|
|
Le Bulletin CONTACT Avril 2003 n° 62 |
|
|
|
LE MUSÉE DU LOUVRE |
|
(cliquer pour agrandir) |
Le lundi 24 février à 15 heures, nous nous retrouvons sous la pyramide du Louvre pour une visite du Louvre médiéval.
Nous nous rendons par un escalier montant à ce qui pourrait s'appeler la crypte de la cour carrée. Nous sommes ici à moins 6 mètres par rapport au niveau de la Seine (la pyramide est à moins 8 mètres) dans le fossé (10 mètres de large) qui entourait le donjon de Philippe-Auguste. Au 12ème siècle celui-ci fit construire, sur la rive droite de la Seine, une fortification ayant pour but d'assurer la défense de Paris. À un premier rempart, il adosse une enceinte carrée avec une tour à chaque angle ; au centre, un donjon haut de 32 mètres, de 15 mètres de diamètre et avec un mur épais de 4 mètres. Il est entouré d'un fossé plein d'eau et de poissons. Dans ce donjon Philippe-Auguste y enferma ses archives.
Au 14ème siècle Charles V entreprend de le faire rénover pour l'habiter : muraille bien au-delà de celle de Philippe-Auguste, percement de fenêtres dans la grande tour, construction de 2 corps de logis dont l'un est desservi par un escalier monumental appelé «grande vis», décoré de statues et portraits et dont plusieurs marches étaient faites avec des pierres tombales du cimetière des Innocents. Galeries, clochetons, cheminées apportaient embellissement et confort. Les miniatures des «Très riches heures» du duc de Berry nous en donnent une idée. Charles V entrepose au Louvre sa bibliothèque (la librairie) : 1000 manuscrits. Un pont permet d'avoir accès au jardin (fleurs et légumes).
|
La construction est si solide que, lors des modifications de François 1er, la surface sera arasée mais les fondations resteront. Grâce, en fait, à la construction de la pyramide et aux fouilles qui seront pratiquées avant, en 1984, les vestiges du moyen-âge seront dégagés : muraille de Philippe-Auguste puis celle de Charles V. Quelques marches de l'escalier à vis, pile du pont, le puits du Louvre (au centre de la grande Tour) où a été retrouvé un casque de parade brisé. Sur plusieurs mètres de hauteur, nous pouvons avoir une idée de cette construction du 12ème siècle. Dans une salle basse voûtée, Saint Louis a sans doute tenu conseil.
|
À la Renaissance François 1er confie à l'architecte Pierre Lescot et au sculpteur Jean Goujon les travaux de restauration. Ils rasent le donjon et comblent le fossé puis construisent un bâtiment à 3 étages à la place d'une aile de l'ancien château (aile Lescot). Henri II confirme Pierre Lescot dans sa tâche. Le «Grand Degré» ou escalier d'Henri II au plafond à caissons sculptés par Jean Goujon nous conduit à la salle des Cariatides en passant sous une petite tribune soutenue par 4 statues antiques. Cette tribune servait pour des musiciens ou des représentations théâtrales (Molière). À l'autre extrémité de la salle on peut voir un aigle impérial puisque l'aménagement a été terminé par Napoléon. Henri II meurt dans un tournoi et Catherine de Médicis, régente, vient avec Charles IX résider au Louvre. Elle trouve les fossés nauséabonds et fait construire les «Tuileries» à moins de 500 mètres du Louvre. À la fin du 16ème siècle Henri IV relie les 2 palais par une galerie longe de plus de 450 mètres et large d'au moins 10 mètres. Cette galerie longue la Seine d'où son nom : galerie du bord de l'eau. Louis XIII puis Louis XIV apporteront leurs modifications. Travail de le Vau dans la Cour Carrée, colonnade face à Saint Germain l'Auxerrois par Claude Perrault, le Brun et le Vau. Le Louvre avait plus que quadruplé.
La petite galerie (raccordement entre le Palais et la grande galerie) devient l'appartement d'été d'Anne d'Autriche. Celui-ci comprend le petit salon, l'antichambre, le vestibule qui donne sur un petit jardin : Marie-Anne Victoire d'Espagne (4 ans), un moment fiancée à Louis XIV y jouait d'où le nom ; jardin de l'Infante. Le plafond est peint par Romanelli.
Les appartements du Roi se trouvaient au dessus de la salle des Cariatides : salle des gardes, antichambre, chambre de parade et chambre à coucher. C'est dans l'antichambre que le roi faisait souvent dresser son couvert. Le plafond avait reçu en 1822 trois toiles remplacées en 1953 par des compositions de Braque.
Au dessus de l'appartement d'été d'Anne d'Autriche se trouve la galerie d'Apollon actuellement en réfection.
Dans le salon carré (en fait rectangulaire) les peintres exposaient. Diderot a commenté ces expositions dans les cours européennes, ce qui favorisait les commandes !
Enfin on ne peut quitter le Louvre sans aller voir «La Joconde» toujours aussi difficile à approcher. François 1er l'a acheté au décès de Léonard de Vinci. Le tableau a été volé au début du 20ème siècle par un maçon Italien (qui travaillait à l'extérieur) et retrouvé pendant la 1ère guerre mondiale. On pense que c'est le début de sa renommée !
Devenu Musée sous la Convention en 1793, le Louvre a subi de nombreuses modifications. Le Palais des Tuileries + le Louvre donnent l'Aile Richelieu terminée par Napoléon. Louis XVIII puis Napoléon III continuent les travaux. En 1871 les Tuileries ont brûlé et n'ont jamais été reconstruites. Monsieur Malraux rétablira le fossé au bas de la Colonnade pour mettre en valeur l'œuvre et Monsieur Pei nous a gratifié de la pyramide !
Josette Monnier