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Septembre 2011

Le Bulletin Contact n°87

Sommaire

 

COMPTE-RENDU DE NOTRE VOYAGE EN HAUTE SAVOIE

du Mardi 17 au Vendredi 20 Mai 2011

 

C’est grâce à notre ami Georges Bernard et à sa connaissance de cette région, et du CERN en particulier, que ce voyage a pu être organisé ; qu’il en soit ici remercié.

 

 

20 personnes composaient le groupe :

 

Mmes               Eliane Etinzon, Nicole Puel, Roselyne Touroude

                          Mmes et MM.  Mireille et Jean-Marc Dubray, Josiane et Jacques Krebs, Françoise et Jacques Laîné, Anne-Marie et Jacques Noé, Christiane et Jean-Louis Perrot, Jeanne et Claude Rogueda, Francine et Auguste Tricca.

MM.                 Georges Bernard, Aimé Le Liboux,  Roger Rulence.

 

Jour 1 – Mardi 17 Mai    

                                     

Visite d’Annecy                                                 par Eliane Etinzon

 

 

Tôt, très tôt, trop tôt au goût de certains, 15 d’entre nous se retrouvent à la gare de Lyon pour monter dans le TGV en direction d’Annecy. Les 5 autres n’étant pas parisiens nous attendent directement à l’hôtel, à quelques km d’Annecy, où nous arrivons en fin de matinée après un voyage sans histoire.

 

   

 

Accueil TRES chaleureux de l’ensemble du personnel dont nous apprécierons l’extrême gentillesse tout au long des 4 jours.

 

 

 

 

 

 

Nous commençons par un  « apéro » sur la     # terrasse, sous les platanes avant de passer à table pour le 1er déjeuner ensemble. Tout à fait somptueux et copieux ce repas !!! En fait le premier d’une longue série qui verra défiler à peu près toutes les spécialités régionales.

A titre de témoignage, je ne résiste pas à vous présenter l’omelette norvégienne géante   "

qui nous fut servie pour le dessert de ce premier jour.

 

Bien lestés (mais d’attaque) nous montons dans le car pour aller visiter la ville d’Annecy. En route nous admirons les bords du lac puis nous retrouvons notre guide, une petite dame sympathique et enthousiaste qui nous plait bien.

 

La ville d’Annecy :

compte un peu plus de 50.000 habitants.

Surnommée parfois « la Rome des Alpes » ou également, « la Venise des Alpes » en raison des trois cours d'eau qui parcourent sa vieille ville, Annecy est une agglomération prospère car un important centre touristique et industriel. En effet, outre les possibilités de sports d’hiver, sports d’été, sports nautiques qu’elle offre aux touristes, elle est également un centre renommé de parapente et de deltaplane (col de la Forclaz). En parallèle, de nombreuses entreprises sont venues s’y implanter (Dassault électronique, les skis Salomon, Tefal, Mobalpa et quelques autres) et la ville s’est mise récemment au tertiaire. En outre, en raison du niveau de vie élevé en Suisse, les frontaliers de ce pays très proche viennent volontiers faire leurs achats en France, ce qui représente pour Annecy environ 15% de son économie.

 

 

 

 

Le lac : Il mesure 14 km de long et est formé de deux parties : le petit lac et le grand lac. Annecy est situé à l’extrémité du grand. Il forme un axe Nord/Sud. Sur ses rives s’élèvent deux massifs montagneux, celui des Bauges d’un côté, celui des Bornes de l’autre.

C’est aujourd’hui le lac le plus propre d’Europe. Au début des années 60, la pollution était telle qu’il restait 10 ans maximum pour le sauver. Des travaux de grande envergure furent donc entrepris pour le nettoyer. Et nous constatons effectivement combien ses eaux sont pures et transparentes.

 

Un peu d’histoire :

Annecy possède une longue histoire depuis son origine comme bourgade gallo-romaine.  C’est en 1401 que la ville d’Annecy est acquise par le Comte de Savoie après avoir été dans un premier temps résidence des Comtes de Genève. Une trentaine d’années plus tard, la maison de Savoie crée un Apanage (Partie des terres royales attribuées à un prince) qui regroupe les possessions savoyardes ; Annecy en devient la capitale.

