LA THIÉRACHE, SES ÉGLISES FORTIFIÉES, EN PASSANT PAR LAON
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Voyage des 9 et 10 juin 2004
Nous déplorons de nouveau pour ce voyage le manque de participation des «ANCIENS». En effet il n'y avait que 14 personnes. Grâce à Madame Geneviève NOTTELLET, une amie de notre Président, 13 participants de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris, dont elle fait partie, se sont joints à nous. Nous tenons à la remercier car elle a, avec notre ami Claude ROGUEDA, préparé ce voyage dans une région qui lui est chère.
À l'heure dite, nous nous sommes retrouvés à l'arrêt des navettes d'Air France, Porte Maillot. Une fois que chacun eut trouvé sa place, dans un autocar flambant neuf, Madame DEVANT, après avoir compté et recompté son monde, donne le feu vert du départ. Nous faisons une première halte à Soissons afin de nous dégourdir et de prendre un petit café, avant de continuer vers le Chemin des Dames. Pourquoi ce nom ? Adélaïde et Victoire, Dames de France et filles de Louis XV, empruntaient ce chemin depuis Paris pour rendre visite à leur gouvernante près de Vauclair. Cette route de crête, culminant à plus de 200 mètres, forme une barrière naturelle, convoitée pour sa position stratégique. Nous nous arrêtons pour visiter une ancienne carrière aménagée en caserne souterraine (postes de tir, hôpital, dortoir, cimetière). Baptisée caverne du Dragon, cet endroit constitua un lieu de repos et de détente, alors qu'en surface se déchaînait le feu des armes. Il faut avoir vu ce lieu de mémoire, pour se rendre compte de la réalité des souffrances que nos aînés ont endurées pendant cette guerre de 1914 - 1918.

Afin de nous remettre de nos émotions, nous nous dirigeons vers un restaurant à proximité de Laon, chez «Jeannot». Après un repas copieux et sympathique, nous partons pour Laon.
Afin d'accéder à la vieille ville, nous empruntons le «POMA», petit train à crémaillère qui nous fait gravir la colline en 10 mn. Là, une guide de la ville nous y attend. Après les présentations, nous faisons un tour de la cité autour des remparts, puis ensuite le palais épiscopal de l'évêque Duc, L'hôtel Dieu construit vers 1170, le cloître des Chanoines, la ruelle Pourrier où se dresse la doyenne des maisons de Laon, la chapelle des Templiers, la cour du Dauphin. La tradition raconte qu'en 1638 Louis XIII et Anne d'Autriche conçurent Louis XIV en revenant d'un pèlerinage où ils prièrent pour avoir un héritier. Il ne faut pas oublier l'ancien hôtel de ville, la citadelle, etc...
Vient ensuite ce chef d'œuvre du premier âge gothique, la cathédrale Notre Dame, 1150 - 1235. Nous sommes tous sous l'emprise de notre guide qui nous fait revivre sa cité et ses monuments.
Malheureusement le temps passe trop vite et nous la quittons pour rejoindre notre gîte situé dans la ville basse. Nous nous installons à l'hôtel Campanile, où nous dînons et y passons la nuit. Comme disait Victor Hugo « tout est beau à Laon, les églises, les maisons, les environs, tout».
Le lendemain matin, départ à 8h30 vers Vervins, où un autre guide nous prend en charge pour aller visiter quelques unes des 65 églises fortifiées de la Thiérache, construites au moyen âge pour résister aux invasions qui plongeaient le pays dans la ruine et la désolation. L'idée est venue de fortifier le seul bâtiment construit en dur : l'église. Les maisons bâties en torchis et en bois, les pillards et soldats en venaient facilement à bout. Là encore nous sommes passionnés, car nous avons la chance d'avoir un guide formidable, tant sa culture sur ces églises est impressionnante.
L'église de Jeantes est la plus belle intérieurement avec ses fresques colorées peintes sur un crépi blanc, véritable sommet de l'art religieux contemporain dues au peintre Néerlandais Charles Eyck. Retour à Vervins où une visite de Notre Dame de l'Assomption s'impose. Cette église, construite au XVIIIème siècle, possède à l'intérieur des piliers peints, un buffet d'orgue du XVIIIème et une chaire en bois sculpté.
Nous nous restaurons ensuite à l'hôtel du Cheval Noir. Bizarre, comme apéritif, nous prenons du cidre. Dans cette région, cela semble insolite et pourtant c'est délicieux.

L'après midi, après un bon repas, nous allons à Guise (prononcer Gu
ise). Visite du Palais Social «le Familistère GODIN», une utopie. Ce vaste ensemble de bâtisses sobres, a été imaginé au milieu du XIXème siècle par l'industriel Jean-Baptiste André GODIN (des fameux poêles). Celui-ci voulait dispenser les équivalents de la richesse à tous équitablement. La manufacture, comme sa cité d'habitation, étaient donc incluses dans un système de coopérative. Du directeur aux ouvriers, chacun habitait, travaillait et vivait dans cet ensemble. De 1.300 à 1.500 personnes ont habité les 500 logements. Un large éventail d'équipements (bassins, jardins, piscine, école, magasins, théâtre) permettait à cette communauté de vivre où elle travaillait. Où chacun, sans forcément être aussi riche que son voisin, est propriétaire de tout. Après un siècle de fonctionnement, l'expérience s'est achevée en juin 1968.

Nous partons ensuite visiter une ferme spécialisée dans la production du «Maroilles». Ce sont les moines, installés depuis le début de la chrétienté, qui sont à l'origine de ce fromage. La fermière veut nous passer un film sur sa fabrication et là rien. Il faut le dire, mais sans les connaissances en informatique de notre ami Claude ROGUEDA, ce film nous ne l'aurions jamais vu...... oui d'accord, le fermier a aussi participé ! Visite de la fromagerie, dégustation, chacun est remonté dans le car avec son ou ses «Maroilles» sous le bras.

Nous avons apprécié aussi, le long de notre voyage, les interventions de madame ROGUEDA sur ses connaissances historiques de la région.
Retour vers Paris, où nous arrivons un peu fatigués mais contents de notre voyage.
Richard MICOR