Compte
- rendu de notre voyage au Portugal
De
Porto
à
Lisbonne
- du 23 au 28
Mai 2010 -
27 de nos membres s’étaient
inscrits à ce beau voyage. Malheureusement pour eux certains se trouvèrent dans
l’obligation d’annuler.
Au
départ se trouvaient donc 23 personnes :
- Mmes : Azéma – Etinzon – Lencot – Ronzière – Thomas
- Mmes et MM : Demey
– Déo – Krebs – Laîné – Monmouton – Noé– Perrot
– Rulence et son amie Jacqueline Mareix
- MM.
Jour 1 :
Porto par
Eliane Etinzon
Tout
le monde était (comme toujours) parfaitement à l’heure au rendez-vous à
l’aéroport pour un vol Paris-Porto sans histoires. Décollage à 11 H 30 : en
matière de démarrage dès potron-minet, on avait connu pire ! L’arrivée à
12 H 40 – puisqu’au Portugal il est une heure plus tôt que chez nous - nous
laissait assez de temps pour faire la connaissance de la ville.
Raimundo,
notre guide, nous emmène vers le car. Notre première impression du pays est un
aéroport flambant neuf d'une très élégante architecture contemporaine. Ce
sentiment d’une architecture actuelle très réussie se confirmera tout au long de notre séjour.
Et
maintenant, en route pour le centre ville et notre premier déjeuner !
Le tout nouvel aéroport de Porto "
Pendant
le trajet, Raimundo nous annonce que la visite sera pédestre en raison d’un
rallye automobile en centre ville qui interdit toute circulation de véhicule
dans le centre. La ville n’étant pas immense et le soleil étant de la partie,
nous ne sommes nullement gênés par cette nouvelle, bien au contraire.
Nous
longeons quelques superbes plages, quelques bords de mer rocheux qui rappellent
un peu les Côtes d’Armor, traversons diverses banlieues, passons quelques
immeubles anciens ou modernes puis entrons dans la ville annoncée par un
immense filet de pêche rouge au milieu d’un rond-point.
En
cours de route, quelques informations nous sont données en vrac sur la ville et
le pays.
Dans
le cadre de l’Union Ibérique, le royaume portugais est sous domination
espagnole jusqu’au 17e siècle. Le 1er
décembre 1640, soit soixante ans après le couronnement de Philippe II d’Espagne
sous le nom de Philippe Ier du Portugal,
la noblesse et la haute bourgeoisie
se révoltent. Le soutien de la population est immédiat, dès le 2 décembre 1640 Jean, 8e duc de
Bragance, est acclamé roi de Portugal sous le nom de Jean IV.
Porto
aurait donné son nom au pays. Seconde agglomération
du pays après Lisbonne,
elle est aujourd’hui une ville de 240 000 habitants et atteint même les 2
millions si l’on compte la périphérie ; mais oui ! Les deux villes ont souvent rivalisé par le
passé.
L’économie
de Porto située à l’embouchure du rio Douro est basée sur son activité de port
de pêche et de commerce ainsi que sur la production du vin qui porte son nom. Le négoce
du vin avec le Royaume-Uni (qui lui, envoyait ses textiles)
semble l’avoir largement influencée.
Mais nous arrivons près du fleuve Douro, dans le vieux
quartier de la Ribeira, classé au
patrimoine mondial de l'Unesco où nous découvrons les premières façades
d’immeubles recouvertes d’azulejos,
cet art décoratif typique du Portugal
qui consiste à peindre des carreaux de
faïence émaillée, le plus souvent en bleu. Nous en verrons tout au long de
notre séjour sur les maisons, les immeubles, les églises, les édifices publics
et les gares. Raimundo nous fait également remarquer le pont métallique Dom
Luis I construit par Eiffel dit-il. Renseignements pris, il l’aurait été par un
disciple de celui-ci.
Exemple de façade décorée d’azulejos
Puis,
dans un renfoncement de vieux passage, nous entrons dans un drôle de petit
restaurant sympa, à la décoration amusante, chargée et hétéroclite - « Chez
Lapin » - où nous mangeons fort bien.

Et au
boulot pour le début de la visite !
Contrairement à Lisbonne qui a subi au milieu du
XVIIIe siècle l’un des tremblements de terre les plus
destructeurs l'histoire (voir Candide de Voltaire) le centre de Porto est
demeuré pratiquement intact et nous circulons dans un dédale de ruelles où
certaines maisons, construites dans les anciens remparts, demeurent fortifiées
jusqu’à aujourd’hui.
Exemple de maison
fortifiée
Puis,
nous arrivons à l’église San Francisco –
Saint-François d’Assise.
L’église
fut bâtie en style gothique au XIVe siècle (il en reste la rose) ; la
façade bien que redécorée au XVIIe siècle et ornée de colonnes torses façon Le
Bernin, reste relativement sobre. Par contre, il n’en va pas de même de
l’intérieur, redécoré au XVIIIe. Dans la nef, nous restons étourdis, abasourdis
devant l’incroyable étalage de richesses, contraste étonnant par rapport à son
aspect extérieur.
Tout
l'or des Grandes Découvertes, tout le luxe de l'époque baroque y est exhibé.
Près de
Ahurissant ! On aime ou on n’aime pas, mais ça
impressionne !
Partout
nous retrouverons, poussés à un point inconnu chez nous, ces ors et ce goût du
faste et de la mise en scène propre à frapper les esprits des fidèles.

Eglise
San Francisco à Porto : A
gauche : extérieur relativement sobre
Au milieu : l’intérieur surchargé d’ors
A droite : l’incroyable
arbre de Jessé sculpté
Et
nous continuons vers la cathédrale,
située sur une large place d’où l’on a un beau coup d’œil sur la ville.
Au
milieu de la place une colonne torse : c’est un pilori. Chaque ville portugaise en a un ; il représente le pouvoir de l’État et la Justice.
C’est à cet endroit que l’on enchaînait les criminels au moyen âge, pour qu’ils
soient exposés face à la population, qui les insultait à longueur de journée.
On mourrait attaché sur ces piloris. On y rendait donc la justice !
Nous
en verrons d’autres en plusieurs endroits.
Après
l’église que nous venons de visiter, la
cathédrale paraît austère. Forteresse et église du XIIe siècle, elle a subi
de profondes modi-fications aux XVIIe et XVIIe siècles. Elle conserve sa rosace
romane du XIIIe s. et l'intérieur abrite un très bel autel
avec retable en argent ciselé.
Vue de la cathédrale et du pilori
au milieu de la place
Puis, continuant notre
promenade dans la ville nous passons devant l’église Ildefonso , bâtie au XVIIIe siècle dont la façade à deux
tours est entièrement recouverte d’immenses panneaux d’azulejos .

