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Le Bulletin CONTACT |
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Provence-Alpes-Côte d'Azur
22 JUIN 2202
ENTRECASTEAUX ABBAYE du THORONET
LE MOT DE LOUIS LAPORTE
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L'Abbaye Thoronet, Couchée dans la forêt, Nous avons décidé, D'aller la rencontrer.
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C'est au cœur du Vignoble Varois et des champs d'oliviers nichés entre les gorges du Verdon et le Golfe de Saint Raphaël, près de l'Abbaye du Thoronet que nous avons choisi d'organiser notre petite fête annuelle avec trois points :
Cette rencontre printanière et les visites effectuées sont parfaitement évoquées par notre ami Jean JANIN que nous remercions vivement pour son exposé et son travail de recherche de documents.
Avec le plaisir d'accueillir de nouveaux amis parmi nous, se sont retrouvés, dans une ambiance très amicale :
Mr et Mme Darthuy Robert,
Mr Debeuré Jacques,
Mr et Mme Déo Jean-Paul,
Mr et Mme Dufresnoy Roger,
Mr et Mme Janin Jean,
Mr et Mme Laporte Louis,
Mr et Mme Mercier Jacques,
Mr et Mme Micor Richard,
Mr Rulence Roger,
Mr Sarre Daniel.
En souhaitant nous réunir au printemps 2003, avec de nouveaux amis venus nous rejoindre, pour avoir le plaisir d'une nouvelle belle journée et de se retrouver ensemble.
Après Collobrières en 2000, Manosque et Moustier Sainte Marie en 2001, nous nous sommes retrouvés une vingtaine d'ex S.D. et leurs épouses, résidents ou de passage en Provence, en ce matin du 22 juin 2002 à Entrecasteaux, vieux village Provençal, au pied de son château, que nous admirons de l'extérieur, la visite ne pouvant se faire le matin.
L'origine du château édifié sur un piton rocheux remonte au 11éme siècle. Le premier seigneur connu est Boniface de Castellane qui entre en conflit avec le comte de Provence. En 1189, le village est assiégé, le château pris et détruit. Boniface fait amende honorable et le château est reconstruit. En 1559, le baron Gaspard de Castellane adopte le nom et les armes de son oncle Adhémar de Monteil, comte de Grignan dont il est héritier. En 1669, le petit fils de Gaspard, François épouse la fille de Madame de Sévigné. Louis XIV érige la baronnie en marquisat. Le château, ravagé par un incendie est reconstruit par François de Monteil de Grignan, lieutenant général de Provence et devient cette grande et noble demeure telle que nous la voyons aujourd'hui, si bien dans l'esprit du 17ème siècle en Provence. Les plans du jardin «à la française» auraient été donnés par Le Nôtre, jardinier de Louis XIV à Madame de Sévigné.
Le marquis, un peu à court d'argent, vend sa propriété en 1714 à Raymond de Bruny, trésorier général de France qui prend le nom de Bruny d'Entrecasteaux.
Son neveu, Antoine de Bruny d'Entrecasteaux, vice-amiral de France est chargé en 1791 de partir à la recherche de La Pérouse dont on était sans nouvelles. L'amiral meurt à Java, victime du scorbut en 1793.
Le château est confisqué à la Révolution et aurait été démoli sans l'intervention du curé Dauphin, membre du comité de surveillance. Le château est restitué à l'une des filles du marquis dont les descendants le conservent jusqu'en 1949.
À cette date, il est cédé à la commune, qui n'a pas les moyens de l'entretenir. Délaissé, vandalisé, toute trace de sa splendeur disparaît, les meubles, les portraits, les fontaines en marbre sont vendus, les belles cheminées arrachées, les boiseries du 17ème siècle brûlées. La toiture s'écroulait quand la mairie vend cette quasi ruine en 1974 à un ancien diplomate britannique, Mr Mac Garvie, ancien ambassadeur au Guatemala, et artiste peintre.
Mr Mac Garvie entreprend la restauration du château au prix de la vente de ses objets d'art, bijoux, etc ... Après la mort de Mr Mac Garvie, son fils continue son œuvre, puis vend récemment le château à Mr Alain Gayal qui continue les travaux et entreprend de le remeubler et d'en refaire une demeure digne de son histoire.
