nous nous arrêtons quelques instants afin de prendre en photos ces vignes où les vendanges se font à l’échelle. L’image de ces vignes grimpant aux poteaux électriques, aux arbres ou disposées en tonnelle est très surprenante pour des français pays du vin par excellence ! Nous nous frottons les yeux pour y croire !

 

 

 

 

 

Ces vignes hautes comme des poteaux électriques !

 

 

 

 

 

 

 

GUIMARES, berceau de la nation au 12ième siècle, est une des villes les plus jeunes d’Europe par sa population. Son centre historique médiéval où il fait bon flâner, a été classé au Patrimoine mondial de l’Unesco en 2001.

 

La ville, dominée par son château, est aussi un centre économique dynamique, notamment dans le domaine du textile.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques vues du château et du centre ville  de Guimarès

  

 

Notre dernier arrêt avant le retour vers l’hôtel, se situe à POVOA DE VARZIM, très important port de pêche et station balnéaire.

 

Un repas typique et un repos bien mérités nous attendent.

L’aventure du groupe de l’amicale des AAESD continue demain………………

 

Jour 3  Matin :

Aveiro -  Bussaco - Coïmbra                     par Dominique Lencot

                       

Quittant notre hôtel d’Apulia, nous contournons Porto et ses encombrements matinaux, en direction d'Aveiro, la petite Venise Portugaise . Ce site portuaire, important dès le Moyen Âge tirait ses richesses du sel et de la pêche à la morue jusqu’à ce que l’ensablement de sa lagune ne l’endorme pour plusieurs siècles . Sauvée au 19ème siècle par un canal relié à l’océan, elle est redevenue une cité prospère aux nombreuses activités : pêche, faïences, textiles et nanotechnologies (C’est ici que naquit le télépéage !) . Quelques « ovos moles », pâtisseries à l’œuf, rapidement dégustés et nous quittons déjà Aveiro et ses « moliceiros » qui dressent leur fières proues colorées sur le Canal Central .                                                                                                                                              Aveiro, la Venise du Portugal

 

 

Au hasard de la route, quelques habitations en bois, typiques des sauniers, et des

« habitations à haute tension » de cigognes perchées sur des pylônes électriques !

 

 

 

 

Les nids de cigognes dans les pylônes

 

Vu la profession d’une grande majorité de nos lecteurs, celles-là, on ne pouvait pas les louper !!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous pénétrons ensuite dans le Parco Nacional de Buçaco, forêt magique où se côtoient, sur 105 ha, quelque 700 espèces végétales (séquoias, fougères arborescentes, cèdres etc…) . Au milieu de cette ambiance tropicale, se dresse le majestueux Buçaco Palace Hôtel, extravagant pavillon de chasse royal de style manuélin( voir ci-dessous) de la fin du 19ème  siècle , aujourd’hui le palace le plus réputé du pays .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’extravagant Bussaco Palace Hôtel, vue générale et détail

 

 

 

 

 

 

 Après nous être délectés d’un croustillant cochon de lait au restaurant « Tres Pinheiros », nous nous dirigeons vers Coimbra.

Coimbra ville natale de six rois, 1ère capitale du Portugal de 1139 à 1256 est surtout réputée pour abriter la plus ancienne université fondée par le roi Dinis 1er en 1290. Droit, médecine, théologie et lettres y furent enseignés à des générations d’aristocrates et religieux et parmi eux, quelques grands personnages :  Saint Antoine, Descartes, Leibniz, le poète Camoens  et aussi Salazar qui, heureusement, épargna plus tard l’université dans sa folie architecturale de type « stalinien » .

Aujourd’hui encore 23 000 étudiants en droit , portant encore parfois la traditionnelle cape noire, pénètrent par la Porta Ferrea dans le vaste Patio des Escolas dont les bâtiments résonnent encore de 7 siècles de cours .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’université de Coimbra et un étudiant portant la traditionnelle cape noire

 

Les deux fleurons de cet ensemble sont la Bibliothèque Joanina et la Chapelle Sào Miguel.

 

La bibliothèque, nommée d’après Dom Joào V, date du 18ème siècle . 3 salles richement décorées de bois de chêne sculpté et doré, abritent sur 2 niveaux, environ 200 000 ouvrages (plus 300 000 en sous-sol) maintenus dans une hygrométrie constante et protégés des insectes par une colonie de chauve-souris conviées à nicher dans les lambris .

 

L’une des salles de la bibliothèque

 

 

 

La nef unique de la chapelle royale du 16ème siècle, fut totalement recouverte  aux 17ème siècle d’azulejos de style « tapis » . Le plafond décoré à fresques, l’autel maniériste, les motifs de chinoiserie sont éclipsés par le superbe buffet d’orgue baroque  rococo et ses angelots  trompettistes (en partie haute) .

 

 

! Orgue de la chapelle de l’université de Coimbra

 

                              Portail de style Manuélin $

 

Les portails d’entrée de ces 2 édifices sont tous deux, de style « manuélin » . Ce style architectural qui s’est épanoui sous Dom Manuel 1er (roi de 1495-1521) est une variante typiquement portugaise du gothique tardif.