Façade de l’église Ildefonso décorée d’azulejos et
détail.
Azulejos toujours, nous faisons une halte à la gare de São Bento (Saint Benoît), gare centrale de Porto
construite à la fin du XIXe siècle et qui porte le nom de l’ancien couvent
situé précédemment sur le même emplacement. Sa décoration intérieure vaut le
détour : les murs sont entièrement
recouverts de scènes en azulejos. Certaines évoquent la vie quotidienne
traditionnelle du nord du Portugal, tandis que d’autres font référence à des
moments forts de l’histoire de la ville.

Le hall de la gare de Sao Bento et le groupe écoutant attentivement les explications du guide

Deux scènes en azulejos décorant le hall de
la gare, l’une historique,
l’autre tirée de la vie
quotidienne
On
flâne encore un peu dans les rues.
Nous sommes dimanche et de
nombreux magasins sont ouverts. Nous remarquons quelques belles façades comme
celle du café Majestic, le plus vieux café de Porto.
Le Fameux Café Majestic, le plus ancien et
le plus emblématique de la ville

Et enfin arrive l’heure du Porto.
On ne pouvait pas passer dans
cette ville sans visiter une cave et déguster ce vin. C’est la cave Wiese et Krohn qui nous reçoit,
ayant ouvert spécialement pour notre groupe en cette journée dominicale.
L’entreprise,
fondée vers le milieu du XIXe siècle par deux frères norvégiens, était modeste,
basée essentiellement sur l’exportation de Porto vers les pays scandinaves.
Elle passa ensuite entre les mains d’une famille portugaise au début du XXe
siècle mais le nom fut conservé.
L’entreprise
s’est beaucoup agrandie depuis jouit aujourd’hui d’une large renommée
internationale. L’export représente 90 % de son chiffre d’affaires. Le stock se
monte à plus de 5 millions de litres, entreposés dans les caves que nous
visitons. Dont certains vins très anciens. Du rouge seulement, pas de blanc
ici.
Regardez la date sur le tonneau !
Malgré le large développement
de l’entreprise, celle-ci est fière d’être parvenue à allier les méthodes traditionnelles à
certaines technologies modernes.
Après la visite des caves, nous
passons à la dégustation : 3 vins du plus doux au plus sec et Nous
trinquons dans la bonne humeur et sommes nombreux à faire l’emplette de
quelques bouteilles.


Enfin, après un dernier coup
d’œil sur la vieille ville, nous rejoignons le car et prenons la direction l’hôtel
à l’extérieur de la ville. Là nous attend un « pot » de bienvenue qui
nous permet de goûter pour la première fois le Vinho Verde, léger et pétillant.
Nous sommes ravis de notre
première journée mais fatigués. Les journées à suivre seront tout aussi remplies
et s’il est un reproche à faire à ce voyage c'est que le programme, magnifique
certes, était trop chargé. Nous serons vigilants pour l’an prochain ! JE serai vigilante.

Jour 2 : Viana
do Castello
Pour
ce deuxième jour au Portugal, nous nous dirigeons en direction de la province du MINHO aux fortes traditions folkloriques, aux
costumes très colorés, appelée aussi « Côte verte » en raison de la culture
intensive qui y est produite. C’est aussi une importante région vinicole aux
vignes grimpantes d’où provient le « Vinho Verde », vin frais qui
réveille les papilles.
Après
avoir traversé le fleuve Lima et nous être arrêtés au belvédère de Santa Luzia (à ne pas manquer car la vue est
splendide), nous arrivons à VIANA DEL
CASTELO – station balnéaire la plus importante de la « Côte
verte » où le passé est encore très présent grâce à ses nombreuses
demeures manuélines ou renaissance. Ses rues piétonnes convergent vers la place
centrale bordée de monuments.
Nous
partons ensuite vers BARCELOS où
vécu Gustave EIFFEL et dont le marché au bétail est le plus ancien du Portugal.
C'est aussi un centre de céramique dont le coq et sa légende sont l’emblème.
L’histoire, reproduite dans tous les guides touristiques, imprimée sur toutes
sortes de supports, s’est évidemment diversifiée avec le temps en une foule de
versions et de variantes.
Voici
ce que l’on raconte :
Le coq de Barcelos, emblème du
pays
Cette légende est passée de
génération en génération et le typique et bien connu « coq de Barcelos » est devenu ainsi
l’un des emblèmes du Portugal. Il
est symbole de foi, de justice et de bonne chance.
Après
la visite du centre historique et des ruines du palais des ducs de Bragance,
direction BRAGA – la Rome du
Portugal - ville industrielle et universitaire de 117 000 habitants.

