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      Décembre 2003   64

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Journée à Saint-Denis  du Jeudi 6 Novembre 2003                 (clic sur images pour agrandir retour par navigateur)

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Le groupe se retrouve le matin, avec grand plaisir comme toujours, et sous le soleil, devant la basilique où nous faisons connaissance de la jeune femme qui sera notre guide pour la journée et qui nous fera découvrir la Basilique le matin puis le musée Christofle après le déjeuner.

 

Risquant de me laisser emporter par mon enthousiasme (je suis une passionnée d'histoire de l'art) ce compte-rendu sera peut-être un peu trop long. Et tant pis pour ceux qui ont insisté pour que je rédige ce rapport ! Néanmoins, ménageant les autres, j'ai opté pour écrire en retrait et en plus petit les détails que les moins passionnés que moi pourront sauter.

 

La Basilique ou Cathédrale de Saint-Denis

 

Porte ce nom, ainsi que la ville en hommage à Saint-Denis, premier évangéliste et évêque de Paris qui, décapité à Montmartre en 250 (seule l'année est historique mais la légende est belle) marcha, sa tête sous le bras, jusqu'à ce lieu qui porte aujourd'hui son nom, où il mourut et où Sainte-Geneviève lui donna plus tard une sépulture (IVe siècle).

 

Plusieurs églises successives furent construites à l'endroit supposé de la tombe du saint, jusqu'à ce que l'abbé Suger, véritable « ministre de Louis VI puis Louis VII mais aussi architecte, conçut en totalité et réalisa en partie la reconstruction de l'ancienne abbatiale carolingienne, donnant naissance à un style nouveau que nous appelons aujourd'hui l'art gothique. Le gothique est né à Saint-Denis à partir de 1122. basilique_haut.jpg

 

Notre guide nous explique ce premier style gothique, pas encore celui des grandes cathédrales qui lui succèderont. Elle attire notre attention sur la façade de la basilique, sur sa forme encore un peu lourde, presque carrée, sur ses trois parties verticales séparées par des contreforts marqués encore hérités du Roman, ses trois portails correspondant aux trois nefs intérieures, ses trois niveaux d'élévation. Suger avait basé la cathédrale sur le chiffre de la Sainte Trinité.

Importante aussi la petite rose : petite oui, mais c'est la première. Par la suite les roses de façades, souvent plus grandes, seront placées plus bas.

 

Mais un architecte du 19e siècle, Debret, se lançant dans une vaste restauration crut bon d'ajouter un 4e niveau, rompant la symbolique et la symétrie de la façade. Ce sont les petites arcades en partie haute de la façade dans lesquelles viennent se loger 8 rois de France arbitrairement choisis. De l'imagination de Monsieur Debret sont également sortis les créneaux pour rappeler que l'abbaye avait été fortifiée. Il n'avait rien compris à l'idée de Suger. Ses restaurations et modifications intérieures furent si désastreuses qu'il dut démissionner. Viollet-le-Duc lui succéda et remis un peu d'ordre.

 

La tour qui manque aujourd'hui n'était pas identique à celle que nous pouvons voir. Plus haute, plus travaillée, plus ajourée et plus fragile elle a été détruite par la foudre.

Les portails ne sont qu'une reconstitution du 19e siècle.

 

Impossible de tout relater sinon ce rapport prendrait des allures de roman fleuve. Mais grâce à notre guide nous avons bénéficié d'une foule d'informations claires, précises, vivantes, bien documentées et non parfois dénuées d'une touche d'humour.

 

De 1122 à 1144 Suger avait eu le temps de réaliser la façade occidentale, avec son narthex puis le chœur. Ce n'est que 87 ans plus tard, en 1231, soit 80 ans après la mort de Suger que commencèrent les travaux de la nef. Ils dureront jusqu'en 1281. On avait la volonté de suivre les plans de Suger mais le style et les techniques avaient évolué. Entre temps Chartres (1194 - 1225) et Notre-Dame de Paris commencée en 1163 étaient sorties de terre.

 

Passons à l'intérieur.

 

Nous sommes frappés par les proportions, la noblesse et l'homogénéité de l'édifice (29 m sous voûte). Les différences des styles n'apparaissent pas au premier regard. Pourtant, à y regarder de plus près, le chœur est plus étroit que la nef et une travée non alignée fait discrètement le raccord entre les deux parties.