Il se caractérise par des motifs marins         (référence aux grandes découvertes), et une profusion de décorations sophistiquées voire même exubérantes. Deux motifs sont omniprésents : la sphère armillaire, instrument de navigation, aux multiples cercles, servant à observer les astres et la croix de l’ordre du Christ, emblème d’un ordre militaire influent , héritier des privilèges des Templiers , figurant aussi sur les voiles et les drapeaux. A ceux-ci s’ajoutent, les cordages, les colonnes torses, les algues nouées, les mâts incrustés de corail, les chaînes d’ancre, les câbles marins et armoiries diverses . Plus tardivement, le style manuélin évoluera en intégrant parfois des ornements de la Renaissance italienne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les principaux éléments constituant le STYLE MANUELIN

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Photo de famille » prise à Coimbra en attendant l’ouverture de la Bibliothèque

 

 

 

Fin d’Après-midi :

Batalha –  Fatima                       par Jean-Louis Perrot

 

La visite du monastère de Sainte-Marie de la Victoire à BATALHA était au programme de l’après-midi. Après la déroute des troupes castillanes en 1385, le roi Jean Ier fit construire cet édifice monumental en gothique flamboyant dont les travaux durèrent presque deux cents ans. Il est déclaré patrimoine mondial par l’Unesco. Cette longue période justifie la présence de plusieurs styles dans ce que l’on peut considérer comme l’une des meilleures représentations du gothique portugais avec une importante présence de l’art Manuélin. On y voit le tombeau de Jean Ier et de celui de son épouse.

 

Longue de 83m, haute de 35m, la nef de l’édifice est impressionnante par sa taille. Un splendide portail monumental construit au début du XVIème siècle représente les quatre évangélistes, les apôtres, les saints et les rois. Les vitraux autour de l’hôtel sont du XVème siècle. C’est là un travail merveilleux de la pierre de plusieurs générations. Le cloitre royal accolé au monument principal est décoré suivant l’inspiration manuéline ; s’y trouve dans la salle du chapitre le tombeau du soldat inconnu portugais gardé en permanence par deux soldats en arme, immobiles et relevés toutes les deux heures.

 

 

 

atalha :  Ci-dessus, deux vues du monastère

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ci-dessous, vue générale du cloître et détail

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La route se poursuit par LEIRIA dominée par son château fort qui fut un point stratégique au 13ème siècle. Ancien palais royal, il domine la ville qui fut construite sur la base d’une structure médiévale rappelant que l’on est dans une région de conflits où existait une grande communauté juive symbolisée par la présence de l’ancienne juiverie près de la cathédrale.

 

La journée se termine par la visite de FATIMA, terre de grands pèlerinages mondiaux de la vierge Marie. FATIMA est située sur un plateau à 400m d'altitude dans une région agricole et calcaire où domine la culture de l’olivier et du chêne liège.

 

La vie de trois petits bergers fut bouleversée après le 13 mai 1917 quand ils furent surpris tout à coup par une étrange vision. Tout en haut d’un chêne, on devinait la silhouette d’une femme vêtue de blanc et enveloppée dans un halo de lumière. L’apparition de la vierge qui avait été annoncée l’année précédente par trois anges, se reproduisit au cours des cinq mois suivants. Mais ce ne fut qu’au cours de l’apparition du 13 octobre 1917 que la dame révéla son identité devant le regard attentif de plus de 70.000 personnes venues de tous les points du Portugal.

 

La première chapelle pour honorer Notre Dame fut construite en 1919 mais fut détruite par une bombe trois ans plus tard. Les travaux de la basilique commencèrent en 1928. Son clocher de 65m de hauteur domine une esplanade qui peut contenir près d’un million de personnes. Jean Paul II  et très récemment Benoist XVI s’y sont rendus comme le font chaque année 40.000 à 50.000 pèlerins pour demander grâce à la Vierge. L’église mi souterraine Sainte-Trinité fut construite il y a quelques années  à l’autre extrémité de l’esplanade face à la basilique ; elle peut recevoir 9000 personnes. La statue centrale du sacré Cœur indique l’endroit où jaillirent les eaux d’une source durant les mois des apparitions. Plusieurs d’entre nous assistèrent à 21h30 à une procession au flambeau sur ce haut lieu de prières.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fatima : l’esplanade et l’ancienne basilique.   Très bel Intérieur de la basilique

Sur le chemin vous pouvez (à la loupe) voir                     moderne

les pèlerins avançant à genoux


Jour 4 Matin :

Tomar – Alcobaca                              par Jean-Louis Perrot

 

Le soleil et la douceur étaient au rendez-vous pour visiter la région de BEIRAS. Ancien siège des templiers, TOMAR fut un lieu de passage important avec l’Espagne et s’est développé à l’ombre des murs de son château construit par cet ordre militaire et religieux du milieu du XIIème siècle.