Après l'adoption de la Réforme calviniste à Genève en 1536, les chanoines de Saint-Pierre de Genève et les Clarisses se réfugient à Annecy qui devient une citadelle avancée de la Contre-Réforme. S’y réfugie notamment, Saint François de Sales (1602-1622), champion des catholiques contre la réforme Calviniste, patron de la ville et omniprésent à Annecy. Il forme un couple mythique avec Sainte Jeanne de Chantal (baronne de Rabutin Chantal, mère de 2 enfants  et fondatrice de 84 couvents). Tous deux fondèrent ensemble l'Ordre de la Visitation.

 

L'apanage, dit de Genevois-Nemours, durera jusqu'en 1659. C’est enfin en 1860 que la Savoie sera rattachée à la France. La ville sera modernisée sous Napoléon III et certains des travaux de l’époque restent encore valables aujourd’hui. C’est ainsi que le niveau du lac fut surélevé et c’est pour cette raison qu’on ne passe plus sous le pont sur le Thiou (petite rivière, axe principal de la ville d’Annecy, reliée au lac).

 

Avant d’entrer dans  la vieille ville nous faisons une courte halte pour visiter deux églises :

Eglise Saint-Maurice construite au 15e siècle pour les Dominicains, cette église d’un sobre gothique présente un cachet régional marqué avec son toit retombant. La nef très large, est typique des ordres voués à la prédication. Quelques tableaux étonnants à l’intérieur dont un saisissant transi en trompe l’œil (transi = sculpture funéraire qui figure un personnage couché, mais à la différence du gisant il le représente en  putréfaction ou à l’état de squelette).

 

Église Saint-François de Sales, édifiée au 17è siècle comme chapelle du premier monastère de la Visitation. De style baroque bien sage. L'église a connu un très brillant passé par les fastes dont elle fut le cadre lors de la béatification puis de la canonisation de Saint-François-de-Sales et de Sainte-Jeanne-de-Chantal (encore eux !) dont elle abritait les sépultures.

 

Puis, nous traversons le Thiou sur le joli pont à l’entrée de la vieille ville devant le palais de l’Isle (photo ci-dessus) quand notre attention est retenue par une scène dont nous, citadins, n’avons guère

l’habitude.  Anecdote :

 

Monsieur Cygne voulait à tout prix arriver à ses fins avec Mme Cygne qui elle, n’était pas d’humeur et le lui a clairement signifié. Mais M. Cygne était déterminé à n’accepter aucun refus et malgré les véhémentes protestations de Mme, se rua sur elle brutalement (il vaut mieux éviter le mot « bestialement » n’est-ce pas ?) malgré les bruyants mais vains efforts de celle-ci pour lui échapper.

Bref, parlons clair : un viol !

A la suite de quoi M. Cygne, enchanté de son succès se livra à une danse de satisfaction (ou de séduction peut-être pour se faire pardonner !?) tournant sur lui-même, se contorsionnant tant et plus, gonflant ses plumes et agitant sa tête et son cou en tous sens, pendant que Mme, tête basse, prenait la poudre d’escampette.

 

Bien sûr nous étions tous fascinés par la scène et plus personne n’écoutait les explications de notre guide, laquelle proclama :

 « Evidemment, contre ÇA, je ne peux pas lutter, je ne suis pas de taille !!! ».

 

 

 

 

A la suite de quoi les choses rentrèrent dans l’ordre et nous pûmes à nouveau nous regrouper et nous concentrer pour écouter l’histoire du Palais de l’Isle

 

Le Palais de l'Isle, image traditionnelle de la ville d’Annecya été construit du12e au 16e siècle  sur la petite ile au milieu du Thiou dont il épouse le tracé en forme de fuseau. Aujourd’hui restauré, il abrite  le Centre d'Interprétation de l'Architecture et du Patrimoine de la ville d'Annecy mais il a eu par le passé des fonctions très diverses. Palais du châtelain d'Annecy à l’origine, il devint hôtel administratif quand le comte de Genève s’installa dans la ville. Il a aussi été, tour à tour, caserne, siège de la judicature, asile de vieillards, entrepôt,  Hôtel des Monnaies, et prison avant d'être classé monument historique en 1896, puis à nouveau prison pendant la 2nde guerre mondiale.

