Accueil

Septembre 2010

Le Bulletin Contact n°84

Sommaire

 Compte-rendu de notre sortie du 6 Mai 2010

Versailles, la Ville

 

 

 

30 participants à la journée Arts et Métiers, 12 à Versailles !!!  Qui peut expliquer ?

Le rendez-vous avait été donné au restaurant « Le Saint-Julien » dans la rue du même nom,  proche du château, très agréable établissement, joli cadre et repas délicieux.  Très bonne adresse.

 

Etaient donc présents :

                 - Mmes :  Bykowski  – Devant – Dupont – Etinzon – Maltère – Rello - Sedenio –  Thomas

                 - Mmes et MM : Demey

                 - MM. :     Chollet – Debeuré –

 

Après le déjeuner,  nous retrouvons notre guide, Madame Weisberger qui commence par nous donner quelques explications sur le vieux Versailles et sur la rue dans laquelle nous nous trouvons.

Au XIe siècle, Versailles était une seigneurie, appartenant à un certain « Hugues de Versailles »,  premier seigneur connu de ce lieu. Très vite la famille disparut ; le nom resta.

Ce village était, avant Paris, le dernier arrêt des troupeaux venus de Normandie pour approvisionner la capitale en viande. Son sort bascula au XVIIe siècle.

 

La rue Saint-Julien (à gauche quand vous regardez le château) se trouve sur l’emplacement de l’ancienne Eglise du même nom. Lorsque Louis XIV décida d’agrandir le pavillon de chasse de son père, l’église se trouvait à l’emplacement actuel du « Grand Commun », œuvre de Jules Hardouin-Mansart, inauguré en 1684.  Ce bâtiment abritait les divers services d'intendance du château. On détruisit donc l’église gênante pour  la reconstruire ailleurs dans Versailles, où on la laissa se délabrer jusqu’à disparition complète vers la fin du XVIIIe siècle.

 

Louis XIV ne fit pas que détruire une église, il détruisit la totalité de l’ancien village. Aucune maison antérieure au XVIIe siècle ne subsiste donc aujourd’hui. Il reconstruisit une ville complète. De part et d’autre de l’avenue de Paris furent érigés les quartiers Notre-Dame et Saint-Louis, avec habitations, églises, commerces, hôtels particuliers, etc…

 

Le Quartier Saint-Louis est celui que nous visitons aujourd’hui. Il est bâti sur le tracé de l’ancien village. Il contraste avec le quartier Notre-Dame dont les avenues sont plus droites, plus larges, plus aérées, se croisant le plus souvent à angle droit.

 

Nous sommes donc dans la rue Saint-Julien face au « Grand commun », qui devint à la révolution une manufacture d’armes de prestige. Marque Boutet pour les connaisseurs, armes qui valent très cher aujourd’hui. Devenu ensuite hôpital ce bâtiment est aujourd’hui en cours de restauration.

De l’autre côté, un grand portail  qui était surmonté des armes royales, lesquelles furent supprimées à la Révolution. C’était le Couvent des Récollets, de l’ordre des Franciscains. Les religieux Récollets sont, sous l'Ancien Régime, des aumôniers militaires et les locaux sont aujourd’hui occupés par l'armée.

 

Nous passons devant l’hôtel des postes de Louis XV et notre guide nous fait observer la différence de style avec l’architecture du Grand Commun  qui date de Louis XIV. Enfin nous arrivons au clou de notre journée : l’hôtel de la guerre et le ministère de la marine de Louis XV, aujourd’hui bibliothèque municipale.

 

Hôtels de la Guerre, des Affaires étrangères et de la Marine de Louis XV.

L’hôtel de la guerre est situé à l’emplacement de l’ancien château seigneurial, puis du potager de Louis XIII. Dès 1759 à l'initiative de Choiseul, Jean-Baptiste Berthier, architecte, fut chargé  de la construction de l’Hôtel de la Guerre, puis de celui de la Marine et  des Affaires Étrangères adjacent au précédent.  L’idée du ministre Choiseul était de réorganiser et regrouper en un seul lieu tous les bureaux et services dispersés et y rassembler toutes les archives.