Visite
du très agréable jardin de Santa Barbara où trône la fontaine de Sainte Barbe,
de l’ancien Palais épiscopal et de l’impressionnante Cathédrale de style roman
à charpente en bois, pourvue de deux buffets d'orgue, donc deux claviers,
composés de plus de 4 000 tuyaux dont des tuyaux chamade.
Braga : jardin et palais épiscopal

La
matinée étant déjà bien remplie, le déjeuner est pris chez
« Alexandre » avec au menu du baccalau (morue) et de
délicieuses poires aux épices.
Les
« batteries » étant rechargées, nous voici prêts pour repartir en
direction du sanctuaire de BOM JESUS DO
MONTE. Notre guide ayant pitié de nous, il nous a épargnés la montée par la
« voie sacrée » (sentier puis escalier de 575 marches) et c’est donc
en bus que nous sommes arrivés au pied de cet édifice de style baroque, taillé
dans le granit gris rehaussé de la blancheur des murs crépis à la chaux.
Sanctuaire de Bom Jesus
do Monte
Nous poursuivons notre route vers GUIMARES – Nous nous arrêtons quelques
instants afin de prendre en photos ces vignes où les vendanges se font à
l’échelle. L’image de ces vignes grimpant aux poteaux électriques, aux arbres
ou disposées en tonnelle est très surprenante pour des français pays du vin par
excellence ! Nous nous frottons les yeux pour y croire !
Ces vignes hautes comme des poteaux
électriques !
GUIMARES,
berceau de la nation au 12ième siècle, est une des villes les plus jeunes
d’Europe par sa population. Son centre
historique médiéval où il fait bon flâner, a été classé au Patrimoine mondial de l’Unesco en 2001.
La
ville, dominée par son château, est aussi un centre économique dynamique,
notamment dans le domaine du textile.



Quelques vues du château et
Notre dernier arrêt avant le
retour vers l’hôtel, se situe à POVOA DE
VARZIM, très important port de pêche et station balnéaire.
Un repas typique et un repos
bien mérités nous attendent.
L’aventure du groupe de
l’amicale des AAESD continue demain………………
Jour 3 Matin :
Aveiro - Bussaco - Coïmbra par Dominique Lencot
Quittant notre hôtel d’Apulia, nous contournons
Porto et ses encombrements matinaux, en direction d'Aveiro, la petite Venise Portugaise . Ce site portuaire, important
dès le Moyen Âge tirait ses richesses du sel et de la pêche à la morue jusqu’à
ce que l’ensablement de sa lagune ne l’endorme pour plusieurs siècles . Sauvée
au 19ème siècle par un canal relié à l’océan, elle est redevenue une cité
prospère aux nombreuses activités : pêche, faïences, textiles et
nanotechnologies (C’est ici que naquit le télépéage !) . Quelques
« ovos moles », pâtisseries à l’œuf, rapidement dégustés et nous
quittons déjà Aveiro et ses « moliceiros » qui dressent leur fières
proues colorées sur le Canal Central . Aveiro, la Venise du Portugal
Au
hasard de la route, quelques habitations en bois, typiques des sauniers, et des
«
habitations à haute tension » de cigognes perchées sur des pylônes
électriques !


Les nids de cigognes dans les pylônes
Vu la
profession d’une grande majorité de nos lecteurs, celles-là, on ne pouvait pas
les louper !!!
Nous
pénétrons ensuite dans le Parco Nacional
de Buçaco, forêt magique où se côtoient, sur

L’extravagant Bussaco
Palace Hôtel, vue générale et détail
Coimbra
ville natale de six rois, 1ère capitale du Portugal de 1139 à 1256 est surtout
réputée pour abriter la plus ancienne
université fondée par le roi Dinis 1er en 1290. Droit, médecine, théologie
et lettres y furent enseignés à des générations d’aristocrates et religieux et
parmi eux, quelques grands personnages :
Saint Antoine, Descartes, Leibniz, le poète Camoens et aussi Salazar qui, heureusement, épargna
plus tard l’université dans sa folie architecturale de type
« stalinien » .
Aujourd’hui
encore 23 000 étudiants en droit , portant encore parfois la traditionnelle
cape noire, pénètrent par la Porta Ferrea dans le vaste Patio des Escolas dont
les bâtiments résonnent encore de 7 siècles de cours .


L’université de Coimbra
et un étudiant portant la traditionnelle cape noire
Les
deux fleurons de cet ensemble sont la
Bibliothèque Joanina et la Chapelle
Sào Miguel.
La
bibliothèque, nommée d’après Dom Joào V, date du 18ème siècle . 3 salles
richement décorées de bois de chêne sculpté et doré, abritent sur 2 niveaux,
environ 200 000 ouvrages (plus 300 000 en sous-sol) maintenus dans une
hygrométrie constante et protégés des insectes par une colonie de chauve-souris
conviées à nicher dans les lambris .
L’une des salles de la
bibliothèque

La
nef unique de la chapelle royale du
16ème siècle, fut totalement recouverte
aux 17ème siècle d’azulejos de style « tapis » . Le plafond
décoré à fresques, l’autel maniériste, les motifs de chinoiserie sont éclipsés
par le superbe buffet d’orgue baroque rococo
et ses angelots trompettistes (en partie
haute) .
! Orgue de la chapelle de
l’université de Coimbra
Portail de style
Manuélin $
Les portails d’entrée de ces 2 édifices sont tous deux, de style « manuélin » . Ce
style architectural qui s’est épanoui sous Dom Manuel 1er (roi de 1495-1521)
est une variante typiquement portugaise
du gothique tardif.
Il se
caractérise par des motifs marins (référence aux grandes découvertes),
et une profusion de décorations sophistiquées voire même exubérantes. Deux
motifs sont omniprésents : la
sphère armillaire, instrument de navigation, aux multiples cercles, servant
à observer les astres et la croix de
l’ordre du Christ, emblème d’un ordre militaire influent , héritier des
privilèges des Templiers , figurant aussi sur les voiles et les drapeaux. A
ceux-ci s’ajoutent, les cordages,
les colonnes torses, les algues nouées, les mâts incrustés de corail, les chaînes
d’ancre, les câbles marins et
armoiries diverses . Plus tardivement, le style manuélin évoluera en intégrant
parfois des ornements de la Renaissance italienne.