 

 

 

 

 

annecy-divers-013.jpgannecy-divers-010.jpgla_vieille_ville_annecy-2.annecy-divers-008.jpg                                   La Vieille ville : cité médiévale et renaissance plutôt bien préservée, elle est traversée de nombreux canaux et comporte nombre de charmantes rues piétonnes dont certaines à arcades ainsi que des fontaines. Elle concentre la vie commerçante d’Annecy

 

 

 

Quelques vignettes des rues de la vieille ville

 

Le Château  : surplombant la ville, il est l'ancienne résidence des comtes de Genève et des ducs de Genevois-Nemours, branche cadette de la Maison de Savoie. Construit du 12e au 16e siècles, le château a plusieurs fois été victime d'incendies, et a été laissé à l'abandon au 17e siècle. Il a été récupéré ensuite pour servir de caserne jusqu'en 1947 puis acquis en 1953 par la ville d'Annecy qui l'a restauré avec l'aide des Monuments historiques. Il abrite aujourd'hui le Musée d'art contemporain et d'art régional d'Annecy et, depuis 1993, la Tour et le Logis Perrière abritent également l'Observatoire régional des lacs alpins.

Ainsi se termine la visite de la ville. Nous aurions bien aimé flâné dans les jolies rues de la vieille ville, nous assoir à la terrasse d’un café au bord d’un canal et prendre le temps d’un petit rafraichissement. Mais, mais … le car nous attend pour nous conduire à une ferme productrice de Reblochon !

 

La ferme de la Charbonnière : Située au col de Bluffy dans un magnifique cadre naturel, cette ferme continue à fabriquer des fromages, dont en particulier le Reblochon, de façon traditionnelle et artisanale. On va nous expliquer tout ça, de l’élevage de la vache à la commercialisation des fromages !

 

Et là, nous tombons sur un drôle de numéro !

 

Le patron du lieu, homme d’un certain âge, amoureux de son métier à l’ancienne est très compétent, très dynamique et très anti modernisme.

 

Il nous explique avec humour (je vous passerai le détail car ce fut long – un peu trop) l’importance de la nourriture des vaches, la transhumance, les 4 mois d’alpage, la fabrication du fromage matin et soir en alpage, l’affinage à la ferme pendant 4 semaines, la différence entre fromage fermier et industriel.

 

En vrac, quelques détails intéressants :

-         les carillons des vaches – du très petit à l’énorme - ne sont pas que du folklore, les grosses cloches servent à la transhumance, les petites à rassembler les vaches en alpage

-         le départ des vaches en alpage se fait à la fraîcheur de la nuit car les vaches ont le cœur fragile. Elles trouvent leur cadence de marche au rythme des cloches.

-         on fait différents fromages avec un même lait, c’est la température qui fait la différence

-         le Reblochon fut le 1er fromage à recevoir le label AOC

-         si vous voulez reconnaitre un bon Emmental regardez les trous, ils doivent être réguliers, dans le cas contraire il est tout juste bon à faire de la « Vache qui rit ».

-         on trait les vaches 10 mois sur 12 mais les chèvres seulement 7 mois sur 12.

 

Sur un plan plus général, nous avons droit aux opinions personnelles du personnage lesquelles se résument à ceci : tous les maux viennent soit de l’administration soit de l’étranger.    

 

Après une dégustation fromages - vin - saucisson qui déboucha sur quelques achats, nous pûmes enfin remonter dans le car. En route pour l’hôtel le chauffeur nous fit passer par le côté du lac d’Annecy que nous n’avions pas encore vu. Toujours aussi beau !

 

Un bon dîner suivi d’un gros dodo furent bienvenus.

 

 

Jour 2 – Mercredi 18 Mai

 

Le matin : Visite du CERN                         par Jean-Louis Perrot

 

 

La visite du Commissariat Européen pour la Recherche Nucléaire  - le CERN - fut l’un des temps forts du voyage en Haute-Savoie, l’occasion privilégiée d’approcher la recherche fondamentale aux questions sur l’univers et de côtoyer dans leur sphère de travail  des chercheurs, des scientifiques et des ingénieurs qui deviendront les experts de demain.