 

Dans le car, notre excellent guide Raimondo a rappelé l’histoire et l’expérience maritime forte du Portugal avec ses 850 km de littoral. Dès 1440 Henry le Navigateur a créé une Faculté pour développer les voyages, l’astronomie, la recherche navale… Citons la découverte de Madère, des Açores, la descente des côtes africaines, en 1488 le doublement du cap de bonne Espérance, en 1492 la découverte de l’Amérique avec Christophe Colomb, en 1500  on connaîtra le Brésil et en 1541 les Portugais seront au japon et en Chine ; ce seront  les débuts du commerce des étoffes et de la soie. Avec ces découvertes, la technologie marine et une artillerie évoluée, on perçoit la puissance du Portugal reposant à l époque sur un  empire immense et sur un commerce florissant.

 

Mais revenons à TOMAR dont la forteresse joua un rôle important durant l’époque des incursions arabes sur le territoire qui se trouve entre DOURO et le TAGE.

 

C’est le Couvent du Christ, classé au patrimoine mondial de l’Unesco qui concentre la plupart des éloges avec sa beauté parfaite et son dessin original. Il renferme quelque uns des chefs d’œuvre de l’architecture portugaise. 500 ans d’histoire y sont représentés par des jeux de formes et de volumes - six cloitres, des chapelles, des sacristies, un portail Manuélin fait d’un arc en plein cintre, des plafonds à caissons, une rotonde où les moines à cheval pouvaient recevoir la bénédiction, le cloitre dans lequel Philippe II de Castille fut proclamé roi du Portugal - tous ces lieux historiques furent au centre de la vie des Templiers. Ils furent occupés par des moines jusqu’en 1734.

 

   

 Tomar – Vue extérieure

 

 

  L’entrée et son Portail Manuélin $

            

 

            

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout est splendide de par le travail de la pierre, l’harmonie des volumes, la décoration des escaliers en colimaçon ; ce sont de véritables prouesses architecturales du passé dans la recherche du beau et du grandiose

 

 

Tomar – Le cloître

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Encore une abbaye inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco celle d’ALCOBACA appelée l’abbaye royale Sainte-Marie qui fut construite au 17ème siècle sur la route des pèlerins de Saint- Jacques de Compostelle. A l’époque ces monastères étaient des refuges de sécurité et pour y manger. C'était politiquement la résidence d’un état dans l’état dans une région constituée d’une forte économie reposant sur la culture de la vigne et des oliviers. Ce devint la maison même des Cisterciens, ordre très riche en opposition à Cluny mais très lié à Clairvaux en Bourgogne. Faites d’une architecture très sobre et fonctionnelle, ces abbayes témoignent bien de la vie communautaire des moines - dortoirs, cuisines réfectoires, citernes d'eau, étables - tout cela donne naissance à ce qui est considéré aujourd’hui comme exemplaire du gothique primitif, transition entre le roman et le gothique pur. En réalité, les bâtiments que l’on visite datent de 1755 et plus, ayant été reconstruits après le séisme si destructeur que connu le Portugal.

 

             

 Façade de l’abbaye d’Alcobaca

 

                                                     Nef de l’église d’Alcobaca

 

L’église en forme de croix latine est avec ses 106 m de longueur la plus grande du pays. Aux extrémités du transept reposent les restes mortels de Pierre I et de sa malheureuse maîtresse Ines de Castro dite la reine morte. Les tombeaux sont de magnifiques exemplaires de l’art funéraire médiéval. Le portail ogival est de la fin du 13ème siècle.

 

Le cloitre principal dédié au roi DINIS et appelé cloitre du silence est le plus grand de style gothique de tout le Portugal. La salle du Chapitre avec son acoustique extraordinaire, les cuisines avec une rivière souterraine pour disposer de l’eau courante, la cheminée de 41 m de hauteur, le réfectoire entièrement revêtu de carreaux de  faïence où les azuléjos des murs expliquent l’histoire de la fondation du monastère, on est en admiration devant ces richesses artistiques et architecturales qui témoignent du savoir faire  extraordinaire de toute une époque allant du 12ème  au 15ème siècle et où surgit l’architecture manuéline qui reflète le bien être d’un empire portugais arrivé au zénith de sa puissance.

 

 

                              

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques vues des superbes tombeaux de Pierre 1er et Inès de Castro,  dite La Reine Morte

 

 

 

 

 

 

 

Détail surprenant :

Si le tombeau du roi repose sur des lions, celui d’Inès repose sur les fidèles moines représentés couchés comme des chiens !

 

 

 

  

 

Fin de Matinée etAprès-midi :

Nazare – Obidos                            par Françoise Laîné         

 

                                

En fin de matinée, nous longeons la côte pour arriver à NAZARÉ un des plus célèbres villages de pêche du Portugal. S’il y a bien longtemps que les pêcheurs ne remontent plus les barques sur la plage avec des bœufs, les femmes continuent d’étaler sur des séchoirs en plan incliné, une multitude de poissons, dans ces ruelles pleines de recoins. La ville qui a énormément grandi est devenue très touristique.