Berthier construisit un immeuble moderne doté d’un ingénieux système d’alvéoles anti-incendie et aussi peu de bois que possible.

Il s’agit du premier vrai ministère en France - je parle du bâtiment. Il comporte 6 niveaux dont l’étage de prestige, celui que nous visitons.

Berthier fut par la suite nommé « gouverneur des deux hôtels ».

 

    Façade de l’actuelle bibliothèque, ancien ministère de la marinede Louis XV

 

 

       

                

 

 Nous pénétrons dans la galerie d’apparat qui abritait les archives du ministère et a gardé son somptueux décor d’origine. Conçue pour donner une image brillante de la diplomatie française, elle est à couper le souffle : une enfilade de sept salles aux boiseries dorées, peintures, rayonnages et objets divers en exposition.

Salle des puissances d’Italie, d’Allemagne, salle de France, salle des traités, salle des limites, salle des puissances du Nord et enfin du Midi. Au-dessus de chaque porte la peinture d’une ville du pays concerné.

                                                                                                                                                                                     Enfilade des salles de la  bibliothèque          

                                                

                                                     

Ces salles contiennent des collections issues des                       

confiscations révolutionnaires qui, à Versailles sont essentiellement les bibliothèques royales, nombreux ouvrages reliés aux armes des rois de Louis XIV à Louis XVI, une partie de la bibliothèque de Marie-Antoinette à Trianon, celles de Mme du Barry,  du comte et de la comtesse de Provence, plus les dons et legs venus enrichir ces bibliothèque. Sans oublier les incunables et les partitions de musique.                                                            

700 000 documents en tout !         

 

Peinture de dessus de porte (St-Pierre de Rome)  

                                             

C’est là dans la Salle de France que furent négociés en 1782 les traités qui mirent fin à la guerre d’Indépendance américaine, dans laquelle la France était intervenue de façon décisive.

 

Après un coup d’œil à la très jolie cour, nous quittons la bibliothèque pour une promenade dans le vieux Versailles et commençons par la Rue du Vieux Versailles, principale artère du village avec ses commerces et ses auberges (nécessaires pour loger les nombreux visiteurs). Quelques anciennes façades subsistent, notamment celles en brique et pierre qui étaient obligatoires à l’époque de Louis XIV pour raison d’homogénéité avec le château.

Un commentaire intéressant à ce sujet : comme il n’y avait pas de fabrique locale de brique et que les apporter de loin coûtait fort cher, on se mit à décorer les façades de fausses briques peintes.  En regardant de près, on fait très bien la différence entre les vraies et les peintes.

Aujourd’hui, si à l’occasion d’un ravalement un trouve du rouge sous un revêtement de façade, on est obligé de restaurer dans le style de l’époque. D’où une augmentation constante des façades brique/pierre dans la ville.

 

 

Nous passons devant un immeuble d’angle daté 1747,

de pur style Louis XV. Deux particularités :

-         l’une (que vous ne distinguez pas sur la photo) toutes les fenêtres à droite et à gauche de l’arrondi de l’angle sont en trompe l'oeil ; histoire de respecter l’alignement sans mettre en danger la solidité de l’édifice.

-         Les fenêtres comportent des persiennes (extérieurs) et non des volets (intérieurs). Elles sont parmi les toutes premières persiennes .

               Immeuble daté 1747 de pur style Louis XV    "

 

Et nous arrivons à la Place Saint-Louis, la place de la Cathédrale.

Cette cathédrale construite après le retour du jeune Louis XV à Versailles fut inaugurée en 1727 en tant qu’église paroissiale . L’architecte en est Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, petit-fils de Jules Hardouin-Mansart et dernier représentant de la fameuse dynastie d’architectes.  Ce n’est qu’en 1797, après la révolution que l’église deviendra cathédrale.