Les principaux éléments constituant le STYLE
MANUELIN

« Photo de famille » prise à
Coimbra en attendant l’ouverture de la Bibliothèque
Fin d’Après-midi :
Batalha – Fatima
par Jean-Louis Perrot
La
visite du monastère de Sainte-Marie de
la Victoire à BATALHA était au
programme de l’après-midi. Après la déroute des troupes castillanes en 1385, le
roi Jean Ier fit construire cet édifice monumental en gothique flamboyant dont
les travaux durèrent presque deux cents ans. Il est déclaré patrimoine mondial par l’Unesco. Cette
longue période justifie la présence de plusieurs styles dans ce que l’on peut
considérer comme l’une des meilleures
représentations du gothique portugais avec une importante présence de l’art
Manuélin. On y voit le tombeau de Jean Ier et de celui de son épouse.
Longue
de 83m, haute de 35m, la nef de l’édifice est impressionnante par sa taille. Un splendide portail monumental
construit au début du XVIème siècle représente les quatre évangélistes, les
apôtres, les saints et les rois. Les vitraux autour de l’hôtel sont du XVème
siècle. C’est là un travail merveilleux de la pierre de plusieurs générations. Le cloitre royal accolé au monument
principal est décoré suivant l’inspiration manuéline ; s’y trouve dans la
salle du chapitre le tombeau du soldat inconnu portugais gardé en permanence
par deux soldats en arme, immobiles et relevés toutes les deux heures.


atalha :
Ci-dessus, deux vues du monastère
Ci-dessous, vue générale
du cloître et détail


La
route se poursuit par LEIRIA dominée
par son château fort qui fut un point stratégique au 13ème siècle. Ancien
palais royal, il domine la ville qui fut construite sur la base d’une structure
médiévale rappelant que l’on est dans une région de conflits où existait une
grande communauté juive symbolisée par la présence de l’ancienne juiverie près
de la cathédrale.
La
journée se termine par la visite de FATIMA,
terre de grands pèlerinages mondiaux de la vierge Marie. FATIMA est située sur
un plateau à 400m d'altitude dans une région agricole et calcaire où domine la
culture de l’olivier et du chêne liège.
La
vie de trois petits bergers fut bouleversée après le 13 mai 1917 quand ils
furent surpris tout à coup par une étrange vision. Tout en haut d’un chêne, on
devinait la silhouette d’une femme vêtue de blanc et enveloppée dans un halo de
lumière. L’apparition de la vierge qui avait été annoncée l’année précédente
par trois anges, se reproduisit au cours des cinq mois suivants. Mais ce ne fut
qu’au cours de l’apparition du 13 octobre 1917 que la dame révéla son identité
devant le regard attentif de plus de 70.000 personnes venues de tous les points
du Portugal.
La
première chapelle pour honorer Notre Dame fut construite en 1919 mais fut
détruite par une bombe trois ans plus tard. Les travaux de la basilique
commencèrent en 1928. Son clocher de 65m de hauteur domine une esplanade qui
peut contenir près d’un million de personnes. Jean Paul II et très récemment Benoist XVI s’y sont rendus
comme le font chaque année 40.000 à 50.000 pèlerins pour demander grâce à la
Vierge. L’église mi souterraine Sainte-Trinité fut construite il y a quelques
années à l’autre extrémité de
l’esplanade face à la basilique ; elle peut recevoir 9000 personnes. La
statue centrale du sacré Cœur indique l’endroit où jaillirent les eaux d’une
source durant les mois des apparitions. Plusieurs d’entre nous assistèrent à
21h30 à une procession au flambeau sur ce haut lieu de prières.

Fatima : l’esplanade et
l’ancienne basilique. Très bel
Intérieur de la basilique
Sur le chemin vous pouvez (à la loupe) voir
moderne
les pèlerins avançant à genoux
Jour 4 – Matin :
Tomar –
Alcobaca par Jean-Louis
Perrot
Le
soleil et la douceur étaient au rendez-vous pour visiter la région de BEIRAS. Ancien siège des templiers, TOMAR fut un lieu de passage important
avec l’Espagne et s’est développé à l’ombre des murs de son château construit
par cet ordre militaire et religieux du milieu du XIIème siècle.
Dans
le car, notre excellent guide Raimondo a rappelé l’histoire et l’expérience
maritime forte du Portugal avec ses
Mais
revenons à TOMAR dont la forteresse
joua un rôle important durant l’époque des incursions arabes sur le territoire
qui se trouve entre DOURO et le TAGE.
C’est
le Couvent du Christ, classé au
patrimoine mondial de l’Unesco qui concentre la plupart des éloges avec sa
beauté parfaite et son dessin original. Il renferme quelque uns des chefs
d’œuvre de l’architecture portugaise. 500 ans d’histoire y sont représentés par
des jeux de formes et de volumes - six cloitres, des chapelles, des sacristies,
un portail Manuélin fait d’un arc en plein cintre, des plafonds à caissons, une
rotonde où les moines à cheval pouvaient recevoir la bénédiction, le cloitre
dans lequel Philippe II de Castille fut proclamé roi du Portugal - tous ces
lieux historiques furent au centre de la vie des Templiers. Ils furent occupés
par des moines jusqu’en 1734.

L’entrée et
son Portail Manuélin $


Tout est splendide de par le
travail de la pierre, l’harmonie des volumes, la décoration des escaliers en
colimaçon ; ce sont de véritables prouesses architecturales du passé dans
la recherche du beau et du grandiose
Tomar – Le cloître
Encore une abbaye inscrite au patrimoine
mondial de l’Unesco celle d’ALCOBACA
appelée l’abbaye royale Sainte-Marie qui fut construite au 17ème siècle sur la
route des pèlerins de Saint- Jacques de Compostelle. A l’époque ces monastères
étaient des refuges de sécurité et pour y manger. C'était politiquement la
résidence d’un état dans l’état dans une région constituée d’une forte économie
reposant sur la culture de la vigne et des oliviers. Ce devint la maison même des Cisterciens, ordre très
riche en opposition à Cluny mais très lié à Clairvaux en Bourgogne. Faites
d’une architecture très sobre et fonctionnelle, ces abbayes témoignent bien de
la vie communautaire des moines - dortoirs, cuisines réfectoires, citernes
d'eau, étables - tout cela donne naissance à ce qui est considéré aujourd’hui
comme exemplaire du gothique primitif, transition entre le roman et le gothique
pur. En réalité, les bâtiments que l’on visite datent de 1755 et plus, ayant
été reconstruits après le séisme si destructeur que connu le Portugal.