La Plage de Nazaré

 

 

 

 

 

 

 

Après un repas typique dans un restaurant idéalement situé en bordure de mer, à l’extrémité de la longue plage, il est impossible de quitter NAZARE sans monter jusqu’au belvédère du SITIO, promontoire situé à 110 m de haut, offrant un panorama vertigineux et spectaculaire sur le littoral.

 

 

 

 

 

 

 

Une touche de couleur locale à Nazaré !

 

 

 

 

 

 

La route nous mène ensuite vers OBIDOS – un des principaux joyaux du pays – charmant petit village médiéval, entouré d’une imposante muraille crénelée érigée à partir du XIIe siècle et maintes fois restaurée. Le chemin de ronde, dominé par un puissant château, constitue un prétexte idéal pour découvrir quelques jolis points de vue sur cette cité où jadis les reines déchues ou veuves du Portugal venaient pour oublier leurs chagrins et leurs soucis.

Château dominant le village d’Obidos

 

 

 

 

La porte sud est la principale des quatre qui furent ouvertes dans la muraille.

Cette porte franchie, nous arpentons les ruelles charmantes, tortueuses, au tracé médiéval, aux maisons blanches avec bandes bleues ou jaunes. Village très fleuri de bougainvilliers, géraniums, roses, glycines ; nous atteignons alors l’église Ste Marie, sur la place, avec l’orgue du 18è et ses tuyaux à l'horizontale ; l’église St Pierre, St Jacques – ce village ne compte pas moins de 6 églises !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Promenade dans les rues d’Obidos

 

 

 

Avant de quitter OBIDOS, il est recommandé de déguster la spécialité locale, le ginginha, liqueur de griottes dans un petit verre en chocolat ; ce qui termine bien la visite !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puis, sur le chemin de l’hôtel à PENICHE, arrêt à un point de vue unique en bordure de mer, site sauvage avec ses roches calcaires noires ; en arrière plan, les bâtiments permettant de se souvenir que PENICHE, ville du moyen-âge, fut un important port de pêche maintenant situé sur une presqu’île en face du Cap Carvoeiro.

 

Bord de mer à Peniche

 

 

 

 

 

 

 

Jour 5 Matin :

Queluz - Sintra                            par Hélène et André Demey

 

Déjà 4 jours de visite, cathédrales, monastères, palais… Et nous continuons parce que… rien n'est pareil ! Il y a toujours une surprise, un style, une histoire, qui nous interpelle, nous intéresse.

 

Aujourd'hui, nous commençons par le Château Royal de QUELUZ, (origine arabe, voulant dire "traversé par une rivière", qui sait !).

 

Construit en plusieurs étapes, à partir de 1747, sur demande de Dom Pedro, à la place d'un pavillon de chasse, ce Château abrite de très nombreuses salles, plus ou moins richement décorées, et meublées, en fonction de leur usage (salle de musique, parties privées, salle de réception, salle du trône, etc.). Mais il fut également le Château ou Maria 1ere, épouse de Dom Pedro, exerça réellement son pouvoir à partir de 1760.

Château royal de Queluz

 

Reine, pieuse et érudite, elle s'intéressa beaucoup aux arts. (création d'une école des Beaux Arts), mais souffrant d'accès de mélancolie fréquents, ayant perdu son fils (variole), elle finit par partir au Brésil (1807) lors de l'invasion des armées de            

Bonaparte.                                                                          

 

Conçu pour y vivre ("résidence secondaire"), ce Château abritait une partie privative telles que les chambres bien sûr, un salon fumoir, une salle à manger, une chambre pour enfants, salon de musique etc. (tiens, où faisaient-ils leurs ablutions ?) mais aussi une chapelle.

 

Anecdote : Junot avait fait exécuter quelques transformations en vue de l'arrivée de Napoléon, mais celui-ci ne vint jamais ! Car les Portugais aidés par les Anglais (Ah, ce Wellington) nous ont repoussés.

 

Des jardins à l'italienne, à la française etc. (imaginés par Jean Baptiste Robillon) agrémentaient, par leurs espaces, leur nature, les fontaines et les nombreuses statues, cette demeure royale. Le tout était complété par une sorte de petit canal permettant de "canoter".

 

Les bords du canal dans le parc du château de Queluz

 

 

Il faut également retenir les marqueteries au sol en bois, les plafonds richement décorés, le mobilier "empire" et le salon des ambassadeurs qui par sa présence démontrait s'il en était besoin, que ces lieux n'étaient pas que résidentiels.

 

Reprenons l'autocar pour le palais de SINTRA

 

 

Le château de Sintra

 

Dominé par un Château moroco-médiéval qui défendait la vallée, ce palais fut d'abord (comme souvent !) une zone de chasse pour le famille royale. Il fut longtemps la résidence d'été favorite des rois du Portugal jusqu'en 1880.

