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Visite du château de Versailles |
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Mardi 27 Avril 2004 |
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28 personnes, heureuses de se retrouver, comme
toujours, se rencontrent devant l’office du tourisme de Versailles, face au
château, prêtes à partir. Le soleil est
de la partie. Il est d’ailleurs à noter qu’il fait toujours beau lors de nos
sorties.
Nous
nous dirigeons en bavardant vers les Ecuries, face au château, la Grande
et la Petite qui ferment harmonieusement la Place.
Coup
d’œil désolé au passage sur le vaste parking qui est plutôt du genre disgracieux.
La guide nous explique qu’à l’époque du roi Soleil cette place d’armes,
recouverte de pelouse, était un espace de parade.
La Grande Ecurie sera l’objet de notre visite de la matinée.
Contrairement à son nom, elle ne doit rien à sa taille qui est identique à
celle de la Petite.
Le
nom de la Grande Ecurie vient du fait qu’elle était placée sous l’autorité du
Grand Ecuyer
qui avait la charge des chevaux
de selle réservés à l’usage des rois et des princes.
La
Petite Ecurie était réservée aux chevaux de trait et aux carrosses. Monsieur Le
Grand pour la Grande Ecurie et Monsieur Premier pour la Petite habitaient les
pavillons face au château.
Les
deux édifices jumeaux, avaient été conçus par Jules Hardouin-Mansart pour
abriter les quelques 600 chevaux du roi mais aussi pour les écuyers, les
palefreniers, les musiciens et l’école des pages. L’école des pages (chaque
écurie avait la sienne) était en réalité une école d’officiers dont le Cadre
Noir est aujourd’hui l’héritier.
Les
bâtiments sont remarquables par leur ampleur, la noblesse de leur architecture
et la qualité de leur décor sculpté.
La
Grande Ecurie
est occupée depuis peu par l’Académie du Spectacle Equestre créée par
Bartabas. Cette école, d’un genre nouveau a pour but d’allier compétences
équestres et artistiques et, lors de la sélection des élèves, très stricte, le
potentiel artistique compte tout autant que le niveau d’équitation. Les études
durent deux ans. Elles sont gratuites et les élèves ont même une petite
rémunération. La première promotion est
actuellement en cours d’études.
Le
financement provient de fonds publics pour le bâtiment, de mécénat et
sponsoring pour le reste. Les costumes sont offerts par un grand couturier
belge. L’Ecole participe aux fêtes de nuit de Versailles, cette année sur le
thème du Chevalier de St George.
Mais,
passons le Portail monumental surmonté de trois têtes de chevaux et
entouré de bas-reliefs évoquant les carrousels qui se déroulaient parfois dans
la cour, et allons assister à l’une des reprises d’équitation qui ont lieu
chaque matin dans le manège.
Nous
entrons. L’effet est saisissant. Je ne m’attendais pas à une telle beauté, une
telle pureté dirais-je même. Une douce musique baroque nous accueille. Le
manège est flambant neuf, entièrement en bois, moderne et classique à la fois,
sobre, très haut de plafond dans une disposition
de théâtre à l’italienne avec gradins et loges, orné de bas reliefs de style
contemporain, également en bois et sur
le thème du cheval. L’ensemble est
vaste, magnifique, imposant, calme. L’atmosphère est feutrée, sereine. Quinze
luminaires en feuilles de verre de Murano éclairent en douceur l’espace où
travaillent les cavaliers. Les miroirs qui démultiplient l’espace et ne sont
pas sans évoquer la galerie des glaces malgré leur cadre de bois naturel.
Le
cours de dressage se déroule sous nos yeux. La voix du moniteur nous parvient à
peine. Par hauts parleurs sont de temps à autre diffusées des phrases qui nous
rappellent les préceptes de Bartabas et son amour des chevaux, à savoir que
l’équitation est une école d’abnégation et d’humilité et que le cavalier doit
être avant tout attentif à l’animal.

« L’art
équestre n’est pas la recherche du succès devant le public. »
« Le
cavalier est toujours responsable lorsque son cheval comprend mal »
« Le
maître c’est lui, le cheval, je ne suis que son valet. »
« Délaissez
la technique, montez avec votre cœur. »
« La
pratique de l’équitation rend l’humain meilleur ».
Laissant les cavaliers à leur travail, nous
traversons la cour en direction des écuries non sans admirer le travail d’une
jeune cavalière qui fait travailler à la longe le magnifique cheval noir de
Bartabas.
Sur
chaque boxe figure le nom de l’animal, son année de naissance, son origine et,
à la craie, les
rations du jour.
Je
note avec amusement les séries de noms :
-
Farinelli, Gaudi, Géricault, Picasso, Goya …
- Le Rusé,
Le Dormeur, Le Nerveux, L’Inquiet, Le Fourbe, Le Grincheux …
emmènera vers le restaurant.
Nous nous répartissons tant bien que mal dans les
mini-wagons et admirons au passage le parc, les parterres, les bassins. Nous ne
manquons pas d’évoquer la tempête. Un nombre incroyable d’arbre a été replanté.
Mais tous ces jeunes arbres ne nous donnent-ils pas (peut-être) l’occasion de
retrouver l’aspect du parc au temps du roi soleil ?
Notre restaurant, la Flottille, au bord du
grand canal est des plus sympathiques.
Félicitations
à nos organisateurs !
Mais
il ne s’agit pas de traîner. Les appartements royaux nous attendent !