 

On est dans un centre de recherches nucléaires sans combustible !... de quoi peut-il bien s’agir en quelques lignes et sans la prétention d’être en capacité de décrire dans le détail et avec exactitude le plus grand laboratoire de physique des particules du monde ?

 

Bienvenue dans ce milieu étrange où règnent les lois de la physique quantique. Au CERN, les particules apparaissent et disparaissent sans cesse, laissant imaginer les premiers instants de l’univers. Il y a13, 7 milliards d’années, l’univers a commencé par un coup d’éclat magistral, le Big Bang. Concentrée dans un espace infiniment petit, l’énergie s’est transformée en quantités égales de matière et

d’antimatière. Au CERN on accélère des faisceaux de protons à une vitesse proche de la lumière; les protons entrent en collision recréant ainsi les conditions qui prévalaient juste après le Big Bang.

 

Quelques éléments d’histoire :

1949           -  Conférence européenne de la culture de LAUSANNE.

Louis de Broglie fait lire par Raoul Dautry un message appelant à une coopération scientifique entre les pays européens.

                       

-         Cinquième conférence de l’UNESCO à FLORENCE.

La résolution proposée par le prix Nobel Isidor Rabi, unanimement adoptée, autorise l’UNESCO à assister et à encourager la création de laboratoires pour accroitre et enrichir la coopération internationale.

1952           - Conférence inter gouvernementale de l’UNESCO présidée par       François de Rose.

- Première résolution adoptée pour la mise en place à titre provisoire d’un Commissariat Européen pour la Recherche Nucléaire- Le CERN.

AMSTERDAM - Le conseil provisoire choisit le site de Genève pour y le futur implanter le futur laboratoire.

1953/1954  L’organisation européenne voit le jour officiellement. Début des travaux. Signature de la convention du CERN à PARIS, ratifiée progressivement par les états membres qui aujourd’hui sont au nombre de 20.

1955              Début de la construction de machines et les premiers résultats.

1957              Le premier accélérateur, le synchrocyclotron (SC) démarre.

1959              le synchrotron à protons(PS) entre en opération.

1971               les anneaux de stockage à intersections(ISR), premier collisionneur protons/ protons du monde démarrent.

1973              Découverte des  courants neutres, première confirmation de la théorie electrofaible.

1976              Le super synchrotron à protons (SPS) entre en fonctionnement.

1989              Le grand collisionneur électron-positron (LEP) démarre ; il confirme qu’il n’existe que 3 types de neutrinos.

1995              Premières observations d’anti-hydrogène.

2004             le CERN fête ses 50 ans.

2009             Le grand collisionneur de  Hadrons entre en fonctionnement.

 

 

Lors de la visite du CERN une présentation en amphi nous a permis de mieux connaître l’ampleur de cette gigantesque organisation et son fonctionnement.

 

2200 permanents au statut international assurent sa gestion; ces personnes ne font pas de recherches. Les chercheurs, environ 8000 personnes, viennent du monde entier ; ceux-ci sont gérés et rémunérés par leur propre pays d’origine. Au total ce sont 10000 personnes qui travaillent en permanence sur le site d’une surface de trois hectares, avec ses restaurants, ses 3 hôtels, ses commerces, une vraie ville en réalité.

 

Le budget du CERN est de l’ordre de 1,2 MD de Francs Suisse, ce qui correspond au prix d’une tasse de café par contribuable européen. Le CERN compte 20 Etats membres européen qui ont des devoirs et des privilèges ; ils contribuent au budget et aux frais de fonctionnement de ses programmes.

 

Les constituants de base de la matière sont de minuscules particules, plus petites encore que les atomes - environ 10 -10 m. Le noyau de 10 -14 m est formé de protons et de neutrons 10 -15 m avec plus petits encore les quarks : le quark Up et le quark Down. Ces quatre particules élémentaires, proton, neutron, quark up et quark down  suffisent à constituer le monde.

