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         décembre 2002   61   

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                                            Lyon, Capitale des Gaules

                                                Voyage du 2 et 3 octobre 2002

Ville de Lyon

       "Le gone a pris la ficelle avec sa filoche . Il a acheté des q'nelles et du saucisson puis il emprunté la traboule du 27 de la rue du Bœuf pour aller faire un tour à la vogue".*

 

                                                                              (patois lyonnais)

   

  En ce début octobre et après 1h.55 de TGV 29 membres et amis de A.A.E.S.D. Paris se sont retrouvés à la gare de la Part-Dieu où d'autres anciens de SDEL venant d'autres horizons les attendaient...avec le soleil.

 

Notre 1ère découverte : Pérouges

 Située à environ 40 km à l'est de Lyon cette cité recèle de véritables joyaux architecturaux mêlant le Moyen-Age et la Renaissance (maisons à pans de bois et fenêtres en plein cintre et à meneaux). Bâtie au sommet d'une colline (290 m) elle surveillait le sud de la plaine des Dombes, le nord du Bas-Dauphiné et la vallée du Rhône à l'est de Lyon.

Jusqu'en 1601 -annexion française- les souverains du Dauphiné et de la Savoie se sont disputés ce verrou. Des fortifications il ne subsiste que la barbacane et le mur ouest de l'église forteresse- Sainte Marie-Madeleine- mur qui présente des meurtrières, des créneaux et des baies très hautes et étroites. Cette église nous accueille au début de notre visite et ensuite nous empruntons la rue des Rondes enserrant le cœur de la cité.

Nous marchons sur des cailloux roulés (également utilisés pour la construction des maisons) et toutes les rues présentent un pavage à double pente avec une rigole médiane pour l'écoulement des eaux et des immondices que l'on jetait par la fenêtre avant l'installation du tout à l'égout. Les toits des maisons débordant de la bâtisse protégeaient «le haut du pavé » réservé aux personnes de qualité, les gens du commun marchant au milieu de la chaussée.

Pérouges tirait sa richesse des tisserands traitant le chanvre cultivé dans les plaines des alentours. En 1910 les artisans ne peuvent soutenir la concurrence des usines et l'éloignement du chemin de fer. De 1500 habitants au 19ème siècle, la population se situe de nos jours à 64 âmes.

Notre promenade nous amène Place de la Halle où nous nous arrêtons à L'ostellerie pour déguster une tranche de galette pérougienne.

En revenant de Pérouges nous faisons un détour par Villeurbanne (nom romain : Villa urbana). C'était une importante exploitation agricole établie par les romains sur la colline de Cusset. Au 19ème siècle elle accueille des soyeux et au 20ème siècle son développement s'accélère. Vers 1930 sur l'initiative de son maire Lazare Goujon un centre ville est édifié : la Cité des "Gratte-Ciel". L'entrée du quartier est symbolisée par 2 hautes tours de 19 étages. Suivent 6 blocs d'habitations de 9 à 11 étages, soit 1500 logements et sur la rue , une infinité de commerces de proximité. La philosophie de cet ensemble : petits logements entourés de nombreux équipements collectifs, tel le TNP.

 

Dîner dans un bouchon lyonnais

 Nous retrouvons d'anciens SDEL, notamment Jacques Krebs, accompagné de son épouse, qui a activement participé à la mise au point de ce voyage, qu'il en soit ici remercié et nous allons rue des Marronniers (2ème arr.) chez Chabert et fils, restaurant lyonnais ou "bouchon" .

Au 17ème siècle les aubergistes décorent leurs enseignes avec une "bousche" de paille...Les postillons viennent se restaurer et bouchonnent leurs chevaux à l'aide de la paille. Autre origine qui remonte à l'Antiquité : les bouchons étaient de petits cabarets où l'on se restaurait dans une ambiance conviviale et pour pas cher, afin de les trouver facilement les tenanciers plaçaient au-dessus de leurs portes une branche de pin symbole de Bacchus.