Nous tenant dans le narthex, notre guide nous fait remarquer les proportions inédites pour l'époque ainsi que les croisées d'ogives (ou nervures) encore hésitantes. On note plusieurs types de boudins (terme consacré), on cherche encore la meilleure solution.

 

Les hésitations sont terminées lors de la construction de la nef. Le principe est trouvé : trois petites nervures creusées en U ou en V. Les piliers ont remplacé les colonnes. Les plans de Suger ont été suivis mais le style en a été un peu allégé. Suger ne cherchait pas la beauté mais la pureté. Il voulait se rapprocher de Dieu. Le regard s'élève le long des longues lignes verticales. Rien ne l'arrête (plus de chapiteaux) A l'élévation du regard correspond l'élévation de l'âme. Suger fait pénétrer la lumière dans l'édifice. Autre idée essentielle de Suger : Dieu se matérialise par la lumière. Laissons entrer Dieu en diminuant les surfaces de murs et augmentant les baies vitrées ; les techniques le permettent. Le Gothique sera de plus en plus un squelette habillé. Ce sont les arcs-boutants qui tiennent l'édifice, les murs ne servent plus qu'à clore l'espace.

 

Nous nous dirigeons vers la crypte, c'est-à-dire à l'endroit même où Sainte-Geneviève aurait érigé le tombeau de Saint-Denis et de ses deux compagnons Saint-Rustique et Saint-Eleuthère.

 

Dans cette crypte, on trouve, outre quelques tombes d'époques anciennes diverses, les vestiges des basiliques primitives :

 

. la basilique mérovingienne à partir du IVe siècle. Notre bon roi Dagobert (dernier grand roi mérovingien), qui s'était beaucoup intéressé à Saint-Denis - Il aurait vu en rêve Saint-Denis qui le lui demandait - avait souhaité y être enterré. Ce sera la première tombe royale, au VIIe siècle.

. l'église carolingienne, consacrée en 775 par l'abbé Fulrad en présence de Charlemagne.

. la chapelle de Hilduin (une extension de l'église carolingienne consacrée en 832 à la Vierge) située exactement sous le chœur de Suger est intéressante, outre son architecture, par les tombes qu'elle renferme : 6 tombes dont 1 vide. On l'appelle aussi : caveau des Bourbons. Y reposent notamment : Louis XVI et Marie-Antoinette (récupérés par Louis XVIII de la fosse commune où les avait jetés la Révolution) et Louis XVIII lui-même.

 

Pour la petite histoire à nouveau (mais n'est-ce pas elle qui fait le charme de la grande ?) rien n'assure que les corps du roi décapité et de son épouse soient les bons. Mais seul le symbole compte, n'est-ce pas ?

Et jusqu'à aujourd'hui, chaque 21 janvier, se déroule une messe à l'ancienne et toute l'année, des anonymes déposent des fleurs sur ces tombes.

 

. Au XIIe siècle, pour asseoir le chevet, Suger a construit, autour de la chapelle de Hilduin une immense crypte sous le déambulatoire, de même forme que lui, avec de formidables piles, rondes, massives, trapues, impressionnantes, qui soutiennent l'édifice.

 

Nous remontons vers le chœur et le déambulatoire, autre innovation de Suger, avec ses lumineuses chapelles rayonnantes non fermées. Nous admirons les vitraux. vitrail.jpgIls sont de l'époque de Suger. Il est impressionnant de penser qu'au moment du début des travaux de Saint-Denis (1122) l'art du vitrail n'a pas plus de 50 ans ! Les couleurs sont fortes et admirables.

Ce sont ces mêmes maîtres verriers de Saint-Denis qui participeront ensuite à la construction de Chartres et, appliquant les mêmes techniques, feront la réputation de ses vitraux avec leur fameux bleu.

 

Ne pouvant tout décrire, bornons nous à deux détails des plus intéressants concernant les vitraux :

         - l'arbre de Jessé est ici représenté pour la première fois en vitrail. Précédemment, il n'existait qu'en enluminure.