Façade
de l’abbaye d’Alcobaca
Nef
de l’église d’Alcobaca
L’église
en forme de croix latine est avec ses
Le
cloitre principal dédié au roi DINIS et appelé cloitre du silence est le plus
grand de style gothique de tout le Portugal. La salle du Chapitre avec son
acoustique extraordinaire, les cuisines avec une rivière souterraine pour
disposer de l’eau courante, la cheminée de


Quelques vues des superbes tombeaux de
Pierre 1er et Inès de Castro,
dite
La Reine Morte


Détail surprenant :
Si le tombeau du roi repose sur des lions,
celui d’Inès repose sur les fidèles moines représentés couchés comme des chiens
!
Fin
de Matinée etAprès-midi :
Nazare – Obidos par Françoise Laîné
En
fin de matinée, nous longeons la côte pour arriver à NAZARÉ un des plus célèbres villages de pêche du Portugal. S’il y a
bien longtemps que les pêcheurs ne remontent plus les barques sur la plage avec
des bœufs, les femmes continuent d’étaler sur des séchoirs en plan incliné, une
multitude de poissons, dans ces ruelles pleines de recoins. La ville qui a
énormément grandi est devenue très touristique.
La Plage de Nazaré
Après
un repas typique dans un restaurant idéalement situé en bordure de mer, à
l’extrémité de la longue plage, il est impossible de quitter NAZARE sans monter
jusqu’au belvédère du SITIO, promontoire situé à 110 m de haut, offrant un
panorama vertigineux et spectaculaire sur le littoral.

Une touche de couleur locale à Nazaré !

La
route nous mène ensuite vers OBIDOS
– un des principaux joyaux du pays – charmant petit village médiéval, entouré
d’une imposante muraille crénelée érigée à partir du XIIe siècle et maintes
fois restaurée. Le chemin de ronde, dominé par un puissant château, constitue
un prétexte idéal pour découvrir quelques jolis points de vue sur cette cité où
jadis les reines déchues ou veuves du Portugal venaient pour oublier leurs
chagrins et leurs soucis.
Château dominant le village d’Obidos
La porte sud est la principale
des quatre qui furent ouvertes dans la muraille.
Cette
porte franchie, nous arpentons les ruelles charmantes, tortueuses, au tracé
médiéval, aux maisons blanches avec bandes bleues ou jaunes. Village très
fleuri de bougainvilliers, géraniums, roses, glycines ; nous atteignons
alors l’église Ste Marie, sur la place, avec l’orgue du 18è et ses tuyaux à
l'horizontale ; l’église St Pierre, St Jacques – ce village ne compte pas
moins de 6 églises !


Promenade dans les rues d’Obidos
Avant
de quitter OBIDOS, il est recommandé de déguster la spécialité locale, le
ginginha, liqueur de griottes dans un petit verre en chocolat ; ce qui
termine bien la visite !!
Puis,
sur le chemin de l’hôtel à PENICHE, arrêt à un point de vue unique en bordure
de mer, site sauvage avec ses roches calcaires noires ; en arrière plan,
les bâtiments permettant de se souvenir que PENICHE, ville du moyen-âge, fut un
important port de pêche maintenant situé sur une presqu’île en face du Cap
Carvoeiro.
Bord de mer à Peniche
Jour 5 – Matin :
Queluz - Sintra par
Hélène et André Demey
Déjà 4 jours de visite,
cathédrales, monastères, palais… Et nous continuons parce que… rien n'est
pareil ! Il y a toujours une surprise, un style, une histoire, qui nous
interpelle, nous intéresse.
Aujourd'hui, nous commençons par
le Château Royal de QUELUZ, (origine
arabe, voulant dire "traversé par une rivière", qui sait !).
Construit en plusieurs
étapes, à partir de 1747, sur demande de Dom Pedro, à la place d'un pavillon de
chasse, ce Château abrite de très nombreuses salles, plus ou moins richement
décorées, et meublées, en fonction de leur usage (salle de musique, parties
privées, salle de réception, salle du trône, etc.). Mais il fut également le
Château ou Maria 1ere, épouse de Dom Pedro, exerça réellement son pouvoir à
partir de 1760.
Château royal de Queluz
Reine, pieuse et érudite, elle
s'intéressa beaucoup aux arts. (création d'une école des Beaux Arts), mais
souffrant d'accès de mélancolie fréquents, ayant perdu son fils (variole), elle
finit par partir au Brésil (1807) lors de l'invasion des armées de
Bonaparte.
Conçu pour y vivre
("résidence secondaire"), ce Château abritait une partie privative
telles que les chambres bien sûr, un salon fumoir, une salle à manger, une
chambre pour enfants, salon de musique etc. (tiens, où faisaient-ils leurs
ablutions ?) mais aussi une chapelle.
Anecdote : Junot avait fait
exécuter quelques transformations en vue de l'arrivée de Napoléon, mais
celui-ci ne vint jamais ! Car les Portugais aidés par les Anglais (Ah, ce
Wellington) nous ont repoussés.
Des jardins à
l'italienne, à la française etc. (imaginés par Jean Baptiste Robillon) agrémentaient, par leurs espaces, leur
nature, les fontaines et les nombreuses statues, cette demeure royale. Le tout
était complété par une sorte de petit canal permettant de "canoter".
Les bords du canal dans
le parc du château de Queluz
Il faut également retenir les marqueteries au sol en bois,
les plafonds richement décorés, le mobilier "empire" et le salon des
ambassadeurs qui par sa présence démontrait s'il en était besoin, que ces lieux
n'étaient pas que résidentiels.
Reprenons l'autocar pour le palais de SINTRA

Le château de Sintra
Dominé par un Château
moroco-médiéval qui défendait la vallée, ce palais fut d'abord (comme souvent
!) une zone de chasse pour le famille royale. Il fut longtemps la résidence
d'été favorite des rois du Portugal jusqu'en 1880.
Construit, modifié, aménagé,
depuis la fin du XIVème siècle par les différents monarques qui l'ont occupé,
ce Château recèle des diversités de styles qui se retrouvent dans les azulejos,
mono et polychromes. Ainsi que dans la décoration intérieure (plafond à caissons
représentant les blasons des 72 familles nobles portugaises) et le mobilier
sans oublier les tableaux (fin XVIème siècle, peintures flamandes à l'huile de
Jean Van Eyck).
Si nous passons en revue
quelques unes des salles visitées, nous remarquerons la salle des cygnes
(plafond) dévolue aux banquets, la salle des Pies (140, en plafonds).
Le plafond des cygnes
Anecdote : le roi Jodo 1er
aurait fait exécuter cette décoration pour faire taire les commérages des dames
de la cour au sujet d'une relation amoureuse qu'il aurait eu avec une des
favorites.

