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      Avril 2005   68

  

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Mardi 8 Février 2005 – après-midi

Visite de la Mosquée de Paris

et incursion au jardin des Plantes

  

Ayant déjà visité l’exposition « Pharaon » je rejoins le groupe au restaurant de la Mosquée pour un déjeuner à la marocaine.

Un peu maigrichon le couscous ! Qu’en avez-vous pensé ? Pas mauvais certes, mais un peu pauvre. Un couscous SE DOIT d’être pantagruélique, non ? (Pantagruel appréciait-il ce genre de mets ? J’en doute. Mais s’il avait eu l’opportunité d’y goûter il l’aurait sans aucun doute voulu … garguantuesque ! Passons!) Tel ne fut pas le nôtre, contraints que nous fûmes d’être raisonnables : une seule viande, un seul morceau par personne, pas d’harissa sur la table, de l’eau à boire et une seule pâtisserie pour finir.

Mais, la bonne humeur aidant, le repas fut néanmoins très agréable et convivial.

 

 

Après une courte promenade digestive au Jardin des Plantes, très agréable, le soleil étant - comme toujours - de la partie («pourrrvou qué ça dourrre » comme disait cette chère Laetitia) nous nous dirigeons vers la Mosquée. Les femmes qui mendient assises par terre devant la porte nous mettent déjà dans l’ambiance. A 14 H 30 précises nous retrouvons notre guide. Et maintenant un peu de sérieux, la visite commence !

 

En 1920 Paris ne comportait aucun lieu de culte musulman.  Pour remercier et honorer les Musulmans morts pour la France pendant la 1e guerre, l’Etat décida de leur faire cadeau d’un vaste terrain, appartenant à l’hôpital de la Pitié.

Tout de suite se pose un problème juridique en raison de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Mais on trouve le moyen de la contourner en faisant appel à cette bonne vieille loi de 1901 sur les associations et pour plus de sûreté en déposant les statuts à Alger.

 

Les travaux vont pouvoir commencer, ils seront financés par les pays arabes. Et c’est ainsi que la Mosquée de Paris est inaugurée en 1926.

 

La mosquée est de style hispano-mauresque, et son plan est inspiré, comme toutes les mosquées de celui de la maison de Mohammed à Médine.

  

Le patio

Son décor est, comme il se doit, abstrait, l’Islam voulant éviter l’idolâtrie ; ceci, conformément à une révélation de l’archange Gabriel. Nous admirons les décors de rinceaux, enroulements, arabesques et autres formes géométriques, ainsi que les mosaïques aux couleurs et formes symboliques.

La merveilleuse calligraphie des formules de bienvenue du patio ou des noms des personnages importants de l’Islam est en elle même une décoration.

 

 

 

 

Au centre du patio la fontaine aux ablutions avec sa vasque carrée, forme parfaite qui rappelle la Kaaba de La Mecque. Mais aujourd’hui, en raison de la rigueur du climat les ablutions se font dans une salle intérieure.

 

 

 

    

 

La Salle de prière

Nous nous attendions à devoir enlever nos chaussures : mais non, les visiteurs ne sont pas admis à l’intérieur et c’est de l’extérieur que nous admirons par la porte ouverte le plafond en cèdre du Liban merveilleusement travaillé (le roi des arbres dans la Bible), les tapis, le lustre en cuivre (300 kg), les colonnes de marbres, le Mihrab (niche dans le mur) orienté vers La Mecque et le Minbar (la chaire de nos églises).

 

Mme Fleuriot, notre guide, en profite pour nous donner quelques informations intéressantes sur l’Islam. Je vous les jette en vrac :

-          Une prière dans une mosquée vaut 25 fois une prière dite n’importe où ailleurs.

-          Chacune des 5 prières quotidiennes s’effectue selon un rituel très codé et chaque geste est porteur d’un symbole précis.

-          Les prières et les gestes mécaniques ne suffisent pas. On tient compte de la réflexion et de l’intention.