         - Au bas du vitrail de l'Annonciation, un petit moine est couché aux pieds de la Vierge, dans un geste d'offrande : c'est Suger lui-même qui s'est représenté. En modeste robe de bure, portant des phylactères il dédicace son œuvre à la Sainte Vierge. Il s'est représenté avec les pieds à l'extérieur de la scène pour rappeler qu'il n'est qu'un être terrestre et donc ne peut se comparer à Marie et l'ange.

  

Dernière étape de notre visite de Saint-Denis : les tombeaux.

 

Depuis Dagobert, tous les rois de France sont enterrés à Saint-Denis sauf trois :

Philippe 1er (mort en 1108), Louis VII (mort en 1182) et Louis XI (mort en 1483)

Ce furent d'abord les rois, puis les reines, puis les enfants et enfin quelques rares dignitaires (Du Guesclin par exemple).

 

Les tombeaux sont d'abord des gisants, qui apparaissent vers le Xe siècle et deviennent courants vers le XIIe.

On voit très nettement les différences de style selon les époques. Les plus anciens sont raides, maladroits, tous semblables, les drapés restent à l'horizontale et ne retombent pas. Les visages sont beaux mais inexpressifs et peu naturels. La beauté de l'âme se porte sur le visage. Ce sont des représentations politiques.

Vers la Renaissance la sculpture a évolué et les représentations sont de vrais portraits. Dans le même temps les tombeaux se diversifient. Du gisant on passe pour un couple royal au tombeau monumental : François Ier et Claude de France ou Henri II et Catherine de Médicis. tombeau.jpg

 

Arrêtons-nous un instant, cela en vaut la peine, sur l'un de ces magnifiques tombeaux, celui de Louis XII et Anne de Bretagne (élevé par François 1er à son prédécesseur).

Que voyons-nous ? Un monument de marbre, à plusieurs niveaux où se mêlent symbolisme, philosophie, religion, portraits des souverains et histoire du règne.

. En partie basse, sur le socle des bas reliefs à l'antique rappellent les glorieux moments du règne.

. Au dessus du soubassement s'élève un dais à arcades traité comme un temple antique.

. Sur son pourtour sont assis les 12 apôtres ou sages de l'antiquité.

. Sous le dais, derrière les arcades, les transis du roi et de la reine.

Qu'est-ce qu'un transi ? La sculpture d'un corps, un cadavre plutôt, nu et décharné, souvent horrible. Il rappelle que les souverains ne sont que des êtres mortels et aux vivants ce qu'un jour ils seront.

. En partie haute, au dessus du dais des sculptures du roi et de la reine, de vrais portraits cette fois, en position d'orants.

. Aux quatre angles des figures monumentales des vertus rappelant qu'un roi est toujours vertueux.

Ainsi ce tombeau nous parle d'un roi et de son épouse, oui, mais surtout de vie et de mort, de sagesse antique, de vertu et de religion. Sans notre guide, qui de nous l'aurait compris ?

 

 

Ainsi s'achève notre visite de la Basilique Saint-Denis, mais nous resterons tous sur notre faim et, pour la majorité d'entre nous, retournerons pendant l'heure libre qui suit le déjeuner admirer à loisir ces tombeaux et contempler la merveilleuse architecture de Suger.

 

Pour l'instant, direction le restaurant, moment privilégié (et attendu) de retrouvailles et de bavardage.

 

A 15 H notre guide nous attend pour nous faire visiter le musée Christofle. C'est de l'autre côté de la ville, soit une promenade d'environ 15 minutes et nous flânons jusque là, par petits groupes, sous un agréable soleil.

 

 

Le musée Christofle

 

Rue Charles Christofle (1805 - 1863), annonce le panneau au coin de la rue, plutôt une allée. Aspect d'usine. Ce n'est d'ailleurs pas qu'une impression ; ici se trouve la manufacture. Nous sommes donc tout de suite dans le bain. J'ose espérer que je n'ai pas été la seule à découvrir (avec ravissement, je dois le dire) que Christofle, c'est bien autre chose que les seuls couverts et objets de luxe que l'on trouve sur les listes de mariage.

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Le musée n'est ouvert au public que depuis deux ans, n'étant auparavant qu'un musée d'entreprise, avec une collection rassemblée au coup par coup, selon les occasions.