La chambre du roi, agrémentée
aussi par des azulejos, à pour particularité de mettre en décoration murale des
épis de maïs, signe exotique relatif aux voyages et découvertes de l'époque.
Ensuite la salle des galions,
retrace en résumé picturale (au plafond), la montée en puissance de la maîtrise
des mers par les portugais, puis leur décadence face à la flotte hollandaise.


Diverses
pièces du château
D'autres salles (chinoise, arabe,
des invités…) mettent en valeur, carreaux de faïences, porcelaines,
témoignages, de voyages lointains (tel ce temple venant de Macao, réalisé en
ivoire), mobiliers espagnols richement rehaussés d'or.
Mais cette visite, ne
serait pas complète, si l'on ne citait pas la cuisine avec son réchauffe plat
mural "micro-onde" et surtout ses deux cheminées coniques façon
"termitière", qui non seulement dominent la cuisine mais également le
palais.
La cuisine
Ai-je parlé de la salle
"Manuela" ? NON ?
Ce style architectural qui s'est
épanoui sous Manuel 1er est une variante portugaise du gothique tardif, qui se
caractérise par des sculptures avec deux détails décoratifs, la sphère
armillaire et la croix de l'ordre du
Christ. (Voir plus haut).
Et nous n'avons cessé de
rechercher dans chaque édifice (religieux en particulier) ces témoignages…
Après-midi : Lisbonne par Aimé Le Liboux
La
région de LISBONNE fut d’abord occupée par des tribus d’origine ibère :
les Lusitaniens. Au troisième siècle avant Jésus Christ les romains s'installèrent autour du Tage en appelant l’endroit : Olissipo. Au
cinquième siècle, les barbares : Vandales, Suèves, Wisigoths occupèrent la
ville mais vers le huitième siècle, les Maures envahirent toute la région puis
furent repoussés par les armées chrétiennes en 1147. Peu de traces subsistent
de leur passage, actuellement dans les sous-sols, quelques vestiges romains
sont mis au jour.
L’Alcazar
d’origine musulmane, fut transformé en palais royal. Vers le 9ème et 10ème
siècle, l’embouchure de la rivière se situait au niveau de la place du
commerce. On pouvait accéder sur la colline par le nord. Au 14ème siècle une
muraille de 7 à
Au
15éme siècle, Lisbonne quittera ses remparts abandonnant son rôle défensif. Une
époque d’or s’instaura, le roi Manuel
fit construire le Château de Saint
George (Castelo de Sao Jorge) accessible à partir de la place du Commerce.
La ville s’étalait sur une surface de 6000ha
pour une population de 1.200.000 habitants.
Le Château Saint-George qui domine la ville
La
ville a ensuite stagné jusqu’au 18ème siècle. Il y eut à cette époque (1755) un violent tremblement de terre suivi
d’un tsunami dévastateur. 80% de la ville furent détruits car LISBONNE était située
sur une faille. L’effet du séisme se fit ressentir également à AVORA et
jusqu’en Andalousie ainsi qu’au Maroc du nord. L’effet du tsunami fut la cause
principale des nombreux décès plus que le séisme lui-même. Le Tage s'est vidé
soudainement suivi par une vague déferlante. La majorité des châteaux fut
détruite. La famille royale se trouvant au Palais Royal construite par le roi
Pedro III sur un ancien pavillon de
chasse à QUELUZ en 1747 fut sauvée, le
château ayant résisté au séisme. Il a fallu au moins un siècle pour
reconstruire la ville.
Quelques dates sont a retenir :
Il y
a actuellement 500.000 habitants intra muros et environ 1.500.000 à 2.000.000 d’habitants
si l’on compte la banlieue. Il y a eu une énorme évolution de la ville depuis
l’exposition universelle de 1998 : nouveaux accès, construction du pont
VASCO de GAMMA (14km de long – Pont suspendu à
L’énergie éolienne se développe beaucoup depuis ces dernières années.
Quelques panneaux solaires font leur apparition. L’énergie à partir des marées
est en projet bien que les marées soient
beaucoup moins importantes que sur le littoral atlantique français. Le grand
développement économique de la ville attire un apport supplémentaire de
population d’où une certaine délinquance.