 

Au CERN, les scientifiques collaborent pour étudier ces constituants de base de la matière et les forces qui les relient. Différentes forces agissent entre les particules ; la force forte, la force électromagnétique et la gravitation qui regroupent les particules dans des structures allant des atomes invisibles aux galaxies composées de millions d’étoiles. On fabrique même de l’anti matière qui

n’existe pas dans la réalité ; on est là en pleins mystères qui ne sont familiers qu’à ces élites de la science de l’infiniment petit.

 

Les physiciens explorent la matière à l’aide d’accélérateurs de particules. Ces accélérateurs utilisent des champs magnétiques pour accélérer les faisceaux de particules. Ces champs vont les guider dans la machine puis vont les faire entrer en collision ou les projeter sur des cibles afin de reproduire les conditions d’énergie intense des premiers instants de l’univers.

Ces accélérateurs sont de forme circulaire ; le synchrotron à protons (PS) fait 200 m de diamètre et il est toujours en service. Le  super synchrotrons à protons (SPS) a 7km de circonférence  et maintenant le CERN dispose depuis 2009 du grand collisionneur de hadrons (Le LHC) qui est installé dans un tunnel circulaire de 27 km de circonférence  creusé à 80 m de profondeur sous les territoires Suisse et Français.

Ce tunnel de 4m de diamètre est équipé d’un tube central entouré d’électroaimants hyperpuissants dans lequel on fait le vide total- 10 -13 millibars- à - 271° soit le zéro absolu pour éliminer toute résistance électrique. C’est en quelque sorte une grosse bouteille thermos de 27 km de longueur.

 

Quatre détecteurs positionnés sur le tracé du LHC enregistrent ce qui se passe lorsque les particules entrent en collision, des collisions qui produisent une foule de particules nouvelles. On sait que

l’énergie se transforme en matière comme l’indique l’équation d’EINSTEIN   E=mc2  où E est l’énergie, m la masse et c la vitesse de la lumière.

 

La machine est prévue pour 20 à 25 années de recherches et étant  aujourd’hui en phase de réglage, elle fonctionne à 50 % de sa puissance énergétique maximum. Derrière cette hallucinante machine de par son gigantisme et la magie qu’elle dégage, émerge tout un ensemble de défis qui font progresser la connaissance et qui génèrent 400 brevets par an avec des retombées énormes dans des domaines comme l’informatique ou l’imagerie médicale.

Par exemple, le LHC n’enregistre que 2000 des 10 millions de collisions de protons qui se produisent par seconde.la quantité d’informations provenant de cette sélection est suffisante pour remplir 300 CD par heure. Les données sont analysées et exploitées à l’aide de plus de 100 centres de calculs répartis dans le monde entier. Un nouveau système global de traitement appelé la Grille a été mis au point et permet de traiter en simultané ces données par des dizaines de milliers d’ordinateurs.

 

Nous avons pu visiter ensuite le hall de montage du LHC. Pour recréer les conditions proches du Big Bang, on fait tourner les particules à l’intérieur de modules  qui sur les 27 km de longueur sont au nombre de 1232, assemblés bout à bout. On y voit des bans d’essais de ces modules pour les tester dans les conditions réelles de fonctionnement lorsqu’ils seront sous terre pour former cet anneau de 8,8 km de diamètre. Au total le LHC représente 40 000 T d’acier ; 5 étages de cryogénie sont nécessaires pour atteindre une température proche de - 271° 3 à partir d’azote liquide et d’hélium.

 

Le CERN est le 12ème meilleur client d’EDF en consommant 40 000 Francs Suisse d’énergie électrique par jour. L’alimentation électrique du centre dont les besoins s’élèvent à 235 MW/h est assurée par une ligne de 400 000 V venant de la centrale de GENISSIAT. L’heure d’expérience se monte à 150 000 Francs Suisse à la charge des chercheurs et des pays pour le compte desquels les expériences sont réalisées.

 

La visite d’un second hall nous permet d’approcher la partie détection du LHC. Le localiseur de vertex mesure avec la précision du centième de millimètre la distance entre le point de collision et le point de désintégration des quarks. Des détecteurs dits Tchérenkov mesurent les cônes de lumière émis par les particules qui les traversent. Les détecteurs de traces enregistrent les points de passage des particules chargées. Enfin les calorimètres déterminent l’énergie des particules. Des aimants agissent sur les trajectoires des particules chargées ; la vitesse de ces particules est proche de celle de la lumière soit 300 000kms / seconde. Ainsi ces particules dans le vide et à – 271° 3 font 11245 fois le tour de l’anneau de 27 km par seconde !... ces chiffres sont hors d’échelle pour des profanes comme nous.