Dîner avec entre autre: quenelles de brochet sauce Nantua, cervelle de canut (fromage blanc aux herbes) et pot lyonnais.

 

Un moment d'émerveillement : Lyon ville lumière

Vers 22 heures nous nous installons dans le car pour visiter «Lyon by night »

C'est Michel Noir, alors maire de Lyon, qui dés 1989 a pensé avec ses services municipaux à créer le "plan lumière" afin de mettre en valeur le patrimoine architectural de sa ville. 300 sites sont ainsi éclairés par 10.000 projecteurs :

Le blond nimbe les bâtiments, les statues.

Le bleu et le vert enchantent les arcs et les ponts.

Le rouge couronne certains édifices : l'Opéra...

De tous temps, Lyon a été une ville lumière, avec la fête du 8 décembre qui chaque année depuis 1852 illumine la ville en hommage à la Vierge; c'est aussi la ville des frères Lumière.

Murs peints :

Notre guide nous conduit devant un "mur peint"qui nous présente les personnages célèbres de Lyon : Ampère, Jacquard, Madame Récamier, les frères Lumière, Edouard Herriot , Saint Exupéry, Charles Mérieux, l'abbé Pierre, etc. ...Au cours de ce voyage nous en découvrirons plusieurs, dont certains traités en "trompe l'œil " et nous apprendrons qu'il en existe environ 130 dans toute l'agglomération.

La tête et les yeux pleins d'images et de lumières notre autocar nous ramène à notre hôtel Kyriad.

Le lendemain, après le petit déjeuner, nous repartons pour découvrir la ville en plein jour. Nous avons de la chance il fera beau toute la journée.

L'ami Jean-Marie Kessler étant retenu la veille nous rejoint pour cette journée.

 

La vie de la Cité

On ne peut évoquer le Vieux Lyon, sans en survoler l'histoire. C'est une ville de commerce, de mélange, de confluence.

"Porte du Midi", composée entre autre de la "colline qui prie" : Fourvière, et de la "colline qui travaille" Croix Rousse, Lugdunum : Colline des Corbeaux (alors qu'ils creusaient les fondations d'une cité qu'ils voulaient édifier au confluent du Rhône et de la Saône, deux princes celtes furent assaillis par une volée de corvidés ) devint "Capitale des gaules" de par la volonté de César, qui y établit son camp de base, complétée par son lieutenant Munatius Plancus qui y installât des colons romains: tels sont les fondements de l'actuelle agglomération lyonnaise. L'Empereur Claude y nait au 2ème siècle. Dés 43 av. JC, on construit, des aqueducs, le théâtre, l'odéon, les voies romaines, le forum (actuelle esplanade de la basilique de Fourvière).

A l'avènement de l'ère chrétienne, la ville gouvernée par sa Curie, a le monopole du vin dans toute la Gaule. Les "nautes" de son port sont de puissants armateurs, ses potiers de véritables industriels. C'est le carrefour d'affaires de tout l'Empire Romain ; cette activité attire les marchands, les soldats. Les missionnaires venus d'Asie Mineure y propagent le Nouvel Evangile et très tôt une communauté chrétienne voit le jour. C'est l'époque de Saint Pothin et de Sainte Blandine. En 197 Septime Sévère décide de livrer la ville aux flammes et massacre ainsi 18.000 chrétiens, dont Saint Irénée. A Lyon, on parle le grec.

Au Moyen-Age, les archevêques détiennent le pouvoir. On construit le Pont du Change sur la Saône, le Pont de la Guillotière sur le Rhône (œuvre des Frères Pontifes).

Au début du 14ème siècle Lyon dépend du pouvoir royal et élit 12 consuls issus de la riche bourgeoisie ; ils assurent la police et lèvent les impôts. Au 15ème siècle ,la création de foires et l'avènement de la banque assurent la richesse de la cité et attirent les commerçants de l'Europe entière.