LISBONNE est très fleurie (amarante ou jacaranda : fleurs bleues).
Le parc de MONSENTO est le poumon de LISBONNE.
Le centre culturel de BELEM est en pierre de taille. Il y a des
concerts de musique STRAVINSKY – Expositions de peinture, de sculpture.
Rue bordée de Jacaranda,
arbre
originaire du Brésil d’un bleu flamboyant
La
partie la plus intéressante de Lisbonne se situe au Centre et dans les
quartiers les plus typiques autour du centre.
BELEM,
contraction de BETHLEEM, se trouve dans la partie occidentale de la ville et
s’étend au bord du Tage. Trois monuments parmi les plus importants de la
capitale peuvent être observés : le
monastère des Jéronimos, la tour
et le monument des découvertes.
Dans ce quartier, il y a également
les musées de la marine, de l’archéologie. Le jardin colonial (jardin
botanique de Ajuda) créé au XVIIéme siècle par le premier ministre Pombal afin
d’y admirer la flore coloniale. C’est un superbe jardin de
Le
monastère était près du fleuve. La découverte des nouvelles voies de navigation
a ruiné les vénitiens qui faisaient parvenir par voie terrestre les épices
(poivres…) car pour ces derniers, il fallait 12 mois pour aller les chercher et
12 mois pour le retour.
Ces
découvertes ont fait par contre la richesse du roi Manuel et par voie de
conséquence la construction de beaucoup de monuments de LISBONNE.
LE MONASTERE (Mosteiro dos Jeronimos) allonge sa longue façade,
chef d’œuvre manuélin dont la construction débuta en 1502 après le retour de
Vasco de Gamma et grâce à la fortune en espèces qu’il rapporta. La réalisation
de cet ensemble (église, cloître et couvent) est classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Le dôme est de la fin du
XIXème siècle. On rajouta à cette époque la grande aile ouest.
Le portail
sud abonde en détails typiquement manuélins : poissons cordages, coraux et
la croix de l’ordre du christ. Par
cette porte sud entraient les marins
avant chaque expédition (et peut-être après, pour se faire pardonner certains
péchés – commentaire personnel). Les sculptures de la porte représentent Saint
Jérôme à genoux, des musiciens, les saints Martyrs, Henri le Navigateur avec une épée au centre du portail.
Il n’y a pas de contrefort ni d’arc-boutant pour soutenir la construction.
L’entrée principale : le portail ouest a été
refait après le séisme ; y figurent : le roi Manuel et Saint Jérôme avec à
ses cotés la tête de lion, l’adoration des mages et le tombeau. Le bas du chœur
est manuélin (sphère, croix de l’ordre des chevaliers du christ).
Entrée principale du
Monastère
Le roi
Sébastien. Ce roi partit avec 15.000 hommes en guerre sainte au Maroc. Il
perdit la vie après une bataille désastreuse contre les Maures laissant le
Portugal sans successeur. Seule une centaine de soldats revinrent au pays. Le
roi d’Espagne Philipe II en profita pour se faire élire roi du Portugal sous le
nom de Philipe I.
Après
cette visite, nous avons droit à une pause et à un goûter bien mérités pour
déguster les gâteaux typiques, les Pasteis
de Belem qui nous attendaient.
LA CHAPELLE SANTA MARIA présente ses admirables colonnes renaissance et
une voûte nervurée ainsi qu’un cloître à deux étages. C’est une chapelle de
type baroque avec Croix de l’ordre des chevaliers du christ. Sous la tribune à
l’entrée de l’église se trouvent plusieurs tombeaux manuélins dont celui de Vasco de Gamma. L’église Sainte Marie
de Bethléem resta intacte après le séisme car les piliers, à l’intérieur des
murs, tenaient seuls les murs donnant une certaine souplesse à l’ensemble. On y
trouve un tabernacle en argent fin du XVIIème siècle. Dans le maître autel :
le tableau de gauche représente Manuel et son épouse et dans le tableau de
droite Jean III et son épouse. Il y a également la représentation des éléphants
à oreilles courtes (éléphants d’Asie), cadeau du pape. Tout cela pour montrer
l’apport des colonies à cette époque. Les vitraux sont du XXème siècle. Le pape
Benoît XVI est venu ici.
LE CLOîTRE DU MONASTERE
Les deux cloîtres détruits par le séisme, ont été
remplacés par un seul cloître de
Fabuleux cloître du
Monastère des Jeronimos
C’est
dans ce cloître que fut signé en 2009 le traité de Lisbonne étendant l’Europe à
27.
La
partie supérieure était fermée puis réouverte comme aujourd’hui.. La salle du
chapitre a servi pour loger les moines. Il y a souvent des représentations de
maïs sur les murs ou sur les colonnes qui étaient à l’époque quelque chose
d’exotique et de rare. La construction a été réalisée par Jean de Séville. On
retrouve la polychromie (bleu, jaune et blanc) dans les carreaux de faïence. On
peut également voir le tableau de Saint Jérôme avec son chapeau de cardinal et
son lion, une plaque commémorative de Fernando Pessoa (1888 – 1935), poète qui
aimait également l’astrologie. Dans la salle du chapitre, le tombeau d’Alexandre
de Herculano : poète, écrivain et historien.
LA TOUR DU BELEM
La Tour de Belem
Construite
en 1515 par Manuel Ier, elle gardait
l’entrée du port. La tour se dressait au milieu du Tage. Elle avait pour but de défendre l’accès au port et
servait aussi de résidence au capitaine du port. La tour de Belem élève ses
cinq étages superbement sculptés dans le goût manuélin. Avec ses petites tours
de garde, ses salles voûtées et son église semi-souterraine, elle semble
flotter sur le Tage. Elle devint une prison par la suite.

MONUMENT DES DECOUVERTES
(Padrao
dos descobrimentos)
Situé
tout près de la Tour de Belem.
Il fut
commandé par Salazar en 1960 pour le 500éme anniversaire de la mort d’Henri le
Navigateur. C’est un immense monument de pierre (
Monument des découvertes, localement
surnommé paraît-il « poussez-pas derrière »
A
côté, le Pont Vasco de Gamma est une
audacieuse arche métallique suspendue au dessus de l’eau sur
Située
entre le quartier Rossio et la Praça dos restauradores, la Gare du Rossio aux étranges portes manuélines, possède un
encadrement en fer à cheval.
Au
sud du Rossio, la Praça do Commercio
a été reconstruite après le tremblement de terre sur les décombres de l’ancien
palais royal édifié par Dom Joao Ier. Sa statue équestre occupe le centre de la
place.
Il y
a également la Station Thermo-électrique (EDP), et le bâtiment royal de la corderie de Belem pour
étendre les cordes pour les bateaux (similaire au bâtiment de la corderie de la
Rochelle en France).
Le
monument du Christ-Roi de
Plus à gauche se trouve la Basilique d ‘Estrella qui est un bâtiment néoclassique avec
un très beau jardin.
La Basilique Estrella
La
journée du jeudi s’est terminée par un dîner
suivi d’une soirée « Fado » sur les hauteurs de l’Alfama, le plus vieux quartier de Lisbonne.
Dans
un tout petit restaurant aux murs décorés d’azulejos, dans lequel il n’y avait
personne d’autre que nous, un excellent dîner typique nous fut servi. Puis vint
le spectacle : une chanteuse accompagnée par deux guitaristes dont l'un jouait
la guitare traditionnelle à 12 cordes. Nous avons retrouvé un peu plus tard ce guitariste dans un autre restaurant, qui
accompagnait cette fois ci un chanteur de fado. Nous pensions tous que le fado
était réservé aux voix de femmes, il n’en est rien.
Retour
à l’hôtel, crevés mais ravis.