Pourtant
nous serons en retard : impossible de monter tous dans le même petit train
et le groupe se trouve scindé en deux. Pendant que les premiers arrivés
attendent les seconds que voient-ils par pur hasard ??? Ceci :
Le programme de l’après-midi est particulièrement
intéressant car il nous permettra de découvrir certains lieux du château non
accessibles aux visiteurs individuels.
La Chapelle Royale
Chef-d’œuvre
de Mansart, la chapelle occupe, sur deux niveaux, toute la hauteur du
château. Elle est dédiée à Saint-Louis. Après 40 ans de travaux elle fut
achevée en 1710, c’est-à-dire bien après le château lui-même, deux ans après la
mort de Mansart, et cinq ans avant
celle de Louis XIV. La chapelle servait aux évènements de la famille royale
(naissances, mariages) autres que ceux liés à la mort.
Nous
sommes d’entrée séduits par son harmonieux décor blanc et or (couleurs royales)
et sa lumière. A la place habituelle de l’orgue se trouve la tribune royale. Le
niveau supérieur était l’étage royal alors que les courtisans se tenaient en
bas dans la nef. L’orgue (restauré mais
d’origine) a donc été placé côté chevet.
Notre
guide nous explique : les bas reliefs des piliers et des arcades, le
prestigieux autel en marbre et bronze doré, la colonnade Mansart du niveau
haut. Nous sommes avec la fin du règne de Louis XIV au début du style
rocaille. On peut noter ici très bien
le basculement vers le nouveau style. L’idée est de sortir des angelots du
baroque.
La
règle était : faire Français. Seuls des artistes français ont pris part à
l’élaboration de cette chapelle.
En
route vers l’opéra, la guide nous fait un bref historique du château et
nous en explique les vicissitudes pendant et après la Révolution. Ce n’est qu’en 1833, sous Louis Philippe,
que le château, vidé, dépouillé de la plupart de son contenu est réorganisé
afin de devenir musée.
L’Opéra.
Comme
la chapelle il a été construit postérieurement au château. La Cour n’avait plus les moyens nécessaires.
Il
fut inauguré en 1770 sous Louis XV pour
les fêtes données en l’honneur du mariage du Dauphin, le futur Louis XVI avec
Marie-Antoinette.
Gabriel,
l’architecte, aura à sa disposition 2000 ouvriers qui travailleront pendant
1000 jours à un rythme forcené afin que tout soit prêt à temps.
On
note les trois balcons décalés et non superposés, les loges non fermées. Le roi
occupe une petite loge privée au balcon dont la grille peut être fermée.
Le
décor est en trompe l’œil. Ce n’est pas du marbre ce n’est que du bois. Mais il
faut toucher (je l’ai fait) pour s’en
persuader. Moins cher et plus rapide
d’exécution.
L’opéra peut contenir 700 personnes. Il est équipé
de moyens techniques extraordinaires pour l’époque. Ainsi, les planchers de la
corbeille et du parterre ainsi que la
fosse d’orchestre pouvaient être mis au niveau de la scène transformant l’opéra
en vaste salle pour des réceptions somptueuses. Utilisé comme salle de banquet lors du mariage du futur Louis
XVI, les convives purent revenir le
lendemain dans la même salle pour assister à un opéra.
Comme
l’ensemble du château, l’opéra a connu nombre de mésaventures et malheurs.
Impossible de tout raconter. Bornons nous à signaler, parmi tant d’autres,
qu’il a été non seulement abandonné, mais massacré, en particulier sous la
Commune, puis utilisé comme hôpital pendant la première guerre mondiale.
C’est
Rockefeller qui sauve l’Opéra de
Versailles en 1950 en réparant les toits qui s’écroulent et en finançant 7 ans de travaux.
Traversons
maintenant une partie du château vers les appartements du roi. J’admire au
passage (j’espère ne pas être la seule) l’immense et immensément célèbre
tableau de Véronèse « Le repas chez Simon » dans le Salon d’Hercule.
Au plafond, l’apothéose d’Hercule de Lemoyne qui donna son nom au salon.

Les
appartements du roi
Nous
empruntons le majestueux Escalier de la reine (ancienne entrée normale des
courtisans) en direction de l’appartement royal aménagé par Mansart juste au-dessus, au centre du château dans
l’ancien pavillon de chasse de Louis XIII, c’est-à-dire au centre du U de la
cour de marbre.
De
même que dans la chapelle, nous sentons déjà l’évolution de style qui se confirmera
avec l’Opéra (notre visite ne suit pas la chronologie).
Cette
chambre du roi, n’est pas la première chambre de Louis XIV qui en changea
souvent, (il n’y emménage qu’en 1701) mais c’est celle dans laquelle il mourut
en 1715. La pièce mesure 100 m² avec
une hauteur de 10 m sous plafond. Les
tentures de brocard (refaites à l’identique) pour le lit et le baldaquin, avec
murs et sièges assortis ont nécessité 25 ans de travail et 50 kg d’or.
C’est
là que se déroulaient les cérémonies du lever et du coucher où l’étiquette
était si stricte et compliquée qu’elle se déroulait presque comme un ballet
dans lequel chacun jouait un rôle précis. La balustrade nous sépare du
souverain comme le jubé d’une église.
Quiconque
passait durant la journée s’inclinait légèrement … devant le lit vide. Respect du roi oblige ! Louis XV ne s’y
habituera jamais.
Un
bref coup d’œil enfin à la mythique Galerie des glaces marquera la fin de cette
belle journée.
Éliane Étinzon