A partir du 16ème siècle c'est la soie qui fera la renommée de Lyon, grâce à Etienne Turquet qui importe et implante des tisseurs génois. En 1804, Joseph-Marie Jacquard invente le métier qui utilise un système à cartes perforées qui réalise le travail de six ouvriers.

En 1875, le métier mécanique et les changements rapides de la mode ruinent les canuts. De nos jours seules subsistent quelques maisons de prestige.

 

Visite de l'Atelier de Soieries (Michel-Brochier)

Impression sur soie : au cadre ou à la lyonnaise, mise en couleur de l'étoffe de soie.

A / La panne de velours :

On tend une mousseline de soie sur laquelle on tisse en relief une guirlande de feuillages en velours à poils ras. On "rase" ce velours, on le peigne et on le "fixe" sur une table chauffante. Refroidi et mis en rouleaux, on le livre à l'atelier où une spécialiste peint la guirlande de différentes couleurs (avec des pigments synthétiques) qu'elle a préalablement composées.

B / Mousseline et satin de soie :

Au 17ème siècle, on utilisait des planches de bois gravées en relief. Depuis 1920 la soie blanche est tendue sur une table en zinc. L'imprimeur place la couleur dans un cadre posé sur la soie et dans lequel le motif à colorer est reporté sur une gaze dont seules certaines mailles laissent passer la couleur. Avec un " racle " il l'étend sur toute la surface : c'est la technique du pochoir. On procédera de la même manière suivant le nombre de couleurs à étendre.

 

L'hôtel de Ville 

En règle générale on ne peut visiter cet édifice. L'agence chargée de notre voyage a obtenu qu'exceptionnellement nous puissions nous y rendre. Unanimement nous avons été séduits par la richesse des salons, des tentures de soie, des lustres, des peintures, des sculptures...et l'érudition de notre guide.

Le 8 mars 1646 le Consulat de Lyon décide de construire un hôtel de ville et en confie la réalisation à Simon Maupin. En 1672 l'édifice est terminé. En 1674, un incendie anéantit une grande partie des bâtiments. C'est Jules Hardouin-Mansart qui en assurera la restauration terminée en 1703.

Hôtel de ville de Lyon

Le rectangle des bâtiments enserre une cour d'honneur sur deux niveaux séparés par un portique en hémicycle. Elle est dominée par le beffroi de Mansart qui se termine par une coupole arrondie au-dessous de laquelle deux figures assises du Rhône et de la Saône entourent le cadran de l'horloge astronomique. L `ensemble du bâtiment s'ouvre sur la place des Terreaux (comblement d'un ancien lit du Rhône) sur laquelle se trouve une fontaine monumentale en plomb de Bartholdi .

Le réaménagement de 1994, confié à Daniel Buren a agrémenté la place d'un dallage de granit, de 14 piliers et 69 jets d'eau qu'un éclairage nocturne bleu et blanc rend très vivant.

A proximité se situent la place de la Comédie et l'Opéra. La façade de l'Ancien Théâtre a été conservée et les huit muses du fronton se découpent sur l'immense verrière semi-cylindrique -œuvre de Jean Nouvel-. Cet ensemble, qui la nuit s'illumine de rouge, a été surnommé "le grille-pain" par les Lyonnais.

 

La Colline de Fourvière

Notre autocar nous conduit ensuite sur la Colline de Fourvière qui surplombe les quartiers anciens de plus de 100 m. Au cœur du plateau de l'Antique Lugdunum et au-dessus du musée gallo-romain entièrement enterré dans la colline, nous admirons :

1°) Le Grand Théâtre de 108 m. de diamètre, le plus ancien de France, la machinerie du rideau de scène abritée dans la fosse est l'une des mieux conservées au monde.