Cette visite nous amène à l'heure où il est temps de penser aux nourritures terrestres, et alors,
les Amis des Arts, de l'Esthétisme, du Savoir et de la Découverte
se transforment en
Amateurs Appréciant l'Excellence des Saveurs et de la Dégustation,
car nous avons rendez-vous au restaurant de l'Abbaye, au Thoronet, où dans un cadre très agréable, un délicieux repas nous sera servi.

L'après-midi, il est prévu de visiter l'Abbaye du Thoronet qu'un guide commentera à 16 heures. Nous avons donc largement le temps d'apprécier le menu et de poursuivre nos conversations amicales.
L'abbaye du Thoronet est avec Senanque et Silvacane l'une des trois soeurs cisterciennes de Provence. La situation cachée de l'abbaye, ici dans une forêt de chênes-verts, est le propre de toutes les abbayes cisterciennes qui sont aussi bâties au fond des vallées en signe d'humilité.
La règle de Saint Benoît était déjà appliquée par les Bénédictins de Cluny qui s'en écartent peu à peu. Un petit groupe de moines mené par Robert de Molesme fondent le monastère de Citeaux en réaction contre le relâchement de l'ordre. C'est Bernard de Fontaine (futur Saint Bernard) qui lui donnera l'expansion que l'on connaît.
La règle appliquée ici est d'une grande austérité dans la nourriture, l'habillement, le travail manuel. Par souci de pauvreté (mais aussi d'indépendance), ils renoncent aux dîmes et à la protection des puissants. Désireux de protéger le temps nécessaire à la vie contemplative, ils instituent un genre de religieux laïcs : les frères convers qui bénéficient d'une règle plus souple : par exemple un seul office hebdomadaire au lieu des sept quotidiens. Ils travaillent aux champs pour assurer le nécessaire à la vie de l'Abbaye.
Le Thoronet fut construit en un temps record de 60 ans. L'église est d'abord élevée vers 1160, puis vers 1200, la salle capitulaire, le dortoir, le cellier et le bâtiment des convers (qui vivent rigoureusement séparés).
Ce qui frappe dans l'architecture cistercienne est l'absence de décor, l'austérité de l'église, entièrement réservée aux moines; d'où l'absence de grand portail et d'ornement de façade.
L'église est de style roman provençal classique.
La nef est voûtée en berceau brisé avec, à l'intérieur, des bas-côtés en demi-berceau. Un chœur et quatre absidioles la prolongent. Les moines pénétraient dans l'édifice par une porte latérale donnant sur le cloître. Le cloître s'ouvre autour d'un jardin, les arcades massives retombent en deux baies sur des colonnes nues. Dans le jardin, un petit bâtiment hexagonal servait de lavabo aux moines; la vasque est creusée de seize lobes percés de trous d'où l'eau jaillit par seize robinets.
La salle capitulaire est de la première époque gothique; ses voûtes d'ogive dont les nervures sont déployées en palmier sont supportées par deux colonnes à chapiteaux brutalement taillés , ornés de motifs puisés dans la flore locale; ce sont les seules sculptures de l'abbaye.
Le vaste dortoir sans cloison est situé au dessus de la salle capitulaire.
Le clocher, dont la tour rectangulaire est à quatre pentes, est très tardif. Le cellier voûté est construit à l'ouest du cloître; il renferme le pressoir à vin et le moulin à huile avec les cuves correspondantes.
Lors de la visite de la nef, le guide, très compétent et sympathique a voulu nous faire apprécier l'acoustique; il s'est placé dans une absidiole du chœur et nous a chanté un air profane du 16ème siècle; l'écho de sa voix se répercutant dans les voûtes prolongeait le son et nous avions l'impression que plusieurs personnes chantaient. C'était extraordinaire !
La visite terminée, nous avons commenté entre nous le plaisir que nous a procuré cette journée, et nous sommes promis de renouveler ce genre de rencontre l'année prochaine.
Nous tenons à remercier l'ami LAPORTE qui a mis au point cette réunion.

Jean JANIN