AU SOLEIL DE MARSEILLE visite des 17 ET 18 SEPTEMBRE 2003
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Origine du Projet
C'est au cours de notre sortie annuelle, culturelle et gastronomique à Entrecasteaux et au Thoronet en juin 2002, que notre président Roger Rulence, Louis Laporte et moi-même avons décidé de mettre sur pied un court séjour à Marseille en 2003, afin de faire connaître cette grande ville aux anciens Saunier Duval qui seraient intéressés. Étant marseillais d'adoption depuis 40 ans, j'ai donc accepté de mettre ce projet à exécution. Suite à un appel d'offres restreint, l'agence de Marseille de Michel Voyages était retenue. Après quelques entrevues et coups de téléphone avec Bernadette, la responsable de l'agence, qui se chargera du projet jusqu'à son exécution, les grandes lignes du programme et une estimation du coût étaient définies à la fin du mois d'août 2002. Début janvier 2003, les sites qui seront visités, le prix définitivement arrêté, il ne restait plus qu'à fixer une date. Après quelques atermoiements les 17 et 18 septembre étaient retenus.
Premier Jour
À présent rentrons dans le vif du sujet :
Marseille est une grande cité en concurrence avec Lyon pour la place de deuxième ville de France suivant les périodes. Actuellement 800.500 habitants. Vingt siècles d'histoire font de Marseille la première en date des grandes villes françaises. Par son indépendance, elle s'isola de la communauté régionale et nationale jusqu'au 19ème siècle. Aujourd'hui encore elle conserve une forte personnalité, mais cette ville qui vit avec son temps, se modernise sans cesse et développe quelques projets ambitieux comme Euroméditerrannée et l'arrivée du TGV qui va modifier complètement le quartier de la gare St Charles. Son origine remonte à 620 ou 600 avant Jésus Christ où quelques galères, montées par des Phocéens (Grecs d'Asie Mineure) abordent dans la crique du Lacydon où s'étend aujourd'hui le Vieux Port. La tradition poétique rapporte que leur chef Protis est choisi par Gyptis, la fille du Roi de la tribu Ligure qui occupe les lieux. Le mariage est célébré et la jeune femme apporte en dot la colline que couronne aujourd'hui Notre Dame de la Garde. Une petite ville s'élève, c'est Massalia, mère de Marseille. Celle-ci s'implante au début sur la rive nord du Lacydon, ce qui deviendra le quartier du Panier, que nous visiterons et qui est donc le plus vieux quartier de France. La vocation commerciale de la ville commence à cette époque. Elle se poursuivra tout au long des siècles jusqu'à aujourd'hui, avec des hauts et des bas et de graves évènements, comme la peste du 18ème siècle où 50.000 morts sont dénombrés et la période 1940-1944 avec les bombardements, la destruction du quartier du Vieux Port coté Mairie et l'évacuation de 40.000 habitants. Heureusement le 19ème siècle et la moitié du 20ème seront une période exceptionnelle pour l'économie de Marseille et sa région, en raison des colonies d'Afrique et d'Extrême-Orient qui amènent un très gros trafic portuaire avec de nombreux armateurs marseillais. Des industries comme les savonneries, les minoteries et la réparation navale s'implantent à Marseille et dans la région. Le choc sera terrible pour toute l'économie lorsque les colonies disparaîtront, évènement que nous avons beaucoup ressenti lors des premiers pas de Saunier Duval à Marseille au début des années soixante, avec le premier chantier à la Faculté des Sciences de Saint Jérôme et la création de l'agence. Il faudra une bonne trentaine d'années pour que Marseille s'en remette à peu près.
Après cette modeste évocation des origines de Marseille et de son évolution, qui mériterait beaucoup plus de développement, nous sommes à présent le 17/9/03 à la gare St Charles, où nous formons mon épouse et moi-même le comité d'accueil pour l'arrivée du TGV 6107 à 12H20 précises, qui amène une bonne dizaine de «Parisiens». Jusqu'à 13H30, heure du rendez-vous, arriveront les autres participants venant par leurs propres moyens. Nous serons 25 au total. Un an auparavant, je ne pensais pas atteindre ce chiffre.
Tour de Ville
Après avoir récupéré notre autocar et la guide de l'office du tourisme, nous partons pour la visite. Étant le symbole et le point culminant de Marseille, nous commençons par Notre Dame de la Garde. La basilique fût construite par Espérandieu au milieu du 19ème siècle dans le style romano-bysantin. À noter que Espérandieu était protestant. Elle s'élève sur un piton calcaire à 162 mètres d'altitude, à l'emplacement d'une chapelle du 13ème siècle dédiée également à Notre Dame. Son clocher de 60 m de haut est surmonté d'une énorme statue dorée de la Vierge, la Bonne Mère, comme l'on dit à Marseille. L'intérieur est revêtu de marbre de couleur et de mosaïque. De nombreux ex-voto recouvrent les murs. De son parvis on
découvre un magnifique panorama sur 360 degrés, où l'on voit toute la ville, la rade de Marseille, le Vieux Port et les bassins de la Joliette, ainsi que les massifs environnants, principalement Marseilleveyre, l'Étoile et son relais T. V.