2°) L'Odéon, réservé à la musique et aux conférences, accueillait l'élite de la Société. Mêmes dispositions techniques que le théâtre mais les dimensions de l'ensemble sont réduites.

3°) La Basilique Notre-Dame. Lors de la guerre de 1870 l'archevêque de Lyon avait fait le vœu de construire une église si l'ennemi n'approchait pas de la ville. Réalisée par l'architecte Bossan cette "citadelle" surprend par ses proportions massives, sa blancheur et la richesse de l'abondante décoration : murailles crénelées pourvues de mâchicoulis et de tours octogonales, mosaïques dorées. Notre-Dame de Fourvière est le bien des Lyonnais car elle fut construite grâce à leurs dons ; c'est une association de laïcs qui gère la communauté. Il est à noter que les illuminations or et vert d'eau magnifient l'édifice.

Nous déjeunons au restaurant qui jouxte la basilique et, avec le beau temps, nous découvrons tout Lyon à nos pieds. Avant de descendre dans le vieux Lyon, qui avec Fourvière a été classé Patrimoine Mondial de L'Unesco en 1998, nous admirons de l'Esplanade la vue sur la presqu'île et la rive gauche du Rhône, dominée par la tour du Crédit Lyonnais, baptisée "le crayon".

 

 

 

Le Vieux Lyon

Il se compose de 3 quartiers, Saint-Jean au centre (celui que nous visiterons), Saint-Paul au nord et Saint-Georges au sud et s'étire sur environ 1 km entre la Saône et Fourvière. Centre de la cité, on y découvre un ensemble urbain de l'époque Renaissance (hôtel de Gadagne). Les "traboules" (du latin "trans ambulare " circuler à travers). Elles évitèrent de construire un véritable réseau de rues, trop onéreux ; elles permettaient également aux canuts de transporter les pièces de soie à l'abri de la pluie. Elles sont perpendiculaires à la Saône et relient les immeubles par des couloirs voûtés d'ogives ou des plafonds à la française, et des cours intérieures à galerie Renaissance.

Comme promis Paul Saulnier ancien SDEL et lyonnais nous rejoint pour finir la visite avec le groupe. Il a certainement redécouvert une partie de sa ville. Cette rencontre, bien que prévue, nous a fait un grand plaisir.

Nous visitons la Primatiale Saint-Jean (siège du Primat). Commencée au 12ème siècle Saint-Jean est un édifice gothique ; les vitraux du début du 13ème siècle garnissent les roses du transept et la grande rose de la façade.

Dans le croisillon gauche une horloge astronomique du 14ème siècle surprend par la richesse de sa décoration.

Nous remontons la rue Saint-Jean artère principale du vieux Lyon, nous y découvrons la Maison des Avocats et au n° 54 la plus longue traboule qui débouche rue du Bœuf. Nous «traboulons» pour trouver la Place du Gouvernement du 16ème siècle et ensuite la Place au Change fréquentée au 15ème et 16ème siècle par les changeurs de monnaie. Nous arpentons ensuite la rue du Bœuf bordée de beaux ensembles Renaissance, et au n° 16 la Maison du Crible reconvertie en complexe hôtelier de la Tour Rose.

A 18 h. il est temps de retrouver la gare de la Part-Dieu où le groupe se séparera. Les uns retrouveront leur voiture ou leur train régional, les autres attendront en flânant leur TGV de 20 h. pour Paris.

Cette escapade nous a permis de renouer avec des anciens SDEL perdus de vue, tout en découvrant une ville riche, très riche de son passé, vivante et dynamique.

Merci à la revue "Lyon découverte" qui m'a servi pour la rédaction de ce compte-rendu.

 

  

Jeanne ROGUEDA  

 

 * Traduction : Un garçon a pris le funiculaire avec son sac en filet. Il a acheté des quenelles (de brochet) et du saucisson puis il a emprunté le passage couvert du 27 de la rue du Bœuf pour aller faire un tour à la fête foraine.