Le mot de Louis Laporte
La Nostalgie étant .......
Nous avions décidé, d'un commun accord, de retourner sur les lieux de notre première sortie effectuée à Collobrières en juin 2000.
Nous avons pris autant de plaisir à retrouver ce charmant petit village et son accueillant restaurant et d'autant plus qu'il se situe à proximité de la chapelle «Notre Dame des Anges» et du «Village des Tortues».
Tous nos remerciements à Madame et Monsieur Jean Janin et à Madame et Monsieur Robert Darthuy pour l'organisation de cette journée.
Notre ami Jean Janin est resté fidèle à ses habitudes et nous a gratifiés d'une excellente narration de l'histoire de cette belle région Provençale.
Merci Jean.
Dans l'attente de notre prochaine sortie au printemps 2005, souhaitons se retrouver avec plaisir à notre prochaine réunion annuelle à Paris en janvier.

LA REUNION DU 5 JUIN 2004
Sur un chemin montant, sablonneux, malaisé, six forts chevaux tiraient un coche. Non, ça c'est La Fontaine.
Sur un chemin montant, sinueux, malaisé, six véhicules montaient un col. Ça, ce sont les anciens S. D. se rendant ce 5 juin au rendez-vous à Notre Dame des Anges à 780 m d'altitude, point culminant du massif des Maures.
C'est le mot provençal «Mauro» qui signifie «bois sombre» qui a donné son nom au massif. Ce nom ne fait donc pas référence aux pirates Maures venus d'Espagne qui ont ravagé la côte au VIIIème siècle et se sont installés à La Garde Freinet et aux environs, d'où ils furent chassés en 973 par le comte Guillaume Le Libérateur. Ces corsaires revinrent fréquemment jusqu'au XVIIIème siècle ravager les côtes, y semant la terreur. Pour se protéger de ces prédateurs, que l'on appelait les Sarrasins, les villages s'éloignèrent du rivage et se bâtirent à l'intérieur du massif, c'est pourquoi la région resta longtemps à l'écart du développement économique. Les paysans y menaient une vie de simplicité, de pauvreté, où les châtaignes permirent la survie des familles. Cette culture se poursuit aujourd'hui, notamment à Collobrières qui s'est fait une spécialité de crème de marrons et de marrons glacés.
Mais venons en à Notre Dame des Anges.

Plusieurs légendes s'attachent à ce sanctuaire marial :
Nymphe, sœur de St Maximin et servante de Ste Marie-Madeleine y aurait cherché refuge après la mort de sa patronne. Elle y aurait sculpté naïvement une statue de la vierge, statue en bois, qui disparut au moyen âge. Le chien d'un berger la retrouva dans des buissons au XIème siècle. On la transporta à l'église de Pignans, mais le lendemain, elle avait d'elle-même regagné son buisson. On décida d'édifier une chapelle à cet emplacement qu'elle ne voulait pas quitter. Cette chapelle devint un haut lieu de dévotion, c'était le but de l'un des plus importants pèlerinages provençaux ; les femmes venaient y prier pour leur fécondité.
Plus historiquement, ce sanctuaire daterait du VIème siècle ; on a conservé le décret selon lequel Thierry 1er (485-534), fils de Clovis, à l'issue d'une victoire définitive remportée sur les Wisigoths en 517, au bourg des Pignes (aujourd'hui Pignans), ordonna d'élever une église et un monastère au point le plus élevé des environs de sa victoire. Église et monastère dépendaient de l'abbaye St Victor à Marseille.
Le bâtiment actuel date du XIXème siècle, l'autel fut inauguré en 1853. En 1857, on commença une extension des bâtiments, les bâtiments ne furent jamais terminés ; le cloître actuel fut construit en utilisant les murs extérieurs, vestiges de l'agrandissement interrompu. Depuis 2001, des Frères Franciscains y sont installés.
De nombreux miracles sont attribués à Notre Dame des Anges :
- en 1720, la peste qui ravageait la Provence épargna Pignans,
- en 1753, à la suite d'une grande sécheresse, les paysans y montèrent en pèlerinage et ... redescendirent sous des trombes d'eau.
De nombreux ex-voto tapissent les murs de la chapelle en remerciement d'une guérison un d'un sauvetage. Le crocodile suspendu au plafond est l'ex-voto d'un célèbre habitant de Pignans : Jules Gérard (1817-1864) dit le «tueur de lions». Il s'engagea dans les spahis et conquit la gloire en tuant 27 lions. Il publia trois livres sur ses aventures (il semble qu'il ait tué plus de lions avec sa plume qu'avec son fusil). Il servit de modèle à Alphonse Daudet pour son Tartarin de Tarascon.
Un belvédère avec une table d'orientation permet une vue sur le sombre massif des Maures jusqu'à embrasser un vaste horizon s'étendant de Toulon à La presqu'île de Gien et Porquerolles.
L'après-midi, après un sympathique repas à Collobrières, en terrasse d'un restaurant dans la verdure au bord de la rivière, il fallut reprendre le chemin montant, sinueux, malaisé et le redescendre pour se rendre à Gonfaron au «village des tortues».

Inutile de vous décrire la joie manifestée par ces animaux qui nous attendaient depuis le 14 juin 2003 où la canicule nous avait cloués tout l'après-midi au frais, au restaurant, remettant notre visite à une prochaine sortie. Le Village des Tortues a été créé en 1988, il a pour but de préserver la Tortue d'Hermann (18 cm, 1.500 gr), la seule tortue française qui ne vit que dans le centre Var et en Corse. Elle est totalement protégée et ne peut ni être ramassée ni vendue; celles qui se trouvent dans ce centre ont toutes été redonnées par des particuliers (environ 300 par an) et non prélevées du milieu naturel. Elles sont ici, suite à des blessures provoquées par des chiens, des voitures, des débroussailleuses, des tondeuses à gazon, des incendies; elles sont soignées, leur carapace endommagée est réparée avec de la résine jusqu'à repousse de la corne d'origine. Ce village abrite aussi une écloserie et une nurserie; les femelles pondent en mai-juin, les œufs incubent dans le sol à l'endroit le plus chaud du village et, début septembre, sortent les nouveaux-nés d'une dizaine de grammes. Les petits sont gardés 1 à 3 ans à l'abri des prédateurs et sont relâchés au bout de 3 à 8 ans dans la nature.
Outre les tortues d'Hermann, le village abrite d'autres tortues du pourtour méditerranéen : Grèce, ex-Yougoslavie, Russie (mer Noire) ainsi que des tortues d'Afrique : tortues géantes pouvant atteindre 100 kg, tortues léopard (50 kg), tortues de Madagascar, ceci pour la reproduction et pour repeupler ces régions où les œufs sont réintroduits ; il existe un centre identique à celui du Var près de Dakar et à Tulea (Madagascar).

Dans de petits bassins vivent également des tortues aquatiques.
Une rétrospective paléontologique nous fait découvrir les ancêtres et l'évolution de cet animal depuis l'invention de la carapace il y a 30 millions
d'années jusqu'à nos jours. La tortue est le plus vieux vertébré de la planète et peut vivre plus que centenaire.
Il est à noter que le sympathique guide qui nous a commenté cette visite, ainsi que le personnel, sont des bénévoles.
Encore une fois, nous avons eu grand plaisir à nous retrouver et à bavarder entre nous, nous promettant de nous revoir lors d'une prochaine sortie dans notre belle Provence.
Jean JANIN