De retour au niveau de la Mer, nous arrivons à la basilique St Victor, située légèrement au dessus du Vieux Port et du bassin de radoub. De là, bien qu'étant beaucoup plus bas que précédemment, la vue est très belle et l'on découvre les forts St Jean et St Nicolas qui marquent la passe du Vieux Port, ainsi que la cathédrale de la Major que nous verrons de plus près le 2ème jour. La basilique St Victor est le
dernier vestige de la célèbre abbaye appelée Clef du Port de Marseille fondée au début du 5ème siècle par St Cassien en l'honneur de St Victor, martyr du 3ème siècle. Extérieurement, c'est une véritable forteresse. Le porche, voûté de larges ogives, date de 1140 et compte parmi les plus anciens du midi. Nous faisons une rapide visite de l'intérieur qui présente 2 parties, la nef et le bas-côté, dont les voûtes sont de style gothique primitif.Le chœur et le transept sont du 14ème siècle, le maître autel de 1966.
Vers les Calanques
La mer étant très présente à Marseille, nous allons la longer du Vieux Port au Bout du Monde, par la corniche Président J. F. Kennedy, longue de plus de 5 kms. Elle passe devant le «Monument aux Morts d'Orient», franchit le Vallon des Auffes, charmant petit port de pêche. À hauteur de la statue de David, réplique du David de Michel Ange à Florence, nous découvrons les immenses plages du Prado, 21 hectares gagnés sur la mer. Les remblais utilisés proviennent des fouilles effectuées pour la station d'épuration sous le terrain de football du Stade Delors, voisin du célèbre Stade Vélodrome de l'O. M. Passé les plages, nous apercevons sur la gauche l'hippodrome Borely, remis à neuf dernièrement, puis c'est le petit port de plaisance de la Pointe Rouge ; commence ensuite la côte des Calanques qui nous mène au Cap Croisette en face de l'île Maïre et se termine à la Calanque de Callelongue avec son petit port de pêche au pied du massif de Marseilleveyre C'est le Bout du Monde puisque la route ne va pas plus loin. Les célèbres Calanques jusqu'à Cassis ne sont accessibles que par des petits chemins et surtout par la mer.
Retour vers le Centre Ville
Il se fera par le même chemin jusqu'à «David» puis les 2 avenues du Prado qui ont la particularité d'être à 90 degrés l'une par rapport à l'autre, au rond point du Prado. En raison des embouteillages que l'on rencontre dans toutes les grandes villes, nous mettons un «certain temps» pour parvenir au Palais Longchamp, pour un arrêt photo de la façade avec échafaudage car en pleine restauration. Cette imposante construction a été bâtie, elle aussi, par Espérandieu de 1862 à 1869. Au centre s'élève un château d'eau animé de jeux d'eau, édifié pour l'arrivée des eaux de la Durance à Marseille par différents canaux. Le bâtiment comprend également le musée des Beaux Arts et le muséum d'Histoire Naturelle. Le tout étant entouré d'un vaste parc.
La soirée
Après ce dernier arrêt, nous nous rendons à l'hôtel Mascotte, où nous passerons la nuit, et qui est situé tout en bas de la Canebière, à deux pas du Vieux Port. Nous y sommes très bien accueillis. Cet hôtel 3 Étoiles se révélera très confortable et calme, bien qu'étant en plein centre ville, grâce à une très bonne isolation. Après une courte pause nous repartons pour le dîner à la Table du Juge qui, comme son nom l'indique, est situé à coté du Palais de Justice. Nous y sommes très bien reçus dans une salle rustique et très conviviale, par table de 4 ou 6 ouverts. Très bon repas et service impeccable. Il est vrai que cet établissement avait été testé personnellement par Bernadette, notre organisatrice de Michel Voyages. Marc Rivas et Jean-Paul Déo, accompagnés de leurs épouses, nous ont rejoint pour le dîner. Pour terminer la journée en beauté, nous remontons à la Bonne Mère pour voir Marseille la nuit.