Buffet 1761 du Grand-Orgue F.-H. Clicquot de St-Louis de VersaillesL’extérieur est d’un baroque /rocaille sage -  façade, ornée de colonnes doriques et corinthiennes + plus deux campaniles. L’intérieur est sobre et spacieux (nef à 5 travées). Les lustres en cristal sont d’origine , offerts par Marie Leczinska (l’épouse de Louis XV).   A remarquer : le Grand Orgue Historique de style rocaille commandé en 1759 sur l'ordre de Louis XV à Louis-Alexandre Clicquot et restauré  en 1863 par Aristide Cavaillé-Coll.  Il comporte  3131 tuyaux répartis en    Célèbre Orgue Cliquot de la Cathédrale      46 jeux  sur 3 claviers + pédalier.

 

Les vitraux : à l’époque ils étaient blancs car on recherchait la clarté. Les vitraux colorés que nous voyons aujourd’hui datent du XIXe siècle. Parmi eux, deux sont une rareté car ils proviennent de la manufacture de Sèvres qui en a réalisés très peu et sur une courte période seulement.

 

Dernière visite de notre après-midi versaillaise :  la Salle du Jeu de Paume

 

Tout le monde le sait, le Jeu de paume – dont il existait plusieurs variantes avec ou sans filet - est l’ancêtre de notre tennis, je ne reviendrai donc pas sur son histoire. 

Louis XIV aimait ce jeu et la salle que nous visitons fut construite peu après son installation à Versailles. Sa célébrité est due au Serment du Jeu de Paume, qui n’eut pas lieu comme on le croit trop fréquemment à Paris mais à Versailles.

 

 

Rappelons les souvenirs scolaires : il s’agit, lors des Etats généraux de 1789, d’un engagement d’union pris le 20 juin 1789 par les 578 députés du Tiers état.  Face aux pressions du gouvernement, ils firent serment de ne pas se séparer avant qu’une l’élaboration Constitution n’ait été élaborée.  Ils pensaient alors à la mise en place d’une monarchie constitutionnelle à l’exemple de l’Angleterre car à ce moment là, une France sans roi était encore impensable.

                                                                                              Le Serment du Jeu de Paume (de David)

 

 

 

 

 

 

 

Ce serment n’eut pas de réelle portée bien qu’ayant  été le prélude à l’ « Assemblée nationale constituante » mais conserve jusqu’à nos jours un impact symbolique très fort. Fin du cours d’histoire.


Fichier:Salle jeu de paume versailles intérieur 2.jpgCe n'est qu'à partir de 1880 qu'on entreprend la restauration complète du Jeu de Paume afin de le convertir en musée.

Aujourd’hui, l’ancien plafond à caissons à disparu. Une statue de Bailly lisant le Serment est placée devant une plaque en rappelant les termes. Les noms des signataires sont inscrits sur une frise faisant le tour de la salle, et les bustes des personnages les plus importants de la première Assemblée nationale, placés autour de la statue de Bailly.

 

 

 

La Salle du Jeu de Paume

 

 

 

 

Sur le mur du fond est accroché un imposant tableau, réalisé d'après celui de David. Dans la galerie, quelques caricatures de l’époque sur la réunion des Etats Généraux.

 

Et pour finir, quelques expressions courantes de notre langue française qui nous viennent tout droit du jeu de Paume :

-       Epater la galerie : les spectateurs occupaient la galerie autour de la salle

-       Qui va à la chasse perd sa place : Un point particulier de ce jeu s’appelle la « chasse ».  A un certain moment, les joueurs changeaient de côté de terrain et le serveur perdait sa place favorable .

-       Tomber à pic : le pied du mur du fond s’appelle  la « chasse pic ». Y faire tomber la balle permet de marquer un point et assure au joueur qui l’a réussi un avantage indéniable.

-       Les enfants de la balle : expression propre au monde du théâtre venant du fait qu’avant la construction de théâtres les troupes jouaient fréquemment dans les salles de jeu de paume.

-        

De nos jours il existe encore trois terrains de jeu de paume en France : à Fontainebleau, à Bordeaux et à Paris, rue Lauriston.

 

Et non, nous n’oublions pas la traditionnelle « photo de famille ».