 

Installée à Paris, dans le quartier République Christofle jusqu'en 1963, la manufacture Christofle sera amenée à quitter la capitale où les industries polluantes ne sont plus souhaitées (raffinement du nickel) et où il faut désormais payer une taxe. Le site de Saint-Denis est choisi pour sa situation entre canal et chemin de fer industriel facilitant l'acheminement et l'expédition des marchandises.

 

Verrerie à l'origine, la manufacture s'oriente sous Louis-Philippe vers l'orfèvrerie et adopte une devise qu'elle respectera toujours, même dans les périodes de crise :

 

«  Une seule qualité, la meilleure ».

 

Dès notre entrée dans le musée nous sommes frappés par la beauté et la diversité des pièces exposées. Notre guide nous expliquera l'histoire et l'évolution de la collection, ainsi que quelques procédés techniques.

 

XIXe siècle 

 

Ce sont les Orléans qui mettent à la mode les déjeuners en famille, tout le monde réuni autour de vastes tables. Christofle fournit tout le matériel, utilitaire et décoratif.

 

A la même époque, les transports permettent le développement des voyages et, à la fin du siècle, les expositions universelles attirent une clientèle internationale et aussi font connaître aux Français des objets et styles nouveaux. Ceci entraîne une diversification du goût. Par exemple le samovar venant de Russie ou le coquetier venant d'Angleterre entrent dans les grandes familles françaises. Il y a donc une production classique standard, une production liée à la mode et également des commandes pour des occasions exceptionnelles.

 

Le XIXe siècle n'hésite pas à mélanger les styles ; les résultats sont parfois curieux.

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Ainsi en est-il de la« Torchère Courges » (du nom du commanditaire), ce vase énorme qui trône dans la première salle (2 m de haut environ) en émaux cloisonnés multicolores (bronze et patine), surmonté de la partie torchère proprement dite, en bronze travaillé en forme de guirlandes de sarments de vigne, feuilles et grappes de raisin. Extravagant mais impressionnant !

 

Notre guide nous explique le procédé de la galvanoplastie (précédemment était utilisée la résine) qui, donnant moins de travail et utilisant une plus fine couche de métal, modère les coûts de production. Le moule souple facilite le démoulage et l'exécution du détail limitant ainsi les pertes. En outre les moules peuvent être conservés.

 

Les sculptures du toit de l'opéra de paris, récemment restaurées, ont été redorées chez Christofle. Il en est de même de N.D. de la Garde à Marseille.

 

Après les Orléans, Napoléon III s'équipe également chez Christofle, pour lui-même et pour ses ministères. Son aigle avec sa tête de profil et ses ailes déployées est aisément reconnaissable.

 

Surtout de l'hôtel de Ville (1862) : La salle à manger est une pièce nouvelle. Les tables ont besoin d'objets fonctionnels ou décoratifs. L'hôtel de Ville recevait jusqu'à 500 personnes pour dîner à une même table !!! Les objets que nous voyons sont moulés argent, ils réfléchissaient la lumière des bougies. C'est un ensemble exceptionnel.

 

Qui donc réalisait de telles pièces ?

 

Un personnel hautement qualifié dont la formation durait des années (10 ans en moyenne).

La moitié était des femmes, appréciées pour leurs doigts fins et leur habileté mais payées à 50% des hommes. La fabrication était collective et un objet comportant une erreur, même minime, n'était pas vendu. Ceci est d'ailleurs toujours vrai.

 

Le travail était long et d'une rigoureuse précision. Les objets passaient d'atelier en atelier et chaque spécialité représente un métier différent. Tous demandent rigueur et minutie, mais le travail est pénible. Par exemple, le marteleur ne se guide qu'à l'oreille. Le métal frappe le métal ; des milliers de coups dans un bruit assourdissant tout au long des journées de 13 heures.

 

Il est intéressant de noter que les techniques de l'artisanat d'art d'aujourd'hui n'ont que peu évolué.

 

Nous passons de salle en salle, admirant les objets et suivant l'évolution des styles. Ainsi dans la dernière partie du siècle, les artistes se lassent de copier (ceci est vrai pour tous les arts plastiques) et cherchent des formes inédites. Ce sera l'Art Nouveau. Les motifs se rapprochent de la nature, mais une nature revisitée. Certains objets créés à cette époque se fabriquent toujours (cafetière Courges).