-          Une mosquée a aussi toujours un rôle culturel et une fonction d’enseignement. 

-          Les 5 piliers de l’Islam

 

La Bibliothèque

 

Encore un magnifique plafond en cèdre, bois non seulement beau mais solide, odorant et surtout imputrescible (Le temple de Salomon ainsi que les

tombeaux des hommes illustres de l’antiquité étaient, tout ou partie, construits avec ce matériau). Encore un magnifique lustre en cuivre. Les armoires vitrées tout au tour de l’espace central contiennent environ 2000 livres dont quelques exemplaires précieux. Elle est décorée de panneaux portant les noms d’Allah, de Mohammed et un médaillon au nom d’Ali. Un portrait d’Abdel Khader, ex ennemi devenu ami fait le lien entre l’Orient et l’Occident.

 

 

 

 

 

 

Les jardins

Ils sont essentiels dans une mosquée car ils évoquent le Paradis.

Nous faisons face au Minaret de 30 m de haut. Même si celui-ci n’est pas utilisé (pensez donc, à Paris !) il est essentiel. Il rappelle en effet que Mohammed appelait les fidèles à la prière à partir du toit de sa maison.

En face de nous également, sur le toit :

 - l’étoile à 5 branches qui rappelle les 5 piliers de l’Islam

- le croissant qui rappelle le calendrier lunaire utilisé pour les fêtes religieuses.

Notre guide en profite pour nous rappeler que l’année 622, début de l’Hégire, est celle du départ de Mohammed de La Mecque pour aller se réfugier à Médine.

 

Et nous passons à :

 

La salle de Conférences

Vaste salle vide, décorée de tentures murales, et de beaux lustres, elle est utilisée le vendredi comme salle de prière pour les femmes, lorsqu’il y a affluence.

 

 

Le Jardin des Plantes

Comme il nous reste un peu de temps, Mme Fleuriot nous emmène au Jardin des Plantes afin d’attirer notre attention sur quelques aspects peu connus.

 

 

Quelques informations sur la maison de l’Intendance, acquise et habitée par Buffon, intendant du Jardin du Roi (futur muséum d’histoire naturelle); belle architecture du XVIIIe siècle, habitée ensuite par Lamarck.

Nous passons devant, la grande galerie de l’évolution, puis les grandes serres (plantes mexicaines d’un côté, plantes australiennes de l’autre) remarquables par la nouveauté de leur architecture métallique, dix ans avant les pavillons Baltard.

 

 

Ci-contre, la statue de Buffon.

 

 

 

Et nous arrivons au clou de cette partie de la visite :

 

Le cabinet de curiosités du XVIIIe siècle

 

Il correspond, comme le jardin des plantes lui-même, à un engouement du Siècle des Lumières pour tout ce qui touche aux sciences.

 

Dissimulé à l’intérieur d’une médiathèque parfaitement contemporaine, il est impossible de deviner qu’il se cache là. Et pourtant il vaut le détour.

Nous nous glissons silencieusement pour admirer ce superbe Cabinet de curiosités.

 

Propriété de Monsieur Bonnier de la Mosson, il a été acquis en 1744 par Buffon dans une vente aux enchères et est aujourd’hui classé monument historique. Il occupe son emplacement actuel depuis 1979 (après avoir été restauré).

 

Cinq double armoires vitrées, en boiseries de Hollande ornées de serpents exposent, soigneusement classés du sol au plafond, une incroyable collection d’animaux desséchés, trophées, oiseaux, papillons, insectes divers, serpents, tortues, coquillages, étoiles de mer, coraux etc …

 

Fin de la journée.

Nous nous séparons … sous les cèdres du Liban (dont le premier cèdre implanté en France par Jussieu en 1840) en pensant aux magnifiques boiseries de la Mosquée.

La boucle est bouclée.

 

 

 

 A la prochaine !

 Dans le pays mystique d'Egypte de Ketelbey

                                                                                     Eliane Etinzon