  

Même si l’on a pas tout compris, on a tous ressenti de cette visite une occasion exceptionnelle d’avoir pu approcher une organisation qui s’est bâtie une solide réputation en recherche fondamentale et devant laquelle on se sent bien petit face à ce sanctuaire de la connaissance fondamentale. Le CERN est un lieu de rencontres foisonnant de débats, de réflexions et de discussions qui a la capacité de réunir les hommes dans un but commun. C’est un outil de rapprochement des peuples pour la paix - neutralité, exigences, constante objectivité - mais aussi pour le progrès de l’humanité. Selon la volonté de ses fondateurs, le CERN consolide cette paix dans l’esprit des hommes à travers l’éducation, la science, la culture et la communication.

 

Le groupe a remercié Georges BERNARD qui a été à l’origine de cette visite du CERN, ayant participé durant de nombreuses années avec les équipes placées sous sa direction à la construction de cet équipement d’exception.

  

 

 

 

 

 

 

 

L’après-midi : Le village médiéval d’Yvoire          par Eliane Etinzon    

                                            

Après un déjeuner au restaurant self-service du CERN, la traversée rapide en autocar du centre-ville de Genève (et son célèbre jet d’eau) pour passer sur l’autre rive du lac et un petit temps de route, nous arrivons à Yvoire, pour une visite libre.

 

Ce village de 750 habitants au bord du Lac Léman, surnommé "la perle du Léman" est classé parmi les Plus Beaux Villages de France et au premier rang des villages fleuris. En 2002, il a reçu la médaille d'argent du Concours européen du fleurissement.

Petit village de pêcheurs et de bateliers au début des années 1900, Yvoire était déjà une seigneurie lorsqu’Amédée V le Grand, Comte de Savoie, décida d’en faire une forteresse imprenable au début du 14 e siècle.


De ces fortifications subsistent les murs d’un grand donjon rectangulaire qui domine le lac Léman mais, aujourd’hui habité, ce lieu n'est pas ouvert au public. D’autres précieux témoignages du passé médiéval d’Yvoire ont été conservés : des remparts, des portes, des fossés et des maisons.

 

Quelques photos ci-dessous :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

Parmi les monuments remarquables, il faut encore citer l’église Saint Pancrace, qui date probablement du XIe siècle. Son rutilant clocher actuel, construit au milieu du 19e siècle, est caractéristique de l’architecture religieuse savoyarde de cette époque. Initialement couvert de fer étamé, la municipalité envisagea sa restauration pour lutter contre la rouille, et en 1989, il fut recouvert d’acier inoxydable qui étincelle au soleil. Il porte un coq et une boule couverts de feuilles d’or. Actuellement en travaux nous n’avons malheureusement pas pu visiter l’intérieur.

 

Citons encore pour finir, Le Jardin des Cinq Sens - et son labyrinthe - qui a reçu le label « Jardin Remarquable ». Il est situé au cœur du village, à la place de l'ancien potager du château et a été restauré selon l'art des jardins clos du Moyen Age.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce jour-là, 18 juin,  Françoise Laîné fêtait un anniversaire important. Nous lui fîmes une petite mini fête surprise au dîner et Jacques offrit le champagne à tout le monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

Jour 3 – Jeudi 19 Mai

 

Le Lac du Bourget et l’Abbaye de Hautecombe    

   par Jeanne Rogueda 

 

 

Pour atteindre cet édifice nous prenons le bateau qui nous permettra d’apprécier les rives escarpées, tapissées de forêts du LAC DU BOURGET. Le temps couvert assombrit la surface de ce miroir

d’eau, dans lequel les montagnes environnantes se mirent.

 

Au bout d’une vingtaine de minutes de trajet, nous découvrons à main gauche la majestueuse silhouette de l’Abbaye, construite sur un éperon rocheux par des moines cisterciens.