 

Le lit «scandaleux » : c'était une commande du Nawab de Bahawalpur (golfe persique), Sadiq Muhammad Khan Abassi IV (notre guide renonce à le citer nommément) en 1883 qui souhaitait un lit de repos pour la sieste. Une quinzaine d'intermédiaires fut nécessaire pour que le nom du commanditaire n'apparaisse pas et jusqu'à ce jour (le lit est toujours propriété de la famille) il n'en existe aucune photo. Juste une aquarelle.

A chaque angle se tient une femme nue grandeur nature (à comparer, pour ceux qui veulent s'amuser, avec les 4 vertus aux angles des tombeaux renaissance !!!) : une Espagnole, une Grecque, une Italienne et ... une Parisienne ! Les cheveux sont véritables, fournis par le coiffeur Alexandre.

Dans le sommier un mécanisme pouvait faire entendre quatre chansons gaies et quatre chansons tristes.

Le lit proprement dit est en palissandre recouvert de pièces d'orfèvrerie.

 

 

XXe siècle

 

Avec l'engouement pour les voyages se développent les hôtels de luxe. Ceux-ci ont besoin de vaisselle et objets divers décoratifs ou utilitaires (notamment des lampes). Ils se fournissent chez Christofle.

 

La crise : le choc de la 1ere guerre mondiale et ses conséquences.

Christofle est réquisitionné pour l'effort de guerre.

Dans les années d'après-guerre, de nombreux ouvriers ne sont pas revenus (n'oublions pas qu'une formation durait environ 10 ans) et les approvisionnements restent difficiles.

En outre depuis 1917 et la révolution russe, Christofle est privé des commandes des grandes familles russes. Il en est de même en 1918 avec la chute de l'Empire austro-hongrois.

Christofle, comme la France entière, mettra quelques années à se relever.

 

Pendant la période dite de l'entre deux guerres les goûts changent en profondeur. Ce sera la naissance du style art déco à partir de 1925.

Les formes deviennent de plus en plus épurées et le décor tend à se faire de plus en plus discret, jusqu'à disparaître. Le décor se confond avec la forme.

On remarque également l'intérêt croissant (depuis Picasso et le cubisme) pour les arts africains (décor de flèches par exemple).

 

Christofle met au point un nouveau système grâce à la chimie et à l'électrolyse. On utilise différents métaux et on crée différentes couleurs par oxydation contrôlée. On sait également incruster des métaux les uns dans les autres, protégeant une partie d'un objet pendant qu'on traite une autre. Les résultats sont spectaculaires et les objets sont plus résistants qu'une argenture au mercure.

Exemples : vase incrusté à chevrons, plateau rond décor poisson, bonbonnière diverses.

 

Vers 192O/30 de nouveaux commanditaires se présentent. Comme les grands hôtels lors de la naissance du tourisme, les classes aisées ont maintenant envie de croisières ou de longs voyages en trains de luxe. Les hôtels et paquebots, mais aussi les hôtels et les casinos vont s'équiper. Les formes sont simples. Tout dans la ligne.

Une nouveauté : en médaillon figure le chiffre de la maison.

Nous admirons quelques magnifiques collections d'objets de paquebots célèbres.

 

Après la seconde guerre mondiale, Christofle bénéficiera des mesures d'Etat pour renflouer les entreprises. La production continue son évolution vers l'épuration maximum des lignes, les formes devenant pratiquement géométriques, mais les objets classiques sont toujours fabriqués.

 

Nous admirons des vitrines récentes (il y en a peu). La dernière tendance est la conception d'un ensemble de table par un même artiste grâce à l'association de différents professionnels des objets de luxe, par exemple Christofle et la porcelaine de Limoges afin d'obtenir des objets de plus en plus recherchés et des services entiers dont rien ne vient rompre l'homogénéité.

 

Dans la dernière salle se trouve toute la collection des couverts où, outre les classiques nous remarquons quelques objets moins usuels voire cocasses tels pince à asperges, sa main à asperges, les ciseaux à raisin, les pinces à côtelettes et autres pelles à fraises.

Une bien belle visite et, si je peux me permettre de donner mon opinion personnelle, beaucoup plus intéressante que ce que j'en attendais.

 

 

Et notre belle journée à Saint-Denis se termine par la traditionnelle photo de famille.

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Éliane ÉTINZON