 

Construit, modifié, aménagé, depuis la fin du XIVème siècle par les différents monarques qui l'ont occupé, ce Château recèle des diversités de styles qui se retrouvent dans les azulejos, mono et polychromes. Ainsi que dans la décoration intérieure (plafond à caissons représentant les blasons des 72 familles nobles portugaises) et le mobilier sans oublier les tableaux (fin XVIème siècle, peintures flamandes à l'huile de Jean Van Eyck).

 

Si nous passons en revue quelques unes des salles visitées, nous remarquerons la salle des cygnes (plafond) dévolue aux banquets, la salle des Pies (140, en plafonds).

 

Le plafond des cygnes

 

Anecdote : le roi Jodo 1er aurait fait exécuter cette décoration pour faire taire les commérages des dames de la cour au sujet d'une relation amoureuse qu'il aurait eu avec une des favorites.

 

 

 

 

 

La chambre du roi, agrémentée aussi par des azulejos, à pour particularité de mettre en décoration murale des épis de maïs, signe exotique relatif aux voyages et découvertes de l'époque.

 

Ensuite la salle des galions, retrace en résumé picturale (au plafond), la montée en puissance de la maîtrise des mers par les portugais, puis leur décadence face à la flotte hollandaise.

 

 

 

 

 

 

Diverses pièces du château

 

 

 

D'autres salles (chinoise, arabe, des invités…) mettent en valeur, carreaux de faïences, porcelaines, témoignages, de voyages lointains (tel ce temple venant de Macao, réalisé en ivoire), mobiliers espagnols richement rehaussés d'or.

 

Mais cette visite, ne serait pas complète, si l'on ne citait pas la cuisine avec son réchauffe plat mural "micro-onde" et surtout ses deux cheminées coniques façon "termitière", qui non seulement dominent la cuisine mais également le palais.

 

La cuisine

 

Ai-je parlé de la salle "Manuela" ? NON ?

Ce style architectural qui s'est épanoui sous Manuel 1er est une variante portugaise du gothique tardif, qui se caractérise par des sculptures avec deux détails décoratifs, la sphère armillaire  et la croix de l'ordre du Christ. (Voir plus haut).

Et nous n'avons cessé de rechercher dans chaque édifice (religieux en particulier) ces témoignages…

 

 

Après-midi : Lisbonne                                               par Aimé Le Liboux

 

La région de LISBONNE fut d’abord occupée par des tribus d’origine ibère : les Lusitaniens. Au troisième siècle avant Jésus Christ les romains s'installèrent autour du Tage en appelant l’endroit : Olissipo. Au cinquième siècle, les barbares : Vandales, Suèves, Wisigoths occupèrent la ville mais vers le huitième siècle, les Maures envahirent toute la région puis furent repoussés par les armées chrétiennes en 1147. Peu de traces subsistent de leur passage, actuellement dans les sous-sols, quelques vestiges romains sont mis au jour.

 

L’Alcazar d’origine musulmane, fut transformé en palais royal. Vers le 9ème et 10ème siècle, l’embouchure de la rivière se situait au niveau de la place du commerce. On pouvait accéder sur la colline par le nord. Au 14ème siècle une muraille de 7 à 8 km entourait la ville.

 

Au 15éme siècle, Lisbonne quittera ses remparts abandonnant son rôle défensif. Une époque d’or s’instaura, le roi Manuel fit construire le Château de Saint George (Castelo de Sao Jorge) accessible à partir de la place du Commerce. La ville s’étalait sur une surface de 6000ha  pour une population de 1.200.000 habitants.

Le Château Saint-George qui domine la ville

 

La ville a ensuite stagné jusqu’au 18ème siècle. Il y eut à cette époque  (1755) un violent tremblement de terre suivi d’un tsunami dévastateur. 80% de la ville furent détruits car LISBONNE était située sur une faille. L’effet du séisme se fit ressentir également à AVORA et jusqu’en Andalousie ainsi qu’au Maroc du nord. L’effet du tsunami fut la cause principale des nombreux décès plus que le séisme lui-même. Le Tage s'est vidé soudainement suivi par une vague déferlante. La majorité des châteaux fut détruite. La famille royale se trouvant au Palais Royal construite par le roi Pedro III  sur un ancien pavillon de chasse  à QUELUZ en 1747 fut sauvée, le château ayant résisté au séisme. Il a fallu au moins un siècle pour reconstruire la ville.

 

Quelques dates sont a retenir :

 

Il y a actuellement 500.000 habitants intra muros et environ 1.500.000 à 2.000.000 d’habitants si l’on compte la banlieue. Il y a eu une énorme évolution de la ville depuis l’exposition universelle de 1998 : nouveaux accès, construction du pont VASCO de GAMMA (14km de long – Pont suspendu à 40 m de hauteur). Un troisième pont est prévu pour le futur TGV.