 

C’est vers 1101 que les premiers moines établissent un prieuré sur le versant oriental du lac, non loin du bourg de Cessens, à 675 mètres d’altitude. Ils disposaient alors d’une source claire au fond d’un vallon, Ils dénommèrent ce lieu Haute Combe. Cet emplacement se révéla très favorable pour l’édification de leur vie érémitique ; ils y disposaient :

 

-                    de l’eau : source de vie, réserve de poissons, irrigation

-                    de la forêts : source d’énergie (coupes de bois), chasse au gibier.

 

De plus le climat tempéré de cette vallée permettait les cultures vivrières nécessaires à leur communauté.

 

En 1137 les moines quittent la Haute Combe pour descendre sur la rive occidentale du lac, la Famille de Savoie ayant donné à Amédée de Clermont

d’Hauterives, leur second Abbé, un terrain sur lequel ils édifièrent un bâtiment, tout en conservant le nom de HAUTECOMBE. Ce transfert permis une extension de leur activité. Ils contrôlaient la route de la France vers l’Italie, leur situation géographique constituant un poste de guet (La Savoie dépendait alors de monarques transalpins). Ils créèrent une escale sur la  rives du Lac du Bourget, relié au Rhône par le canal de Savière, escale sur la route du sel.

 

Au préalable, en juin 1135, cette abbaye s’affilia à l’Abbaye de CLAIRVAUX, dont l’Abbé Saint Bernard, au charisme fascinateur, la combla de bienfaits. De plus, la vie ascétique des moines blancs, leur travail acharné, leur spiritualité rayonnante, suscitèrent l’admiration et la protection de riches familles nobles qui les dotèrent largement.

C’est au XIIème siècle que l’Abbaye devint la nécropole des princes de Savoie ; Ces inhumations durent encore de nos jours :Marie-Josée, épouse du roi ImbertoII y reposent,

l’une depuis 2002, le second depuis 1983.

 

 

 

Le rayonnement spirituel et matériel de cette communauté perdure pendant deux siècles  et c’est au XVème que la gloire commence à se flétrir. Le système de « la commende » - gestion confiée à des non-religieux qui s’approprient les bénéfices des biens confiés par les pères-abbés – ruine la communauté. La décadence s’installe. En 1792 (la Savoie était à ce moment-là française) Hautecombe est déclarée  bien national : elle est pillée. En 1815 le Traité de Vienne, restitue la Savoie au Roi de Sardaigne et de Piémont. En 1824 ce dernier entreprend des travaux qui s’achevèrent en 1848, pour relever  les ruines des bâtiments.

 

C’est le style néo-gothique flamboyant ou « troubadour », choisi par le roi, et qui se caractérise par une surcharge de sculptures, de peintures et d’ajouts en tous genres. Il conduit à un pastiche de l’antique : colonnes torsadées, chapelles flanquées de pleureuses, etc…, chaque chapelle étant occupée par un cénotaphe. Chassés par la Révolution les Cisterciens reviennent en 1826. En 1922, les Bénédictins de Marseille s’y installent. Enfin en1992 c’est la Communauté du Chemin Neuf – communauté catholique à vocation œcuménique – qui investit les lieux afin de poursuivre les vocations de prière et d’accueil de l’abbaye.

 

 

 

 

 

 

 

 

A. de Clermont d’Hauterives construisit avec ses moines la première église cistercienne et Henry de Massy à la fin du XIIème  édifia la magnifique GRANGE—BATELIERE, de pierres blondes, en bordure du lac. Elle servait à la conservation et à la transformation des grains en farine utiles à la communauté. Par la simplicité de ses lignes et son adaptation à son but, c’est un pur exemple de bâtiment répondant à l’esprit cistercien.                                       

Vue de la Grange Batelière                                                                                                        

         prise à travers de la vitre da bateau

         

Après cette visite, nous reprenons le bateau en empruntant le canal de Savière qui rejoint le Rhône, et débarquons à Chanaz. L’autocar nous conduira à un moulin à huile (de noix et de noisettes) où nous assisterons  à une démonstration de pressage.  Nous goûterons le résultat de cette opération. Nous sillonnerons une route agréable de Chautagne qui nous conduira au Domaine Vignesens à Ruffieux où nous dégusterons cinq vins de ce vignoble confidentiel.