Une soirée dans la bonne humeur
(au fond sur la photo de
gauche, notre guide Raimundo)
Jour 6 – Lisbonne par Aimé Le Liboux
QUARTIER D’ALFAMA
De la
vieille ville arabe, il reste l’ALFAMA.
La cathédrale forteresse de la Sé avec ses tours carrées et le château
(Castelo Sao Jorge) dominent le quartier ancien composé de ruelles étroites.
Cette cathédrale édifiée sur les ruines de la grande mosquée par Alfonso Ier,
montre une superbe simplicité de l’art roman. La rosace illumine la sobre voûte
et le tombeau d’Alfonso IV.
Massive cathédrale romane
de la Sé, à l’entrée du quartier d’Alfama
Tous les ans en juin, l’Alfama fête ses Saints
Patrons : St Antoine et St Marcel, célébrés par des marchas et des buffets
en plein air. Ici et là les rues commencent d’ailleurs à être décorées en vue
de la Saint-Antoine.
Il
existe 4 lignes de métro dont la
ligne rouge construite par une compagnie française avec deux entrées de métro réalisées
par Hector Guimard.
On
passe successivement devant la synagogue
de Lisbonne puis le bâtiment rose : siège social socialiste, le parlement composé de 130 députés pour un
mandat de 4 ans, le jardin d’Estrella et enfin le monument de la
découverte du Brésil par Pedro IV devenu Pedro Ier roi du Brésil.
Station
Jean Dedieu (écrivain qui a sorti un livre scolaire pour les enfants pour
enseigner le portugais).
Basilique d’Estrella (voir photo ci-dessus) néoclassique construite par Macha
de Castro. La façade est bien équilibrée. Cette basilique a été commandée par
Marie Ière de Bragance mariée à son oncle Pierre III, cette reine est devenue à
la fin de sa vie complètement folle. Le tombeau est classique. Elle avait
évincé le marquis de Pombal, premier ministre de Joseph II qui avait chassé les Jésuites du Portugal en
1759 et qui a commencé à régner par décret dans les années 1770. Cette
basilique comporte de nom-breuses sculptures et une incroyable crèche géante en
terre cuite que nous
avons eu l’honneur de visiter.
Dans la basilique Estrella, l’impressionnante crèche comprenant plus de 500 personnages
PROMENADE EN TRAMWAYS



Et hop ! Tous en tramway à
travers les quartiers hauts de Lisbonne !
Nous
avons pris les Electricos qui arpentent les ruelles pentues du Bairro Alto (le quartier haut). Nous sommes passés devant le beau vieil ascenseur construit par Eiffel
qui monte de
Drôle d’ascenseur public de Santa Justa
qui emmène les habitants des rues basses vers les quartiers hauts.
Du gothique flamboyant en fer
forgé !!!
La
visite en tramway a pris fin à la place das Portas do Sol ( Porte du soleil).
Ce sont des portes Mauresques. Nous avons poursuivi à pied en longeant les
remparts musulmans surmontés par l’église St Vincent.
CHATEAU DE SAO JORGE

Ce
Château a été construit sur des ruines musulmanes en 1147 après les conquêtes
portugaises. Au 14ème siècle, Lisbonne s’agrandit en face du Tage, direction
ouest et direction est. La ville moderne de Lisbonne se trouve au nord. A
l’entrée du château un canon est daté 1824.
Château Saint-George

Puis
un déjeuner nous a été servi dans une maison située dans le quartier Chiado. La façade et
l’intérieur sont décorés d’insignes de la Franc-Maçonnerie, comme d’autres
bâtiments du quartier d’ailleurs.
La Franc-Maçonnerie en Azulejos "
Quartier
Juif très actif. Au moment de l’inquisition beaucoup de juifs durent quitter le
pays, cependant le roi Manuel voulant
les garder malgré la poussée de l’inquisition, entreprit de les
convertir
de force au catholicisme.
Visite
au marché aux poissons de Batalha,
ensuite direction le Quartier Chiado
en car.
La révolution des Oeillets (25 avril 1974). Le général Spinola fit son coup d’état avec un régiment de l’armée
de terre. La garde républicaine après quelques hésitations se rallia aux
révolutionnaires. Marcelo Caetano qui était premier ministre après le départ de
Salazar, dut démissionner et s’exiler d'abord à Madère puis au Brésil.
VISITE DU MUSEE Calouste Gulbenkian
Calouste Gulbenkian dit Monsieur 5% car il touchait 5% des compagnies pétrolières,
était très riche mais il avait également le bon goût d’aimer les œuvres d’art.
Il a acheté au musée de l’Hermitage à St Petersburg 1200 assiettes. Sa fortune servit
pour la fondation.
Dans
ce musée se trouve des collections égyptiennes, carreaux de faïence, œuvres
d’art japonaises, des meubles anglais du XVIIème et du XVIIIème siècle, des
meubles français, des tableaux de Monet, Renoir..., des manuscrits arméniens.
Près
de l’entrée, nous avons vu des monnaies grecques datant de 75 ans avant JC
jusqu’à 575 après JC, des lampes de mosquées du XIVème siècle pendant la
période mameluque, des faïences de Turquie du XVIème siècle (couleur bleu
turquoise), polychromie turque, tapis en soie turque, statuette chinoise du
XVIIème siècle et japonaises des XVIII et XIXème siècle, Panneau de soie
japonais du XIXème siècle, plats géants de chine de 1700-1710 période
« Kungzi », des livres avec enluminures du moyen âge comme les livres
d’heures de Marguerite de Clèves, d’Isabelle de Bretagne 1430. Enfin nous avons
également remarqué une statuette d’enfant du sculpteur Pigalle (1714 –
1785)......
La
visite de Lisbonne s’est ainsi terminée. Nous avons ensuite regagné le car en
direction de l’aéroport pour un retour sans problème vers la France.