 

L’énergie éolienne se développe beaucoup depuis ces dernières années. Quelques panneaux solaires font leur apparition. L’énergie à partir des marées est en projet  bien que les marées soient beaucoup moins importantes que sur le littoral atlantique français. Le grand développement économique de la ville attire un apport supplémentaire de population d’où une certaine délinquance.

 

LISBONNE est très fleurie (amarante ou jacaranda : fleurs bleues).

Le parc de MONSENTO est le poumon de LISBONNE.

Le centre culturel de BELEM est en pierre de taille. Il y a des concerts de musique STRAVINSKY – Expositions de peinture, de sculpture. 

 

Rue bordée de Jacaranda, arbre

originaire du  Brésil d’un bleu flamboyant

 

  

La partie la plus intéressante de Lisbonne se situe au Centre et dans les quartiers les plus typiques autour du centre.

 

 

QUARTIER DU BELEM

 

BELEM, contraction de BETHLEEM, se trouve dans la partie occidentale de la ville et s’étend au bord du Tage. Trois monuments parmi les plus importants de la capitale peuvent être observés : le monastère des Jéronimos, la tour et le monument des découvertes.

 

Dans ce quartier, il y a également  les musées de la marine, de l’archéologie. Le jardin colonial (jardin botanique de Ajuda) créé au XVIIéme siècle par le premier ministre Pombal afin d’y admirer la flore coloniale. C’est un superbe jardin de 4 ha.

 

Le monastère était près du fleuve. La découverte des nouvelles voies de navigation a ruiné les vénitiens qui faisaient parvenir par voie terrestre les épices (poivres…) car pour ces derniers, il fallait 12 mois pour aller les chercher et 12 mois pour le retour.

Ces découvertes ont fait par contre la richesse du roi Manuel et par voie de conséquence la construction de beaucoup de monuments de LISBONNE.

 

LE  MONASTERE (Mosteiro dos Jeronimos) allonge sa longue façade, chef d’œuvre manuélin dont la construction débuta en 1502 après le retour de Vasco de Gamma et grâce à la fortune en espèces qu’il rapporta. La réalisation de cet ensemble (église, cloître et couvent) est classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Le dôme est de la fin du XIXème siècle. On rajouta à cette époque la grande aile ouest.

Le portail sud abonde en détails typiquement manuélins : poissons cordages, coraux et la croix de l’ordre du christ.  Par cette  porte sud entraient les marins avant chaque expédition (et peut-être après, pour se faire pardonner certains péchés – commentaire personnel). Les sculptures de la porte représentent Saint Jérôme à genoux, des musiciens, les saints Martyrs, Henri  le Navigateur avec une épée au centre du portail. Il n’y a pas de contrefort ni d’arc-boutant pour soutenir la construction.  

L’entrée principale : le portail ouest a été refait après le séisme ; y figurent : le roi Manuel et Saint Jérôme avec à ses cotés la tête de lion, l’adoration des mages et le tombeau. Le bas du chœur est manuélin (sphère, croix de l’ordre des chevaliers du christ).

Entrée principale du Monastère des Jeronimos

Le roi Sébastien. Ce roi partit avec 15.000 hommes en guerre sainte au Maroc. Il perdit la vie après une bataille désastreuse contre les Maures laissant le Portugal sans successeur. Seule une centaine de soldats revinrent au pays. Le roi d’Espagne Philipe II en profita pour se faire élire roi du Portugal sous le nom de Philipe I.

 

Après cette visite, nous avons droit à une pause et à un goûter bien mérités pour déguster les gâteaux typiques, les Pasteis de Belem qui nous attendaient.

 

LA CHAPELLE SANTA MARIA présente ses admirables colonnes renaissance et une voûte nervurée ainsi qu’un cloître à deux étages. C’est une chapelle de type baroque avec Croix de l’ordre des chevaliers du christ. Sous la tribune à l’entrée de l’église se trouvent plusieurs tombeaux manuélins dont celui de Vasco de Gamma. L’église Sainte Marie de Bethléem resta intacte après le séisme car les piliers, à l’intérieur des murs, tenaient seuls les murs donnant une certaine souplesse à l’ensemble. On y trouve un tabernacle en argent fin du XVIIème siècle. Dans le maître autel : le tableau de gauche représente Manuel et son épouse et dans le tableau de droite Jean III et son épouse. Il y a également la représentation des éléphants à oreilles courtes (éléphants d’Asie), cadeau du pape. Tout cela pour montrer l’apport des colonies à cette époque. Les vitraux sont du XXème siècle. Le pape Benoît XVI est venu ici.

 

LE CLOîTRE DU MONASTERE

Les deux cloîtres détruits par le séisme, ont été remplacés par un seul cloître de 55 m de côté, entouré d’une double galerie aux colonnes ciselées. Malgré la légèreté de ses colonnes gothiques les voûtes du monastère ont résisté au séisme. Ce cloître est coupé aux angles avec un mélange de figures païennes bizarres et d’éléments catholiques -  pas de siège.