 

 Une Journée agréable s’achève sous le soleil. Nos yeux et nos papilles ont été gâtés. Que du bonheur, on en redemande !

 

 

Jour 4 – Vendredi 20 Mai

 

Chamonix et la Mer de Glace              par Aimé Le Liboux

 

Départ de l’hôtel à 8 heures avec les adieux touchants de l’hôtelière qui a été aux petits soins pour nous pendant tout notre séjour.

 

Nous prenons donc la route de Chamonix, 15 personnes dans le car et 3 voitures « suiveuses » pour ceux qui avaient choisi de venir en voiture. Une des voitures nous a suivi jusqu’à destination pendant que les deux autres sont laissées au parking à l’entrée de l’Autoroute A 410, que leurs propriétaires récupèreront au retour.

 

Pendant la traversée d’Annecy nous avons admiré les belles demeures et les beaux jardins avec des plantations de tomates fixées sur un support en tire-bouchon ou plutôt en queue de cochon, d’après

l’avis de quelques spécialistes du groupe.

 

Enfin notre chauffeur-guide a pris la parole pour nous décrire les sommets montagneux que nous pouvions apercevoir dans le lointain ou alors la description des villes situées le long du parcours ; par exemple, le massif du Môle qui domine Bonneville, située au confluent du Borne et de l’Arve, cité où se trouvent des maisons du XVIème siècle.

 

La curiosité de l’endroit est la colonne commémorative érigée à l’entrée du pont sur l’Arve en l’honneur de Charles Félix de Sardaigne qui sous la Restauration fit mener à bien l’endiguement du grand torrent. Samoëns, ville très ancienne avec des tilleurs qui ont 400 ans et le jardin botanique de Mme Jay (famille Cognacq-Jay) fondatrice de la Samaritaine. Sur la gauche, la chaîne du Reposoir dominant la ville du Reposoir. Puis la ville de Cluses, et sur la droite Saint-Gervais-les-Bains où se traitaient les peaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après avoir dépassé les Bossons, nous entrons dans Chamonix après 1 H 30 de voyage. Le car nous dépose devant la gare de Montenvers. Nous prenons le train à crémaillère pour un trajet de 20 minutes sur une distance d’environ 5 km pour atteindre le village de Montenvers à 1913 m d’altitude.

 

 

Ce train, électrique depuis 1960, était tracté depuis 1909 par une locomotive à vapeur.

 

 

 

 

A la terrasse du village de Montenvers, nous avons découvert une vue panoramique extraordinaire sur la Mer de Glace. Celle-ci a rétréci de 1,2 km entre 1895 et 2010 et environ de quelques centaines de mètres depuis l’année 2000 !!!

 

 

 

 

Au-dessus de la Mer de Glace nous pouvons admirer les sommets enneigés de l’Aiguille du Dru qui culmine à 3754 m et de l’aiguille du Moine à 3412m.

 

La Mer de Glace

 

Mer de Glace 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

          1/ au début du 20è siècle                                        2/  telle que nous l’avons vue

 

 

En attendant l’heure du repas au restaurant d’altitude, nous nous sommes promenés et avons visité de très belles collections dans la galerie des cristaux (où il faisait très sombre) notamment un monocristal de quartz fumé de 150 kg en un seul bloc.

 

 

 

 

 

Le musée de la faune alpine est une exposition d’animaux naturalisés : marmottes, sangliers, oiseaux comme les corbeaux et chouettes de la région.

 

Au restaurant nous étions un peu serrés en raison de la présence d’un groupe de « Schtroumpfs » (car tous en polos bleu-ciel, en réalité des visiteurs de la Lyonnaise des Eaux).

 

Le déjeuner était assez copieux : filet de poisson (ressemblant à du sandre) avec du riz et un dessert au chocolat.

 

Nous avons ensuite repris le train pour redescendre de la montagne. Pendant le trajet, certains ont pu observer un faon qui regardait passer le train.

 

A l’Arrivée, le car nous attendait pour un retour sans problème à la gare d’Annecy. Puis, après 4 jours de beau temps, un violent orage a éclaté pendant notre retour en TGV.

 

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Fin de ce beau voyage