Deuxième jour, le Matin
Après une bonne nuit et un copieux petit déjeuner à l'hôtel, nous partons à pied, accompagnés d'une guide locale, pour la
visite du quartier du Vieux Panier. Celle-ci commence par le Jardin des Vestiges, où l'on peut voir ce qui reste des fortifications de la ville grecque, les quais du port antique du 1er siècle et une voie d'entrée de la ville datant du 4ème siècle, mis à jour derrière la bourse, car à l'époque phocéenne, la mer s'enfonçait plus profondément qu'aujourd'hui dans les terres. Par une suite de petites rues pavées et d'escaliers bordés de bâtiments très anciens, nous arrivons au clocher des Acoules, seul vestige d'une des plus anciennes églises de Marseille datant du 12ème siècle, puis c'est la place des Moulins où l'on se croirait à la campagne, pour arriver à la Vieille Charité, ancien hospice, remarquablement restauré, qui fut édifié de 1671 à 1749 sur les plans de Pierre
et Jean Puget. Au centre de la cour se dresse la chapelle au dôme ovoïde, œuvre baroque due à Pierre Puget.
Nous poursuivons pour terminer la visite de ce quartier et arrivons à la cathédrale de la Major, située au dessus de l'entrée du Vieux Port. Construite de 1852 à 1893, toujours par Espérandieu, dans le style romano-bysantin. C'est un colossal édifice de 140 m de long et de 70 m de haut à la coupole. Pour la petite histoire, les Marseillais l'appellent le Zèbre en raison des pierres blanches et grises appareillées en bandes horizontales. Pour finir la matinée, après quelques difficultés, nous arrivons à prendre la photo du groupe au belvédère St Laurent, au dessus du Vieux Port. Le déjeuner se passe chez Caruso, sur le quai du Port, pour un repas très convenable, mais moins recherché que le
dîner de la veille.
À 14 heures Bernadette qui à présent, sera notre accompagnatrice, vient nous chercher pour la mini croisière au château d'If, au départ du quai des Belges. Contrairement à Escartefigue qui dans Marius et Fanny naviguait avec son Ferry-Boat dans le sens de la largeur du Vieux Port, nous le prenons dans la longueur (à noter que le Ferry-Boat est toujours en service), ce qui nous permet de voir l'Hôtel de Ville de Pierre Puget, la Cathédrale de la Major et le Fort St Jean sur la droite et, sur la gauche, l
e Théâtre de la Criée, la basilique St Victor, le Palais du Pharo ainsi que le Fort St Nicolas. Après une courte traversée sur une mer calme, nous arrivons au Château d'If, après avoir croisé le Belem, le prestigieux «trois mats». Le Château d'If, construit de 1524 à 1528, en un temps très court, était avant tout un avant-poste protégeant la rade de Marseille. Il n'a jamais servi en tant que forteresse. Devenu inutile, il devient une prison d'état où furent enfermés les huguenots, le masque de fer, les opposants au coup d'état de 1851 du futur Napoléon III. Les plus célèbres des prisonniers y ayant séjournés restent quand même le Comte de Monte Christo et l'Abbé Faria, venus tout droit de l'imagination d'Alexandre Dumas. Après la visite des différentes cellules, nous pouvons admirer le joli panorama, sur la rade et la ville ainsi que les îles environnantes du Frioul. Après une courte traversée nous débarquons au Frioul pour un petit temps libre, le long du nouveau port. Il ne restait plus qu'à revenir à Marseille toujours par une mer d'huile et sous un soleil radieux. Avant d'accoster, nous avons la chance de pouvoir admirer le Belem de près, car il est amarré juste à coté du ponton où nous débarquons.
Les participants se retrouvent sur le quai pour une dernière photo de groupe. Tout le monde paraît enchanté de ce court séjour, mais aussi un peu triste de se quitter. Les «Parisiens» et quelques autres rejoindront la gare St Charles avec le car que nous avions la veille pour la visite de Marseille, d'autres récupèreront leur véhicule personnel et les Marseillais réintégreront leur domicile.
Pour Conclure
On peut ajouter que nous avons bénéficié d'un temps splendide, que «le soleil de Marseille» a été abondant, que l'organisation a très bien fonctionné, sans oublier les deux guides qui étaient compétentes et que l'ambiance du groupe était très bonne entre tous les participants, ancien Saunier Duval et «invités».
À présent je remercie très vivement notre président Roger Rulence et Claude Rogueda pour leur précieuse collaboration dans la partie administrative. Également tous mes remerciements à Louis Laporte pour son aide lors du lancement du projet ainsi que pour son rôle de correspondant avec la direction de notre association.
J'ai sans doute été un peu long, mais étant un banlieusard, Parisien déplacé à Marseille et qui s'y est très bien adapté, je tenais beaucoup vous faire apprécier, en complément à ce court séjour, cette grande ville à sa vraie valeur et faire reculer le plus possible les fausses idées reçues que l'on peut voir, entendre et lire à travers certains médias. Si j'y suis parvenu un tant soit peu, j'en serais très heureux.
À bientôt, j'espère pour une autre escapade.
Robert DARTHUY