 

Fabuleux cloître du Monastère des Jeronimos

 

C’est dans ce cloître que fut signé en 2009 le traité de Lisbonne étendant l’Europe à 27.

 

La partie supérieure était fermée puis réouverte comme aujourd’hui.. La salle du chapitre a servi pour loger les moines. Il y a souvent des représentations de maïs sur les murs ou sur les colonnes qui étaient à l’époque quelque chose d’exotique et de rare. La construction a été réalisée par Jean de Séville. On retrouve la polychromie (bleu, jaune et blanc) dans les carreaux de faïence. On peut également voir le tableau de Saint Jérôme avec son chapeau de cardinal et son lion, une plaque commémorative de Fernando Pessoa (1888 – 1935), poète qui aimait également l’astrologie. Dans la salle du chapitre, le tombeau d’Alexandre de Herculano : poète, écrivain et historien. 

 

 

LA TOUR DU BELEM

 

La Tour de Belem

 

Construite en 1515 par Manuel Ier, elle gardait l’entrée du port. La tour se dressait au milieu du Tage. Elle  avait pour but de défendre l’accès au port et servait aussi de résidence au capitaine du port. La tour de Belem élève ses cinq étages superbement sculptés dans le goût manuélin. Avec ses petites tours de garde, ses salles voûtées et son église semi-souterraine, elle semble flotter sur le Tage. Elle devint une prison par la suite.

 

 

 

 

 

 

MONUMENT DES DECOUVERTES

(Padrao dos descobrimentos)

Situé tout près de la Tour de Belem.

Il fut commandé par Salazar en 1960 pour le 500éme anniversaire de la mort d’Henri le Navigateur. C’est un immense monument de pierre (52 m).

 

Monument des découvertes, localement surnommé paraît-il « poussez-pas derrière »

 

A côté, le Pont Vasco de Gamma est une audacieuse arche métallique suspendue au dessus de l’eau sur 14 km de long..

 

Située entre le quartier Rossio et la Praça dos restauradores, la Gare du Rossio aux étranges portes manuélines, possède un encadrement en fer à cheval.

 

Au sud du Rossio, la Praça do Commercio a été reconstruite après le tremblement de terre sur les décombres de l’ancien palais royal édifié par Dom Joao Ier. Sa statue équestre occupe le centre de la place.

 

Il y a également la Station Thermo-électrique (EDP), et le  bâtiment royal de la corderie de Belem pour étendre les cordes pour les bateaux (similaire au bâtiment de la corderie de la Rochelle en France).

 

Le monument du Christ-Roi de 28 m de haut et de 80 m de socle soit un total de 110 m surmonte le pont rebaptisé Pont du 25 de Abril et qui fut construit en 1966. Ce pont sert uniquement pour le chemin de fer. A la fin des colonies, les bateaux furent vendus et le port est tombé en régression. Actuellement son activité essentielle est le transport par bateaux porte- containers.

 

 

 

Plus à gauche se trouve la Basilique d ‘Estrella qui est un bâtiment néoclassique avec un très beau jardin.

La Basilique Estrella

 

La journée du jeudi s’est terminée par un dîner suivi d’une soirée « Fado » sur les hauteurs de l’Alfama, le plus vieux quartier de Lisbonne.

 

Dans un tout petit restaurant aux murs décorés d’azulejos, dans lequel il n’y avait personne d’autre que nous, un excellent dîner typique nous fut servi. Puis vint le spectacle : une chanteuse accompagnée par deux guitaristes dont l'un jouait la guitare traditionnelle à 12 cordes. Nous avons retrouvé un peu plus tard  ce guitariste dans un autre restaurant, qui accompagnait cette fois ci un chanteur de fado. Nous pensions tous que le fado était réservé aux voix de femmes, il n’en est rien.

 

Retour à l’hôtel, crevés mais ravis.

 

 

 

Une soirée dans la bonne humeur

(au fond sur la photo de gauche, notre guide Raimundo)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jour 6 – Lisbonne                                          par Aimé Le Liboux

 

QUARTIER D’ALFAMA

 

De la vieille ville arabe, il reste l’ALFAMA.

La cathédrale forteresse de la Sé avec ses tours carrées  et le château (Castelo Sao Jorge) dominent le quartier ancien composé de ruelles étroites. Cette cathédrale édifiée sur les ruines de la grande mosquée par Alfonso Ier, montre une superbe simplicité de l’art roman. La rosace illumine la sobre voûte et le tombeau d’Alfonso IV.

Massive cathédrale romane

de la Sé, à l’entrée  du quartier d’Alfama

 

Tous les ans en juin, l’Alfama fête ses Saints Patrons : St Antoine et St Marcel, célébrés par des marchas et des buffets en plein air. Ici et là les rues commencent d’ailleurs à être décorées en vue de la Saint-Antoine.

 

Il existe 4 lignes de métro dont la ligne rouge construite par une compagnie française avec deux entrées de métro réalisées par Hector Guimard.

On passe successivement  devant la synagogue de Lisbonne puis le bâtiment rose : siège social socialiste, le  parlement composé de 130 députés pour un mandat de 4 ans, le jardin d’Estrella  et enfin le monument de la découverte du Brésil par Pedro IV devenu Pedro Ier roi du Brésil.

Station Jean Dedieu (écrivain qui a sorti un livre scolaire pour les enfants pour enseigner le portugais).

 

 

Basilique d’Estrella (voir photo ci-dessus) néoclassique construite par Macha de Castro. La façade est bien équilibrée. Cette basilique a été commandée par Marie Ière de Bragance mariée à son oncle Pierre III, cette reine est devenue à la fin de sa vie complètement folle. Le tombeau est classique. Elle avait évincé le marquis de Pombal, premier ministre de Joseph II  qui avait chassé les Jésuites du Portugal en 1759 et qui a commencé à régner par décret dans les années 1770. Cette basilique comporte de nom-breuses sculptures et une incroyable crèche géante en terre cuite que nous

avons eu l’honneur de visiter.                

 

 Dans la basilique Estrella, l’impressionnante crèche comprenant plus de 500 personnages

 

 

 

 

PROMENADE EN TRAMWAYS

 

 

 

Et hop ! Tous en tramway à travers les quartiers hauts de Lisbonne !

 

 

 

 

 

Nous avons pris les Electricos  qui arpentent les ruelles pentues du Bairro Alto (le quartier haut).  Nous sommes passés devant le beau vieil ascenseur construit par Eiffel qui monte de 32 m au dessus  de la rue St Just jusqu’à la rue do Carmo lorsque la passerelle est ouverte. On peut grimper ainsi jusqu’au Chiado juste remise d’un grand incendie en 1988. 

 

Drôle d’ascenseur public de Santa Justa

qui emmène les habitants des rues basses  vers les quartiers hauts.

Du gothique flamboyant en fer forgé !!!

 

La visite en tramway a pris fin à la place das Portas do Sol ( Porte du soleil). Ce sont des portes Mauresques. Nous avons poursuivi à pied en longeant les remparts musulmans surmontés par l’église St Vincent.

 

 

 

 

 

 

CHATEAU DE SAO JORGE

 

Ce Château a été construit sur des ruines musulmanes en 1147 après les conquêtes portugaises. Au 14ème siècle, Lisbonne s’agrandit en face du Tage, direction ouest et direction est. La ville moderne de Lisbonne se trouve au nord. A l’entrée du château un canon est daté 1824.

 

 

Château Saint-George

 

 

 

 

  

 

Puis un déjeuner nous a été servi dans une maison située dans le quartier Chiado. La façade et l’intérieur sont décorés d’insignes de la Franc-Maçonnerie, comme d’autres bâtiments du quartier d’ailleurs.

    La Franc-Maçonnerie en Azulejos   "

 

Quartier Juif très actif. Au moment de l’inquisition beaucoup de juifs durent quitter le pays, cependant  le roi Manuel voulant les garder malgré la poussée de l’inquisition, entreprit de les

convertir de force au catholicisme.

 

 

Visite au marché  aux poissons de Batalha, ensuite direction le Quartier Chiado en car.

 

La révolution des Oeillets (25 avril 1974). Le général Spinola  fit son coup d’état avec un régiment de l’armée de terre. La garde républicaine après quelques hésitations se rallia aux révolutionnaires. Marcelo Caetano qui était premier ministre après le départ de Salazar, dut démissionner et s’exiler d'abord à Madère puis au Brésil.

 

 

VISITE DU MUSEE  Calouste Gulbenkian

 

Calouste Gulbenkian  dit Monsieur 5% car il touchait 5% des compagnies pétrolières, était très riche mais il avait également le bon goût d’aimer les  œuvres d’art. Il a acheté au musée de l’Hermitage à St Petersburg 1200 assiettes. Sa fortune servit pour la fondation.

 

Dans ce musée se trouve des collections égyptiennes, carreaux de faïence, œuvres d’art japonaises, des meubles anglais du XVIIème et du XVIIIème siècle, des meubles français, des tableaux de Monet, Renoir..., des manuscrits arméniens.

 

Près de l’entrée, nous avons vu des monnaies grecques datant de 75 ans avant JC jusqu’à 575 après JC, des lampes de mosquées du XIVème siècle pendant la période mameluque, des faïences de Turquie du XVIème siècle (couleur bleu turquoise), polychromie turque, tapis en soie turque, statuette chinoise du XVIIème siècle et japonaises des XVIII et XIXème siècle, Panneau de soie japonais du XIXème siècle, plats géants de chine de 1700-1710 période « Kungzi », des livres avec enluminures du moyen âge comme les livres d’heures de Marguerite de Clèves, d’Isabelle de Bretagne 1430. Enfin nous avons également remarqué une statuette d’enfant du sculpteur Pigalle (1714 – 1785)......

 

La visite de Lisbonne s’est ainsi terminée. Nous avons ensuite regagné le car en direction de l’aéroport pour un retour sans problème vers la France.